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 L'affaire WNP

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michel
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MessageSujet: L'affaire WNP   Sam 5 Avr 2008 - 14:46



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"Ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve."
( Dr. Robert RENDU)
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Shadow



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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Sam 5 Avr 2008 - 21:43

Michel,

F. Saucez était et est encore probablement l'ami de Jean-Louis Nemry. Tout deux ont travaillé dans une banque japonaise à Bruxelles à une certaine époque. Deux éléments très importants du WNP mais dans sa partie "invisible et peu connue".
Ils sont intelligents, voir brillants, parlent très bien l'anglais et ont de très bonnes notions de japonais. Ils ont tous les deux un profils précis : à la "Monsieur tout le monde".
Tout ce qui a été dit un moment sur eux est partiellement faux.
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oeilneuf



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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Mer 9 Juil 2008 - 14:33

Bonjour à tous, il a une belle tête de géant ce monsieur saucez.....
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michel
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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Mer 9 Juil 2008 - 14:39

Encore faudrait-il connaître sa taille...

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Shadow



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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Mer 9 Juil 2008 - 15:16

Bonjour,
Absent depuis 3 mois. Je peux répondre à la question, Saucez ne mesure pas plus de 183 cm. Loin d'être un géant.
Idem pour JL Nemry.

Détail important : le frère de Saucez mesure 195 cm. Il a exercé le métier de videur dans une boite de nuit du nord de la capitale. A creuser.
A bientôt
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oeilneuf



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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Mer 9 Juil 2008 - 15:40

ce ne sont pas des frères jumeaux ?
si c'est au nord de Bruxelles, c'est pas au mirano alors...
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Shadow



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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Mer 9 Juil 2008 - 15:48

Non. mais un parcours assez semblable dans nombre de situations. Un détail encore : JL Nemry et les frères Saucez ont crée dans les années 86/87 une société avec un capital important. A creuser.
A bientôt
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B.R.



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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Mer 9 Juil 2008 - 16:50

Dans le cadre du WNP, n'oublions quand même pas les seconds couteaux, lesquels ont parfois un rôle plus important qu'il n'y paraît.

PV 102069 du 27/02/1990
Verbalisants: Vandijck et Verlinden Eddy de BSR Nivelles
Objet: audition de SCHOLLAERT Nicoles Marie-Hélène .....

"Je désire m'exprimer en langue française et fais choix de cette langue en justice. Je vous ai accompagné durant la perquisition qui a été effectuée ce jour en mon domicile entre 09.35 heures et 11.00 hrs. Vous étiez accompagnés de monsieur Francis Dorpe du Comité supérieur du contrôle, lequle a également mis à exécution un mandat de perquisition délivré par monsieur le juge d'Instruction Collin à Bruxelles. Ayant pris connaissance du mandat de perquisition dont vous êtes porteur, je sais qu'ill a été délivré par Monsieur le Juge d'Instruction Hennart dans le cadre de son dossier numéro 2/86. Vous avez saisi un bon nombre de documents dont l'inventaire sera établi en fin d'audition en ma présence. Q: Pouvez-vous nous expliquer, en détail, les circonstances de votre ren- contre avec Paul Latinus? R:Durant l'année 1978, je crois, je me suis inscrite à un moment donné dans le club de rencontre "Club de l'amitié" à Ixelles, rue Mignot Delstanche 2. Il s'agissait d'un club où reignait un esprit sympathique et une très bonne entente. A votre demande, je vous déclare que ce club était tenu par une certaine Annibali Monique avec qui je n'ai plus de contacts. C'est à cette adresse que j'ai rencontré Paul Latinus. Je ne sais pas vous dire si oui ou non il y était membre ou qu'il accompagnait quelqu' un. On s'est vu quelques fois et je sais vous dire qu'il travaillait à l'O.N.E.M. En ce qui me concerne, je le trouvais très sympathique et il a vraiment essayé de me procurer du travail. Cela n'a pas réussi. Je sais qu'il a vraiment essayé et je me souviens qu'il a tenté de me faire entrer dans un des ministères. Mon problème était que je n'avais pas de diplôme et c'était la raison pour laquelle il échouait à chaque tentative. Par contre je sais aussi que Latinus a aidé certaines autres femmes qui fréquentaient le même club. A votre ques- tion je dois vous dire que c'est effectivement dans le "Club de l'Amitié" que j'ai aussi fait la connaissance de la nommée Cambier Monique, ainsi que de Barbier Marcel. Cambier Monique aidait beaucoup Monique Annibali. C'est ainsi que je me souviens que Cambier tenait le bar du club. Cambier Monique n'était pas une amie et je n'ai jamais eu de discussions avec son fils bien que j'ai vu ce dernier à plusieurs reprises. Q: Est-ce exact que vous auriez revu barbier par la suite au front de la Jeunesse et comment avez-vous commencé à fréquenter le Front? R: Cela est exact. C'était Paul Latinus qui m'avait demandé un service. Il avait besoin d'une femme pour parler à des jeunes filles de problèmes typiquement féminins tels que le contraception, la sexualité etc. Au départ je ne savais pas que c'était le Front de la Jeunesse et je ne connaissais pas leur idéologie. De toute façon j'ai rendu ce service, je suis allée au Front et petit à petit je me suis rendu compte de la tendance. En ce qui me concerne il s'agissait de rendre service à des jeunes. Q: Il semblerait que Latinus vous aurait présenté à d'autres personnes. Qu'en est-il? R: Je dois vous dire que Paul Latinus n'expliquait jamais clairement les choses. Je me suis fait présenter par Latinus à un certain "Christian" dont j'ai appris longtemps après qu'il apprtenait à la Sûreté de l'Etat. Paul était un garçon très secret et il est certain que j'ai vu des personnes en sa compagnie mais il disait qu'il s'agissait de copains et ou de connaissances. Il n'y avait jamais d'autres explications. Q: Vous m'avez donné lecture d'une note du 3 février 88 émanant de la Sûreté de l'Etat et signée SMETS C.-commissaire. Il apparaît, d'après les dires de SMETS lui-même que vous auriez été "testée à des menus travaux". R: Je n'ai jamais effectué des travaux pour le compte de Christian Smets. Je suis affirmative. Par contre, pour Latinus bien et si cela était sur demande de Smets, je n'en savais rien. Q:Quels genres de travaux vous a-t-on demandé? R: Je devais préparer un début de fichier dont j'ignorais le but. Je ne sais pas où cela devait servir. Je ne me souviens plus d'autres travaux qui m'ont été demandés. Q: N'avez-vous pas fait aussi la connaissance de Monsieur Bernard Estievenart ? R: Latinus m'avait fait rencontrer un prénommé Bernard mas je ne sais pas vous dire qu'il apparte- nait à la Sûreté. Je ne sais plus très bien ce que ce Bernard m'a demandé à l'époque. Je ne sais d'ailleurs pas vous dire à quand remonte ma rencontre avec Bernard. Q: Ne vous a-t-on pas demandé à un moment donné de fournir à la S.E. des renseignements sur des organisations d'extrème droite ? Si oui, qui vous les a demandés ? R: Non. Par contre je suivais des cours de philosophie à la "Nouvelle Acropole" et je trouvais que cela sentait l'extrème droite à plain nez et je l'vais dit à Latinus. Je dois aussi vous dire que je me suis fait mettre à la porte de la "Nouvelle Acropole" parce que mes idées ne correspondaient pas aux leurs. Q: Nous vous donnons connaissance d'une note datée du 01/03/88 - &1 - émanant de la S.E. où il est question de l'I.R.C. 2190 et de son interpel- lation par les gendarmes Moniens et Vega. Cette personne aurait été entendue dans le cadre de l'affaire "Mendez". Nous consta- tons que cela correspond à votre interpellation du 26/02/88. N'êtes-vous pas l'I.R.C. dont question ? R/ Je ne sais pas vous dire ce que signifie I.R.C. 2190. Après mon audition par vos services, j'ai effectivement été en contact avec un membre de la Sûreté qui se prénomme Alain. je lui ai relaté mon interpellation par les gendarmes dans le cadre de l'affaire Mendez. Je ne connais pas le nom de Alain et je ne savais pas à l'époque de Bernard que j'étais repertoriée à la S.E. A votre demande je ne sais pas vous dire exactement combien de temps je suis en contact avec Alain. Je crois que cela remonte à deux ou trois ans. Je tiens à préciser ici qu'au début je ne savais pas que par l'intermédiaire de Latinus, j'avais fait connaissance de certains membres de la Sûreté de l'Etat. c'est ainsi que j'ai effectivement connu Christian Smets, Bernard, Georges et puis Alain. Je maintiens qu'au départ, je ne savais pas que Smets appartenait à la S.E. Quand le prénommé Bernard m'a présenté à Georges, j'ai commencé à être rénumérée. C'est ainsi aussi que j'assiste pour eux à certaines conférences et, suivant le cas, je perçois alors une rémunération de 3.000, 4.000 ou 5.000 francs. La somme varie d'après le cas et en tenant compte qu'il y a eu des frais ou non. Ceyte somme m'est versée en argent liquide. Q: Avez été un membre du WNP ? R: Oui, c'est effectivement vrai. De par mes relations avec Paul Latinus, j'ai fait la ren- contre à un moment donné de Michel Libert. Au fil de mes rencontres je me suis aperçue que, si au départ il avait l'air sympathique, il était en fait un fanatique dangereux. J'ai toujours eu un peu peur de lui et c'est d'ailleurs aussi un peu la raison pour laquelle je n'ai pas osé faire marche-arrière. Il avait créé des organismes comportant des services qui portaient eux des dénominations allemandes. Au départ je pensais que, comme il était jeune, il était extrémiste comme certains jeunes peuvent l'être. Sur l'entrefait j'avais perdu Latinus de vue et je n'ai pas eu l'occasion de lui en parler. Q: Nous vous exhibons une photocopie d'une carte de membre du WNP et nous vous demandons si c'était la vôtre ? R: Je ne sais pas vous le dire. Un jour j'ai trouvé une carte semblable dans ma boîte aux lettres de l'avenue des Eperviers à Woluwé-St-Pierre. Cette carte était accompagnée d'une revue en langue allemande. J'ai déchiré tout pour les jeter aux ordures. Q: Quelles étaient vos occupations aux WNP ? R/ Vous me dites que certaines personne ont déclaré que je m'occupais du secrétariat au WNP. Cela est totalement faux. Je ne sais même s'il y avait besoin de tenir un secrétariat. Je n'y ai jamais vu de papier ou de courrier. Il n'y avait même pas de machine à écrire. Q: Où se passaient les réunions du WNP ? R: Je sais que Michel Libert faisait des réunions dans l'appartement de sa mère qui habitait près de la Porte de Hal. C'était dans l'avenue Jean Volders. Par la suite il a emménagé dans un falt au n°42 de la rue de Parme à St-Gilles. A cet endroit j'ai été le voir une seule fois. J'ai constaté qu'il avait décoré son flat avec des emblèmes nazis. J'ai souffert durant la dernière guerre et je n'ai plus jamais remis les pieds chez Libert. Q: Avez-vous fait passer des auditions d'entrée à des candidats membres du WNP ? Nous pensons notamment à Saucez Frédérick. R: C'est vrai qu'à la demande de Latinus, j'ai fait passer des interviews à des jeunes qui voulaient devenir membres. Au départ cela n'était pas pour le WNP mais bien pour la première dénomination de cette organisa- tion. Ce n'est que par la suite que c'est devenu le WNP. Comme dans ma vie professionnelle j'avais fait du recrutement, je trouvais que c'était dans mes cordes et j'ai accepté mais ce n'est que bien plus tard que j'ai su que ces gens étaient devenus des membres du WNP. Q: Lors de son audition, Saucez Frédéric a déclaré qu'en compagnie de Libert, il a fait votre connaissance dans une maison de la Drève de Nivelles à Woluwé. Vous les auriez fait passer une interview à cet endroit. Avez-vous habité Drève de Nivelles ? Pouvez-vous nous expliquer ? R: Je connaissais Jean-Francis Calmette qui habitait à cet endroit et j'y suis allée une fois. Je ne me souviens cependant pas avoir rencontré Saucez et Libert. Q: Avez-vous connaissance que les membres et ou dirigeants du WNP auraient loué des flats et des boxes de garage dans le but de les utiliser durant certaines opérations ? R: Non, je n'en ai jamais entendu parler. Q: Avez-vous eu l'occasion de rencontrer Bouhouche Madani durant certaines réunions du WNP ? R: La dernière fois, les enquêteurs m'ont montré des photographies de l'intéressé et je peux vous affirmer que je ne l'ai jamais rencontré. Q: Nous vous montrons dans notre album, la photographie n°38 (ndr: WEYKAMP Alain). R: Je ne connais pas ce personnage. Q: Certaines personnes déclarent que Bouhouche était un auxiliaire du WNP. Est-ce possible ? R: Cela me semble étrange. Pour le peu que je fréquentais ces gens, on m'a "collé" une carte de membre effectif avec un grade que j'ai oublié maintenant. Avec l'esprit de Libert, si Bouhouche a fréquenté ces gens, il aurait du être membre. De plus, je n'ai jamais entendu parler d'auxiliaires au WNP."
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B.R.



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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Mer 9 Juil 2008 - 17:03

Pas moyen de retrouver le nom de l'auditionné car le document est partiellement détruit...
Fameux panier à crabes quand même!

"A votre demande de savoir dans quelles circonstances j’ai été amené à faire partie du WNP, je vous dirai que vers la mi-août 1981, me trouvant au centre de transmission à Evere en tant que militaire de carrière, j’ai travaillé en compagnie du nommé DEJODE. C’est à cette période qu’est arrivé également le nommé LIBERT. Nous avons discuté notamment de la mythologie scandinave et il m’a notamment remis une brochure venant de la Nouvelle Acropole. LIBERT m’a alors fait part qu’il faisait partie d’un mouvement et m’a même présenté la carte tout en cachant le sigle de celle-ci. Il m’a alors proposé de faire éventuellement partie de ce mouvement, qu’ils effectuaient des missions pour un service officiel, missions que ce service ne pouvait faire lui-même. A ce moment, il ne m’a pas cité le nom de ce service. Comme j’avais accepté sa proposition, il m’a dit qu’il allait contacter ses chefs à ce sujet. C’est ainsi que quelques jours plus tard, il m’a proposé de l’accompagner dans une maison particulière. Si mes souvenirs sont bons, au premier étage, et je crois que cette maison devait se situer drève de Nivelles. A l’endroit et en présence de LIBERT, j’ai été présenté à une femme du nom de Nicole SCHOLAERT. J’ai subi un interview par cette personne, sur ma vie. Elle m’a aussi demandé en fin d’entretien si je connaissais Mr CUDEL et Mr V.D.B. L’entretien terminé, elle m’a dit qu’on pourrait probablement faire du bon travail ensemble. En sortant, de cet entretien, j’ai dit à LIBERT que j’avais l’impression d’avoir été « près du Bon Dieu » voulant dire par là que j’avais considéré cette femme comme une personne importante. C’est ainsi que LIBERT m’a répondu que je n’en étais pas loin, qu’il s’agissait d’une personne de la Sûreté. Je n’ai plus jamais revu cette personne par la suite. C’est à ce moment là que j’ai été introduit dans l’organisation WNP. J’ai reçu une carte blanche WNP et une carte rouge REISPOSTE qui était une carte de reconnaissance pour les échanges de courrier. Pour faire partie de ce WNP, j’ai du faire des cours pendant trois mois. Certains se passaient au domicile de BARBIER et d’autres à NOUVEL ACROPOLE, rue du Trône. Concernant ce dernier, j’y suis allé cinq ou six fois. A NOUVEL ACROPOLE, c’était une femme qui donnait le cours. Ces cours était une théorie générale sur leur philosophie, notamment grecque et bouddhiste. J’avais également remarqué, qu’en fin de cours, sur le tableau, cette personne terminait toujours son cours en écrivant une croix gammée. Il y avait à ce cours, environ 25 élèves, dont cinq personnes du WNP. Concernant les cours donnés chez Barbier, ceux-ci étaient principalement animés par LIBERT. Cependant, deux de ces cours ont été donnés par un membre de la S.E. Un jour, en fin de cours, il nous a été demandé que pour la première fois, nous soyons tous porteurs d’une cagoule pour éviter la reconnaissance, en nous signalant que les cours suivants seraient donnés par un professionnel. J’ai appris par la suite que l’enseignant n’était autre que SMETS de la S.E., que l’on appelait le Canard. Lui-même était porteur d’une cagoule. Il était accompagné d’une autre personne durant les deux cours qu’il a donnés, soit le nommé CALMETTE Jean-Francis. J’ai également revu une fois le nommé SMETS lors de l’opération ESPERANZA. Il était seul et à pied. Durant ce cours, l’homme de la S.E. donnait en fin de compte des cours de filature, notamment quand à la manière de procéder. C’est ainsi qu’après ce cours, il y a eu des exercices de filature, soit l’opération ESPERANZA et l’opération PASTORALE. Il est exact que j’ai à deux reprises, si mes souvenirs sont exacts, rédigé un rapport pour la S.E. Ces rapports portaient le nom de « DIFFUSION ALPHA ». Ces rapports étaient la collation que j’avais faite sur les renseignements et filature. Ces rapports, je les ai remis à deux reprises à une personne qui se présentait à la gare du Midi avec une carte REISPOSTE. Je me souviens qu’une des deux fois, le document a été remis à une personne que j’ai identifiée par la suite comme étant Eric LAMMERS. A votre demande de savoir si j’ai effectué d’autres missions pour la S.E., je vous dirai qu’un jour, LIBERT m’avait chargé avec deux autres d’aller récupérer chez un certain GUECHIERRE, un dossier de trafic d’armes et à l’insu du précité. LIBERT m’avait remis en cas d’incident quatre numéros de téléphone, qu’il prétendait être de la S.E. Cette récupération n’a pas eu lieu. Par la suite, j’ai voulu voir quels étaient ces numéros de téléphone et j’en ai pris un au hasard pour téléphoner. C’est ainsi que j’ai appris qu’il s’agissait d’un numéro de la Sécurité Nucléaire.
Je dois encore vous dire, qu’un jour LIBERT m’avait chargé de créer un réseau, je rectifie, des réseaux de résistance en cas d’invasion soviétique. C’est à ce moment qu’il m’avait parlé du nommé VANGORP de la S.E., mais je ne sais plus situer le sujet. Il m’a également fait part que des armes qui étaient cachées dans des cabines à haute tension seraient mises à notre disposition le cas échéant. J’ai contacté d’anciens résistants de la guerre 1940-1945, et un jour, LIBERT, m’a demandé d’avoir le nom d’une des personnes contactées. Je lui ai dit que cela ne tenait pas debout, cela ne pouvait plus être des résistants puisqu’on ne connaîtrait pas leur nom. C’est ainsi que j’ai abandonné le projet LIBERT."
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B.R.



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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Mer 9 Juil 2008 - 17:24

Ne craignez rien bonnes gens, votre protection ainsi que celle de votre démocratie est entre de "bonnes mains"...

PV 000340 du 23/02/1988
Verbalisants: BSR de Wavre
Objet: audition de KAUSSE Joseph Henri Antoine.....

Je désire m’exprimer en français et fais choix de cette procédure en justice.
Je suis entré à la S.E. en 1970 en même temps que Mr SMETS. Personnellement, j’ai été affecté au service de protection et ce, jusqu’en mai 1979. Il est exact que le service de protection a été doté à une certaine époque de balles « Hollow Point » et je crois que c’est encore le cas actuellement. De mi-79 à décembre 79, j’ai été affecté au service « enquête et sécurité », la brigade B-2. J’ai été ensuite affecté à Gand, ce depuis le 01/12/79 au 31 décembre 1980. Je suis revenu à Bruxelles dans le service administratif dans la brigade s’occupant de Flandre. Le 14/02/82, j’ai été affecté comme responsable du service B2 – C. Il s’agissait de s’occuper de mouvements d’extrême gauche et d’extrême droite. C’était la première fois que je faisais de l’information sur le territoire de Bruxelles. Quand à Smets qui est entré à la S.E. également en 1970, il a fait d’abord un court séjour au service des étrangers avant d’être affecté au B2 –C. Il était d’abord inspecteur avant de devenir commissaire. Fin 1980 il est parti pour Charleroi. Il était sous la direction de M. MASSART. C’est vers 1978 que M. MASSART a eu contact avec le nommé LATINUS et ce sous la direction de SMETS. Lorsque SMETS est parti pour Charleroi, c’est ESTIEVENART qui a repris la manipulation de LATINUS, qui recevait une cotisation pour ses informations. Lorsque j’ai repris le B2 – C, ESTIEVENART a été sous ma direction. A cette époque là, ni ESTIEVENART ni moi-même étions au courant que SMETS continuait à manipuler LATINUS et ce, bien qu’il n’ait plus rien à voir à BRUXELLES. A aucun moment, SMETS n’a fait part à ESTIEVENART des renseignements qu’il possédait sur LATINUS. Je dirai même que, au contraire, il donnait des ordres à LATINUS en opposition avec les directives données par ETIEVENART. J’en veux pour cause la manifestation de CHOOZ. De plus, MASSART, qui était le chef de SMETS, n’a jamais été mis au courant des manipulations de SMETS et de l’existence du WNP. C’est seulement en 1983, après que j’ai rédigé un rapport, soit en février 83, que SMETS a par la suite rédigé un rapport sur le WNP. A votre demande, je ne saurais vous dire si RAES avait connaissance de l’attitude de SMETS vis-à-vis de LATINUS et du service, attitude qui était en opposition avec la déontologie de ce service. D’après ce que je peux comprendre, SMETS a été aux courant d’actes illégaux commis par LATINUS car un jour, SMETS a fait part à CHEVALIER : « LATINUS n’osera pas parler, je le tiens ».
A votre demande, si on accepte à la S.E. des candidats connus comme faisant partie de l’extrême droite, comme cela a été la cas pour LATINUS, qui a d’ailleurs posé sa candidature et réussi le premier examen, je vous répondrai que, en principe, il n’en est pas question. Je suppose ici que c’est encore SMETS qui a proposé la candidature de LATINUS. A votre demande de savoir si RAES était au courant de cette situation, je ne pense pas. Mon impression, c’est que M. SMETS a du continuer ses contacts avec la WNP pour empêcher que quelqu’un de ce mouvement ne parle et pour éviter que certaines choses n’éclatent au grand jour.
A votre demande de savoir si j’étais en contact avec LATINUS, je vous dirai que, personnellement, étant chef de section, je ne m’occupe pas des informations directement. Cependant, lorsque ESTIEVENART a eu connaissance de la brochure « AL THING » par LATINUS, ce dernier a refusé de nous donner la brochure, bien qu’étant informateur rémunéré. C’est pour cette raison que j’ai pris contact personnellement avec LATINUS. Voyant que ce n’était pas claire, j’ai eu encore quelques contacts avec l’intéressé en compagnie d’ESTIEVENART.
A votre demande, je suis au courant que le nommé VERPOORTER a été mis en possession de documents venant de la gendarmerie. Notamment concernant le nommé GARROT. M. MASSART ayant été averti a pris contact avec la Major MARCHOUL au district de BRUXELLES pour une enquête interne. Je suis également au courant que LIBERT, lors d’une rencontre avec l’intéressé m’a fait part que deux gendarmes avaient constituer pendant tout un temps, un dossier sur GARROT et l’hebdomadaire POUR, qui a été remis au WNP. A l’époque, LIBERT n’avait pas cité le nom de ces deux gendarmes. A votre demande de savoir si j’ai connu les nommés BOUHOUCHE et BEIJER comme personnes travaillant pour la S.E., je ne suis pas au courant. Vous me demandez également si je connais la nommée SCHOLAERTS Nicole qui aurait travaillé ou serait un agent. L’intéressée n’est pas un agent de la S.E. Je sais qu’en décembre 1981, elle a été présentée à STIEVENART par LATINUS. C’est bien après, lorsque éclate l’affaire du WNP, mi 1983, qu’elle déclare qu’elle avait été membre du WNP avec la grade de Lieutenant.
Vous me faites part que suivant votre enquête, M. AES de la S.E. a voulu créer un service tout à fait spécial dénommé SSP, et que M. SMETS était chargé de faire le recrutement, mais les autres membres de la S.E. ne pouvait pas être au courant. La chose est exacte. J’ai appris cela notamment par M. DUFRANE et par des bruits de couloir. Je me souviens qu’il y a même eu une note en décembre 1982 qui était très laconique et qui disait que ce service était crée sous la direction de SMETS et que tous les services devaient apporter leur aide à cette section. Il est évident qu’il y avait déjà un service de protection et qu’il n’y avait aucune raison de créer un service spécial de protection et surtout que personne du service de la S.E. ne pouvait être au courant. J’en déduis donc que cette section devait avoir un autre but. Il semble donc que vu que ce service a été connu des membres de la S.E., cela est resté au stade de projet. A votre demande de savoir que si le projet est apparu au grand jour, on n’aurait pas créé une section similaire avec des éléments extérieurs à la S.E. la chose est bien possible. J’en veux pour preuve, l’attitude de SMETS concernant le WNP. On s’était servi de ce mouvement pour certaines choses qu’un organisme officiel ne pouvait pas faire, et que SMETS a tenu caché durant une longue période.
A votre question de savoir, comme le prétendent certains agents de la S.E. qu’il est prévu que l’on loue des boxes, flats ou boîtes postales pour les besoins du service, je vous dirai que pour les boîtes postales et la flats, c’est une chose possible et qui est déjà arrivée, mais je ne vois aucune raison de location de boxes.
Suivant notre enquête, il existe à la S.E., un service S.S. sur lequel nous ne nous étendrons pas. D’autres part, on constate que des membres du WNP ont déclaré qu’en cas d’invasion russe, certaines personnes s’occuperaient des résistants et seraient armées par un service officiel qui aurait caché des armes en différents endroits du pays. Il semble donc qu’il y ait une corrélation entre le service de la S.E. et la WNP. D’autre part, on constate dans l’affaire BOUHOUCHE, des lots d’armes sont entreposés dans des boxes à BRUXELLES. Lors de vos contacts avec des membres du WNP, avez-vous constaté que ceux-ci étaient en possession d’éléments sur l’organisation de la S.E. et sur la manière d’agir ?
Le service S.S. est n service secret qui n’est même pas connu de tous les agents de la S.E., du moins les tâches. Un jour, lors d’une conversation avec LIBERT, j’ai appris qu’il était au courant de ce service. Il savait même que c’était dirigé par trois hommes dont M. VANGORP. LIBERT cherchait à savoir des éléments complémentaires sur ce service. J’ai été surpris que LIBERT était au courant de la chose. Cela ne pouvait lui être fourni que par certaines personnes de la S.E. J’ai immédiatement rédigé un rapport, vers la mi 1983 à mes supérieurs pour leur faire part de la chose.
A votre demande de savoir s’il est dans la habitudes de M. RAES d’accompagner certains agents sur le terrain, vu que BEIJER prétend qu’il a été présenté à sa firme ARI, à M. RAES qui était accompagné de M. SMETS. La chose ne m’étonne pas. Il est bien possible. Lors de réceptions, M. RAES prétendait qu’il était un homme de terrain et qu’il allait sur le terrain avec ses services. Je tiens également à signaler que M. RAES avait des contacts privilégiés avec certains subalternes et qu’il est possible qu’il se soit rendu avec l’un ou l’autre sur le terrain.
Vous me demandez si lors de mes contacts ou ceux de mon personnel, avec les gens du WNP, j’ai entendu parler qu’à côté du WNP, il existerait d’un mouvement d’extrême droite similaire, interpénétrant le WNP. A ma connaissance, je n’ai pas souvenance d’un autre mouvement d’extrême droite, similaire et e liaison avec la WNP. Cependant, LIBERT nous a fait comprendre que le WNP était très compartimenté et que lui-même ne connaissait pas tous les membres qui faisaient partie de l’organisation. Il avait également expliqué que le WNP avait des ramifications internationales.
A votre demande de savoir si BOUHOUCHE et BEIJER ont un dossier à la S.E. en tant qu’informateurs, je ferai part que je n’en sais rien. Ces noms ne sont jamais apparus, à ma connaissance, et de ce fait, je n’ai jamais vérifié s’il existait un dossier les concernant. La première fois que j’ai entendu parler de BOUHOUCHE, c’est au début 1984, lorsque LIBERT envisageait de créer avec BOUHOUCHE, un agence de détectives privés. Mais à cette époque, je n’avais plus accès à cette documentation.
Q : Il semblerait qu’après la découverte de l’affaire du WNP, vous avez été……….dire qui vous a donné cet ordre et quels en sont les motifs ?
R : C’est la direction supérieure de la S.E. qui donné cet ordre avec interdiction de travailler encore dans l’extrême droite, à tel point que j’ai été déplacé et cela, soi-disant pour les besoins de l’enquête, alors que, pendant la même période, SMETS continuait ses rapports avec les gens de l’extrême droite.
A votre demande de savoir si CALMETTE était un agent de la S.E. ou informateur de la S.E., à ma connaissance non. Je savais que SMETS et DEROOCK le connaissaient. C’est ainsi qu’un jour qui se situe en février 1982, j’avais besoin de faire exercer une surveillance ou plutôt noter des plaques de voitures à proximité de son domicile, et c’est DEROOCK qui m’a cité l’intéressé. J’ai pris effectivement contact avec lui. C’est alors qu’il m’a proposé d’effectuer le même travail à l’aide d’une camionnette, ce que j’ai refusé. Ce contact a eu lieu durant un temps très court. Ce que je sais de DEROOCK, c’est que CALMETTE ayant travaillé à CITY II à la firme WAKKENHUT, qu’il y avait un fichier des Arabes identifiés et que ce classeur a été remis par CALMETTE à SMETS. Je sais également qu’à un moment donné, CALMETTE était considéré comme une personne d’extrême droite, a été proposé par SMETS pour venir donner des cours de karaté chez nous. Ayant appris la chose, j’ai rédigé un rapport au début 1983, et cette proposition pour CALMETTE a été refusée. C’est à ce moment là qu’on a voulu introduire Eric LAMMERS. J’ai également rédigé un rapport pour empêcher la chose.
A ma connaissance, BULTOT n’a jamais été informateur de la S.E. Nous avons seulement reçu des information sur l’intéressé par un nommé DELSAUT. Je n’ai pas connaissance que BULTOT soit en rapport avec SMETS, mais cela est bien possible car ils fréquentaient tous deux l’établissement « LE JONATHAN ».
Je tiens à vous signaler que lors des contacts avec LIBERT, celui-ci m’avait remis une carte d’identité au nom de DELREE Francis, un passeport au nom de ENGELS Frans, un passeport, une carte d’identité, un permis de conduire et un certificat de vaccination et un permis de conduire international au nom de GILISSEN Nicole, cette dernière étant dans le fichier du WNP. J’en ai fait part à l’époque directement à MASSART. J’ai accepté ces documents pour éviter que LIBERT n’en puisse faire usage. A l’époque du dossier judiciaire, MASSART en a parlé à deux reprises à M. SCHLICKER et à deux reprises à Mme LYNA. Ces documents n’ont pas …… Je n’ai rien d’autre à déclarer. Vu mes rapports ave mon service, et ne sachant pas ce qu’ils pouvaient en fire, j’ai préféré attende une réponse d’un ou l’autre magistrat pour lui remettre en mains propres."
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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Mer 9 Juil 2008 - 17:40

Allez, encore un peu de lecture intéressante par rapport aux WNP.
Le reste sera pour demain...

PV du 06.02/1989 du JI Hennart de Nivelles
Objet: audition de MASSART Victore Louis Flore .... travaillant à la S.E.

Q : Pouvez-vous me rappeler le plus précisément possible les circonstances dans lesquelles vous avez, pour la première fois entendu parler de l’existence du WNP ?
R : Fin janvier, début février 1983 mes collaborateurs KAUSSE et ETIEVENART revenant d’un rendez-vous avec LIBERT, m’informe de l’existence d’un mouvement d’extrême droite, le WNP. Dans les grandes lignes, mes collaborateurs avaient appris qu’il y avait au sein du WNP une organisation militaire coiffée par une organisation politique. LATINUS était à la tête de la partie militaire. Mes collaborateurs KAUSSE et ETIEVENART avaient un rendez-vous hebdomadaire avec LIBERT. C’est petit à petit que LIBERT va donner l’une ou l’autre précision. C’est ainsi qu’après la parution de l’article : « la sûreté de l’état prépare –t-elle un coup d’état ? » dans l’Europe Magasine de mars 1983, LIBERT a informé mes collaborateurs de ce que Christian SMETS de la sûreté de l’état avait donné des cours en cagoule : Plus précisément des cours de filature et que Christian SMETS était membre du WNP avec le grade de Colonel.
Q : Ces contacts avec LIBERT et le contenu de ceux-ci ont-ils fait l’objet de rapports ?
R :Oui. Entre le premier contact et l’éclatement de l’affaire en août 83, il doit y avoir eu une trentaine de rapports. Je dois ajouter que les informations se rapportant à l’extrême droite ne venaient pas toutes de LIBERT mais il y avait d’autres informateurs faisant partie d’autres mouvements, qui donnaient l’une ou l’autre information. Je suis formel pour dire qu’avant l’information donnée par LIBERT, il n’y avait aucune trace au sein des services de la sûreté faisant été de l’existence du WNP. Je pense à la troisième direction où si ce mouvement avait été connu, nous aurions dû y retrouver une trace.
Q : Quelle a été l’attitude de votre hiérarchie au vu de vos premiers rapports ?
R : Je me souviens avoir eu une entrevue avec le commissaire en Chef VAN GORPE et l’administrateur adjoint M. DE VLIEGHERE. J’étais accompagné de Joseph KAUSSE. Manifestement, nos interlocuteurs ignoraient tout de ce mouvement. Je précise que si l’ADG n’était pas à cette réunion, c’est uniquement du fait qu’il était absent. Lors de cette réunion, il a été convenu de ce que les rapports auraient une diffusion restreinte, c’est-à-dire à l’administrateur adjoint et l’ADG, ainsi qu’au comiissaire en chef. Il a été mis fin à la diffusion restreinte au moment de la publicaction de l’article dont j’ai parlé plus haut et dont le contenu indiquait que la discrétion n’avait été ce qu’elle aurait dû être. C’est à mon initiative que les rapports ont été diffusés au service. Je voudrais être plus précis à cet égard : ma volonté de diffusion au service, ce qui se faisait pour tous les rapports, était certaine. C’est ainsi que j’ai remis les rapports originaux que j’avais conservés dans mon coffre, avec l’accord du commissaire en chef et de l’administrateur adjoint au commissaire en chef. C’était bien sûr à lui d’en assumer la transmission par les voies habituelles.
Je me souviens bien qu’au moment de la parution de l’article : « La sûreté de l’état prépare-t-elle un coup d’état d’extrême droite ? », j’ai eu une entrevue avec l’administrateur général et ce, en compagnie de Joseph KAUSSE. A cette occasion, j’ai dit à l’AG ce que j’avais appris par KAUSSE, à savoir, que l’inspirateur de l’article était Christian SMETS. Je le répète, cette information provenait de LIBERT. J’ai alors très précisément évoqué le fait que si d’autres informations se rapportant à Christian SMETS et ce, en rapport avec le WNP, étaient confirmées, lui-même AG et le ministre pourraient avoir des difficultés. J’ai été suppris de ce que notre interlocuteur ne me demande pas plus de précisions quant aux informations dont je disposais. Il s’agissait d’informations au sujet des cours en cagoule donnés par Christian SMETS aux membres du WNP.
Q : LIBERT était-il un informateur de la Sûreté de l’état ?
R : Oui, il a été introduit auprès de mon collègue ESTIEVENART par Paul LATINUS au moment où celui-ci a exprimé le souhait de ne plus collaborer avec la sûreté de l’état. Si mes souvenirs sont exacts, LATINUS signifie la fin de sa collaboration avec ESTIEVENART en octobre-novembre 82.
Q : Il résulte de votre réponse que LATINUS était un informateur de la sûreté. Qu’en est-il ?
R : En 1978, une connaissance du service de sécurité des CEE m’a demandé de rencontrer un de ses collègues, celui-ci souhaitait me présenter quelqu’un et me demander un conseil. Il s’agissait de Robert THOMAS qui me demandait mon ais quant à une demande qui lui avait été faite de participer au service d’ordre d’un meeting tenu par ALMIRANTE du MSI italien. Pour la petite histoire, je lui ai déconseillé formellement en sa qualité de fonctionnaire européen. Quant à la personne qu’il voulait me présenter, il s’agissait de Paul LATINUS qui pouvait nous donner des renseignements au sujet des liens entre l’extrême gauche belge et les autonomes parisiens. Quelques jours plus tard, nous avons eu une entrevue. Etaient présents, THOMAS et LATINUS d’une part et SMETS et moi-même d’autre part. LATINUS sera engagé comme informateur rémunéré très peu de temps après. Pour utiliser le langage du service, Christian SMETS devenait le manipulateur attitré de Paul LATINUS. Quant à moi, je n’ai plus revu LATINUS jusqu’en décembre 80, soit au moment du départ de Christian SMETS et la mise en contact d’ESTIEVENART et de Paul LATINUS. J’ai rencontré Paul LATINUS à quelques reprises à cette époque là.
Q : Dans votre déclaration du 2 mars 1988 (PV 1er septembre 1988 n°130047/88) vous déclarez n’avoir entendu parler de BOUHOUCHE et BEIJER en 1984. Pouvez-vous être plus précis quant aux circonstances ?
R : C’est lorsque LIBERT dit à KAUSSE et ESTIEVENART qu’il a le projet de constituer une société de détective privé avec BOUHOUCHE que j’entends, pour la première fois parler de cette personne. Pour ce qui est de BEIJER, mes souvenirs sont plus imprécis. Il me paraît que pour obtenir plus de précisions à ce sujet, il y a lieu d’entendre mes collaborateurs.
Q : Dans le cadre des investigations faites par votre service au sujet du WNP, les noms de BEIJER et BOUHOUCHE sont-ils apparus ?
R : Catégoriquement non.
Q : M. Joseph KAUSSE déclare qu’un nommé Robert BEIJER a répondu à une annonce de la SE publiée anonymement dans le VLAN. Que savez-vous à ce sujet ?
R : J’ai appris l’existence de cette annonce au moment où mes collaborateurs KAUSSE et DE ROOCK sont venus m’informer du résultat. La seule chose que j’ai apprise au moment de ce rapport verbal, c’est qu’un gendarme avait répondu à l’annonce et que cette candidature était écartée d’office en raison de sa qualité de gendarme. Le nom de ce gendarme ne m’a pas été cité. C’est bien plus tard, alors que le nom de BEIJER a commencé à être cité que j’ai appris des colègues précités qu’il s’agissait de Robert BEIJER. C’est plutôt KAUSSE qui m’en a parlé que DE ROOCK que j’avais fait écater de ma brigade suite à un rapport tronqué qu’il avait établi.
Q : Quelle a été votre réaction au moment où vous avez appris qu’un gendarme proposait ainsi ses services à une société de détectives privés ?
R : Contrairement à ce que votre question laisse supposer, je ne sais pas comment l’annonce a été libellée. Joseph KAUSSE pourrait vous en dire plus. A l’époque, j’ai perçu cela comme étant l’attitude d’une gendarme qui voulait arrondir ses fins de mois, sans plus.
Q : Lors de votre audition précitée du 2 mars 88, vous avez réservé une réponse négative à la question de savoir si le mot code ENTERPRISE était utilisé à la SE. Plus généralement l’usage de mot code était-il pratiqué dans ce service ?
R : Ce n’était pas l’habitude ; toutefois lorsque certaines affaires devaient être gardées particulièrement confidentielles pour en assurer la bonne marche, on attribuait à celle-ci un nom code. Une lettre avait été attribuée à chacune des brigades. Le nom de l’opération commencait par la lettre de la brigade qui avait en charge l’affaire. Je vous rappelle que LATINUS avait fait connaissance de certaines pratiques internes à la Sûreté. Peut-être avait-il connaissance de l’usage d’une lettre particulière pour telle ou telle opération. A cet égard, il a été abondamment question de l’opération Esperansa et voilà qu’il est aujourd’hui question d’un mot code Enterprise. Je vous livre cette réflexion sans en tirer de conclusions.
Q : Lors de votre précédente audition par moi, vous m’avez remis une série de documents dont une note du 11 août 82 pour M. le commissaire en chef. Pouvez-vous être plus précis quant aux circonstances qui vous ont amené à la rédaction de cette note ?
R : Comme je l’indique dans mon rapport le 15 juillet 1982, j’ai un contact avec un ancien informateur de la sûreté. L’ex-I.R.C. dont je parle est le nommé Karl VERPOORTEN. L’I.R.C. 2075 dont il est aussi question est paul LATINUS. Karl VERPOORTEN me remet la série de documents que j’ai annexée à ma note.
Q : Outre la note pour le commissaire en chef, faites-vous autre chose ?
R : J’ai fait une petite enquête. Dans ce cadre, j’ai pris contact avec l’adjudant TRATSAERT, gendarme retraité de la BSR de BRUXELLES. C’est lui qui m’a indiqué que les mentions manuscrites que vous retrouvez sur certains documents coorespondaient à des indications de classement de la section Info de Bruxelles. Suite à cela, nous avons pris contact avec le major Marchoul et le capitaine Lemasson. Joseph KAUSSE m’accompagnait. Nous leur avons remis une copie de ces documents. Après cela, il n’a plus été question de suivre ce que ces officiers ont estimé devoir faire. A l’occasion d’un contact de service, j’ai appris soit de l’un, soit de l’autre que l’enquête n’avait rien donné.
Q : Pourquoi être vous aller voir M. TRATSAERT ?
R : Je savais qu’il avait été chef de la section info de la BSR de Bruxelles. De plus, nous avons toujours entrenu d’excellents rapports professionnels. Je me souviens d’avoir appris par lui qu’une réunion du Front de la Jeunesse devait se tenir chez un gendarme et qu’il avait été décidé au niveau de la BSR de Bruxelles de faire surveiller la réunion afin d’identifier un maximum de participants.
Q : Etant donné qu’il s’agissait d’une information qui pouvait intéresser la SE, avez-vous fait un quelconque rapport reprenant celle-ci ?
R : Non. Pareil rapport ne se justifiait pas e l’espèce. La loi sur la gendarmerie oblige celle-ci à transmettre à la SE, toute information intéressant la SE. Cela se fait via les autorités hiérarchiques tant de la gendarmerie que de chez nous.
Reprise de l’audition à 14.45 hrs.
Je souhaite vous faire part d’un événement qui s’est déroulé au début de l’année 88 : j’ai appris que le Ministre GOL avait dit que j’étais d’ext^me droite et qu’il fondait ses propos sur les dires de Guy COLIGON, commissaire principal à la PJ de Bruxelles. Lorsque COLIGNON est revenu au GIA, cela doit être aux environs du mois de mai 88, j’ai refusé de lui serrer la main. A ce moment-là, il ne m’a pas demandé d’explications quant à mon attitude. Le 22 juillet 88, Guy Collignon est venu dans mon bureau pour avoir une explication. J’ai alors appris qu’il avait été question de moi avec le Ministre GOL qu’à 2 reprises. C’est à l’occasion de l’une d’elle que l’on a évoqué la circonstance de ce que mon nom ainsi que ceux de KAUSSE et d’ESTIEVENART étaient mentionnés sur un feuillet retrouvé chez LATINUS avec l’indication particulière : « agents non contaminés » C’est au cours de cet entretien que COLIGNON m’a montré une copie du PV de plainte avec constitution de partie civile du baron de BONVOISIN, une copie d’un PV d’audition de SMETS dans lequel il est dit que SMETS a remis une note sur la situation fiscale de POUR au baron de BONVOISIN, 2 lettres, en copie, du baron de BONVOISIN au Ministre GOL et copie de la réponse du Ministre GOL à de BONVOISIN. J’ai vu également des notes de sa main au sujet des auditions des membres de la sûreté. J’ai notamment relevé qu’il était question d’un coup de téléphone à Monsieur Deprêtre à la demande de M. RAES. Il était fait mention que DUFRANE aurait déclaré que RAES est un malade mental. Il était mentionné en outre que KAUSSE serait entendu ce matin et MASSART jeudi.
Lecture faite, persiste et signe."
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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Jeu 10 Juil 2008 - 11:57

Shadow a écrit:
Michel,

F. Saucez était et est encore probablement l'ami de Jean-Louis Nemry. Tout deux ont travaillé dans une banque japonaise à Bruxelles à une certaine époque. Deux éléments très importants du WNP mais dans sa partie "invisible et peu connue".
Ils sont intelligents, voir brillants, parlent très bien l'anglais et ont de très bonnes notions de japonais. Ils ont tous les deux un profils précis : à la "Monsieur tout le monde".
Tout ce qui a été dit un moment sur eux est partiellement faux.
Un peu de lecture pour vous éclairer peut-être...
PV: 100418 du 22/02/1988
Verbalisants: Goffinon Guy, Vega y Laruelo, BSR-Wavre, cellule Mendez
Objet: Audition de SAUCEZ Frédéric, né à ....

Je désire m’exprimer en français et fais choix de la procédure en cette langue.
A votre demande de savoir dans quelles circonstances j’ai été amené à faire partie du WNP, je vous dirai que vers la mi-août 1981, me trouvant au centre de transmission à EVERE en tant que militaire de carrière, j’ai travaillé en compagnie du nommé DEJODE. C’est à cette période qu’est arrivé également le nommé LIBERT. Nous avons discuté notamment de la mythologie scandinave et il m’a notamment remis une brochure venant de Nouvel Acropole. LIBERT m’a alors fait part qu’il faisait partie d’un mouvement et m’a même présenté la carte tout en cachant le sigle de celle-ci. Il m’a alors proposé de faire éventuellement partie de ce mouvement, qu’ils effectuaient des missions pour un service officiel, missions que ce service ne pouvait faire lui-même. A ce moment, il ne m’a pas cité le nom de ce service. Comme j’avais accepté sa proposition, il m’a dit qu’il allait contacter ses chefs à ce sujet. C’est ainsi que quelques jours plus tard, il m’a proposé de l’accompagner dans une maison particulière. Si mes souvenirs sont bons, au premier étage et je crois que cette maison devait se situer Drève de Nivelles. A l’endroit et en présence de LIBERT, j’ai été présenté à une femme du nom de Nicole SCHOLAERT. J’ai subi un interview par cette personne sur ma vie. Elle m’a aussi demandé en fin d’entretien si je connaissais M. CUDEL et M. VDB. L’entretien s’est terminé, elle m’a dit qu’on pourrait probablement faire du bon travail ensemble. En sortant de cette entretien, j’ai dit à LIBERT que j’avais l’impression d’avoir été « près du Bon Dieu » voulant dire par là que j’avais considéré cette femme comme une personne importante. C’est ainsi que LIBERT m’a répondu que je n’en étais pas loin, qu’il s’agissait d’une personne de la Sûreté. Je n’ai plus jamais revu cette personne par la suite. C’est à ce moment là que j’ai été introduit dans l’organisation WNP. J’ai reçu une carte blanche WNP et une carte rouge REISPOSTE qui était une carte de reconnaissance pour les échanges de courrier.
Pour faire partie de ce WNP, j’ai du suivre des cours pendant trois mois. Certains se passaient au domicile de BARBIER et d’autres à Nouvel Acropole, rue du Trône. Concernant ce dernier, j’y suis allé cinq ou six fois. A Nouvel Acropole, c’était une femme qui donnait le cours. Ces cours étaient une théorie générale sur leur philosophie, notamment grecque et bouddhiste. J’avais également remarqué qu’en fin de cours, sur le tableau, cette personne terminait toujours son cours en écrivant une croix gammée. Il y avait à ce cours environ 25 élèves, dont cinq personnes du WNP.
Concernant les cours donnés chez Barbier, ceux-ci étaient principalement animés par LIBERT. Cependant, deux de ces cours ont été donnés par un membre de la S.E. Un jour, en fin de cours, il nous a été demandé que pour la fois suivante, nous soyons tous porteurs d’une cagoule, pour éviter nos reconnaissances, en nous signalant que les cours suivants seraient donnés par un professionnel. J’ai appris par la suite que l’enseignant n’était autre que SMETS de la S.E., que l’on appelait le Canard. Lui-même était porteur d’une cagoule. Il était accompagné d’une autre personne durant les deux cours qu’il a donnés, soit le nommé CALMETTE Jean Francis. J’ai également revu une fois le nommé SMETS lors de l’opération ESPERANZA. Il était seul et à pied. Durant ce cours, l’homme de la S.E. donnait en fin de compte, des cours de filature, notamment quant à la manière de procéder. C’est ainsi qu’après ce cours, il y eu des exercices de filature, soit l’opération ESPERANZA et l’opération PASTORALE. Il est exact que j’ai à deux reprises, si mes souvenirs sont exacts, rédigé un rapport pour la S.E. Ces rapports portaient le nom de « DIFFUSION ALPHA ». Ces rapports étaient la collation que j’avais faite sur les renseignements de filature. Ces rapports, je les ai remis à deux reprises à une personne qui se présentait à la gare du midi avec une carte de REISPOSTE. Je me souviens qu’une des deux fois, le document a été remis à une personne que j’ai identifiée par la suite comme étant Eric LAMMERS. A votre demande de savoir si j’ai effectué d’autres missions pour la S.E., je vous dirai qu’un jour LIBERT m’avait chargé avec d’autres, d’aller récupérer chez un certain GUECHIERRE un dossier de trafic d’armes et à l’insu de précité. LIBERT m’avait remis en cas d’incident quatre numéros de téléphone, qu’il prétendait être de la S.E. Cette récupération n’a pas eu lieu. Par la suite, j’ai voulu voir quels étaient ces numéros de téléphone et j’en ai pris au hasard pour téléphoner. C’est ainsi que j’ai appris qu’il s’agissait d’un numéro de la Sécurité Nucléaire.
Je dois encore vous dire qu’un jour, LIBERT m’avait chargé de créer un réseau, je rectifie, des réseaux de résistance en cas d’invasion soviétique. C’est à ce moment qu’il m’avait parlé du nommé VANGORP de la S.E., mais je sais plus situer le sujet. Il m’a également fait part que des armes qui étaient cachées dans des cabines à haute tension seraient mises à notre disposition le cas échéant. J’ai contacté d’anciens résistants de la guerre 1940-1945 et un jour, LIBERT m’a demandé d’avoir le nom des personnes contactées. Je lui ai dit que cela ne tenait pas debout, cela ne pouvait plus être des résistants puisqu’on connaîtrait leur nom. C’est ainsi que j’ai abandonné le projet de LIBERT.
Il est exact qu’il avait été prévu que lors d’une opération ou l’autre, si nous avions un incident avec la Police, il ne fallait rien dire. Il fallait simplement présenter la carte du WNP en disant que nous étions en mission et de demander de téléphoner aux numéros que LIBERT avait remis. Il s’agissait de plusieurs numéros de la S.E. Je n’ai jamais eu l’occasion de devoir agir de la sorte.
Concernant la S.E., je me souviens également qu’un jour, LIBERT m’a envoyé à Charleroi pour rencontrer le nommé Bernard MERCIER. Il y avait un signe de reconnaissance entre ce MERCIER et moi, cela se passait dans un établissement. L’intéressé m’a parlé de l’organigramme des milices de Jésus-Christ. Pendant l’entretien, une personne est entrée dans l’établissement et est venue s’asseoir à notre table. MERCIER m’a présenté l’intéressé comme étant un membre de la S.E., qu’il a présenté comme ami. Cette personne a eu un entretien en aparté avec MERCIER, puis nous a quitté. Je me souviens qu’il s’agit d’une personne entre 25 et 30 ans, portant des lunettes et très soignée.
A votre demande de savoir si je connais le nommé BOUHOUCHE Madani, je vous répondrai que je ne connais pas l’intéressé, mais je l’ai rencontré vers 1983, alors que je me trouvais chez LIBERT. A un moment donné, LIBERT m’a demandé de quitter son domicile car il devait recevoir d’autres personnes. Ayant tardé à partir, j’ai eu l’occasion de rencontrer deux personnes qui arrivaient chez LIBERT. Il s’agissait notamment de BOUHOUCHE et d’une autre personne que je ne connais pas, mais de même taille et de même corpulence. Pour ma part, il avait le même âge. Vous me présentez la photo de BEIJER. Je ne saurais pas vous répondre, je ne me souviens plus du visage de la seconde personne. Vous me présentez différentes photos parmi lesquelles, je reconnais celui que vous avez identifié comme étant BOUHOUCHE. Lors de cette rencontre, t alors que LIBERT me raccompagnait sur le pas de la porte, il m’a dit qu’il s’agissait de gendarmes qui avaient travaillé pour le BIC. LIBERT m’a précisé qu’il s’agissait d’auxiliaires du WNP. Je n’ai plus jamais rencontré ces personnes là par la suite et je n’ai plus entendu parler d’eux.
A votre demande de savoir si lors de mon introduction au WNP, j’ai eu l’occasion de rencontrer le nommé LATINUS, vu qu’il s’agissait de celui qui dirigeait ce mouvement, je vous dirai que j’ai seulement rencontré l’intéressé quatre mois environ avant sa mort. C’est-à-dire que j’ai eu des contacts avec lui quatre mois avant sa mort. Cependant, j’ai rencontré une fois l’intéressé lors de l’opération ESPERANZA. Il nous a été présenté par LIBERT comme étant le chef du mouvement et qui avait le grade de Maréchal. Cela se passait en juin 1982, à LONDERZEEL. Je rectifie, je l’ai rencontré, en voiture, à l’opération ESPERANZA, mais il nous a été présenté dans les conditions ci-avant au mariage de BARBIER.
A votre demande de savoir si j’ai connaissance que LATINUS détenait des dossiers particuliers, Je me souviens qu’un jour LATINUS m’a fait part qu’il détenait un dossier de mœurs PINON, DISTRIGAZ, OUENDIJK et un dossier drogue. Il donnait l’impression qu’en détenant ces dossiers, il pouvait faire pression sur certaines personnes.
A votre demande de savoir si LATINUS détenait un document sur un coup d’Etat en Belgique, je vous dirai que LATINUS ne m’a jamais parlé en ce sens.
Comme je vous l’ai dit, j’ai rencontré LATINUS environ quatre mois avant sa mort. C’est-à-dire que je l’ai fréquenté. Je me souviens qu’un jour, me trouvant avec l’intéressé et NEMMERY,………. Ensemble de cette affaire. Nous avons conversé de cette affaire à cause qu’individuellement nous avions certaines craintes. Nous en sommes arrivés tous les trois, à avoir un pressentiment comme quoi des gens du WNP ou proche du WNP, pouvaient être à l’origine de ces faits sanglants. Il est très difficile d’expliquer nos appréhensions, appréhensions que je conserve toujours. Vous me demandez quel est le lien que je faisais entre le WNP et ces faits. Je vous dirai que ce qui nous avait frappé au départ, c’était une certaine similitude lors des faits avec des cours qu’on nous avait enseignés, via la Canard, que le véhicule suspect était pris en sandwich durant la filature entre deux véhicules. D’autre part, un jour, LIBERT voulait envoyer des membres du SESE (service de sécurité du WNP : il s’agissait des gens « physiques ») dans un stand de tir pour s’entraîner. Je me souviens du nom avancé, il s’agissait du Phoenix, dont je n’avais jamais entendu parler. A votre demande, je n’ai jamais entendu parler du nommé BULTOT si ce n’est par la presse.
A votre demande de savoir pour quelle raison LATINUS aurait dévoilé le mouvement (WNP) au grand jour, alors qu’il s’agissait d’une organisation créée par lui et qui devait rester secrète, je vous dirai que LATINUS n’a jamais expliqué pourquoi exactement, mais il prétendait que c’est à cause que certaines personnes « auraient fait des saloperies ». J’ai eu le pressentiments qu’il s’agissait de faits pouvant avoir rapport avec le brabant Wallon, vu les appréhensions que nous avions. Je vous dirai encore que la veille ou l’avant-veille de la mort de LATINUS, celui-ci m’a téléphoné. Il prévoyait de nous rencontrer avec Karl LOMBARDS, car il voulait que nous allions tous les trois chez MARNETTE. Il ne m’a présenté le but exact de cette visite, mais il m’a dit qu’il avait appris des choses importantes sur les événements du Brabant wallon. Etant donné son décès, je n’ai pas eu contact avec lui. J’ai parlé de la chose avec MARNETTE. Il ne l’a pas acté. Cela ne paraissait pas l’intéresser.
A votre demande, il est exact que, peu avant sa mort, LATINUS en voulait énormément à SMETS. Je n’en connais pas le motif exact, mais j’ai eu l’impression que cela était dû à une amitié qui a été trahie pour des raisons que me sont inconnues.
A votre demande de savoir si je connais le nommé MENDEZ-BLAYA………. connais pas MENDEZ-BLAYA. Je n’ai entendu ce nom que par la presse. A ma connaissance, il n’y a jamais eu d’armes en possession du WNP. Si éventuellement il y en a eu, je n’en ai pas connaissance.
A votre demande de savoir si, à la période où je le trouvais au NP, si il était question de boxes, de flats ou de boîtes postales, à ma connaissance, non. Si ce n’est que je sais que Jean-Louis NEMMERY a du aller relever au centre-ville une boîte postale. Il s’agissait du numéro 321 à 1000 BRUXELLES. Je ne connais pas la destination de cette boîte postale.
(Lecture faite, persiste et signe)
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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Jeu 10 Juil 2008 - 12:02

Shadow a écrit:
Michel,

F. Saucez était et est encore probablement l'ami de Jean-Louis Nemry...
Tout ce qui a été dit un moment sur eux est partiellement faux...

PV: 100418 du 22/02/1988
Verbalisants: Giffinon Guy, Vega y Laruelo, BSR-Wavre cellule Mendez
Objet: Audition de NEMRY Jean-Louis, né à.....

Je désire m’exprimer en français et fais choix de la procédure en cette langue.
A votre demande de savoir dans quelle circonstance je suis entré au WNP, je vous dirai qu’en 1980, je faisais partie du front de la Jeunesse. Dans l’année scolaire 1980 – 1981, je me suis inscrit à l’école du Louvre à Paris durant une période de un an. C’est ainsi que durant mon absence, il y a eu plusieurs élément judiciaires concernant le Front de la Jeunesse. En 1981, suite à ces événements, BARBIER a créé un service de sécurité du Front de la Jeunesse. En ont fait partie notamment moi-même, WEYKAMP, LAMMERS et Philippe VAN ENGENLAD. Nous avons reçu pour cela, des entraînements donnés par BARBIER et un donné par CALMETTE. A un momment donné, BARBIER nousa proposé de faire partie d’un autre service beaucoup mieux structuré, mais sans en préciser le nom. J’ai accepté sa proposition et vers la mi quatre vingt-un, j’ai dû me rendre avec BARBIER, WEYKAMP, LAMMERS et LIBERT à DIXMUDE pour exercer un service de protection. Initialement, juste avant le départ, nous nous sommes rendus chez LIBERT et c’est là que nous avons reçu une carte du WNP. Il est évident que LIBERT et BARBIER avaient déjà eu leur carte bien avant. Lors de la remise de cette carte du WNP, LIBERT nous a dit que le mouvement prônait le renouvellement des valeurs occidentales, c’est-à-dire qu’il était contre le communisme. Ce mouvement était parfois chargé de certaines missions pour un organisme officiel, lorsque ce service ne pouvait le faire. Ce n’est que beaucoup plus tard que nous avons appris qu’il s’agissait de la S.E. Il nous avait été dit qe ce mouvement devait rester secret, donc de n’en parler à personne. A votre demande de savoir si avant d’être introduit au WNP j’ai dû subir un intervieuw, comme c’est la cas de SAUCEZ chez Nicole SCHOLLAERTS, je vous dirai que personnellement, non. J’ai seulement été invité un jour de me rendre chez DE LOMBARDE en compagnie de BARBIER pour y avoir un entretien. Concernant Nicole SCHOLLAERT, je me souviens qu’un jour, me trouvant au WNP, j’ai dû aller cinq ou six foix au domicile del’intéressée qui doit se situer Drève de Nivelles, je pense, pratiquement en face de chez CALMETTE. J’ai dû remettre des enveloppes venant de LIBERT.
Après avoir reçu ma cartedu WNP, j’ai dû suivre pendant environ trois mois des cours, soit chez BARBIER, soit à NOUVELLES ACROPOLE, rue du Trône. A la NOUVELLE ACROPOLE, il s’agissait d’études philosophique orientale. Un jour, début 1982, pour des raisons qui me sont inconnues, il a été décidé de ne plus fréquenter de la NOUVELLE ACROPOLE.
Nous allions également chez BARBIER suivre des cours deux fois par semaine. Les cours étaient donnés par BARBIER au point de vue théorie de l’armement. LIBERT donnait des cours sur l’organisation du WNP, sa philosophie et sur l’administration. A deux reprises nous avons eu des cours donnés par SMETS, que l’on surnommait le Canard et que l’on devait appeler Colonel. Les deux cours qu’il a donnés, il était accompagné de CALMETTE. Pour tous ces cours donnés par SMETS, tout le monde devait être cagoulé, à l’exception de BARBIER et de LIBERT. Au départ, nous ne connaissions pas cette personne qui donnait cours. Nous savions simplement qu’il s’agissait d’une personne officielle et professionnelle. L’intéressé nous a donné des cours sur la technique de filature à pied et en véhicule, ainsi que sur le répérage. Entre les deux cours, il y a eu un exercise à Etterbeek concernant le répérage des lieux et pour lequel on avait dû remettre un rapport. Au second cours, on a fait le debriefing et ensuite a eu lieu l’opération ESPERANZA. Personnellement, je n’ai vu M. SMETS qu’aux deux cours. Comme je n’étais pas présent au premier exercice, je ne l’ai pas vu, mais on m’a dit qu’il était sur place. Pendant tous ces cours, je n’ai jamais rencontré LATINUS. Je l’ai rencontré une fois pour une histoire de collage pour M. DE BURLIN. Ce n’est que bien plus tard, lorsqu’il a été question du mariagede BARBIER à LONDERZEEL, que j’ai appris qu’il s’agissait du Maréchal, le patron du WNP.
C’est à la période d’ESPERANZA que j’ai eu la certitude que l’on travaillait pour ou avec la S.E. LIBERT nous avait même dit qu’en cas d’incident avec un service de police, il fallait présenter sa carte du WNP ainsiq ue sa carte d’identité, de ne rien dire et de demander de téléphoner à un numéro de téléphone que nous devions donner. Il s’agissait, selon LIBERT, d’un numéro de la S.E. En plus de l’opération ESPERANZA, deux autres missions que je pense avoir effectuées pour la S.E., était d’une part ma réintégration au F.J. pour m’y infiltrer en vue de fire le fichage des activités en cours. D’autre part, la tentative de vol de documents chez GUECHIERE à Anvers. Lorsque nous avions la conviction de travailler pour la S.E., je n’ai plus actuellement aucune preuve matérielle. Ces missions, c’est LIBERT qui nous avait certifié qu’elles venaient de la S.E. La seule preuve matérielle que je pouvais détenir, soit le numéro de téléphone, je l’ai détruite à la demande de LATINUS en 1983, soit au moment où les faits sont découverts.
A votre demande de savoir si je connais, dans le cadre du WNP, le nommé Madani BOUHOUCHE dit Dany, il me semble avoir rencontré une fois l’intéressé. Je m’en expliquerai un peu plus loin. Je dois cepndant dire qu’en septembre 1981, Alain WEYKAMP s’est retiré du WNP. C’est à ce moment qu’il m’a fait part qu’il avait un ami Dany qui pouvait obtenir n’importe quel renseignement. Par la suite, j’ai demandé à WEYKAMP de se renseigner sur un médecin, l’actuel ami de ma mère. C’est ainsi que j’ai obtenu l’identité complète et qu’il m’a été dit qu’il était dans le colimateur de la BSR de Uccle. Cela se passait en 1982. Par la suite, j’ai également demandé de se renseigner sur Jean Pol DAUPHIN car il me donnait l’impression d’être suspect concernant la mort de LATINUS. J’ai effectivement reçu un renseignement complet sur la personne en question et ce, toujours par l’intermédiaire de WEYKAMP. En 1983, j’ai été invité à me rendre chez LAMMERS pour effectuer une réunion car il était envisagé de créer un service de sécurité style MONITOR. Je me suis rendu sur place. S’y trouvaient notamment, LAMMERS, VERMEIREN, DEBONDT, WEYKAMP et un copain de ce dernier qui, dans mon esprit pouvait être BOUHOUCHE. Il me semble le reconnaître, mais je n’en suis pas certain. A ma connaissance, cette société n’a jamais été créée.
Je dois encore vous dire qu’en 1982, j’ai été amené à suive, à l’initiative de BARBIER, des cours de karaté au BIKBA et qui étaient donnés par CALMETTE. Il y avait également d’autres participants du WNP tels VERMEIREN, DE BONDT, BARBIER, LIBERT, LAMMERS et est venu je pense deux fois, un ami de LATINUS, un surnommé JOE, que je puis décrire comme étant un individu de 30-35 ans, type méditerranéen, portant moustache, cheveux bouclés, mesurant 1,75 m.
Ayant fréquenté le WNP, je n’ai pas connaissance qu’il aurait existé un autre groupe d’extrême droite lié de près ou de loin au WNP. A votre demande de savoir si dans le contexte du WNP j’ai connaissance de boxes, flats et boîtes postales, je n’ai pas connaissance de l’existence de boxes ou de flats loués par la WNP. Je me souviens cependant que durant la période où j’ai été a WNP, LIBERT m’avait demandé de tâcher de trouver des boxes de garage à louer. Je lui ai donné à l’époque plusieurs adresses dont je ne me souviens plus et je ne saurais plus les situer au stade actuel. Je n’en connais pas l’usage qu’il voulait en faire. Concernant les boîtes postales, je me souviens que LIBERT m’avait remis une clef d’une boîte postale. D’après ce que je sais, je crois qu’il s’agit du numéro 321. Je suis allé régulièrement, une fois par semaine. Il y avait très rarement du courrier. Les seules lettres dont j’ai souvenance sont des lettres venant d’Espagne. J’ai remis ce courrier à LIBERT sans en connaître le contenu.
Après les arrestations de LIBERT et de BARBIER, nous avons eu des contacts plus précis avec LATINUS (SAUCEZ et moi). C’est ainsi que nous avons appris qu’il aurait détenu un dossier mœurs sur l’affaire PINON et un dossier DISTRIGAZ. Il avait précisé qu’il en avait quatre, mais je ne connais plus le nom des deux autres.
A votre demande de savoir les raisons pour lesquelles LATINUS a révélé le WNP, je n’en connais pas les motifs. Il est évident que c’est très étrange et en agissant de la sorte, il voulait certainement atteindre quelqu’un. J’ai l’impression qu’il pouvait s’agir de SMETS puisqu’il lui en voulait énormément. Il donnait l’impression qu’il avait trahi sa confiance. Il est exact qu’un jour, lors d’un entretien avec LATINUS et SAUCEZ, au domicile de DE LOMBARDE, LATINUS avait l’impression qu’on vait dû dévoyer le WNP pour autre chose que pour son but initial, du moins celui connu. C’est à ce moment là, tant LATINUS que SAUCEZ et moi-même, avons eu l’impression que le WNP aurait pu avoir à faire avec les faits du Brabant Wallon, du moins certains éléments de ce WNP. Nous n’avons pas d’éléments précis pour étayer cette impression, si ce n’est que dans l’affaire du Colruyt de NIVELLES, les faits qui se sont passés lors de la fuite correspondent au système enseigné pour les filatures par les gens de la S.E.
IlIl est exact que quelque temps avant sa mort, lors d’un week-end durant mon service militaire, j’ai reçu un coup de fil de LATINUS me disant qu’il était très content, que cela marchait très bien, qu’il allait faire sauter SMETS en le faisant passer aux assisses, que l’on ne pourrait plus faire arrêter le scandale. J’ai l’impression qui lui restait un élément à sortir pour faire éclater la vérité.
A votre demande, je vous dirai que je ne me suis jamais rendu à des séances de tir au PHOENIX. Je sais cependant, par l’intermédiaire de MARBAIX, que c’est LIBERT qui lui avait proposé d’aller s’entraîner au stand de tir précité. Je ne sais pas si un entraînement a eu lieu, mais personnellement, je n’ai jamais été contacté.
Dans le cadre du WNP, je n’ai jamais entendu parler du nommé MENDEZ-BLAYA. A votre demande, je n’ai pas connaissance que le WNP était armé, si ce n’est quelques membres qui en possédaient une légalement, à titre personnel, si ce n’est un 45 que j’ai fourni en noir à ELMYK ? ?F et venant d’un certain Philippe Christian du F.J. Je dois également vous dire que dans le contexte des armes, LIBERT nous a fait part que l’Etat, dans le cadre de la résistance contre les Soviétiques, avait entreposé des armes dans crtaines caches du pays. Notre mission au WNP en cas d’invasion, était d’organiser la résitance avec les armes qui nous étaient fournies et provenant de ces caches.
Je n’ai rien d’autre à déclarer ».
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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Jeu 10 Juil 2008 - 12:24

Je me suis permis de mettre en ligne quelques auditions (il y en a tant d'autres...) au sujet du WNP puisqu'il s'agit du sujet du fil.
Finalement, autant parler à Dieu qu'à ses Saints !
Il est important, me semble-t-il, de rappeler que les personnes auditionnées ont le droit de mentir pour leur défense et que ce qu'ils déclarent n'est pas spécialement LA vérité. Peut-être que ces mêmes personnes entendues en dehors des "flics" et des "affaires" ou même aujourd'hui déclareraient autre chose.

Cependant, la multiplicité de ces auditions vous permet de faire quelques solides recoupements et d'en tirer vos conclusions personnelles.
Moi, je n'affirme rien sans preuve ou autres certitudes!


Encore une petite audition pour finir...

PV: 100418 du 22/02/1988
Verbalisants: Goffinon Guy, Vega y Laruelo BSR-Wavre cellule Mendez
Objet: Audition de LIBERT Michel, né à ....

Je désire m’exprimer en français et fais choix de cette langue en justice.
Q : Connaissez-vous les nommés BOUHOUCHE Madani et BEIJER Robert, faisaient-ils partie du W.N.P. ? Vous me soumettez les photographies de ces personnes.
R : Je connais effectivement le nommé BOUHOUCHE Madani, il m’a été présenté par le nommé WEYKAMP Alain. Je ne pourrais plus vous préciser l’époque. Il m’a été présenté comme une personne pouvant fournir occasionnellement des renseignements et de ce fait, il a été considéré comme membre auxiliaire du W.N.P. Il a sûrement reçu une carte du W.N.P. avec la mention « AX » (ndr= auxiliaire). Je ne sais pas être affirmatif à ce sujet. Vous me demandez si on m’a précisé à l’époque la profession de BOUHOUCHE. J’ai su qu’il appartenait à un service officiel mais je ne saurais pas vous dire si on m’a directement précisé qu’il était gendarme. Je tiens à vous préciser que je procédais à de rares occasions à une interview d’un future membre. Si ce fut le cas pour BOUHOUCHE, c’est parce qu’il m’a été présenté par WEYKAMP du fait qu’il existait un climat de connaissance entre cette personne et moi-même. WEYKAMP était l’ami de BARBIER qu’il avait connu au Front de la Jeunesse. Vous me demandez si j’ai revu par la suite BOUHOUCHE. Je l’ai revu une fois lorsque je suis sorti de prison. J’avais appris qu’il était devenu détective privé et qu’il était susceptible de me fournir des renseignements sur la profession du but, de point de vue de sa légalité. Je ne tenais pas à rester à charge de l’état, je comptais donc devenir indépendant et de créer une société de multiservices.
Vous me demandez si BOUHOUCHE m’a spontanément donné ou demandé des informations. Je vous répondrai que, d’après ce que je me souviens, il ne m’a demandé aucun renseignement. Il est fort probable qu’il ait fourni spontanément des renseignements, mais je ne saurais pas vous dire si cela a été fait par mon intermédiaire ou par « la chaîne de parrainage ».
Q : Lors de l’audition de WEYKAMP, il est déclaré que BOUHOUCHE, pour prouver sa bonne fois, a dû présenter trois dossiers (GAROT, DOSSOGNE et l’incendie criminel à Anvers) et que des photocopies sont passées entre les mains de LATINUS. Etes-vous au courant de ces faits ?
R : Non, je n’ai aucun souvenir de ces dossiers particuliers. Mais il est fort probable qu’il ait fourni des dossiers.
Q : Etes-vous au courant que BOUHOUCHE, à part le titre d’auxiliaire, était titulaire d’un grade au sein du W.N.P. ?
R : Personnellement, je ne suis pas au courant. Mais étant donné le cloisonnement existant au sein du W.N.P., il est possible qu’il ait eu un titre ou un grade au sein d’une autre section ou organisme du WNP.
Q : Qu’en est-il de BEIJER ?
R : Je ne connais pas cette personne, néanmoins, son visage ne m’est pas inconnu. Il est possible que je l’ai rencontré lors de coktails ou de réunions. Personnellement, je ne l’ai pas intervieuwé pour une entrée au sein du WNP et je n’ai pas connaissance qu’il ait fait partie du WNP.
Q : Est-il habituel au sein du WNP de faire usage de « boîtes à lettres ». Qui payait ces boîtes à lettres et sous quelles identités celles-ci étaient-elles louées et utilisées ?
R : Il existe deux types de boîtes à lettres. Le premier type comprend les boîtes à lettres louées dans les bureaux de poste. Il est probable que certaines aient été louées sous de fausses identités, mais cela n’étaient pas nécessaire vu l’anonymat respecté au sein du mouvement. Le deuxième type est celui regroupant les boîtes à lettres dans des maisons ou des appartements vides, dont on remplaçait les serrures (des boîtes) pour pouvoir les utiliser.
Q : Cette manière d’agir vous a-t-elle été enseignée par quelqu’un ou par un service officiel quelconque ?
R : C’est via un mouvement européen mais dont le siège se trouve en Allemagne, le P.A.L. et de par des contacts de mon grand-père adoptif avec ce mouvement, que j’ai été instruit au fur et à mesure de cette manière d’agir.
Q : Lors de l’audition de NEMRY Jean-Louis, il est fait allusion à la boîte postale n°321 du Centre Monnaie. Qu’en est-il de cette boîte aux lettres ?
R : Il s’agit d’une boîte aux lettres qui a été louée à mon nom à une époque que je ne oeux déterminer actuellement et qui servait à faire transiter le courrier entre diverses personnes et notamment l’autorité officielle (entre-autres la S.E.). Plusieurs personnes avaient la clef de cette boîte. Les personnes détanant la clef de cette boîte étaient consignées dans un registre, soit il a été détruit, soit mis en sécurité, soit emporté lors de perquisitions.
Q : Parmi les personnes ayant acces à la boîte aux lettres, y avait-il le nommé NEMRY ?
R : Il m’arrivait de confier une clef à une personne pour faire le ramassage du courrier lorsque je ne savais pas le faire moi-même. Il est donc possible que ce fut le cas pour NEMRY.
Q : En dehors des boîtes aux lettres, est-il arrivé de louer des appartements ou des boxes ?
R : Effectivement, des appartements et des boxes ont été loués mais ils étaient destinés à recevoir les archives du Mouvement. Je précise que les frais de location étaient supportés par le bureau BURAFEX (Bureau des Affaires Extérieures).
Q : Connaissez-vous la nommée Nicole SCHOLLAERTS qui a procédé à l’intervieuw de SAUCEZ frédéric lorsqu’il a voulu être incorporé au WNP ?
R : Durant les années 1980 – 1981, Nicole SCHOLLAERTS procédait aux intervieuws de futures membres du WNP, brillant par leurs capacités. J’ai également tenu ce rôle par la suite, de temps à autres, pour les chaînes de parrainage qui m’étaient attribuées. Nicole SCHOLLAERTS était membre du WNP avec le grade de Colonel. Elle était domiciliée à l’époque rue des Eperviers ou Résidence des Eperviers à Auderghem (dans le quartier de l’église St-Julien). Vous me demandez de préciser qu’il s’agissait bien du domicile de l’intéressée, ou s’il s’agissait d’un appartement loué par le WNP. Il est possible que ce soit l’un ou l’autre. Je ne pourrais vous répondre avec certitude à ce sujet.
Q : Avez-vous connaissance que Nicole SCHOLLAERT était un agent de la S.E. ou en faisait partie.
R : Tout ce que je peux vous préciser, c’est qu’elle étaait un agent d’un sevice officiel, visiblement de style actif vu le rôle qu’elle jouait, mais j’ignore le statut exact qu’lle avait. Elle n’était piur moi qu’un supérieur hiérachique au sein du WNP. A un moment donné, je n’était plus tenu à avoir des contacts avec cette personne et de ce fait, je ne l’ai plus rencontrée. Je sais que du courrier arrivait encore régulièrement au domicile de cette personne. Peu avant mon arrestation, LATINUS m’a fait savoir que pour les cas spécifiques, je devais m’adresser à une nommée Simone DOLIMON (phonétique) domiciliée à Wavre ou OTTIGNIES qui, d’après LATINUS, travaillait également pour la S.E.
Q : Etiez-vous vous-même en contact avec des membres de la S.E. ?
R : Qui, d’abord avec Christian SMETS, ensuite avec Bernard ESTIEVENART, puis avec Joseph KAUSSE et puis, sur ordre de Bernard MERCIER, avec PERRAT, commissaire à Charleroi, qui me demandait de travailler avec lui et de ne rien dire aux membres de la S.E. de BRUXELLES (Joseph KAUSSE). Je n’ai pas suivi les instructions de PERRAT et je suis resté en contact avec KAUSSE.
Q : Comment les membres du WNP faisaient-ils parvenir leurs demandes de renseignements ?
R : Tout transitait par BURAFEX, mais les rapports avec KAUSSE ont toujours été verbaux et directs. Chaque demande d’un service officiel était identifiée par un nom ou un numéro code. Lorsque je répondais à leur demande, c’était par écrit. La réponse était reproduite en sept ou neuf exemplaires pour info à d’autres services compilés dans un dossier.
Q : Vous me soumettez plusieurs documents d’identité. Vous me demandez si c’est bien moi qui ai remis ceux-ci à M. KAUSSE. Vous m’en demandez l’origine.
R : A la vue de ces documents et la vue du nom GILISSEN, il est probable que oui. Quant à savoir dans quel contexte, je ne saurais vous répondre. Néanmoins, si j’ai remis ces documents, ils devaient être accompagnés d’un télex ou celui-ci devait suivre. Je précise néanmoins que ce n’est pas toujours à la base d’une demande. Il est possible que ces documents ont suivi le chemin hiérachique pour simple information car notre but était de fournir un maximum d’informations. Si cela a été remis, c’est certainement dans un but précis. Ces documents doivent provenir d’un certain « milieu » bien particulier. Je n’ai rien d’autre à déclarer ».
Ce jour à 15.OO hrs, continuons à entendre LIBERT Michel, mieux identifié ci-avant. L’audition a été suspendue pour permettre à l’intéressé de pouvoir régler certaines affaires professionnelles urgentes.
Q : Avez-vous connaissance que LATINUS était en contact avec BOUHOUCHE ?
R : Oui, effectivement, j’ai appris que LATINUS était en contact avec BOUHOUCHE.Néanmoins, j’ignore l’époque à laquelle ils ont fait connaissance et par qui je l’ai appris. J’ignore si BOUHOUCHE a travaillé sous les ordres de LATINUS, mais on peut le supposer.
Q : Lors de vos contacts avec LATINUS ou par après, avez-vous entendu dire que celui-ci effectuait une enquête sur les tueries du Brabant Wallon ?
R : Non, les principaux faits du Brabant Wallon se sont déroulés après ma sortie de prison et à ce moment-là, j’avais rompu avec LATINUS. Je ne peux donc rien vous répondre à ce sujet.
Q : Avez-vous à une certaine époque, entendu parler au sein du mouvement d’un transport ou d’un achat d’explosifs ?
R : Non.
Q : Lors de l’audition de NEMRY, il est fait allusion à du courrier provenant d’Espagne qu’il a récupéré dans la boîte aux lettres 321 pour le transmettre à SCHOLLAERTS Nicole. De quoi s’agit-il ?
R : En fait, le courrier qui transite par ces boîtes aux lettres, provient de divers horizons et dans ce cas ci, il s’agissait d’un correspondant en Espagne. Je ne peux être plus précis à ce sujet.
Q : Avez-vous connaissance qu’il exostait un mouvement secret parallèle au WNP ou s’interpénétrant via certains éléments ?
R : Oui, mais pas le cadre même du WNP. Je m’explique à ce sujet. Il existait à la disposition du WNP,plus précisément à la disposition de LATINUS et de ses parrains ou parèdres. Il s’agit entre autres de la GAP qui est la garde personnelle de LATINUS.
Q : Avez-vous connaissance, au sein d’un service officiel, de l’existence d’une section appelée « Service Spécial » qui aurait été créée dans le but de former des cellules de résistances en cas de conflit armé ?
R : Non, mais néanmoins le WNP a été crée dans ce but là sous le couvert de la S.E. et autres services offciels étrangers. Mais j’ai entendu parler d’un sevice spécial qui a été créé au sein de la S.E. dans le but d’effectuer le « sale travail » que cet organisme officiel ne pouvait accomplir lui-même.
Q : Par qui avez-vous entendu parler de ce service spécial ?
R : Par des journalistes, après le huis-clos de BARBIER lors de son procès de la Pastorale. Ma conclusion personnelle à ce sujet est que si vous voulez savoir le pourquoi et le comment de l’existence du WNP et de tout ce qui l’entoure, il faut aller chercher au sein de la S.E. Toujours d’après la même source (journalistes), ce servce serait dirigé par SMETS sous la couverture de DEVLIEGERE ou de ses supérieurs.
Q : Avez-vous subi des entraînements spéciaux , sous la direction de qui et dans quel but,
R : Oui, sous la direction de CALMETTE dans le but de former des équipes susceptibles de pouvoir s’infiltrer dans les réseaux terroristes Lybiens afin de les démonter au profit des services occidentaux. Ces entraînement ont duré pendant un an, ils se faisaient par petits groupes à des horaires préétablis dans la salle d’art-martieux BIKBA. Il existait d’autres salles dans d’autres villes et notamment : Charleroi, Anvers, Ostende ou Bruges, ainsi que dans la région du Brabant Wallon, du côté de Wavre ou Ottignies, c’est-à-dire du côté de LATINUS. Ces entraînements ont été commandités par LATINUS, SMETS et par d’autres personnes dont je n’ai pas connaisance. Ces entraînements consistaient principalement dans la pratique d’arts martiaux style Okinawa. Le mouvement n’a pas poursuivi le but recherché car lors d’une rencontre avec SMETS et CALMETTE, ceux-ci m’ont fait part qu’il fallait tout oublier. En fait, l’ordre d’arrêt provient de SMETS.
Q : Pouvez-vous nous situer l’époque à laquele se passent ces entraînements.
R : A l’époque, je connaissais déjà KAUSSE. Je précise que les entraînements avaient débuté avant que je n’ai des contacts avec KAUSSE. Je ne me souviens plus si j’ai fait part à KAUSSE de ces entraînements. Pendant que j’étais en contact avec KAUSSE, LATINUS lui était toujours en contact avec SMETS. Cela devaitse passer (entraînements) de 1981 à 1982. Je n’ai rien d’autre à ajouter.
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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Mer 13 Aoû 2008 - 11:48

Est-ce que qn peut me renseigner sur Jean Pol DAUPHIN ? Qui est cette personne ? Merci, Titu
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swansongunsung

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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Mer 13 Aoû 2008 - 21:42


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Shadow



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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Jeu 21 Aoû 2008 - 19:05

Comprendre la façon de fonctionner ldu WNP c'est comprendre pourquoi certains de ses membres actifs à l'époque, mentent dans leurs dépositions.

Par exemple :

Un parent proche d'un député actuel a fait partie du WNP. Cela n'est révélé nulle part.
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michel
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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Jeu 21 Aoû 2008 - 19:35

Shadow a écrit:
Un parent proche d'un député actuel a fait partie du WNP. Cela n'est révélé nulle part.

Un député de quel parti?

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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Jeu 21 Aoû 2008 - 19:48

FN. Député fédéral.
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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Jeu 21 Aoû 2008 - 19:54

Shadow a écrit:
FN. Député fédéral.

Ce n'est guère étonnant. A ma connaissance, il n'y a qu'un seul député fédéral FN à l'heure actuelle.

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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Jeu 21 Aoû 2008 - 20:05

Exact.

Une chose importante, seuls les militaires, ex ou d'active, occupent le haut de la pyramide dans le WNP.

Saucez
Nemry
Libert
Dolgoff

A propos de Nemry, Capitaine de réserve. Rayé des cadres en 2002.
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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Jeu 21 Aoû 2008 - 20:10

Serait-il possible qu'un groupe tel que le WNP puisse exister encore aujourd'hui de manière clandestine et prêt à être réactiver en cas de besoin?

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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Jeu 21 Aoû 2008 - 20:17

Tout est possible.

Ceci étant il faut tenir compte d'un facteur important : l'age des acteurs du WNP, la plupart ont la cinquantaine passée.

Autre chose, les menaces d'hier ont quasi disparues (Bloc de l'Est et tutti quanti).

J'ai cependant la conviction que tout n'est pas dit.
Ce n'est qu'une conviction.
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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Jeu 21 Aoû 2008 - 20:21

Des jeunes ont pu être recrutés par les anciens.

Quant à la menace (ou considérée comme telle), elle ne se trouve plus à l'est mais plutôt au sud. Un écrivain américain a appelé cela le choc des civilisations.

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MessageSujet: Re: L'affaire WNP   Jeu 21 Aoû 2008 - 20:29

Quelques questions pour shadow :

- Votre avis sur la mort de P.Latinus?
- Possédait-il une copie du dossier Pinon?
- Les tbw ont-ils pu être recrutés au WNP?

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