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 Moyen, André

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Jean-Jacques



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Jeu 1 Fév 2018 - 14:39

Si jamais , j avais tiré les justes conclusions à cette implication, je ne veux pas de prime, qu'elle soit utilisée pour les victimes.
Et si coauteurs toujours en vie, qui j imagine, suivent aussi ce forum, ainsi que vos amis, protecteurs et autres, merci de ne pas me chercher, ma famille est toujours comme 'le déserteur', sans armes, sans soutien, et il vous serait toujours bien facile de tirer...
Bien à tous.
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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Jeu 1 Fév 2018 - 21:53


Bulletin, Volumes 71 à 73
Société royale de géographie d'Anvers
1959





La préhistoire prestigieuse du Sahara par André MOYEN
J'ai d'autant plus de plaisir de parler devant l'auditoire de la Société Royale de Geographie d'Anvers que c'est un de vos membres, Monsieur Fernand Donnet qui m'a donné l'idée de ... J'ai voulu voir s'il ne restait pas de traces de ces hardis marins au moins au port d'Agadir, où ils accostèrent journellement pendant des centaines d'années et à l'occasion d'une mission économique que le Gouvernement marocain m'avait ...


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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Jeu 1 Fév 2018 - 22:02


Les maîtres de l'espionnage
Par Rémi KAUFFER





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Sur Boualem Bessaiah (qui a été ambassadeur d'Algérie en Belgique) :

https://www.djazairess.com/fr/latribune/119400

Sur Ahmed Dlimi :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_Dlimi

https://hichambennani.wordpress.com/2009/04/10/ahmed-dlimi-l%E2%80%99homme-des-basses-besognes-de-hassan-ii/

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André Moyen était proche de l'entourage du roi Hassan II (ce qui était aussi le cas de Alexandre de Marenches). Il est probable qu'André Moyen a été du côté du "Safari Club" (dont Ahmed Dlimi faisait partie).

_ _ _


L'enquête criminelle sur les "tueurs du Brabant": enquête parlementaire sur ...
Par Adrien Masset





Voir aussi :

http://www.senate.be/lexdocs/S0523/S05231297.pdf


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Gladio
Jan Willems





Militärische Abschirmdienst = MAD

Michel Libert travaillait pour la PAL qui faisait partie du MAD. Il ne connaissait pas André Moyen avant le débat télévisé de Françoise Van De Moortel.

Heinz(e?) Hückelheim a été membre du CEDI ... A-t-il rencontré Nicolas de Kerchove d'Ousselghem ?

Ce qui est certain, c'est que Hückelheim a rencontré de Bonvoisin, Bougerol, Mercier, Vankerkhoven, Jonet, Van den Bosch, Damman, Mungo et Preumont lors du Congrès conjoint Cercle/CEDI de 1976 (voir "Rogue Agents" de David Teacher).














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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Lun 12 Mar 2018 - 8:55


Pour information




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Jean-Jacques



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Lun 12 Mar 2018 - 11:46

Auriez vous une photo de André Moyen début des années 80 ?
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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Lun 12 Mar 2018 - 18:55

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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Jeu 12 Avr 2018 - 14:41

Une biographie de Alexandre de Marenches (SDECE - Safari club - ...) vient de sortir...


http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/03/26/alexandre-de-marenches-le-hoover-francais_5276281_3232.html

Alexandre de Marenches, le « Hoover français »

Modèle unique du renseignement, tantôt attachant, tantôt cassant, de Marenches s’est construit son propre mythe, raconte le documentariste Jean-Christophe Notin dans un livre consacré à l’ancien directeur de l’espionnage français.

LE MONDE | 26.03.2018 à 06h30 • Mis à jour le 27.03.2018 à 09h51 |  Par Gaïdz Minassian

Le livre. « Jamais vu un personnage de cette espèce ! », lance Jean-Christophe Notin, auteur et documentariste, à propos d’Alexandre de Marenches (1921-1995), dont il retrace la vie d’ancien directeur de l’espionnage français dans son dernier ouvrage. Alexandre de Marenches est une légende du renseignement français. Cet homme à la carrure imposante a passé onze ans, de 1970 à 1981, à la tête du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece, renseignement extérieur), ancêtre de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

Modèle unique du renseignement, tantôt attachant, tantôt cassant, de Marenches s’est construit son propre mythe, prêt, ici, à fantasmer sa vie tout en cachant, là, ses réelles actions. Un art du camouflage et de l’esbroufe qui l’a accompagné toute sa vie. Aucune trace, par exemple, de son passé d’agent au deuxième bureau comme il l’a prétendu – il était en fait attaché au service des interprètes – ni de résistant. Ce n’est pas un partisan de De Gaulle même si les gaullistes historiques au pouvoir dans les années 1960 sont persuadés qu’il est des leurs.

En mettant la main sur six caisses de notes personnelles bien cachées dans l’une des propriétés de l’ex-barbouze, Jean-Christophe Notin parvient à revisiter ces onze années passées à la barre du Sdece, un service en lambeaux au tournant des années 1970 tellement les affaires Ben Barka et Markovic l’avaient marqué.

L’impression générale qui ressort du récit captivant que nous livre ici l’auteur est la propension de de Marenches à se tromper dans l’analyse des événements dont il est le témoin, notamment lors de la montée des tensions au Liban dès 1974 et la contestation en Iran en 1978, annonciatrice de la chute du chah à Téhéran un an après. Dans les deux cas, le patron du Sdece, obnubilé par un anticommunisme viscéral, voit la main des Soviétiques.

Un mandat inégalé à ce jour

Aux agents sur le terrain à Beyrouth, qui l’alertent sur le risque d’embrasement six mois avant le début de la guerre civile, il répond « inepte ». Occupé à faire en personne la navette entre Paris et Téhéran, en 1978-1979, il écrit au président Giscard d’Estaing que « même si le chah devait s’effondrer, l’ayatollah Khomeyni », exilé en France à Neauphle-le-Château (Yvelines), « n’a aucun avenir politique ». « Il serait immanquablement balayé par les forces révolutionnaires qui le manipulent. »

Si cela peut parfois faire sourire, toute ressemblance cependant avec Hubert Bonisseur de La Bath, agent du Sdece interprété par le comédien Jean Dujardin dans les films OSS 117 de Michel Hazanavicius, serait totalement inopportune. Car, quand il quitte la direction du Sdece en juin 1981 – un mois après l’élection de François Mitterrand à la tête de l’Etat –, Alexandre de Marenches ne laisse pas à son successeur, Pierre Marion, premier directeur de la DGSE, un service de renseignements extérieur dans l’état dans lequel il l’avait trouvé en 1970.

Sous son mandat inégalé à ce jour, aucune crise majeure n’a en effet éclaboussé l’espionnage français. Et quand le nom de la DGSE surgit dans l’affaire du Rainbow-Warrior en 1985, il y a longtemps que le « Hoover français », comme le qualifie l’auteur, a mis les voiles…


« Le Maître du secret. Alexandre de Marenches. Légende des services secrets français », de Jean-Christophe Notin, Tallandier, 556 pages, 20,90 euros.


_ _ _ _ _

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/armee-et-securite/grand-espion-grand-menteur-alexandre-de-marenches-mythique-patron-du-contre-espionnage-francais-n-avait-pas-tout-dit_2684798.html

Grand espion, grand menteur, Alexandre de Marenches, mythique patron du contre-espionnage français, n'avait pas tout dit

Dans "Le Maître des secrets", paru chez Tallandier, le journaliste Jean-Christophe Notin s'appuie sur des archives inédites pour dresser un portait en clair-obscur du mythique directeur des services secrets.

Alexandre de Marenche, ancien patron du Sdece - la DGSE aujourd'hui -, avait raconté sa vie dans des mémoires parues en 1986. Une vraie biographie vient de paraitre aux éditions Taillandier, et dans Le Maître du secret, Jean-Christophe Notin s'appuie sur des archives inédites pour dresser un portait en clair-obscur du mythique directeur des services secrets. Devant leur petit écran, en 1986, les téléspectateurs d'Apostrophes découvrent l'ancien patron des services secrets français, qui publie ses mémoires.

Dans sa cave, un trésor sidérant

L'homme est grand, silhouette massive - son surnom, c'est Porthos, comme le mousquetaire bon vivant -, et il porte une moustache grisonnante, façon acteur américain des années 1950. Mais voilà, il y a les Mémoires d'un homme qui raconte ce qu'il veut et puis ce que le journaliste Jean-Christophe Notin a découvert. La biographie qu'il consacre au comte de Marenches prend un sens nouveau quand il découvre, au fond de la cave d'une maison, des archives personnelles, dont tout le monde assurait qu'elles n'existaient pas. Jean-Christophe Notin parle d'un trésor sidérant.

Grand espion, grand menteur

"Il y avait des agendas Hermès racontant toute sa vie, au jour le jour, de notes, de correspondances, explique le journaliste. Beaucoup de directeurs généraux ont écrit leurs mémoires, maintenant, que l’on puisse aller aussi loin dans le détail, c’est assez unique." Alors, le portrait de Marenches s'affine : il a les traits d'un homme qui a beaucoup menti sur son passé de grand soldat, grand résistant, grand espion. Il a le visage d'un aristocrate jusque-là un peu dilettante, mais qui réussit à faire évoluer le Sdece, d'un service sans moyen, sans effectif et sans mission, synonyme de barbouzeries, à un vrai service de renseignement géopolitique utile au pouvoir.

L'obsession rouge

Fascinant personnage que celui de Marenches : à l'époque de la décolonisation de l'Afrique, du Proche-Orient en ébullition, Marenches n'a qu'une obsession : le communisme. Il voit du rouge partout. "Marenches se trompe sur beaucoup d’évènements : la crise en Pologne, la crise en Iran… Dans le contexte de la guerre froide, Marenches est dans une obsession anti-communiste et juge la vie française et internationale à cet aulne-là. Il ira même jusqu’à voir le communisme et le KGB dans la mort de son propre fils… Ce qui n’a évidemment pas été le cas…"

Mais Marenches a une intuition : il évoque à l'époque le terrorisme fondamentaliste musulman. Pas celui d'un état, mais celui de petits groupes indépendants : sa lecture était avant-gardiste, analyse Jean-Christophe Notin, et cette prédiction donne à cet homme secret, dissimulateur, un peu menteur, assez roublard, une épaisseur étonnante.


_ _ _


Intéressant de noter que son successeur sera Pierre Marion, l'auteur du livre suivant :

Pierre Marion, Le pouvoir sans visage, le Complexe militaro-industriel, Calmann-Levy, 1990

https://www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_1990_num_55_4_3998_t1_0906_0000_4





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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Jeu 12 Avr 2018 - 15:21


http://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/alexandre-de-marenches-espion-d-un-autre-temps-08-04-2018-2209002_53.php

Alexandre de Marenches, espion d'un autre temps

La biographie de Jean-Christophe Notin révèle que l'ancien patron des services secrets français avait fabriqué sa propre légende. Saisissant !

Par Jean Guisnel

Publié le 08/04/2018 à 13:44 | Le Point.fr

Le biographe, lui aussi, a le droit de cultiver sa chance. En choisissant de s'attaquer à la vie du colossal Alexandre de Marenches, directeur général du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) entre 1969 et 1981, record de durée inégalé, Jean-Christophe Notin avait l'expérience des vies illustres (Leclerc, Foch), mais il savait qu'il s'attaquait à forte partie. Chacun pensait dans la petite galaxie des chercheurs spécialisés, voire des intimes de ce personnage hors norme, qu'il était mort en 1995 sans laisser de papiers. Sauf que c'était faux.

En visitant avec l'autorisation de ses ayants droit l'une de ses maisons, parmi la douzaine qu'il avait acquises au fil du temps avec son épouse Lilian, le biographe est tombé sur la caverne d'Ali-Baba ! Des dizaines d'agendas méticuleusement remplis depuis les années 1930, des centaines de lettres et de brouillons, des documents par milliers gisaient dans une cave fermée par une porte blindée que personne n'avait jamais poussée depuis la disparition du maître des lieux. Rongés par l'humidité, grignotés par les rats, tombant en poussière parfois, ces trésors étaient mieux que des archives inconnues : une inépuisable mine d'or !

Enjoliver et romancer

Durant des mois, Jean-Christophe Notin a donc exploré ce continent de papier, dont il a sorti des pépites qui font tout l'intérêt de cette copieuse biographie. Il a pu revisiter la fiction que Marenches avait lui-même bâtie autour de sa carrière militaire ratée, de sa brève campagne d'Italie. Il en avait lui-même fait une épopée, en disant par exemple, avec son sens de la formule, « Lorsqu'on a fumé sur cadavres, on n'a pas la même conception de l'existence », ou en revisitant sa relation avec le maréchal Juin, dont il disait avoir été aide de camp durant la campagne d'Italie, ce qui est une pure invention, révèle Notin. Il sera en réalité son interprète et son officier de liaison, tout au plus.

Les relations de sa puissante famille franco-américaine lui ouvrent toutes les portes, mais il faut toujours qu'il en rajoute ! Tout Marenches est là : quand il n'invente pas – ses prétendus faits de résistance, ou sa soi-disant descente des Champs-Élysées avec le général de Gaulle en 1944, entre autres –, il enjolive et romance. De sa vie futile de richissime et mondain joli cœur aux innombrables conquêtes féminines, il préfère que ses contemporains ne retiennent que son épopée imaginaire.

Têtes couronnées

Nommé par Georges Pompidou en 1969 à la tête du SDECE, qui se débattait dans une ambiance délétère due aux accusations portant sur la présence de taupes soviétiques en son sein, Marenches tranche dans le vif et se sépare de nombreux cadres. Il bâtit son propre royaume, détenant à ce jour la palme de la longévité. Dans la relation avec le pouvoir politique, il établira des liens plutôt sereins avec Georges Pompidou, mais exécrables avec son successeur Valéry Giscard d'Estaing.

Il quittera ses fonctions à l'arrivée de François Mitterrand, qu'il ne veut pas servir en raison de la présence des alliés communistes, pour devenir quelques mois conseiller d'État, le temps de gagner les points nécessaires à une retraite complète ! Il fréquente les puissants de ce monde, surtout s'ils portent une couronne, et se trompe souvent. Il passe complètement à côté de la naissance de la République islamique d'Iran consécutive à la chute de son ami le Shah.

Pas un visionnaire

Marenches sait agir avec vigueur – sa période est faste pour les agents du service Action, en Afrique ou dans le Pacifique –, mais l'anticommunisme radical est son principal mode de compréhension du monde. Du coup, il a du mal à convaincre ses interlocuteurs, ce que Notin résume par une formule : « Ce n'est pas un visionnaire. Ses papiers ont fait perdre sa crédibilité au SDECE. Souvent, ils ne valaient pas tripette ! »

Ce jugement est peut-être trop radical : après tout, Marenches, comme ne l'oublie pas le biographe, a aussi été l'un des premiers à comprendre quel jeu se jouait en Afghanistan après que les Soviétiques y étaient entrés en 1979. Il fut aussi le premier à y envoyer des agents clandestins pour soutenir la résistance. Malgré ses œillères, sa morgue et ses foucades aristocratiques, Marenches n'a pas été aveugle sur tout ! En 1986, il écrira ainsi : « Il est certain que le terrorisme international atteindra les côtes américaines. » Quinze ans avant le 11 septembre. Qui l'avait vu à part lui ? Personne…


Le maître du secret. Alexandre de Marenches, légende des services secrets français, de Jean-Christophe Notin. Tallandier, 554 p., 20,90 euros.


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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Jeu 12 Avr 2018 - 15:28


https://www.lexpress.fr/actualite/societe/alexandre-de-marenches-la-vie-fantasmee-du-maitre-espion_1993903.html

Alexandre de Marenches, la vie fantasmée du "maître espion"

Par Romain Rosso, publié le  22/03/2018 à 09:00





Une biographie d'Alexandre de Marenches* corrige la légende de l'ancien directeur emblématique des services français.

On croyait tout savoir de la légende de l'espionnage français depuis la publication de son livre de souvenirs, Dans le secret des princes, en 1986, vendu à plus de 600000 exemplaires. Mais Alexandre de Marenches n'avait pas tout dit. En s'appuyant sur les archives personnelles de Marenches, découvertes au fil de l'enquête, Jean-Christophe Notin dresse un portrait inédit du mythique patron de l'espionnage français. Entretien.

Ni un planqué, ni un résistant

Qu'avez-vous découvert en fouillant dans le passé d'Alexandre de Marenches?

Depuis la Seconde Guerre mondiale, de tous les directeurs de service du renseignement extérieur -en France et parmi les grandes puissances-, Marenches est sans doute celui qui est resté le plus longtemps en fonction: onze ans, de 1970 à 1981. Il est celui qui a porté le plus de secrets d'Etat, celui qui a eu les relations les plus longues avec les dirigeants français comme étrangers.  

Il est unique à un autre titre: il n'en avait, à l'origine, aucune expérience -contrairement à ce qu'il a raconté. Il faisait partie de ces gens que l'on croise dans les couloirs ministériels et dont on a du mal à dire qui ils sont exactement. J'ai retrouvé ses papiers personnels dans la cave d'une maison perdue au fin fond de la France. Ces milliers de pages, que personne n'avait jamais lues, corrigent la légende qu'il s'est construite au fil du temps.  

Dans ses souvenirs, comme dans ses interviews, il a souvent laissé entendre qu'il avait été un grand résistant et un grand combattant du second conflit mondial. Marenches est le fils unique d'une famille d'aristocrates, un rentier, nostalgique de la grandeur de la France. En 1939, à 18 ans, il a le mérite de devancer l'appel. Selon la légende, il a pris part à la campagne de France.

En réalité, il est loin du front, au repos dans un établissement de Saint-Jean-de-Luz. S'il a résisté ensuite, il l'a fait d'une manière si discrète que nulle preuve n'en subsiste... Marenches n'est pas un planqué: hostile aux Allemands, il a donné des coups de main et caché des armes. Cependant, on ne trouve aucune trace, dans les archives, de la filière d'évasion qu'il affirme avoir créée.





En 1942, là encore, il a le courage de s'évader en Espagne par les Pyrénées. Seulement, il est incapable de donner la date avec précision, laissant planer un doute sur ses motivations. Quant à la terrible campagne d'Italie, il n'est resté qu'une semaine au front, mais en a rapporté une blessure à la jambe.

Est-ce un imposteur ?

Disons plutôt qu'il a largement fantasmé sa vie. Marenches laisse ainsi entendre qu'il a été l'aide de camp du général Alphonse Juin pendant la guerre. C'est faux. Il en est l'interprète en langue anglaise à partir de 1944. Dans les années 1950, il se fait aussi passer pour un "maître espion", comme il l'écrira dans ses souvenirs. En fait, ce sont principalement des périodes d'officier de réserve qu'il a la chance d'effectuer au cabinet du ministre des Armées, Pierre Messmer.  

Le summum étant sa prétendue relation avec Charles de Gaulle; il affirme bien le connaître, avoir été son officier de liaison. Aux Archives nationales, j'ai retrouvé une de ses lettres au Général. Dans la marge, ce dernier a inscrit un point d'interrogation, sous-entendu: de quoi s'agit-il? Puis, ce mot: "Ne pas lui répondre."

"Marenches porte sur les fonts baptismaux la future DGSE"

Pourquoi Georges Pompidou le nomme-t-il, alors?

C'est le plus incroyable, en effet. Marenches est de toutes les associations d'anciens combattants, fréquente les clubs parisiens où il retrouve ses semblables de la noblesse et de la grande bourgeoisie. Grâce à cet art consommé du réseautage, il entretient sa légende chez les dirigeants poli tiques des IVe et Ve Républiques. A quelques reprises, il rencontre ainsi Pompidou, avec qui il a des amis communs, notamment Anne-Marie Dupuy, chef de cabinet à Matignon puis à l'Elysée. Quand Marenches est nommé à la tête du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece), sa première mission est de le détruire!

A l'époque, les services ont très mauvaise réputation; beaucoup y échouent parce qu'ils n'ont pas d'avenir ailleurs. Le pouvoir s'en méfie. Quant au service action, il est moribond. Dès son arrivée, Marenches se lance dans une vaste épuration, restructure les services, tente d'améliorer les carrières, crée le centre d'interception électromagnétique de Domme et, surtout, relance les activités clandestines.  

La clandestinité, c'est du travail d'orfèvre, imposant de grosses prises de risque que Marenches assume. Il a aussi l'intelligence de comprendre que le Sdece a peu de moyens et qu'il est vain de travailler dans l'est de l'Europe, règne du KGB soviétique. Il va donc se concentrer sur des zones où les Français ont toujours été présents: l'Afrique et le Moyen-Orient.  

A partir de 1975 commencent toutes les grandes opérations clandestines, notamment en Centrafrique, où le Sdece dépose le président Jean-Bedel Bokassa. Sous son impulsion, le service s'oriente aussi vers ce qu'il est aujourd'hui, un outil d'analyse géopolitique. Marenches porte sur les fonts baptismaux la future DGSE.

Son anticommunisme ne fausse-t-il pas ses analyses?

Si. Mais nous sommes en pleine guerre froide, et le Sdece entend devenir le fer de lance de la guerre souterraine contre les "rouges". Marenches, de par ses origines familiales, est très à droite. Il voit des communistes partout. Au point de penser que le KGB a pu tuer son propre fils. Cette obsession l'empêche de voir la montée des nationalismes: si les Vietnamiens, les Angolais, les Erythréens se lèvent, ce ne peut être, dans son esprit, par soif d'indépendance, mais parce que Moscou les manipule.

"Il ne voit pas la montée du fondamentalisme musulman"

En Iran, il ne croit pas à une révolution islamique...

Le chah est un intime, un Occidental, quelqu'un de son milieu. Vu sa longue frontière avec l'Union soviétique, c'est le principal appui dans la zone des services de l'Ouest. Marenches croit si peu à la chute du régime qu'il convie sa femme et un couple d'amis à visiter Téhéran, alors que la révolution est en marche. Malgré les avertissements de ses services, il maintient le voyage en septembre 1978.  

Cette énorme erreur d'appréciation est cohérente avec son système de pensée: "Même si [le régime] devait s'effondrer, écrit-il au président Valéry Giscard d'Estaing, le 8 décembre, l'ayatollah Khomeyni n'a aucun avenir politique. Il serait immanquablement balayé par les forces révolutionnaires qui le manipulent." Dans cette lettre inouïe, mû par la colère, il accuse implicitement l'Elysée de complicité avec Khomeyni, alors en exil en France.  

Au passage, il agonit d'injures Jimmy Carter, le président américain, un démocrate, qu'il traite de "boy-scout au visage poupin [devant] tout juste savoir où se trouve l'Iran". Pour lui, la révolution est sociale, pas religieuse. Il ne voit pas -comme beaucoup d'autres- la montée du fondamentalisme musulman, chiite comme sunnite. A partir de la fin des années 1970, il sera l'un des pères fondateurs du concept de rempart islamique face à l'expansion du communisme. C'est la matrice de la guerre secrète en Afghanistan qui, de champ de bataille antisoviétique, va se muer en terre de djihad antioccidental.


*Le Maître du secret, par Jean-Christophe Notin. Tallandier, 560p., 20,90€.

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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Jeu 12 Avr 2018 - 17:55

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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Hier à 9:56


Sous le pseudonyme "Capitaine Freddy", André Moyen écrivait notamment dans "Europe - Amérique", l'ancêtre du Nouvel Europe Magazine.

Il a dû connaître Jo Gérard, un proche de Paul Vanden Boeynants...


http://www.asbl-csce.be/journal/Ensemble88livre80

(...)




(...)

_ _ _


VDB Un Citoyen Au-Dessus De Tout Soupcon
Par Jan Willems




_ _ _

(WDB)

Jo Gérard (1919°) a collaboré à l'Europe Magazine depuis 1951. Il ne fût, à certains moments, le président du comité de rédaction. Gérard nie cependant d'avoir été en même temps un proche collaborateur de Paul Vanden Boeynants qu'il a aidé dès le début de sa carrière politique quand ils ont fondé ensemble en 1949, le Mouvement pour le Redressement dus PSC. Il appuya dans l'EM la sécession Katangaise et en 1961 et, avec VDB, le lancement du JBJ par Jean Breydel en octobre 1968. Gérard fut un collaborateur assidu dans les campagnes électorales de VDB pendant deux décennies. Depuis 1945, il collabora régulièrement, en tant qu'historien, à La Libre Belgique. En '72, il est nommé fonctionnaire à plein temps au Musée de l'Armée comme conseiller culturel. Il prendra sa retraite en mai '84. Il est, en '70, membre du Comité d'honneur du Cercle des Nations avec Vanden Boeynants.

_

Jo Gérard est né en 1919, comme Paul Vanden Boeynants. Il a étudié au collège saint Michel de Bruxelles (De netwerking van een neo-aristocratische elite | Klaartje Schrijvers), comme Paul Vanden Boeynants...

_ _ _




Difficile de ne pas voir un lien avec le MAD, bien connu de Michel Libert...

https://de.wikipedia.org/wiki/Bundesamt_f%C3%BCr_den_Milit%C3%A4rischen_Abschirmdienst

https://fr.wikipedia.org/wiki/Amt_f%C3%BCr_den_Milit%C3%A4rischen_Abschirmdienst

Le MAD était en contact avec les services de Reinhard Gehlen, et donc Otto Skorzeny et Léon Degrelle... tout cela étant lié à divers réseaux "stay-behind" (dont le WNP faisait sans doute partie... et sera "sacrifié" pour immobiliser la Sûreté de l'Etat) et plus que probablement à la DIA.


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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Hier à 11:47


Selon un lecteur attentif : Jo Gérard était un vieux pote de Edmont Bajart


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MessageSujet: Re: Moyen, André   

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