les tueries du Brabant

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 Moyen, André

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dim



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Dim 6 Oct 2013 - 18:54

Et voilà an2013, le Dislaire nouveau est arrivé, pour continuer la chasse aux cocos, au nom de la sainte Belgique cheers 
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K



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Dim 6 Oct 2013 - 19:12

pas moyen de l'éviter

je tombe dessus meme si je ne le cherche pas:

http://www.browardpalmbeach.com/1999-04-22/news/secrets-and-crimes/5/


Citation :
.........In the early '80s, a Belgian military intelligence officer named Andre Moyen investigated Buslik on suspicion he was trying to sell American aviation technology to the Soviet Union.

Moyen, who at the height of the Cold War funneled information to a CIA front called the World Anticommunist League, thinks Buslik promoted himself as an American agent as a way to increase his underworld credibility. "He was a fake secret agent," says Moyen, now 84 years old and retired. "At any given time, he would present himself as being part of the CIA, the FBI, and the DEA." .....



c'est in-extricable cette bande de cowboys
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White Crow



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Dim 17 Nov 2013 - 23:43

J'ai pû parler à André Moyen avant qu'il ne soit décédé. Au sujet du Stay Behind, il a soulevé un point qui lui tenait au coeur. C'était le fait qu'on ai mélangé à partir d'un certain moment les réseaux d'informations et les réseaux d'actions en ouvrant la porte du SDRA8 à des "paras" ! Il ne voulait pas aller plus dans le détail. Mais le malaise qui entourerait le Stay-Behind serait lié à cela ! l faudrait revoir l'émission de l'RTBF sur le Stay Behind. Il me semble qu'il en a également parlé !
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alain



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Lun 18 Nov 2013 - 10:57

Juste ,meme tres juste ,il a fallu mettre fin et bien scinder les 2 services: renseignement et action ,car il y a eu des solides débordements ........(paras et codos allaient au charbon sans trop de ménagements )Twisted Evil 
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K



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Lun 18 Nov 2013 - 13:51

et par hasard qui était président d'honneur de tous les clubs de parachutismes en Belgique et des codo-para aussi ?? ?


un ancien stay "before" de STANLEY pour préparer et éclairer le terrain ...
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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Lun 18 Nov 2013 - 14:28



Le débat de la RTBF est discuté sur

http://tueriesdubrabant.winnerbb.com/t2333-debat-gladio-6-videos

André Moyen intervient dans

http://www.dailymotion.com/video/xgv6v3_debat-sur-le-reseau-gladio-brabant-wallon-1-6_news#rel-page-under-6

à partir de 09:38 (voir surtout vers 11:45)

Il est aussi question de la "dissidence Catena", incuant "l'action" (troubler des manifestaions communistes, etc)

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White Crow



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Lun 18 Nov 2013 - 15:49

Merci, à écouter à partir de +/- 12:00. Il parle des ESR, où plutôt de l'intégration d'anciens ESR dans le SDRA8. Où est-ce envisageable qu'on ai doublé cette équipe ? Un pendant officieux ? Comment situer cet événement sur une axe de temps ?
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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mar 26 Nov 2013 - 13:15


http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20131126_00394546

Mise à jour : mardi 26 novembre 2013 06h00

Un pas de plus dans le dossier Lahaut

Les archives de la Sûreté militaire s’ouvriront aux chercheurs qui enquêtent sur l’assassinat de Julien Lahaut.


Saura-t-on un jour la vérité sur l’assassinat de Julien Lahaut? Le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD & V), vient de confirmer à Véronique De Keyser la mise à disposition des archives du Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS) aux chercheurs du CEGES (Centre d’Études et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines). Après la Sûreté de l’État «qui leur avait ouvert (partiellement) ses portes», la Sûreté militaire «pourrait (ainsi) ouvrir les siennes», se réjouit la députée européenne PS.

L’enquête sur la mort du député communiste sérésien, abattu sur le pas de sa porte, le 18 août 1950, est prescrite depuis 1970. Mais elle hante toujours les mémoires.

Le nom de son assassin présumé est connu; mais il reste des zones d’ombre. Après le blocage de crédits accordés par le Sénat pour poursuivre le travail, Véronique Laruelle a relancé l’enquête en levant 40 000 euros par souscription publique. Des subsides de Jean-Marc Nollet (Écolo), ministre communautaire de la Fonction publique, et de Philippe Courard (PS) ont aidé la deuxième phase de l’enquête à se boucler «avec, semble-t-il, la découverte de certains documents intéressants», annonce déjà Véronique De Keyser.

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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Ven 5 Sep 2014 - 16:09


Histoire politique des services secrets français: De la Seconde Guerre ...
Par Roger FALIGOT,Jean GUISNEL,Rémi KAUFFER

(dommage que les auteurs mélangent Albert 1er et Baudouin 1er...)









Intéressant de noter le lien entre André Moyen et "la Cagoule", un groupe d'extrême droite actif dans les années 1930 en France.

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cagoule


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dislairelucien



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Lun 29 Sep 2014 - 15:49

Hervé :"Intéressant de noter le lien entre André Moyen et "la Cagoule", un groupe d'extrême droite actif dans les années 1930 en France."

Cagoulé ou pas, Moyen André serait aujourd'hui centenaire...Suspect

Saluons ce grand résistant, grand serviteur de l'Etat et de la démocratie dans des périodes difficiles de guerre et de guerre froide
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michel
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MessageSujet: Re: Moyen, André   Lun 29 Sep 2014 - 20:07

dislairelucien a écrit:


Saluons ce grand résistant, grand serviteur de l'Etat et de la démocratie dans des périodes difficiles de guerre et de guerre froide

Certes. Mais saviez-vous que Monsieur Moyen s'est donné beaucoup de mal pour orienter l'enquête sur les tbw sur de fausses pistes?

_________________
"Ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve."
( Dr. Robert RENDU)
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pierre



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mar 30 Sep 2014 - 0:28

Je salue ce grand résistant.
Votre info Michel, Je ne la connaissais pas, elle m'impressionne mais ne m'étonne pas.
elle renforce encore un peux plus mes convictions.

T.B.W.-C.C.C.-UNOBIANCO: MEME COMBAT
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http://soscharleroi.com
dislairelucien



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mar 30 Sep 2014 - 8:36

Michel:
"Moyen à orienté vers de fausses pistes"

Ah bon! Parce qu'on connait les bonnes ?

A contrario les fausses pistes pour les uns, sont les bonnes pour les autres.
Après 30 ans d'enquête, cela relève de la subjectivité d'un chacun: l'appréciation, l'attitude qui résulte d'une perception de la réalité, d'un choix effectué en fonction de ses états de conscience ou de ses orientations politiques

Donc pour vous Moyen s'est donné beaucoup de mal pour orienter vers de fausses pistes, tout comme vous vous donnez beaucoup de mal pour orientez vers ce qui est pour vous de bonnes pistes alors qu'en l'état elles se révèlent toutes aussi fausses que celles de Moyen... scratch

Je saluais l'homme. Vous en profitez pour l'égratigner...
Le moyen d'en sortir ? confused
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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mar 30 Sep 2014 - 8:53


http://archives.lesoir.be/histoire-funerailles-a-ciney-d-andre-moyen-_t-20080212-00EWRA.html?queryand=faux+du+KGB%2C+andr%E9+Moyen&firstHit=0&by=10&when=-1&begYear=1989&begMonth=01&begDay=01&endYear=2014&endMonth=09&endDay=29&sort=datedesc&rub=TOUT&pos=1&all=5&nav=1

Freddy, résistant et barbouze

METDEPENNINGEN,MARC

Mardi 12 février 2008

(...)

Il fut impliqué dans la création, en Belgique, des réseaux « Gladio », ces cellules dormantes d’agents secrets. L’anticommunisme était l’un des chevaux de bataille de Moyen, réputé être proche des milieux conservateurs et royalistes. Il fut accusé, sans preuve, d’avoir été l’instigateur du meurtre de Julien Lahaut, le député communiste qui cria « vive la république » lors de l’intronisation du roi Baudouin.

André Moyen créa en 1962 la branche belge de Group 4 Securitas. Sur le tard de sa vie, il se lança à nouveau dans le renseignement, multipliant les sorties matamoresques dans de nombreux dossiers judiciaires, dont les tueries du Brabant. Il voyait des communistes partout. Et il n’hésitait pas à faire mener des enquêtes sur des gendarmes, à accuser des journalistes d’être payés par la Sûreté.

Il était proche du baron de Bonvoisin, dont le procès pour les « faux KGB », auxquels Moyen participa, a – ironie des dates – débuté le jour même de ses funérailles (lire ci-dessus).

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michel
Admin


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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mar 30 Sep 2014 - 16:58

@ Lucien Dislaire,

Je n'égratine personne. Moyen a orienté sciemment les enquêteurs sur de fausses pistes. C'est écrit noir sur blanc dans les rapports parlementaires.

_________________
"Ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve."
( Dr. Robert RENDU)
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dislairelucien



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mer 1 Oct 2014 - 10:13

Herve vous ne l'avez sans doute pas fait exprès mais vous avez oublié le principal (...) =


"Les funérailles, célébrées lundi à Ciney, d’André Moyen, décédé mardi dernier à l’âge de 93 ans, ont permis à l’assistance de se souvenir d’une figure de proue de la résistance belge et du renseignement militaire.
Né en Resteigne en 1914, il s’engage très tôt dans la Résistance, pour compte de laquelle il mène, au sein du groupe « Athos », de périlleuses missions d’infiltration. Sous les noms de guerre de « capitaine Freddy », « Le Crocodile », « Cincinnatus » ou « André de Saint-Michel », il réussit notamment l’attaque d’un centre de télécommunications allemand à Menuchenet. Avec Fernand Canoot, il créa une fausse force de police, la « speziale polizei » qui mena, au nez et à la barbe des occupants, plusieurs opérations de renseignements ou dirigées contre des collaborateurs.
À l’issue de la guerre, Moyen intègre le contre-espionnage belge, dont il devient le numéro deux. Il effectue des missions au Congo, au Maroc, en Egypte, à Taïwan, à Saigon et en Corée. "
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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Mer 1 Oct 2014 - 10:35


Pourquoi faudrait-il que les choses soient uniquement blanches ou noires ?

Beaucoup de personnes dont je soupçonne qu'elles ont joué un rôle dans la stratégie de la tension en Europe, et notamment dans les tueries du Brabant, ont eu un comportement exemplaire lors de la seconde guerre mondiale : John Singlaub, Robert Close, Yves-Jean du Monceau de Bergendal, Guy Weber, etc

C'est leur anti-communisme débridé lors de la guerre froide qui en a conduit certains à avaliser des opérations semblables à l'opération Northwoods proposée par Lyman Lemnitzer à J-F Kennedy. C'était par ailleurs conforme à des déclarations de personnalités comme William Westmoreland, Alexander Haig, Brian Crozier... (faire peur pour montrer aux pays européens "où était leur intérêt", c'est-à-dire se renforcer et se rapprocher des USA de l'époque Reagan).

Personne sur le forum ne nie le courage dont a fait preuve André Moyen lors de la seconde guerre mondiale mais son comportement par après est similaire à celui des personnes citées ci-dessus et il a clairement été jusqu'à essayer de manipuler des enquêtes.

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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Jeu 2 Avr 2015 - 11:36


Histoire politique des services secrets français: De la Seconde Guerre ...
Par Roger FALIGOT,Jean GUISNEL,Rémi KAUFFER





http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Martin_(activiste)

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cagoule

http://www.cf2r.org/fr/notes-historiques/un-obsede-du-renseignement-le-docteur-henri-martin.php

(...)  Martin établit pour trente ans un service de renseignement, privé plutôt que clandestin. Hormis les périodes de septembre 1940 à mars 1942, où il travailla pour le compte des services vichyssois, et de septembre 1944 à février 1945, où il était le « commandant Bernard » dans le cadre d'une opération combinée entre le G-2 de la Septième armée américaine et de l'Office of Strategic Services (OSS), et peut-être encore au cours de l'année 1946 dans une épopée monarchiste belge, sous le nom de « Monsieur Leloup » [12], il n'appartint à aucun service officiel. Mais ses activités n'en étaient pas pour autant secrètes. Ses notes de synthèses, généralement informes, sans véritable ponctuation, tapées d'une traite à la machine par lui, par son épouse ou par une collaboratrice, selon les époques, étaient largement diffusées, avant guerre, auprès de la presse d'extrême droite ( Choc , L'Insurgé , Gringoire , Jour ), puis, après le second conflit mondial, auprès de quelque trois cents destinataires, parmi lesquels des agents des services officiels, des parlementaires, des fonctionnaires, des banquiers, des notabilités..., qu'il pensait acquis à ses idées.  (...) Tous n'appartenaient pas au monde du renseignement et la structure du réseau laisse plutôt à penser qu'il était plutôt construit pour la conspiration plutôt que pour l'analyse de l'information politique. Pour la plupart, ils venaient du monarchisme ou du nationalisme intégraux et suivirent plutôt une trajectoire similaire à celle du docteur Martin.


[12] Ibid. , pp. 367-369 ; National Archives and Records Administration, College Park (MD), RG 226.6.3, rapports du captain Thompson du 29 octobre 1944 et de Henry Hyde du 3 février 1945 ; Philippe Bourdrel, La Cagoule. 30 ans de complots  (Paris, Albin Michel, 1970), p. 267 ; Francis Balace, « Les mouvements léopoldistes », Michel Dumoulin, Mark van den Wijngaert, Vincent Dujardin, Léopold III  (Bruxelles, Complexe, 2001), pp. 292-293.

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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Ven 3 Avr 2015 - 8:35


http://archives.lesoir.be/gladio-etait-un-reseau-dormant-mais-catena-pour-moi-gla_t-19901114-Z039UP.html

Mercredi 14 novembre 1990

Gladio était un réseau «dormant»... mais Catena ?

(...)



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HERVE



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MessageSujet: Re: Moyen, André   Sam 4 Avr 2015 - 12:11


Une très intéressante analyse ...

http://uranopole.over-blog.com/article-la-surete-de-l-etat-belge-service-public-ou-instrument-manipule-115442320.html

17 février 2013

La Sûreté de l'Etat belge : service public ou instrument manipulé ?

La Sûreté de l’Etat belge est à nouveau sur la sellette. Il y a deux mois, on apprenait par une «fuite» qu’elle surveillait des parlementaires et même une secrétaire d’Etat qui entretiendraient des relations avec l’église de scientologie. Il y a une dizaine de jours, c’est un ex-dirigeant du parti néo-nazi flamingant «Vlaams Belang» qui «avouait» qu’il avait été une taupe de la Sûreté de l’Etat dans ce parti.

Face à cette cacophonie, plusieurs parlementaires expriment leur inquiétude et interrogent la ministre de la Justice, la néolibérale flamande Annemie Turtelboom qui est responsable de la Sûreté, avoue ne pas être informée !

Deux socialistes, le flamand Renaat Landuyt, juriste éminent et bourgmestre de Bruges et le francophone Philippe Moureaux, ancien ministre de la Justice, réagissent avec virulence. Le premier demande la suppression de la Sûreté de l’Etat, le second exige une profonde réforme de ce service. Il ajoute : «J'en ai été responsable comme ministre de la Justice et je n'ai jamais eu beaucoup de respect pour ces gens-là, qui travaillent le plus souvent sur base de rumeurs et qui se laissent aller à de petits jeux».

Tollé de la droite politique avec en tête l’ineffable Armand De Decker, sénateur bourgmestre d’Uccle, qui fustige Landuyt et Moureaux en les traitant d’hommes «dépassés».

Pas si simple !

M. De Decker veut-il effacer le passé en parlant de « dépassé » ? Si l’on veut comprendre le problème de ce service public qui a toujours laissé planer une aura de mystère sur sa mission, il nous faut évoquer l’histoire. Commençons par une affaire personnelle dont je me serais volontiers passé.

Je suis personnellement concerné.

En vue d’effectuer une recherche sur un réseau de résistance belge qui a fonctionné dans le Midi de la France, j’ai été obligé de demander à la Sûreté de l’Etat l’autorisation de consulter un dossier se trouvant au CEGES (Centre belge de Recherche sur la Seconde guerre mondiale). Ce fut une fin de non recevoir se référant à la loi sur la protection de la vie privée. Certes, mes activités militantes antérieures et présentes ne doivent pas entrer dans les « normes » de la Sûreté de l’Etat, mais je trouve assez piquant de se référer à une loi sur la protection de la vie privée pour m’empêcher d’évoquer la lutte et le courage de personnes qui ont agi dans la clandestinité voici plus de soixante années ! Je ne vois en outre pas en quoi les informations que je cherche sont « sensibles ».

En dehors de mon cas personnel, il est clair que la Sûreté de l’Etat se permet de décréter ce qui est « sensible » ou non sans justification aucune auprès de sa hiérarchie, à savoir la ministre de la Justice et le Comité R, comité parlementaire composé de six sénateurs, dont Armand De Decker, chargé de la contrôler. Elle va même jusqu’à refuser de transmettre des « informations » à sa propre ministre de tutelle ! Cela est anormal et pourtant cela s’explique, si l’on remonte au passé.

Un passé à la fois prestigieux et très lourd

Le réseau de résistance que j’évoquais est à l’origine de la constitution de la Sûreté de l’Etat. En effet, en juin 1940, la Belgique et le Nord de la France étaient occupés par les Allemands. Le gouvernement belge s’était exilé à Londres et la partie restée « libre » de la France était gouvernée par le régime pétainiste de Vichy. Auparavant, il y eut un profond désaccord entre le roi Léopold III qui décida de rester en Belgique et le gouvernement qui voulait continuer la guerre avec les Anglais.

Le gouvernement de Londres dirigé par le Premier ministre Hubert Pierlot se méfait des éléments de l’armée et de leur service de renseignement qui avaient rejoint l’Angleterre, car il les soupçonnait d’être restés fidèles au roi. Aussi, décida-t-il de fonder un réseau de renseignement civil dirigé par des magistrats qui est à l’origine de l’actuelle Sûreté de l’Etat. Cet organisme s’est considérablement développé à Londres pendant la Seconde guerre mondiale. En Europe occupée, il s’appuya sur plusieurs réseaux de Résistance qui envoyaient des informations « sensibles » à Londres. Ces renseignements ont été indispensables aux Alliés occidentaux pour préparer la contre offensive contre l’Allemagne hitlérienne. Ajoutons que de nombreux résistants ont payé de leur vie ces activités d’espionnage. Nombre d’entre eux furent déportés sous le régime abominable « Nacht und Nebel » dans des camps de concentration. Peu en revinrent. ([1])

Il y avait donc une collaboration étroite entre le gouvernement Pierlot et les Britanniques. C’était évidemment eux qui exploitaient les renseignements recueillis par les réseaux belges de Résistance qui étaient traités par la Sûreté belge. En 1942, les Anglais franchirent une étape nouvelle : celle de la Résistance armée. « À partir de l’été 1942, le SOE britannique entreprit d’aménager des dépôts de munitions et d’entraîner une armée secrète. Les Anglais mettaient à disposition des équipements radio et des appareils pour transporter hommes et matériel et supervisaient depuis Londres les questions logistiques ainsi que la formation et le débriefing des agents qui étaient envoyés clandestinement derrière les lignes ennemies. Outre les opérations de sabotage dirigées contre l’occupant allemand, l’armée secrète belge collectait également des informations que des agents transmettaient à Londres par radio, courriers ou microfilms. Si l’impact de ce réseau de résistance fut finalement marginal, la stratégie employée fut un véritable modèle du genre. » ([2]) En effet, l’Armée secrète composée essentiellement de militaires restés en Belgique occupée jouit d’un grand prestige encore aujourd’hui. La plupart de ses membres ont payé très cher leur engagement par la torture, la déportation, des exécutions sommaires. L’Armée secrète fut donc en Belgique le premier réseau dit Stay behind.

Stay behind

Stay behind signifie rester et éventuellement opérer à l’arrière des lignes ennemies. L’Armée secrète en Belgique opéra durant toute l’occupation. Elle portait à l’origine le nom d’Armée de Belgique. Elle fut un des plus importants réseaux : l’Armée de Belgique avait divisé le territoire en cinq zones. Elle compta environ 4.000 membres. Elle paya un lourd tribut : 657 de ses membres dont huit femmes furent exécutés par les Allemands, 2.195 sont morts en déportation, parmi lesquels 52 femmes. Son action consista en sabotages, actions de guérillas, parachutages et aussi… opérations anti-destruction pour ne pas entraver la progression des Alliés.

Cependant, après la Libération, si l’Armée secrète fut dissoute, le réseau Stay behind survécut. Le communisme soviétique se substitua comme ennemi au nazisme allemand. Le cas belge est assez particulier. Le gouvernement Pierlot revenu en Belgique dans les fourgons de l’armée britannique associa le Parti communiste au gouvernement. En effet, si sa représentation parlementaire était faible, les communistes avaient constitué le plus important réseau de Résistance en Belgique, le Front de l’Indépendance (FI). Il représentait une force importante et populaire d’autant plus que les Résistants n’avaient pas encore été désarmés. Or, un des premiers soucis du nouveau gouvernement fut de désarmer les Résistants qui représentaient un danger pour le pouvoir. Beaucoup de Résistants ne l’entendirent pas de cette oreille d’autant plus qu’en septembre 1944, l’ensemble du territoire n’était pas encore libéré et l’on craignait une contre-offensive allemande – qui eut effectivement lieu en décembre 1944, la fameuse offensive Von Rundstedt en Ardennes – mais tout fut mis en œuvre pour ôter à la Résistance son poids politique.

Stay behind joua son rôle en cette affaire. Il travailla au niveau de la propagande, notamment filmée, qui donnait des informations parcellaires et présentaient les faits de la Résistance comme ayant été des actes héroïques, mais qui appartenaient désormais au passé. Voulant rétablir le régime d’avant-guerre, le gouvernement Pierlot dès sa proclamation à Bruxelles le 8 septembre 1944 rejeta la Résistance pour faire place aux piliers traditionnels que sont les partis, les syndicats, les organisations sociales. D’ailleurs, Londres avait tout prévu.  La Résistance intérieure devait être muselée et surtout désarmée En effet, le gouvernement Pierlot applique la politique dite de « containment » qui vise dans un premier temps à encadrer les forces armées de la Résistance et ensuite à les dénigrer. Tout cela fut fait avec l’aide aussi efficace que clandestine de Stay behind.

Le 18 novembre 1944, le gouvernement décréta la dissolution des groupes de la Résistance comme le Front de l’Indépendance, le Groupe G, l’Armée secrète, le Mouvement national Belge, le Groupe Fidelio, etc. Cela provoqua l’indignation de plusieurs d’entre eux, ainsi que des ministres communistes dont deux démissionnèrent avec en plus Fernand Demany qui était ministre sans portefeuille, justement chargé de la Résistance. Si plusieurs groupes acceptèrent d’être désarmés, pour d’autres et pas seulement pour les communistes, et aussi pour une large partie de l’opinion publique et en particulier de la classe ouvrière, le rôle de la Résistance n’était pas terminé. Pierlot prit peur et menaça de faire appel aux forces américaines et anglaises si l’ordre n’était pas rétabli. Le porte-parole de ces armées brandit la même menace. Cela ne découragea pas Fernand Demany qui organisa une marche armée de Résistants pour renverser le gouvernement, le 25 novembre 1944. Celle-ci fut stoppée par les chars canadiens !

C’en fut fini de la résistance de la Résistance ! La Belgique reprit progressivement son « business as usual ». Les communistes restèrent au gouvernement jusqu’en 1946. Et, par après, le jeu politique traditionnel reprit.

La guerre froide

Le départ des communistes du gouvernement belge ne fut pas le seul fait du jeu politique interne à la Belgique. Après la conférence de Potsdam, la guerre froide avait commencé et les Américains ne tolérèrent pas que des partis communistes participent à des gouvernements dans des pays sous leur zone d’influence. En effet, dans quatre pays d’Europe occidentale de l’immédiat après-guerre, les communistes étaient au gouvernement : la Belgique, la France, l’Italie et la Tchécoslovaquie ([3]). Tout fut fait pour expulser les communistes. Ils quittèrent le pouvoir en France, en Belgique et en Italie en 1946 et 1947. La situation en Tchécoslovaquie fut différente, car les communistes étaient très populaires et restèrent au gouvernement, malgré les pressions occidentales, jusqu’au fameux coup de Prague de 1948, où les Soviétiques assurèrent leur mainmise sur ce pays.

Par après, Stay Behind se scinda en deux : une branche militaire, le SDRA 8 (Service de Renseignement et d’Action) et une branche civile, la STC/Mob (Section Training Communication and Mobilisation). Cette dernière dépendait directement de la Sûreté de l’Etat et était composée de techniciens radios. Le recrutement se faisait dans les milieux catholiques conservateurs et dans les cercles anticommunistes. La STC/Mob « avait pour mission de collecter des renseignements susceptibles d’être utiles au gouvernement dans le contexte d’une occupation ennemie. La section avait aussi la tâche d’organiser des itinéraires sécurisés pour l’évacuation des membres du gouvernement et d’autres personnalités occupant des fonctions officielles. » En gros, il reprenait la structure double de l’Armée secrète qui avait fait ses preuves durant l’occupation. Bref, tout se passait comme si la Belgique était toujours en état de guerre et placée sous la menace d’une occupation étrangère.

C’est cette mentalité à la limite de la paranoïa qui a présidé à ces services de renseignement. Il y avait une sorte d’obsession d’une menace extérieure grave et de la présence d’un ennemi intérieur. Et cela est demeuré jusqu’à aujourd’hui.

C’est en 1971, soit quelque vingt-six ans après la fin de la Seconde guerre mondiale qu’un comité «Interservices» fut créé afin de coordonner les deux services qui seront également placés sous le contrôle de l’OTAN.

L’assassinat de Julien Lahaut

Revenons à 1950. L’affaire royale est à son paroxysme. Le retour du roi Léopold III de son exil autrichien et la reprise de ses fonctions après près de dix années « d’impossibilité de régner » sont fortement contestés par les anciens Résistants, l’ensemble de la gauche belge, ainsi que par les libéraux laïques. Le roi, par contre, bénéficie du soutien de l’Eglise et du parti catholique, ainsi que des éléments de droite. Un gouvernement homogène social-chrétien commet la grossière erreur d’organiser une consultation populaire, pensant qu’une large majorité des Belges souhaitait la remontée sur le trône de Léopold III. Cette consultation donne effectivement une majorité favorable au roi, mais l’analyse de ce scrutin montre une profonde division de l’opinion publique dans les trois régions du pays : la Wallonie est fortement anti-léopoldiste, Bruxelles donne une faible majorité au roi et la Flandre plébiscite le souverain. Dès lors, la tension est à son comble. Pour la première fois dans son histoire, la Belgique se trouve sous la menace d’une guerre civile.

Les milieux de droite n’avaient pas attendu 1950 pour réagir. D’après l’historien Etienne Verhoeyen, des éléments prirent contact avec un officier supérieur américain du nom de Parker, sans doute un dirigeant de la CIA  dès 1948 et souhaitèrent renforcer Stay Behind  afin de préparer une résistance anticommuniste et d’organiser une campagne de restauration léopoldiste. Cela eut d’importantes conséquences par après.

Au terme d’une répression féroce, il y eut quatre ouvriers tués par la fusillade de la gendarmerie à Grâce Berleur (l’ancien nom de Grâce Hollogne près de Liège) le 30 juillet 1950. La gauche wallonne organisa une marche sur Bruxelles. Le Premier ministre catholique Duvieusart prit peur. Il n’y avait plus qu’une issue pour éviter l’insurrection : l’abdication du roi Léopold III.

Le 11 août 1950, le fils aîné de Léopold III, le Prince Baudouin, prête le serment constitutionnel devant les Chambres réunies. Un député communiste cria : « Vive la République ! ». On attribua son cri à Julien Lahaut, le président du Parti communiste. Sept jours plus tard, le 18, Julien Lahaut est assassiné devant son domicile à Seraing.

Ce crime déclencha un profond mouvement d’indignation en Belgique. Ce pays n’est pas habitué à des assassinats politiques et Lahaut jouissait d’un énorme prestige dans l’opinion bien au-delà des milieux communistes. Il était député communiste de Liège en 1940. Il avait organisé la manifestation des 100.000 en mai 1941 contre Degrelle. Il fut arrêté par les Allemands le 22 juin 1941, le jour du déclenchement de l’offensive allemande contre l’URSS. Il fut torturé au Fort de Huy, puis condamné à mort et déporté à Mauthausen d’où il fut libéré le 28 avril 1945. Lahaut reprit son siège de député où il poursuivit son combat politique.

Cet assassinat ne fut jamais résolu. Plusieurs observateurs virent la main de Stay Behind derrière ce forfait. En effet, Lahaut faisait peur aux milieux réactionnaires. Le cri « Vive la République ! » avait profondément choqué la droite conservatrice. Aussi, tout fut sans doute fait pour entraver l’enquête qui fut classée sans suites en 1972.

En 2008, le Sénat de Belgique se pencha sur la question et par une résolution, confia au CEGES le soin de reprendre l’enquête, non pas policière, mais historique pour savoir ce qu’il s’était réellement passé. Un budget de 150.000 Euros pour ce faire fut voté et ajouté à celui du département de la Politique scientifique. Suite à des pressions – sans doute du Palais royal ? – la ministre libérale Sabine Laruelle supprima ce crédit, sous prétexte d’économies budgétaires. En réaction, la députée européenne socialiste de Liège, Véronique De Keyser lança une souscription publique pour assurer le financement de la première partie de l’étude historique sur cet assassinat. Elle réussit à rassembler 40.000 Euros de dons de citoyens et de quelques communes. Les premiers résultats furent rendus publics le 9 mars 2012 et ils sont édifiants ! Si on lit le compte-rendu qu’en a fait le journaliste Christian Laporte dans La Libre Belgique :

   « Manu Gérard [un des historiens auteurs du rapport] l’a montré vendredi en donnant des précisions intéressantes sur le « modus operandi » de l’agression mais il a surtout pu mettre la main sur un drôle de rapport daté du 31 août 1950 sur l’Activité du Réseau pendant le mois d’août 1950. Le « Réseau » ? A l’évidence un groupement de personnes redoutant l’invasion de l’Europe par l’URSS réuni autour de certains responsables de la Brufina et de la Banque de Bruxelles. Et dont un personnage-clé fut André Moyen, agent de renseignement et d’action qui traverse notre Histoire de la Seconde Guerre jusqu’à l’indépendance du Congo. Personnage devenu fantasque aux yeux de confrères spécialisés dans l’info judiciaire dans les dernières années de sa vie, il semblait pourtant très bien informé dans cette note dont il s’avère qu’elle fut transmise à l’ancien ministre de l’Intérieur Albert De Vleeschauwer (rentré récemment dans l’actualité par une biographie de Bert Govaerts) mais aussi transmise à d’autres personnalités comme le chef de la Sûreté militaire de l’époque. Le plus étonnant est que deux semaines à peine après l’attentat de Seraing, André Moyen y évoque « une exécution » de Lahaut par « un groupe apolitique et même antipolitique, patriote et désintéressé qui n’avait cru d’abord entrer en lice qu’après l’invasion soviétique. C’est une sorte de synarchie qui a ses gens jusque dans les enceintes les plus fermées et, pour le cas Lahaut, jusque dans les enquêteurs ». Le texte dont Manu Gérard n’entend à ce stade tirer aucune conclusion est très interpellant. D’autant plus que Moyen aida au même moment De Vleeschauwer craignant un attentat anti léopoldiste à se réfugier en France mais en outre, le 12 septembre 1950, le gouvernement Pholien décida d’écarter les communistes des services publics. Se greffent aussi là-dessus les agissements d’un Bloc anticommuniste belge qui avait l’intention de commettre des attentats contre les leaders du PCB. Un petit monde où se croisent diverses personnalités guidées par une proximité idéologique. Manu Gérard veut coucher ces hypothèses sur papier mais il y a presque une certitude : le président du PCB n’a pas été abattu pour avoir crié « vive la République ». Le projet de l’abattre était déjà dans les cartons sinon dans les esprits. » Donc, il est évident que ces groupes ultra royalistes et anticommunistes avaient des relations étroites avec la Sûreté militaire, donc le SDRA 8. D’autre part, les historiens du CEGES ont établi que ces milieux étaient en contact étroit avec un officier supérieur américain à Paris.

Si on connaît les assassins de Lahaut, les trois frères Devillé, famille originaire de Halle, un quatrième a été « négligé » par les enquêteurs : un certain Goossens connu pour militer dans les milieux léopoldistes et qui a dû être le chef du commando des tueurs.

Ici encore, Stay behind n’est manifestement pas loin. On aura sans doute l’occasion d’en savoir plus dans quelques mois, puisque le ministre socialiste de la Politique scientifique, Paul Magnette, a débloqué un crédit de 320.000 Euros pour que le CEGES puisse poursuivre ses investigations.

Vers Gladio

Les années soixante virent monter en Europe occidentale un large mouvement opposé aux guerres coloniales et aussi contre les armes nucléaires et plus tard contre la guerre américaine au Vietnam. Les années qui suivirent les contestations étudiantes de 1968 connurent une radicalisation de l’extrême-gauche, surtout en Allemagne, en Italie et en France.

Des groupes radicaux adeptes de la violence armée s’attaquent à des cibles symboliques surtout en Allemagne et en Italie. Leur objectif est d’impressionner la population et de déstabiliser les régimes en place. Si les Brigades rouges et la Fraction armée rouge – groupe Baader Meinhof ont mené des campagnes sanguinaires, elles n’atteignaient pas – et sans doute ne visaient pas – les centres névralgiques du pouvoir en place, ce qui a fait dire à Umberto Eco : « Le terrorisme frappe la périphérie de la société ». L’assassinat du patron des patrons allemands n’a rien changé à la politique économique et sociale de la RFA. Par contre, l’exécution du Premier ministre Aldo Moro, le 9 mai 1978 a eu des conséquences politiques  importantes : elle a mis fin au processus de « compromis historique » entre la démocratie chrétienne italienne et le parti communiste dont Moro était le maître d’œuvre avec le secrétaire général du Parti communiste italien Enrico Berlinguer.

Ce compromis ne plaisait ni aux Soviétiques, ni aux Américains. C’est à partir de l’assassinat d’Aldo Moro que l’on commence à parler de Gladio.

Gladio (le glaive en Italien) est le bras armé de Stay Behind. Le juge Rosario Priore qui a traité le dossier Aldo Moro et plus tard celui de la tentative d’assassinat du pape Jean-Paul II, a soutenu que les Brigades rouges avaient reçu le soutien logistique de la STASI (les services secrets est-allemands) manipulés par Gladio. Cela n’a jamais pu être prouvé, mais cette hypothèse est plausible. Pourquoi ?

L’extrême-droite italienne, Gladio et la fameuse loge maçonnique P2 ont mis en place en Italie ce qu’on a appelé la « stratégie de la tension » avec l’appui extérieur de la CIA. L’objectif de cette stratégie était d’empêcher en manipulant aussi bien les groupuscules terroristes d’extrême-gauche que d’extrême-droite toute venue au pouvoir en Italie de la gauche même social-démocrate.

Pour le juge Priore, la stratégie de la tension doit donc être comprise non pas en regard de la Guerre froide mais dans un contexte de conflits larvés entre les puissances occidentales autour de la Méditerranée et du Proche-Orient.

«Nous avons été en guerre sans que les simples citoyens le sachent», affirme Rosario Priore, qui souligne notamment que « l’hégémonie sur la Méditerranée et le contrôle des sources énergétiques ont placé l’Italie en collision avec l’axe américano-britannique qui n’a pas supporté son rapport privilégié avec la Libye ».

Alors que l’on n’a jamais retrouvé les commanditaires de l’attentat de la piazza Fontana, qui à Milan, le 12 décembre 1969, fit 16 morts et enclencha une escalade dans la répression policière et les violences des groupes armés, ce qui fut le signal du début des «années de plomb».

Ainsi, tout cela fait partie d’un colossal jeu géopolitique dans lequel des pays européens comme l’Italie et la Belgique, places éminemment stratégiques en Europe, sont de simples pions manipulés par les grandes puissances et particulièrement les Etats-Unis, l’Union soviétique commençant à entamer son déclin et le Moyen-Orient  s’invitant suite à la crise pétrolière et au conflit israélo-palestinien.

La Sûreté de l’Etat belge emberlificotée dans Stay Behind et Gladio est dès lors un simple instrument utilisé par des forces plus puissantes que des Etats, forces qui ont été dénoncées dès 1960 par le Président des Etats-Unis en personne, lors de son dernier discours à la nation américaine, Dwight David Eisenhower.

Pierre Verhas  


[1] C’est justement sur un de ces réseaux, le Réseau Sabot, que je travaille en vue d’une commémoration en France. Il s’agit d’un réseau qui s’est constitué dans le Midi de la France, en zone non occupée,  afin d’envoyer des renseignements à Londres. Le Réseau Sabot est considéré comme à l’origine des activités du nouvel organisme gouvernemental de renseignements à l’origine de l’actuelle Sûreté de l’Etat belge. Le dossier que je souhaite consulter doit passer par l’autorisation de la Sûreté. Or, ce dossier appelé le «Fonds de la Sûreté de l’Etat» dont une partie est publique et figure sur la «toile», contient en ce qui concerne le Réseau Sabot les dossiers personnels de ses membres. C’est justement cela dont j’ai besoin pour préparer ces commémorations. Aussi la raison de cette interdiction m’échappe et est une entrave à la recherche. Les protagonistes sont décédés depuis longtemps et mon objectif est justement de les honorer. En outre, l’inventaire du « Fonds de la Sûreté de l’Etat » figure lui aussi sur la « toile »… Allez comprendre !

[2] Danièle Ganser, Les armées secrètes de l’OTAN, (traduit de l’anglais), Ed Demi Lune, 2011.

[3] La Tchécoslovaquie bien que libérée et occupée par l’Armée Rouge avait reconstitué une démocratie parlementaire. Le gouvernement comprenait les communistes qui étaient très populaires auprès de la classe ouvrière et de la paysannerie.

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MessageSujet: Re: Moyen, André   Sam 4 Avr 2015 - 17:08

@Herve: ceci pourrait vous intéresser:

Le réseau REIMS fut créé le 28 février 1943, sur les bases de l'agence BILL établie à Marseille par le major Pierre BOURRIEZ, chef belge de renseignement du réseau SABOT crée dès 1941 en France par la Sécurité Belge et NEMERY Jacques (pseudo Reims).

NEMERY Jacques désigne six chefs de région, tous belges, qui résideront respectivement à Monte-Carlo, à Cannes, à Toulon, à Marseille, à Nîmes et à Narbonne. L'agence BILL fonctionnait régulièrement à partir de décembre 1942, mais en janvier 1943 survient l'arrestation du major BOURRIEZ. Le fractionnement était nécessaire ainsi, NEMERY Jacques créait l'agence JENNY qui basée à Monte-Carlo devait travailler sur les Basses Alpes, les Alpes-Maritimes, le Var, la Corse et le plus rapidement possible essaimer vers l'Italie du Nord.

Le 28 février 1943, était donc créé le réseau REIMS, composé des Agences BILL et JENNY ainsi qu'un réseau belge de première heure mais désarticulé : SABOT (Agences MADELEINE - DELLY - GASTU - ALBERT et TOTY). L'agence BILL fut débaptisée pour en faire MADY dont tous les cadres étaient belges.

(...)

Depuis juillet 1943, une entrevue avec le chef d'un important réseau est effectuée et c'est précisément le colonel Henri GORCE-FRANKLIN - chef du réseau GALLIA - qui se déplace à Grenoble. Henri GORCE-FRANKLIN offre de donner à REIMS la liaison souhaitée, mais à condition que le réseau, autonome, mais par l'intermédiaire de GALLIA, passe aux ordres du B.C.R.A. et ne passe plus par la Sûreté belge à Londres. Il faut dire que 98% des agents de REIMS sont français. La Sûreté belge ne répondra à REIMS, par message à la B.B.C., qu'après que l'accord ait été réalisé entre REIMS et GALLIA (B.C.R.A.). Séance tenante, toutes dispositions sont prises en matière de liaisons et de financement. Fin novembre 1943, l'accord sera entériné au cours d'une réunion à laquelle participèrent le Colonel PASSY, le Commandant MANUEL, Messieurs LEPAGE et UGEUX William hauts fonctionnaires de la Sûreté belge, d'un officier de liaison britannique et le chef de réseau : NEMERY Jacques alias Reims.

(...)

Source: "Réseau GALLIA-REIMS" sur le site de l'Amicale mémoire du Réseau Gallia
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MessageSujet: Re: Moyen, André   Sam 4 Avr 2015 - 17:41


http://www.cometeline.org/cometresist.htm

"Reims" Fondé par le Belge Jacques Nemery, alias "Reims", s'imbrique avec le réseau "Gallia". Responsable Sud de la France : Major Pierre Bouriez, dit "Sabot", qui s'occupait de ce réseau "Sabot" avant d'être démantelé. Evacuation des courriers et des évadés vers Lisbonne ou l'Espagne.

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MessageSujet: Re: Moyen, André   Sam 4 Avr 2015 - 17:44


https://rdegreve.wordpress.com/2010/09/19/mon-grand-pere-et-le-reseau-benoit/

Le réseau Sabot : c’était le surnom du major Jean-Pierre Bouriez. Il était le représentant mandaté du gouvernement en exil belge pour la zone Sud de la France. Fera ensuite partie du réseau « Reims » (surnom de son fondateur Jacques Nemery).

JP Bouriez habitait Montpellier et faisait des AR Montpellier – Lyon toutes les semaines. Son réseau était chargé de faire passer le courrier, les aviateurs, les évadés, les belges, les juifs en zone libre, puis vers l’Espagne et Lisbonne. 3.000 personnes ont ainsi été évacuées. Mon grand-père a été promu sous-lieutenant (à titre posthume, car dénoncé à la Gestapo, puis mort en déportation) du réseau Reims par J. Nemery. Il faisait du (gros) sabotage, faisait des faux-papiers, hébergeait des juifs, leur indiquait des passeurs, gardaient leurs biens. Il était industriel, peintre, imprimeur et auteur dramatique à Lyon. A Buchenwald, il devait encore saboter car les allemands l’avaient mis contrôleur à Gustloff (usine de fusils)!…
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MessageSujet: Re: Moyen, André   Sam 4 Avr 2015 - 20:30

A propos de Moyen, une note de bas de page interpellante, tirée du rapport de la CP 1997 :

[99 ] - 573 / 9 - 95 / 96

(256) La dernière pièce de la farde "Pinon" est un PV du 7 mai 1993 (n° 25.592/93, pièce 21) dans lequel la CBW explique avoir pris connaissance de la documentation saisie concernant André Moyen. Il est renvoyé au PV n° 25.369/92 du 8 octobre 1992, transmis au juge d'instruction Hennuy dans le cadre de son instruction nr. 26/90F1-F19-E 14 et 15; ce procès-verbal ne se trouve pas dans le dossier à cet endroit. Le verbalisant explique que, lors de la consultation des pièces, une lettre de deux pages, envoyée par Moyen à Haquin, a été retenue. La lettre, datée du 9 mai 1990, concerne le lien possible entre les tueries du Brabant wallon et les affaires de moeurs. Il semble qu'un lien soit établi dans cette lettre entre, d'une part, le meurtre de Van Camp, le meurtre de Fourrez Dewit, et, d'autre part, les parties fines. Le verbalisant mentionne également que Moyen a conseillé à Haquin de rencontrer François Daune, qui avait été directeur du Comité supérieur de Contrôle, et qui pourrait en savoir plus sur cette affaire. Dans la lettre, l'auteur se demande également pourquoi Reyniers a séquestré le dossier "Pinon ", pourquoi le procureur du Roi Deprêtre a épuré le dossier Pinon à l'époque où il était premier substitut à Bruxelles (le dossier avait été constitué à l'origine par le commissaire Zimmer, qui aurait déclaré à André Moyen que le dossier initial comprenait deux classeurs au format quarto). L'auteur de la lettre suggère que Fievez et Defise (il veut apparemment parler de Fourez et Dewit) et Van Camp étaient des "habitués" des parties fines.


Ne peut-on se poser de questions quant à cette 'transposition' des noms tirés de la lettre de Moyen, qui n'était tout de même pas un imbécile?

Personnellement, je ne comprends pas...

On croirait assister à un tour de cartes, l'as de carreau est devenu as de trèfle et personne n'a rien vu ! cheers jocolor
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MessageSujet: Re: Moyen, André   Dim 5 Avr 2015 - 9:30


La guerre secrète des espions belges: 1940-1944
Par Emmanuel Debruyne







(...)






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MessageSujet: Re: Moyen, André   Aujourd'hui à 13:33

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