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 Raes, Albert

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michel
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Nombre de messages : 7023
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MessageSujet: Raes, Albert   Ven 13 Juin 2008 - 9:29

Albert Raes est l'ancien directeur de la Sûreté de l'État belge de 1993 à 1999, et consul honoraire du Maroc en Belgique. Il fut écarté de ses fonction par le ministre de la Justice Melchior Whatelet en juin 1990. Le 10 octobre 2000, M. Albert Raes a reçu l'autorisation nécessaire pour exercer les fonctions de consul honoraire du Maroc à Bruges, avec une circonscription consulaire s'étendant aux provinces d'Anvers, de Flandre occidentale, de Flandre orientale, de Limbourg et de Brabant flamand.

Source : Wikipédia

_________________
"Ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve."
( Dr. Robert RENDU)
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michel
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MessageSujet: Re: Raes, Albert   Ven 13 Juin 2008 - 9:30

Raes, le patron de la Sûreté, sort de son mutisme

HAQUIN,RENE

Lundi 19 juin 1989

Raes, le patron de la Sûreté, sort de son mutisme

mais ses réponses ne font pas tomber le rideau...

Les premiers articles publiés en septembre et en octobre 1983 par Le Soir, qui révélèrent l'existence du Westland New Post de Paul Latinus, les vols de telex à l'armée et l'emprunt de documents aux Affaires étrangères, mais surtout les «cours» donnés par le commissaire Smets de la Sûreté aux élèves du WNP, ont hypothéqué la confiance dans cette administration. Ni les explications fournies depuis 1983 par le ministre Gol ni celles données sous serment lors de la comparution du responsable et d'agents de la Sûreté au procès du double assassinat de la rue de la Pastorale en 1987, puis au procès de la filière boraine à Mons en 1988, n'ont levé l'hypothèque. Au contraire. Aux accusations lancées par les extrémistes du WNP se sont ajoutées la plainte de Benoît de Bonvoisin que le parquet aurait voulu classer mais que la cour d'appel a remise à l'instruction, puis les accusations de l'ancien gendarme Robert Beijer arrêté l'an dernier dans le cadre du dossier Mendez, enfin les récentes critiques du doyen des juges d'instruction de Bruxelles, Francine Lyna.

Maintenant qu'avec l'accord du ministre Melchior Wathelet il s'est décidé à parler, après sa comparution devant la commission parlementaire d'enquête sur le banditisme et le terrorisme, l'administrateur-directeur général de la Sûreté publique, Albert Raes, reste pourtant insaisissable. Il a choisi de donner sept interviews. La dernière était pour nous, avec des questions pointues auxquelles il n'avait pas encore répondu, ou qu'il avait esquivées.

Début octobre 1983, nous avions rencontré discrètement le patron de la Sûreté. Il connaissait nos premiers articles sur le WNP et nous avait remercié d'être jusque-là resté discret sur les accusations portées par Latinus et d'autres contre la Sûreté. C'était donc l'objet de notre rencontre. Dès le lendemain paraissait dans Le Soir le premier d'une série ininterrompue d'articles soulevant toujours ces mêmes questions. Depuis, le secret dont s'entoure l'administrateur-directeur général de la Sûreté publique Albert Raes (on se souvient de sa discrétion très remarquée sur la place de Mons en avril 1988) n'a certes pas contribué à clarifier les choses.

Je ne suis pas un homme secret, dit-il, mais je suis aussi discret que possible. Pas seulement à cause de certaines missions qui demandent la discrétion, mais parce qu'il est inutile pour ceux que je rencontre d'être vus avec l'administrateur de la Sûreté. J'ai été trop secret? Vous avez peut-être raison. J'ai sur ce point plaidé coupable auprès de mon ministre. Mais je demande l'indulgence: je suis aussi entre l'enclume, l'obligation de réserve, et le marteau, les attaques de personnes qui savaient que la Sûreté ne réagirait pas. Je n'ai pas réagi en temps utile. Je m'en réfère au prophète Isaïe qui disait: «Je n'ai pas protégé mon visage des outrages et du crachat, je garderai un visage de pierre, je ne serai pas confondu». Isaïe, chapitre 30, verset 5...

Beijer et les garages

Allusion directe notamment à l'ancien gendarme Robert Beijer, qui a accusé des hommes de la Sûreté, dont Albert Raes en personne, d'avoir utilisé l'agence de détectives ARI, de Beijer et Bouhouche, pour certaines missions troubles autour d'un réseau de garages et de flats loués depuis des années à Bruxelles, et qui touchent aux vols des armes de la gendarmerie en 1981 et peut-être aux tueries du Brabant.

En 1988, il y eut un communiqué du ministre de la Justice, basé sur des déclarations signées de mes collaborateurs jurant n'avoir pas loué de garages. C'était catégorique. J'aurais peut-être dû donner un peu plus d'explications. En 1988, M. Beijer- citait des noms. A la télévision, récemment, M. Beijer a dit qu'il n'a jamais été question de payement de la part de la Sûreté, il ne cite plus de noms, plus même le mien, il ne parle plus que de contacts avec deux «représentants» de la Sûreté. Nous avons entrepris des recherches pour découvrir de qui il peut s'agir. Pour moi, c'est une affaire vulgaire et subalterne.

Contacté samedi, Beijer dit ne rien retirer à ses premières accusations et affirme les avoir répétées et avoir cité des noms au juge d'instruction. Il avait rencontré des fonctionnaires de la Sûreté et de l'office des étrangers au temps où il était gendarme. Selon nos informations également, Beijer, il y a une dizaine d'années, en réponse à une annonce cherchant des collaborateurs pour une agence de renseignements (on nous affirme que cette annonce était placée par la Sûreté), avait envoyé sa candidature, signalant qu'il était gendarme à la BSR. Sur ce point, Beijer dit ne pas s'en souvenir:

J'ignore tout de ceci. Ça m'étonnerait fort. Je n'ai pas connaissance qu'on ait jamais employé cette méthode. De plus, mes collaborateurs ne sont pas autorisés à faire appel à des membres de services de police comme informateurs, parce que nous avons des relations officielles avec les responsables de ces services.

Campagnes

orchestrées?

Tout au long de ces années, aux questions que se posaient certains médias sur la Sûreté, d'autres articles de presse prenaient votre défense, comme s'ils participaient à une campagne orchestrée. Tout récemment encore, on a lu dans deux journaux des interviews anonymes d'agents X... et Y... de la Sûreté blanchissant le service et lançant des accusations (parfois fausses) contre la gendarmerie.

Je n'oserais pas appeler cela des contre-articles. Il est normal que des journalistes défendent des thèses opposées. Je ne sais pas qui est X... Un collectif d'agents? C'est une hypothèse parmi d'autres. Nous nous intéressons à la manière dont certaines informations ont été transmises à la presse, sans autorisation des supérieurs. Peut-être les agents X... et Y... sont-ils les mêmes...

La série d'interviews données ces deux semaines par Albert Raes, l'homme qui devait rester discret, signifierait-elle qu'il s'apprête à changer de chapeau, à quitter la Sûreté?

Il y a trois ou quatre ans que mes supérieurs me conseillaient d'expliquer un peu plus l'action, les moyens, les défaites du service. Je regrette de n'avoir pas rencontré plus tôt certains chroniqueurs judiciaires bien informés pour leur donner un peu plus d'explications. Ça se fera peut-être un peu plus par la suite.

Jusqu'ici, le contrôle sur la Sûreté se réduisait au contrôle exercé par le ministre sur cette administration, via l'administrateur général. Un projet de loi se prépare, on le sait, pour instituer un contrôle plus efficace sur la Sûreté.

Il y avait des contrôles extérieurs, celui du pouvoir judiciaire, de l'administration de la Justice, de l'inspection des Finances, de la Cour des comptes, et un contrôle intérieur par la hiérarchie. Nous sommes également demandeurs d'un contrôle extérieur de la part du pouvoir législatif, comme aux Pays-Bas, en Allemagne et en Italie. On a parlé de fonds spéciaux, alimentés notamment par de l'argent donné par certaines personnalités étrangères lors de voyages dont la Sûreté assurait la protection. C'est une fable. Ça n'existe pas. Les fonds spéciaux sont purement belges.

Il a été question de relations difficiles entre le chef de la Sûreté et certains services de renseignements étrangers, notamment ceux des Etats-Unis.

J'ai dit à la commission que, de temps à autre, j'avais été amené à rappeler à plusieurs services correspondants, pas seulement des Etats-Unis, que j'espérais qu'ils respecteraient la souveraineté belge. Mais ce n'était pas très important.

Menti au Premier?

En 1979, lors du recrutement de mercenaires dans la région liégeoise pour prendre part à une opération de déstabilisation au Zaïre, lancée du Rwanda, ces mercenaires étaient encadrés par des hommes de la PJ et de la Sûreté. A la base de ce recrutement se trouvait M. Monguya, qui aurait reçu à l'époque une protection de la Sûreté, donnée personnellement par Albert Raes.

Je n'ai jamais donné une protection personnelle ou autre à un seul Africain, sauf à des personnalités. Nous avons eu des difficultés pour suivre ce mouvement. Le gouvernement nous avait demandé des renseignements qu'on a réussi à avoir. Vous savez, on parle facilement de la Sûreté, mais ce ne sont pas toujours nos agents. Certains se font passer pour des membres de la Sûreté.

Paul Vanden Boeynants était Premier ministre intérimaire. Il nous jura à l'époque n'avoir reçu aucune information à ce sujet et en fit le reproche à Albert Raes. Comme il lui reproche aussi d'avoir menti, en 1978, quand la Sûreté fit état de l'existence d'un dossier sur le colonel De Vlieghere au moment où le gouvernement devait se prononcer sur sa candidature, appuyée par André Cools, au poste d'administrateur adjoint à la Sûreté. Plusieurs personnalités de l'époque le confirment. Vérification faite par M. Van Elslande, ministre de la Justice, il n'y avait aucun dossier. Certains affirment que M. Raes avait «inventé» ce dossier pour aider le CVP à écarter la candidature de De Vlieghere.

Les personnes qui vous ont raconté ces histoires vous ont dit des blagues...

Prenons le temps d'une respiration: la suite de cette interview, demain...

RENÉ HAQUIN.


Source : Le Soir, 19 juin 1989

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