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 Moyen, André

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CS1958



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Ven 12 Aoû 2011 - 3:00

HERVE a écrit:
La phrase suivante est tirée d'internet et j'aurais voulu avoir l'avis de spécialistes à son sujet :

"André Moyen est un militant d’extrême-droite, anticommuniste actif. Il est lié aux milieux royalistes qui ont assassiné Julien Lahaut."

Y a-t-il des indications dans ce sens ?


Qui a assassiné l'antifasciste Julien Lahaut?

Après la guerre 40-45, la Belgique traversa sa plus grave crise politique. La Question royale divisa le pays entre partisans et opposants du retour du Roi sur le trône. La passivité et la complaissance de Léopold III pour l'Occupant nazi étaient au coeur de cette question. Nous étions à deux doigts de la guerre civile. C'est à ce moment-là, que Julien Lahaut, le président du Parti communiste, fut lâchement assassiné par des tueurs.

Qui étaient-ils ? Pour le compte de qui ont-ils tiré ? L'extrême droite ? Les royalistes ultras? Une organisation internationale anticommuniste ? Ou les trois à la fois ? Cinquante ans après son assassinat, un appel est lancé pour qu'une commission d'enquête parlementaire soit créée. Et que la vérité soit enfin faite sur cet assassinat politique. Rappel des faits.

Guerre civile
Le vendredi 18 août 1950, Julien Lahaut fut assassiné à Seraing, près de Liège, par un commando terroriste constitué de professionnels. Depuis un bon bout de temps, le dirigeant des communistes belges et militant antifasciste de longue date, ainsi que de nombreux autres politiciens de gauche, recevait des lettres anonymes le menaçant. Le lendemain du meurtre, une bonne partie de la population s'indigna. A travers tout le pays, en signe de protestation, des grèves furent organisées. Le premier ministre de l'époque Joseph Pholien, inquiet de la situation, tenta de calmer les ouvriers par des paroles lénifiantes. Le gouvernement pensait alors que cet attentat pouvait susciter une révolte auprès de l'opposition politique et syndicale (socialiste et communistes). Révolte qui représenterait un risque majeur pour la survie du pouvoir. Nous étions à ce moment précis en pleine Question royale. Les adversaires, de part et d'autre, avaient depuis belle lurette cessé de se regarder en chien de faïence : le pays se préparait à la guerre civile !

Pourquoi ?
Pour les auteurs du livre "La Guerre froide en Belgique", le meurtre de Julien Lahauts "avait une signification politique tant nationale qu'internationale. Le président du PCB personnifiait la tradition de lutte ouvrière dans ce qu'elle a de plus dur et de plus révolutionnaire. Les années de lutte, de prison et de torture, subies pendant la guerre de 14-18 et pendant sa déportation dans les camps nazis au cours de la Deuxième guerre mondiale n'avaient entamé ni sa force physique ni son moral. Pour lui, la vie n'avait de signification que dans la lutte : que ce soit dans les prisons ou dans les camps hitlériens, sur les tribunes politiques ou sur les barricades, dans les manifestations de masse ou dans l'enceinte parlementaire".

"C'est ce symbole de la lutte communiste et antifasciste que l'on assassina le 18 août 1950. Les assassins de Julien Lahaut savaient très bien où ils frappaient. En l'abattant, c'est toute la population des travailleurs que l'on attaquait."

Qui sont les assassins ?
Diverses pistes furent suivies par la justice. Sans réel succès. La gauche belge évoqua, à plusieurs reprises, un lien possible avec l'organisation anticommuniste "Paix & Liberté". Appartenant à cette même mouvance, les Léopoldistes d'extrême droite (favorables au roi Léopold III avec la droite nationale chrétienne) furent soupçonnés d'avoir organisé ou commandité l'assassinat du président communiste.

Le 31 mai 1958, "Le Peuple" titrait : "L'assassinat de Julien Lahaut serait l'oeuvre de tueurs d'extrême droite". Le quotidien socialiste se référait aux "révélations" faites durant un "simple procès" pour détournement de fonds. Le principal prévenu, Emile Delcourt, prétendit au cours de ce procès devant le tribunal correctionnel de Bruxelles détenir certains renseignements à propos de l'élimination de Julien Lahaut. Ce drôle de personnage se revendiquait comme étant un ami du "chasseur de sorcières" américain Mc. Carthy. Depuis de nombreuses années, Delcourt participait activement à la lutte anticommuniste, soutenue et impulsée par le gouvernement des Etats-Unis. Il dirigeait le journal de propagande "L'Unité Belge". Dans le cadre de ses activités politiques, il collaborait avec les services de renseignements de l'armée ainsi que d'autres organismes secrets occidentaux. Afin de financer son combat, Delcourt prit contact avec Paul Calmeyn, un curé bruxellois chargé par le cardinal Van Roey de l'administration du Fonds Cardinal Mercier.

Lors de son procès, en 1958, Delcourt, déclara que le meurtre de Lahaut avait été financé avec l'argent de ce fonds, dont le but était la lutte contre le communisme. Pour l'exécution, l'agent de propagande recruta deux tueurs à gages corses. Il servit d'intermédiaire entre l'"antibolchévique" Calmeyn et ces deux Corses. Il désigna également Jean-Robert Debbaudt, un ancien volontaire belge parti sur le Front de l'Est avec la Légion SS Wallonie de Léon Degrelle, comme étant le conducteur de l'auto du commando qui liquida Lahaut.

"Le Drapeau Rouge", le quotidien du PCB, estima, après les divulgations de Delcourt qu'il n'y avait que deux possibilités : d'une part, la cour pouvait déclarer que Delcourt était irresponsable et on l'internait aussitôt ou alors, il n'était pas fou et il fallait le faire passer aux Assises au plus vite pour sa participation à l'assassinat de Lahaut. La justice décida tout autrement : il fut condamné à cinq ans de prison pour détournement de fonds et jamais inquiété pour les révélations qu'il avait faites sur le meurtre de Lahaut. Jean-Robert Debbaudt, après avoir été arrêté dans le cadre de cet assassinat politique, fut relaché. Quant au prêtre catholique Paul Calmeyn, il fut à jamais oublié par les enquêteurs.

Deux ans plus tard, une perquisition eut encore lieu dans les locaux anversois des "Koningsgezinde Beweging Leopold III". Quelques activistes de ce mouvement royaliste furent interrogés par les enquêteurs. Sans résultat. Cette piste fut ensuite abandonnée. Elle fut aussi la dernière. Pour "faute de preuves", le dossier Lahaut fut par la suite refermé.

Pour terminer, il faut aussi savoir qu'au moment de l'élimination de Julien Lahaut, à l'étranger d'autres attentats eurent lieux contre des leaders de la gauche socialiste et communiste (contre l'Italien Togliatti et le Français Duclos, par exemple). A cette occasion, certains, signalèrent les activités subversives de différentes organisations occidentales qui jouèrent un rôle de premier plan durant la Guerre froide contre le Bloc de l'Est, mais également contre l'opposition de gauche en Europe de l'Ouest. Selon les auteurs de "La Guerre froide en Belgique", "ces mêmes organisations auraient très bien pu fournir les auteurs du meurtre ou avoir donné leur appui logistique. L'enquête judiciaire aurait pu être plus fructueuse si on avait regardé de ce côté…"

Cinquante ans après le lâche assassinat du camarade Julien Lahaut, les tueurs et les commanditaires n'ont toujours pas été retrouvés. Un mystère de plus dans les annales judiciaires de notre petit pays. Un mystère protégé par une chape de plomb que l'on retrouvera plus tard, lors des années de plomb qui secouèrent la Belgique entre 1982 et 1985.



Simon HARYS

Texte composé pour le site de RésistanceS, le 18 août 2000. Source : "La Guerre froide en Belgique" de Hans Depraetere et Jenny Dierickx, éditions EPO-Dossier, Anvers, 1986.



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CS1958



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Ven 12 Aoû 2011 - 3:02

HERVE a écrit:
La phrase suivante est tirée d'internet et j'aurais voulu avoir l'avis de spécialistes à son sujet :

"André Moyen est un militant d’extrême-droite, anticommuniste actif. Il est lié aux milieux royalistes qui ont assassiné Julien Lahaut."

Y a-t-il des indications dans ce sens ?


Qui a assassiné l'antifasciste Julien Lahaut?

Après la guerre 40-45, la Belgique traversa sa plus grave crise politique. La Question royale divisa le pays entre partisans et opposants du retour du Roi sur le trône. La passivité et la complaissance de Léopold III pour l'Occupant nazi étaient au coeur de cette question. Nous étions à deux doigts de la guerre civile. C'est à ce moment-là, que Julien Lahaut, le président du Parti communiste, fut lâchement assassiné par des tueurs.

Qui étaient-ils ? Pour le compte de qui ont-ils tiré ? L'extrême droite ? Les royalistes ultras? Une organisation internationale anticommuniste ? Ou les trois à la fois ? Cinquante ans après son assassinat, un appel est lancé pour qu'une commission d'enquête parlementaire soit créée. Et que la vérité soit enfin faite sur cet assassinat politique. Rappel des faits.

Guerre civile
Le vendredi 18 août 1950, Julien Lahaut fut assassiné à Seraing, près de Liège, par un commando terroriste constitué de professionnels. Depuis un bon bout de temps, le dirigeant des communistes belges et militant antifasciste de longue date, ainsi que de nombreux autres politiciens de gauche, recevait des lettres anonymes le menaçant. Le lendemain du meurtre, une bonne partie de la population s'indigna. A travers tout le pays, en signe de protestation, des grèves furent organisées. Le premier ministre de l'époque Joseph Pholien, inquiet de la situation, tenta de calmer les ouvriers par des paroles lénifiantes. Le gouvernement pensait alors que cet attentat pouvait susciter une révolte auprès de l'opposition politique et syndicale (socialiste et communistes). Révolte qui représenterait un risque majeur pour la survie du pouvoir. Nous étions à ce moment précis en pleine Question royale. Les adversaires, de part et d'autre, avaient depuis belle lurette cessé de se regarder en chien de faïence : le pays se préparait à la guerre civile !

Pourquoi ?
Pour les auteurs du livre "La Guerre froide en Belgique", le meurtre de Julien Lahauts "avait une signification politique tant nationale qu'internationale. Le président du PCB personnifiait la tradition de lutte ouvrière dans ce qu'elle a de plus dur et de plus révolutionnaire. Les années de lutte, de prison et de torture, subies pendant la guerre de 14-18 et pendant sa déportation dans les camps nazis au cours de la Deuxième guerre mondiale n'avaient entamé ni sa force physique ni son moral. Pour lui, la vie n'avait de signification que dans la lutte : que ce soit dans les prisons ou dans les camps hitlériens, sur les tribunes politiques ou sur les barricades, dans les manifestations de masse ou dans l'enceinte parlementaire".

"C'est ce symbole de la lutte communiste et antifasciste que l'on assassina le 18 août 1950. Les assassins de Julien Lahaut savaient très bien où ils frappaient. En l'abattant, c'est toute la population des travailleurs que l'on attaquait."

Qui sont les assassins ?
Diverses pistes furent suivies par la justice. Sans réel succès. La gauche belge évoqua, à plusieurs reprises, un lien possible avec l'organisation anticommuniste "Paix & Liberté". Appartenant à cette même mouvance, les Léopoldistes d'extrême droite (favorables au roi Léopold III avec la droite nationale chrétienne) furent soupçonnés d'avoir organisé ou commandité l'assassinat du président communiste.

Le 31 mai 1958, "Le Peuple" titrait : "L'assassinat de Julien Lahaut serait l'oeuvre de tueurs d'extrême droite". Le quotidien socialiste se référait aux "révélations" faites durant un "simple procès" pour détournement de fonds. Le principal prévenu, Emile Delcourt, prétendit au cours de ce procès devant le tribunal correctionnel de Bruxelles détenir certains renseignements à propos de l'élimination de Julien Lahaut. Ce drôle de personnage se revendiquait comme étant un ami du "chasseur de sorcières" américain Mc. Carthy. Depuis de nombreuses années, Delcourt participait activement à la lutte anticommuniste, soutenue et impulsée par le gouvernement des Etats-Unis. Il dirigeait le journal de propagande "L'Unité Belge". Dans le cadre de ses activités politiques, il collaborait avec les services de renseignements de l'armée ainsi que d'autres organismes secrets occidentaux. Afin de financer son combat, Delcourt prit contact avec Paul Calmeyn, un curé bruxellois chargé par le cardinal Van Roey de l'administration du Fonds Cardinal Mercier.

Lors de son procès, en 1958, Delcourt, déclara que le meurtre de Lahaut avait été financé avec l'argent de ce fonds, dont le but était la lutte contre le communisme. Pour l'exécution, l'agent de propagande recruta deux tueurs à gages corses. Il servit d'intermédiaire entre l'"antibolchévique" Calmeyn et ces deux Corses. Il désigna également Jean-Robert Debbaudt, un ancien volontaire belge parti sur le Front de l'Est avec la Légion SS Wallonie de Léon Degrelle, comme étant le conducteur de l'auto du commando qui liquida Lahaut.

"Le Drapeau Rouge", le quotidien du PCB, estima, après les divulgations de Delcourt qu'il n'y avait que deux possibilités : d'une part, la cour pouvait déclarer que Delcourt était irresponsable et on l'internait aussitôt ou alors, il n'était pas fou et il fallait le faire passer aux Assises au plus vite pour sa participation à l'assassinat de Lahaut. La justice décida tout autrement : il fut condamné à cinq ans de prison pour détournement de fonds et jamais inquiété pour les révélations qu'il avait faites sur le meurtre de Lahaut. Jean-Robert Debbaudt, après avoir été arrêté dans le cadre de cet assassinat politique, fut relaché. Quant au prêtre catholique Paul Calmeyn, il fut à jamais oublié par les enquêteurs.

Deux ans plus tard, une perquisition eut encore lieu dans les locaux anversois des "Koningsgezinde Beweging Leopold III". Quelques activistes de ce mouvement royaliste furent interrogés par les enquêteurs. Sans résultat. Cette piste fut ensuite abandonnée. Elle fut aussi la dernière. Pour "faute de preuves", le dossier Lahaut fut par la suite refermé.

Pour terminer, il faut aussi savoir qu'au moment de l'élimination de Julien Lahaut, à l'étranger d'autres attentats eurent lieux contre des leaders de la gauche socialiste et communiste (contre l'Italien Togliatti et le Français Duclos, par exemple). A cette occasion, certains, signalèrent les activités subversives de différentes organisations occidentales qui jouèrent un rôle de premier plan durant la Guerre froide contre le Bloc de l'Est, mais également contre l'opposition de gauche en Europe de l'Ouest. Selon les auteurs de "La Guerre froide en Belgique", "ces mêmes organisations auraient très bien pu fournir les auteurs du meurtre ou avoir donné leur appui logistique. L'enquête judiciaire aurait pu être plus fructueuse si on avait regardé de ce côté…"

Cinquante ans après le lâche assassinat du camarade Julien Lahaut, les tueurs et les commanditaires n'ont toujours pas été retrouvés. Un mystère de plus dans les annales judiciaires de notre petit pays. Un mystère protégé par une chape de plomb que l'on retrouvera plus tard, lors des années de plomb qui secouèrent la Belgique entre 1982 et 1985.



Simon HARYS

Texte composé pour le site de RésistanceS, le 18 août 2000. Source : "La Guerre froide en Belgique" de Hans Depraetere et Jenny Dierickx, éditions EPO-Dossier, Anvers, 1986.



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dislairelucien



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Ven 12 Aoû 2011 - 8:08



Pas de panique, on va trouver.
En tout cas il y en a qui vont se faire un peu de blé...
6 millions belges pour retourner des choses dites et redites et reredites
Nollet ne pourrait-il débloquer des fonds pour le forum?


Publié le 15 mars 2011


Willy Borsus, Chef de groupe MR au Parlement wallon, a vilipendé lundi Jean-Marc Nollet, Ministre Ecolo de la Recherche scientifique, pour avoir débloqué 150.000 euros en vue d'une nouvelle enquête sur l'identité des assassins du Député et Président du Parti communiste, Julien Lahaut,...il y a 61 ans.

Julien Lahaut personnifiait la tradition de lutte ouvrière.

«La décision du Ministre de débloquer 150.000 euros pour que le CEGES (Centre d'Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés) puisse mener son enquête est inopportune: ce n'est pas la compétence de la Communauté et il existe suffisamment de littérature pour savoir qui étaient les assassins,» a déclaré Willy Borsus en Commission du parlement de la Communauté française.

«L'argent, qui finance bizarrement une institution de compétence fédérale, aurait pu être consacré à d'autres recherches,» a ajouté le Chef de groupe MR.

Rappelons que Julien Lahaut avait été abattu par deux tueurs, vraisemblablement des léopoldistes d'extrême-droite, devant son domicile à Seraing le 18 août 1950, peu de temps après qu'un vibrant «Vive la République» ait été lancé une semaine plus tôt lors de la prestation de serment du Roi Baudouin. Cette interjection avait été attribuée à l'époque à Julien Lahaut.

Mais il a été établi depuis que c'est un autre Député communiste, Georges Glineur, qui avait le premier lancé ce vivat républicain, suivi par Julien Lahaut et d'autres mandataires du PCB.

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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Ven 12 Aoû 2011 - 8:58


http://archives.lesoir.be/une-usine-a-faux-saisie-chez-le-frere-de-benoit-de-bonv_t-19960215-Z0APCQ.html

UNE "USINE A FAUX" SAISIE CHEZ LE FRERE DE BENOIT DE BONVOISIN JUGES,POLICIERS,JOURNALISTES:"TOUS AGENTS DU KGB"GUILLAUME,ALAIN

Page 15

Jeudi 15 février 1996

Une «usine à faux» saisie chez le frère de Benoît de Bonvoisin

Juges, policiers, journalistes : «tous agents du KGB»

Le baron Benoît de Bonvoisin a-t-il franchi le «pas de trop» qu'on pouvait craindre depuis si longtemps ? Peut-être. Hier en effet, nos confrères du «Soir illustré» et de «La Libre Belgique» ont révélé qu'un juge bruxellois a procédé à une série de perquisitions chez le baron et dans son entourage... découvrant ainsi une quantité phénoménale de faux documents - dont certains utilisés par Benoît de Bonvoisin - conçus pour discréditer des dizaines de personnes. Le parquet de Bruxelles a confirmé l'essentiel de ces informations.

Cette nouvelle affaire de Bonvoisin commence à Bruxelles au procès Cidep-PDG (une histoire de faux, d'escroquerie, d'abus de confiance où le baron sera condamné à trois ans de prison). En mars 1995, à l'ouverture du procès, puis en mai à quelques jours du jugement, Benoît de Bonvoisin dépose au tribunal plusieurs documents. Ils émanent d'un «consultant en sécurité», André Moyen, d'un ancien gendarme, Christian Amory, d'un agent de la Sûreté et d'un espion d'une agence de renseignement américaine (la NSA). Ces documents mettent en cause gravement deux enquêteurs de la BSR, l'amie de l'un d'eux (qui serait un agent de l'Est), le substitut Jean-François Godbille (au Ministère public dans le procès !), l'ancien patron de la Sûreté Albert Raes, un de ses anciens agents, Christian Smets. Tous présentés comme les membres d'un complot visant à «avoir la peau» du baron, par une lourde condamnation... ou par son élimination physique !

Mais ces documents sont soit mensongers, soit des faux. Les agents de la Sûreté et de la NSA n'existent pas. La provocation est dans le style du baron qui, depuis des années et malgré plusieurs jugements, hurle qu'il est victime d'un complot fomenté par le KGB et «son agent» Raes. Personne ne s'étonne de cette nouvelle rodomontade; le Parquet classe l'affaire.

Mais à l'automne, un nouveau vent de folie se met à souffler et de nouveaux documents «explosifs» circulent, dans les milieux judiciaires et politiques. Un exemple : des notes du débriefing par les services américains d'un espion russe affirmant que le KGB «gérait» Albert Raes et que l'ancien patron de la Sûreté aurait touché un million de dollars pour prix de sa traîtrise.

C'en est trop. Le procureur du Roi de Bruxelles met l'affaire à l'instruction à la fin du mois de décembre : un dossier de faux, usage de faux et dénonciation calomnieuse est ouvert entre autres à charge de Benoît de Bonvoisin. Le 6 février, sur ordre du juge Goblet, la PJ de Bruxelles perquisitionne chez Benoît de Bonvoisin, chez son frère Pierre, chez le «privé» André Moyen, chez l'avocat bruxellois Jean-Paul Dumont (mêlé, il y a peu, à une sinistre affaire visant le substitut Godbille).

Chez Pierre de Bonvoisin, on découvre plus de 200 documents dont l'immense majorité (sinon la totalité) sont des faux grossiers visant à incriminer des dizaines de personnes. A tel point que le Parquet parle, aujourd'hui, d'une véritable usine de confection de faux.

Parmi ces pièces bouleversantes, des contrats, courriers, rapports tendant à faire croire que plusieurs magistrats (MM. Jean-François Godbille et Pierre Morlet, mais aussi M. Bernard Fabri... qui a condamné le baron à trois ans de prison) sont payés au Luxembourg par le KGB. Les magistrats sont en bonne compagnie, puisque les faux «dénoncent» plusieurs journalistes (Philippe Brewaeys du «Soir illustré», Jean-Frederik Deliège de «La Libre Belgique», René Haquin du «Soir»), eux aussi payés par le KGB... tout comme un ex-avocat du baron et plusieurs policiers !

Qui a confectionné ces faux ? La question n'est que rhétorique, dit-on au Parquet, car il est clair qu'on peut, dans cette affaire, tirer des liens de complicité et de corréité entre plusieurs faits et plusieurs suspects... contre lesquels une avalanche de plaintes se déclenche.

Al. G.
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CS1958



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Ven 12 Aoû 2011 - 9:15

HERVE a écrit:

http://archives.lesoir.be/une-usine-a-faux-saisie-chez-le-frere-de-benoit-de-bonv_t-19960215-Z0APCQ.html

UNE "USINE A FAUX" SAISIE CHEZ LE FRERE DE BENOIT DE BONVOISIN JUGES,POLICIERS,JOURNALISTES:"TOUS AGENTS DU KGB"GUILLAUME,ALAIN

Page 15

Jeudi 15 février 1996

Une «usine à faux» saisie chez le frère de Benoît de Bonvoisin

Juges, policiers, journalistes : «tous agents du KGB»

Le baron Benoît de Bonvoisin a-t-il franchi le «pas de trop» qu'on pouvait craindre depuis si longtemps ? Peut-être. Hier en effet, nos confrères du «Soir illustré» et de «La Libre Belgique» ont révélé qu'un juge bruxellois a procédé à une série de perquisitions chez le baron et dans son entourage... découvrant ainsi une quantité phénoménale de faux documents - dont certains utilisés par Benoît de Bonvoisin - conçus pour discréditer des dizaines de personnes. Le parquet de Bruxelles a confirmé l'essentiel de ces informations.

Cette nouvelle affaire de Bonvoisin commence à Bruxelles au procès Cidep-PDG (une histoire de faux, d'escroquerie, d'abus de confiance où le baron sera condamné à trois ans de prison). En mars 1995, à l'ouverture du procès, puis en mai à quelques jours du jugement, Benoît de Bonvoisin dépose au tribunal plusieurs documents. Ils émanent d'un «consultant en sécurité», André Moyen, d'un ancien gendarme, Christian Amory, d'un agent de la Sûreté et d'un espion d'une agence de renseignement américaine (la NSA). Ces documents mettent en cause gravement deux enquêteurs de la BSR, l'amie de l'un d'eux (qui serait un agent de l'Est), le substitut Jean-François Godbille (au Ministère public dans le procès !), l'ancien patron de la Sûreté Albert Raes, un de ses anciens agents, Christian Smets. Tous présentés comme les membres d'un complot visant à «avoir la peau» du baron, par une lourde condamnation... ou par son élimination physique !

Mais ces documents sont soit mensongers, soit des faux. Les agents de la Sûreté et de la NSA n'existent pas. La provocation est dans le style du baron qui, depuis des années et malgré plusieurs jugements, hurle qu'il est victime d'un complot fomenté par le KGB et «son agent» Raes. Personne ne s'étonne de cette nouvelle rodomontade; le Parquet classe l'affaire.

Mais à l'automne, un nouveau vent de folie se met à souffler et de nouveaux documents «explosifs» circulent, dans les milieux judiciaires et politiques. Un exemple : des notes du débriefing par les services américains d'un espion russe affirmant que le KGB «gérait» Albert Raes et que l'ancien patron de la Sûreté aurait touché un million de dollars pour prix de sa traîtrise.

C'en est trop. Le procureur du Roi de Bruxelles met l'affaire à l'instruction à la fin du mois de décembre : un dossier de faux, usage de faux et dénonciation calomnieuse est ouvert entre autres à charge de Benoît de Bonvoisin. Le 6 février, sur ordre du juge Goblet, la PJ de Bruxelles perquisitionne chez Benoît de Bonvoisin, chez son frère Pierre, chez le «privé» André Moyen, chez l'avocat bruxellois Jean-Paul Dumont (mêlé, il y a peu, à une sinistre affaire visant le substitut Godbille).

Chez Pierre de Bonvoisin, on découvre plus de 200 documents dont l'immense majorité (sinon la totalité) sont des faux grossiers visant à incriminer des dizaines de personnes. A tel point que le Parquet parle, aujourd'hui, d'une véritable usine de confection de faux.

Parmi ces pièces bouleversantes, des contrats, courriers, rapports tendant à faire croire que plusieurs magistrats (MM. Jean-François Godbille et Pierre Morlet, mais aussi M. Bernard Fabri... qui a condamné le baron à trois ans de prison) sont payés au Luxembourg par le KGB. Les magistrats sont en bonne compagnie, puisque les faux «dénoncent» plusieurs journalistes (Philippe Brewaeys du «Soir illustré», Jean-Frederik Deliège de «La Libre Belgique», René Haquin du «Soir»), eux aussi payés par le KGB... tout comme un ex-avocat du baron et plusieurs policiers !

Qui a confectionné ces faux ? La question n'est que rhétorique, dit-on au Parquet, car il est clair qu'on peut, dans cette affaire, tirer des liens de complicité et de corréité entre plusieurs faits et plusieurs suspects... contre lesquels une avalanche de plaintes se déclenche.

Al. G.

Et cette fameuse liste de "collabos" dont il est question quand on évoque la Mémoire du Substitut Acke ? La liste des 19 si ma mémoire est bonne. Il y a à l'évidence en Belgique une extrème droite très dangereuse. Sauf erreur de ma part, il y a de cela quelques années; un réseau style groupe G a été démantelé au sein d'éléments de l'Armée (2006 ?)
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CS1958



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Ven 12 Aoû 2011 - 9:40

www.pereubu.be/wp-content/UBU_PDFs/UBU_883_Web.pdf
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alain



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Ven 12 Aoû 2011 - 10:19

cheers AH! Pere UBU ......il avait souvent des bons vents !!!
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CS1958



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Ven 12 Aoû 2011 - 10:47

Contre-pèterie ?
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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Dim 14 Aoû 2011 - 11:16


On parle aussi de André Moyen ci-dessous :

http://htmlimg1.scribdassets.com/8rjxum5zr4tgml1/images/1-6468f58b04.jpg

Avec 20 ans de recul, je trouve cela instructif sur ses méthodes ...

En tout cas, les contacts avec SECURITAS lui ont servi ...
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michel
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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mar 16 Aoû 2011 - 20:11

Voici un extrait de livre sur André Moyen (merci à Hervé)

http://www.scribd.com/doc/62399974/Andre-Moyen1

_________________
"Ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve."
( Dr. Robert RENDU)
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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Jeu 27 Oct 2011 - 11:54


On voit (un peu) André Moyen sur :

http://www.euscreen.eu/play.html?id=EUS_9FB7E775938547DF9150044392BB8651

( ITALY: A COMMISSION IS STUDYING THE ACTIVITIES OF THE GLADIO NETWORK )
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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mer 29 Fév 2012 - 22:33


De longs commentaires d'André Moyen sur :

http://www.scribd.com/doc/83217392/Gladio-Willems-1991-CHP-3

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K



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Jeu 1 Mar 2012 - 7:19

.


Dernière édition par K le Mer 1 Oct 2014 - 11:45, édité 1 fois
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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Lun 30 Juil 2012 - 15:00



Il est aussi question d'André Moyen dans le livre suivant :

http://www.scribd.com/BEGHINSELEN

http://www.scribd.com/doc/101522533/La-guerre-froide-en-Belgique-extraits

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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Lun 30 Juil 2012 - 22:18



http://www.scribd.com/doc/94286664/GLADIO-JW-1ere-partie-CHP-3

"Nous avons recueilli, hier, le témoignage d'André Moyen, un ex-agent du SDRA (Service de Documentation, de Renseignements et d'Action) de l'armée belge. Cet ancien barbouze affirme avoir été contacté vers 1948-1949 par un membre des services secrets français afin de devenir le correspondant de Gladio en Belgique. Selon André Moyen, Gladio travaillait en relation étroite avec un autre réseau parallèle baptisé "Catena".

Autre affirmation: des caches d'armes subsistaient jusqu'il y a peu en Belgique. Enfin, André Moyen cite des noms de personnes et d'associations qu'il pense être liées à Gladie."!

Reprise par l'Agence France Presse, le 14 novembre 1990, la manchette du quotidien communiste belge Le Drapeau Rouge fait le tour de l'Europe. Des coups de téléphone, principalement d'Italie, d'Espagne et de Suisse affluent à la rédaction." Il est vrai que les propos d'André Moyen suivent, de quelques jours à peine, les déclarations inquiétantes du ministre de la Défense nationale belge, Guy Coëme.

Le 7 novembre, le mandataire socialiste a affirmé en substance qu'il a été contacté par les autorités italiennes afin qu'il s'informe sur l'existence en Belgique d'une branche de Gladio.

(...)

C'est dans ce contexte, laissant largement place aux supputations les plus diverses - alimentées d'autre part par les différentes révélations italiennes - que Le Drapeau Rouge publie les premières déclarations sur Gladio de l'ex-agent secret belge André Moyen, alias "Capitaine Freddy".

L'homme des Américains

Dès avant la Seconde Guerre mondiale, Moyen remplit pluleurs missions pour le service de renseignements militaires belge dirigé par le colonel René Mampuys: collecte d'informations en Allemagne où il se fait passer pour étudiant en médecine, infiltration du mouvement rexiste, enquête sur les ramifications
Après la débâcle de mai 40, il entre dans la résistance et met sur pied "un groupe d'intervention spéciale", le "Service 8", dont les "troupes de choc" se chargeaient notamment de l'exécution des traîtres à la patrie ou supposés tels. On a parfois affirmé que sous le couvert de ses activités de résistant, Moyen s'appliquait déjà à faire du renseignement et de l'action anticommunistes.

On le retrouve ensuite en compagnie du colonel Mampuys au sein du réseau de résistance "Athos" qui collabore étroitement avec l'OSS (Office of Strategie Services) américaine. En 1944, Moyen est d'ailleurs intégré dans cet organisme de renseignement qui devient, en 1947, la CIA (Central Intelligence Agency).

Après la guerre, cette collaboration avec les services secrets américains se poursuit. Le principal contact de Moyen est l'officier de renseignement américain en poste en Paris, René Solborg. Moyen devient d'ailleurs "le" spécialiste du renseignement et de l'action anticommuniste en Belgique, pour le compte des services secrets militaires belges et, vraisemblablement, des services de renseignements américains.

Sous divers pseudonymes, il publie des articles anticommunistes dans des hebdomadaires d'extrême droite, tels Europe-Amérique, Vrai, Septembre.'

Dans le parcours de Moyen apparaissent aussi d'autres fréquentations d'extrême droite qui semblent aujourd'hui bien encombrantes. Tel fut le cas notamment du "docteur" Henri Martin. Théoricien de la 'Cagoule', puis mêlé aux coups tordus de l'OAS (Organisation Armée Secrète), Henri Martin a été,
en 1956, le cerveau de ce que l'on a appelé la conjuration du "Grand 0" qui visait à instaurer un "ordre nouveau" en France à la suite d'un putsch militaire. Ce complot nettement fasciste - auquel a notamment participé le tïls du consul de France à Liège, Pierre Joly - a été récupéré de justesse par le général
de Gaulle, lors de sa prise de pouvoir, le 13 mai 1958.

Avec la collaboration d'Henri Martin et des agents du service de renseignements privé Milpol - voir également plus bas - Moyen a notamment mis sur pied la rocambolesque évacuation de Belgique de l'ancien ministre de l'Intérieur, Albert De Vleeschauwer. Le 21 août 1950, dans le plus grand secret, De Vleeschauwer est conduit dans un village de Bretagne avec le concours d'agents de Milpol et d'Henri Martin. Il y séjourne pendant plusieurs jours, craignant, semble-t-il, des actes de représailles après l'assassinat du président du Parti Communiste de Belgique, Julien Lahaut. André Moyen est d'ailleurs cité à plusieurs reprises dans le cadre de ce dossier non élucidé. Après une enquête de plusieurs mois, les historiens Etienne Verhoeyen et Rudi van Doorslaer" sont persuadés d'avoir pu identifier l'un des meurtriers de Lahaut. Et de fait, il s'agit de l'un des nombreux collaborateurs de Moyen pour le compte notamment de l'organisation internationale anticommuniste "Paix et Liberté".

Aujourd'hui, d'ailleurs, Moyen ne se prive plus d'avouer qu'il connaissait bien ce personnage: "Il m'a confirmé sur son lit de mort qu'il était le meurtrier de Lahaut. "9

Alors que De Vleeschauwer, anticommuniste convaincu et royaliste "dur", était encore en poste à l'Intérieur, Moyen était son "contact" au deuxième bureau. En 1949, De Vleeschauwer met Moyen en rapport avec les ministres de l'Intérieur italien Mario Scelba et français, Jules Moch.

Comment expliquer de tels contacts? Une ébauche de réponse se trouve dans le livre d'Etienne Verhoeyen et Rudi van Doorslaer: "Tant en France qu'en Italie, une police spéciale anticommuniste placée sous l'autorité du ministère de l'Intérieur fut créée à la fin des années 40. (... ) Les ministres belges de l'Intérieur
De Vleeschauwer (1949-1950) et Brasseur (1950-1952) étaient, 'en cette matière, en rapport avec leurs collègues français et italiens, notamment par l'intermédiaire d'André Moyen"."

Il n'est pas inintéressant de se pencher un peu plus sur cette "police spéciale anticommuniste" dont Moyen est le contact en Belgique. Dans L'Orchestre Noir, Frédéric Laurent signale en effet un rapport envoyé par l'ambassade de Rome au Département d'Etat américain, le 10 février 1949. Voici son contenu:
"Pour combattre le péril communiste, la France a organisé des cellules de policiers restreintes mais efficaces, en dehors de la polke normale, mais dépendant de la Sûreté nationale. Ces cellules sont dotées de fonds et de moyens exceptionnels et le personnel, bien que limité, est parfaitement entraîné pour une tâche
d'une' telle nature. L'Italie est également en train d'instituer des organisations de police anticommunistes
de ce type, sous le contrôle du ministre de l'Intérieur (ndla: Mario Scelba), en utilisant des dirigeants de l'ex-police fasciste comme éléments de base au niveau structurel et organisationnel".

(...)

En 1948, Marcel De Roover, directeur de la Brufina, un holding de la Banque de Bruxelles, participe, avec le colonel Mampuys et le directeur de l'Union Minière du Haut-Katanga, Herman Robilliart, aux négociations précédant la création du service de renseignements privés, Milpol. Moyen en reçoit la direction. Comme l'indique son nom, Milpol était chargé de rechercher des données de nature militaire et politique.

(...)

Les rapports de Milpol étaient transmis à De Roover et... sans que cela apparaisse officiellement, au colonel
Mampuys, chef du "deuxième Bureau" belge (ancien nom des services secrets militaires).

"C'était délibérément que Mampuys voulait éviter tout lien officiel avec Milpol de même qu'avec les autres groupes et organisations qu'il exploitait comme source de renseignements", expliquent les auteurs de L'assassinat de Julien Lahaut. "Il voulait en effet prévenir toute identification pour le monde extérieur
entre lui-même - et donc la Deuxième Direction - et des organisations et personnes privées. Tous les services de renseignements officiels qui font usage de réseaux parallèles utilisent cette technique. Si un échec ou des complications politiques surgissent, le service officiel peut nier toute implication et ce
démenti peut sembler crédible. "14

Parallèlement à Milpol, Moyen reçoit la mission de créer un réseau similaire au Congo. Ce sera "Crocodile", financé lui aussi par l'Union Minière du Haut-Katanga. A la suite de démêlés peu glorieux avec la branche "congolaise" de la Sûreté, "Crocodile" restreint rapidement ses activités.

De retour en Belgique, Moyen continue ses activités multiples de renseignements pour le compte de Milpol, de l'armée belge et sans doute de la CIA. (...)

Après un passage dans la firme de sécurité privée Securitas, il continue à remplir des missions de rensei-
gnement et d'enquête pour le compte de sociétés privées. Dans ce cadre, il a notamment travaillé avec le détective Georges van Dijcke, dont l'associé au sein de l'agence "G" n'est autre que l'ancien leader du Front de la Jeunesse, Francis Dossogne ...

(...)


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alain



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mar 31 Juil 2012 - 11:33

Il avait meme transforme 4/5 voitures ,en auto- mitrailleuses ,elles etaient disposées en 3 endroits différents de BXL :Dans quel but ?
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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mar 31 Juil 2012 - 12:13


Si vous avez une date, cela pourrait donner une indication...

Dans ses interviews, André Moyen prend un peu le rôle du Papy de bonne volonté et rassurant (un comme comme Guy Weber dans ses livres). Je crois que la réalité est tout autre. Dans le métier qu'ils avaient choisi, savoir dissimuler et manipuler semble indispensable ...

Dans le texte ci-dessus, j'ai noté ce qui suit :

" En 1948, Marcel De Roover, directeur de la Brufina, un holding de la Banque de Bruxelles, participe, avec le colonel Mampuys et le directeur de l'Union Minière du Haut-Katanga, Herman Robilliart, aux négociations précédant la création du service de renseignements privés, Milpol. Moyen en reçoit la direction. Comme l'indique son nom, Milpol était chargé de rechercher des données de nature militaire et politique.

(...)

Les rapports de Milpol étaient transmis à De Roover et... sans que cela apparaisse officiellement, au colonel Mampuys, chef du "deuxième Bureau" belge (ancien nom des services secrets militaires)."

_ _


Ce Marcel De Roover est étonnant. Il pourrait aider à comprendre pourquoi MacArthur II est devenu administrateur de la BBL (je n'ai pas les dates).

Selon Wikipedia :

Marcel Charles Philippe Chevalier de Roover (* 1890, † 1971) était un homme d'affaires belge.

Pendant la Grande Guerre, de Roover s'engage comme volontaire au Congo belge. En 1919 il est nommé représentant belge auprès du Général Dénikine, commandant des troupes opposées à l'Armée rouge et à la Révolution bolchévique. Après plusieurs années de service diplomatique en Bulgarie il devient, en 1926, directeur de la SOGECHIM (Société Générale Industrielle et Chimique du Haut Katanga). Pendant la Seconde Guerre mondiale il est actif dans la résistance ainsi que le montrent de nombreuses décorations - arrêté par les allemands en 1942. En 1941, il devient directeur de BRUFINA, holding de la Banque de Bruxelles. De Roover est anobli en 1962.

Avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale de Roover se trouve au cœur des activités anti-communistes en Belgique. Dès 1966, il participe comme représentant belge au meetings de la World Anti-Communist League (WACL). Il est également membre actif du Centre européen de documentation et d'information (CEDI) et président de la section belge de cette organisation ultra-conservatrice.

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alain



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mer 1 Aoû 2012 - 11:25

alain a écrit:
Il avait meme transforme 4/5 voitures ,en auto- mitrailleuses ,elles etaient disposées en 3 endroits différents de BXL :Dans quel but ?
On me signale ,qu il en aurait (aussi)parle lui meme ds la dernière émission sur Gladio de Françoise van de Moortel
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Feu Follet



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mer 1 Aoû 2012 - 13:32

Les voitures dont il parle dans l'émission de Françoise Vandemoortel sont celles d'un autre "résistant", dont j'ai oublié le nom, mais qui avait organisé le réseau Catena, si je ne m'abuse.

André Moyen affirme effectivement avoir vu ces voitures blindées dans un garage de la Rue de l'Enseignement à l'époque...

A son sujet, voici un ancien article de presse parlant de son rôle dans l'assassinat de Julien Lahaut:

`L'assassin de Lahaut était de gauche´

Paul Vaute

Mis en ligne le 26/12/2002
Ancien du Service secret militaire, André Moyen a connu François Goossens. Il nous dresse le portrait de l'auteur d'un crime auquel il dément avoir été lié.

Oui, l'assassin de Lahaut est venu chez moi. Mais je l'ai envoyé paître.´ Celui qui nous parle, André Moyen, a passé trente années au Service secret militaire (2e section EMGA - Etat-major général). Natif de Resteigne, `Capitaine Freddy´ dans la Résistance, il a été, à sa grande surprise, cité à plusieurs reprises depuis que le sénateur VLD Vincent Van Quickenborne a médiatisé sa relecture du dossier de l'enquête judiciaire sur le meurtre du président du Parti communiste de Belgique, le 18 août 1950.

`J'étais chargé de surveiller les communistes et l'extrême gauche, nous dit le spécialiste de l'espionnage. Bien sûr, j'avais des informateurs infiltrés chez eux.´ Dans l'hypothèse d'un conflit armé Est-Ouest, les dispositions étaient prises pour neutraliser la cinquième colonne potentielle des Soviétiques. Mais le parlementaire flamand va plus loin: Moyen a été `un intermédiaire important´ , déclarait-il au `Standaard´ de lundi, relayé le lendemain par le `Laatste Nieuws´ pour qui `André Moyen était central, actif dans des milices privées anticommunistes illégales et au service de renseignement de la Défense´ .

Une tête brûlée

D'autres, naguère, n'avaient pas hésité à désigner le même homme comme le commanditaire, voire l'auteur du crime... `Mais cela n'est pas possible, plaide-t-il. Quand Lahaut a été abattu, j'étais en Tchécoslovaquie. Cela n'a pas empêché qu'on fasse six perquisitions chez moi pendant l'enquête. Ils ont tout retourné. Par contre, je n'ai jamais été interrogé à un échelon supérieur. Mais je le répète, je n'aurais rien su faire et je n'ai été mêlé en rien à l'assassinat. Je crois que quelqu'un du renseignement militaire a dû leur dire: `Demandez à Moyen, il sait des choses´. Et voilà...´

En revanche, le principal auteur de `l'exécution´, François Goossens, habitant à Halle, est bien venu se confesser chez notre interlocuteur. `C'était un catholique qui avait des idées assez à gauche, pas communiste mais plutôt trotskiste, e souvient-il. Il provenait des milieux de la Joc (la Jeunesse ouvrière chrétienne, NdlR), dont pas mal de gens sont passés ensuite chez les cocos.´ Il aurait travaillé, avant d'en être écarté, dans les services de renseignement... du Vatican, dirigés chez nous par un ancien prisonnier politique, Auguste Roeseleer (*). L'épilogue sanglant de la question royale suscita dans ce cercle une enquête au cours de laquelle Goossens fut longuement interrogé par un père, un certain Potargent.

Une tête brûlée? A l'évidence. Dans la résistance, où André Moyen l'avait connu, il avait été viré tant de l'Armée secrète que du Front de l'indépendance. Motif: sa propension à entreprendre sans ordres des actions trop dangereuses. Propension qu'il garda après la guerre... `Un jour, il a volé dans un tram la mallette d'une femme qui était secrétaire du comité central du PC. Les cocos n'ont pas apprécié et ont fait du bruit à ce propos. J'ai été jeter la mallette dans le lac de Genval, après en avoir enlevé le contenu bien sûr´ .

`Recalé´ au Palais

Sur les mobiles de ce qui reste un des rares assassinats politiques de notre histoire en temps de paix, l'ancien homme de l'ombre demeure perplexe: `Lahaut n'était plus rien au PC. Il ne pouvait même plus se rendre aux audiences du Roi, par décision du comité central.´ Un coup de tête? `Goossens m'a dit qu'il était allé au Parlement avec les deux fils du bourgmestre de Lembeek quand Baudouin a prêté serment. Ils ont entendu le député Glineur, qu'on a pris pour Lahaut, crier `Vive la république!´. Ils sont partis en prenant sur un registre l'adresse de Lahaut. Comme il venait de déménager, la première maison où ils sont allés à Seraing n'était pas la bonne. Celui qui y habitait leur a indiqué le chemin´ . On connaît la suite.

Aujourd'hui, le nom du tueur est révélé. Il ne peut plus nuire à sa descendance. `Son fils a fait une carrière militaire brillante. Il a terminé à l'état-major de la Force aérienne et il était désigné pour devenir aide de camp du Roi. Mais au dernier moment, quelqu'un a alerté le Palais. Le fils de l'assassin de Lahaut comme aide de camp du Roi, vous imaginez... On a préféré lui donner une bonne indemnité de départ.´

(*) L'orthographe du nom sous réserve.

© La Libre Belgique 2002
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alain



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mer 1 Aoû 2012 - 15:01

Système classique a la défense nationale:la bonne indemnité de départ ,ou importante pension de réparation pour des faits du au service ............
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K



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mer 1 Aoû 2012 - 15:31

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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mer 1 Aoû 2012 - 21:06


Dans le livre de Adrien Masset :

Renseignements André Moyen

CA56 - CBW - 10.09.1991 - PV 24681/91

André Moyen, cité dans la Commission d'enquête Gladio, qui est présenté comme ayant essayé d'égarer l'enquête depuis 1984, aurait mené des investigations privées à l'initiative du commissaire Z de la PJ de Bruxelles, lui-même présenté comme proche de Dossogne, Bougerol et consorts.

Le résultat de ces investigations a été transmis au procureur du Roi de Bruxelles, Godbille.








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K



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mer 1 Aoû 2012 - 21:54

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Feu Follet



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Jeu 2 Aoû 2012 - 9:51

Quelqu'un pourrait me rappeler l'identité de Z ? Le seul commissaire Z que je connaisse est un ancien gendarme passé à la PJ de Charleroi, et passé à la moulinette dans la presse en 1996, suite à l'affaire Dutroux (faux p-v)... Je sais qu'il avait obtenu sa mutation par après à Bruxelles, mais il ne peut pas s'agir de celui-là...

S'il y a un problème, merci de me le communiquer en MP, le cas échéant.
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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Jeu 2 Aoû 2012 - 14:51


Je crois qu'on en parle dans les articles suivants :


Ce commissaire "Z" est sans doute celui dont on parle dans les deux articles ci-dessous :

http://archives.lesoir.be/wathelet-a-tranche-trois-chefs-de-la-pj-de-bruxelles-su_t-19900323-Z02HE8.html

http://archives.lesoir.be/le-commissaire-en-chef-suspendu-de-la-police-de-bruxell_t-19940507-Z08196.html

Il semble avoir été proche de Georges Van Dijck, dont il est question dans :

http://archives.lesoir.be/l-affaire-reyniers-embrouilles-entre-indics-et-escrocs-_t-19900423-Z02LL8.html

(...) Le juge Maes, lui, a inculpé Frans Reyniers d'escroquerie. Selon le Parquet de Bruxelles et le Parquet de Nivelles, cette inculpation et ce mandat d'arrêt interviennent «dans le cadre des relations du commissaire avec un informateur». Cet informateur n'est autre que le détective privé Georges Van Dijck qui fut un temps associé au détective André Rogge, les deux hommes ayant à plusieurs reprises collaboré avec Frans Reyniers.

M. Rogge a dénoncé devant le juge Maes divers faits concernant MM. Reyniers et Van Dijck. C'est sur l'une de ces dénonciations que se fonde le mandat d'arrêt délivré par le juge Maes. (...)

_ _ _


Je ne savais pas qu'il était proche de Dossogne et de Calmette, ni de Bougerol et de Moyen. Cela me semble en tout cas possible.

Je voudrais aussi savoir s'il y avait des liens entre Dossogne et Geschier ... celui dont on parle dans l'annexe E du livre de René Haquin :

http://books.google.be/books?id=fm2zeMy3V9gC&pg=PA188&lpg=PA188&dq=geschier,+haquin&source=bl&ots=mnYW_6CS7H&sig=FhCC08OlUeCug-SWfjrx3GKV8ts&hl=en&sa=X&ei=8HYaULPVLaKy0QXf9IEo&ved=0CEUQ6AEwAA#v=onepage&q=geschier%2C%20haquin&f=false



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