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 opération bleue 1973

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michel
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MessageSujet: opération bleue 1973   Dim 2 Aoû 2009 - 14:38

Belgique, an 1973, la dictature?

Selon des archives officielles, des enquêtes détaillées et des témoignages dignes de foi, vers 1973, un réseau clandestin a programmé un putsch militaire dans notre pays. Récemment, un «acteur» de ces «années de plomb» belges s'est encore exprimé à ce sujet. Comme Avancées, depuis plusieurs années. Et le journaliste Walter De Bock, que nous avons rencontré (voir interview).

Il y a quelques mois, le quotidien libéral La Dernière Heure publiait à sa Une un titre accrocheur et inquiétant: «La Gendarmerie a préparé un coup d’Etat!» (1). Réalité ou rumeur? Fantasme ou vérité? Serait-on une fois de plus tombé dans le panneau? Victime du phénomène, bien connu à l’extrême droite, de la croyance aveugle dans le «complot occulte»? Avons-nous grossi les rêves de conspiration de hauts gradés de l’Armée belge adeptes d'une méthode plus virile pour mater la rébellion gauchiste post-soixante-huitarde et faire barrage au démantèlement du pays? C’est possible.

Cependant, une chose est sûre, plusieurs éléments concordant établissent ce scénario bien connu des «républiques bananières». Nous étions à l’époque au début des années septante. En Espagne, au Portugal et en Grèce, les forces militaires régnaient. Le «mode d’emploi» de ces dernières pour prendre le pouvoir fut le modèle de leurs amis belges de l’ultradroite. Sous l'œil complice de l'Oncle Sam.

Un ex-gendarme se met à table

Les dernières révélations de La Dernière Heure (DH) se basent sur le témoignage de Christian Amory. Ce n'est pas la première fois que cet ancien de l'Escadron spécial d'intervention (ESI) de la gendarmerie (lire Avancées, octobre 1998, p. 27) dévoile des informations détaillées à propos de ce projet de coup d'Etat. Il donnera le nom de code de ce plan, "l'Opération bleue». Un nom qui fut souvent cité lors des travaux d'auditions des deux commissions parlementaires d'enquête sur le banditisme et le terrorisme. Dans l'interview accordée à la DH, Amory avance plusieurs informations détaillées (avec des noms, des dates, des lieux). Il affirme que l'ESI était entièrement impliqué dans ce projet fou. Voici quelques extraits de l’entretien DH-Amory.

A la date convenue par les conspirateurs, nous avons été mis en stand-by de 24 heures (…). Nous étions mobilisés pour un coup d'Etat. Notre objectif était de prendre le Parlement. Par la suite, j'ai appris que ce jour-là, tous les MP chargés de sa protection avaient été désarmés. Sous prétexte que l'un des leurs s'était suicidé récemment. Christian Amory poursuit: On a appris par la suite aussi que ce jour-là les blindés avaient fait mouvement d'Allemagne jusqu'à la frontière belge. Que les paras devaient intervenir. Que la gendarmerie avait acheté - hors dotation pour ne pas laisser de traces - des cristaux permettant d'assurer sur le terrain des liaisons radios entre les gendarmes et les militaires. Que ces cristaux ont été retrouvés par la BSR de Bruxelles (…). Que les cibles étaient le Parlement, le Palais royal, la RTBF, les principaux nœuds de communication.

Toutefois, malgré une planification préparée depuis de longs mois et le soutien de plusieurs secteurs du régime, ce scénario antidémocratique n'a pas été mis en œuvre. Une personnalité politique de premier plan devait prendre le pouvoir. C'était le scénario prévu. Deux heures avant, son secrétaire privé l'a informé de ce qui se préparait et du rôle qui lui était offert. Cette personnalité a refusé. Et tout s'est arrêté.

Philippe Créteur, le journaliste de la DH (et ancien militant d’extrême droite) qui a recueilli les propos de Christian Amaury (1), rappela alors qu'en commission d'enquête, le commandant de la gendarmerie de l'époque aurait admis certains mouvements de troupes. C'était des manœuvres, a-t-il expliqué. Quant au nom de ce politicien choisi par ces «cagoulards», un autre témoin de l’époque, contacté voici quelques jours par Avancées, désigna Paul Vanden Boeynants, alors ministre de la Défense nationale.

Enquête personnelle

Christian Amory, pour sa part, après un service actif au sein de l'ESI (1971-1979), un passage à la BSR Bruxelles (1979-1983) et dans la cellule d'enquête sur les tueurs du Brabant, reçut finalement son C4, en 1995. Il faut savoir que ce témoin clé des «années de plomb» belges fréquentait par ailleurs les deux gendarmes Robert Beijer et Madani Bouhouche (lire Avancées, avril 1998, pp. 28-29). Il fut même soupçonné d'avoir été le lien entre ses deux ex-collègues et la bande des Borains (les premiers suspects des tueries du Brabant).

Le nom d'Amory est aussi cité dans des PV ayant trait au vol d'armes commis au QG de l'ESI (1980). Plusieurs de ces armes réapparaîtront dans le cadre des investigations pour retrouver la trace des auteurs des massacres dans les grandes surfaces entre 1983 et 1985. Selon lui, son renvoi de la gendarmerie est lié au fait qu'il s'était intéressé de très près à tous les événements qui ont secoué la gendarmerie ces dix dernières années, car je croyais être dans un milieu très proche de tout cela. J'ai fait ma petite enquête personnelle: les résultats, je les communiquais à l'adjudant Goffinon (Avancées, novembre 1998, p. 25) et à l'Etat-Major.

Silence radio

Suite aux nouvelles révélations publiées dans la DH sur ce projet de coup d'Etat impliquant la gendarmerie et l'Armée belge, le silence radio de ces dernières fut une fois de plus au rendez-vous. A la veille de l’instauration de la police unique, c’est pour le moins inquiétant. D’autant plus que la structure de la nouvelle force de l’ordre est sous la coupe d’une gendarmerie qui n’a pas encore lavé son linge sale. La Belgique est décidément un pays où l'omerta, cette fameuse loi du silence, à encore de longs jours devant elle.

Manuel ABRAMOWICZ

1. Philippe Créteur: «La Gendarmerie a préparé un coup d’état!», in La Dernière Heure du 26 septembre 2000.



Putschs et juntes fascistes, les exemples

A l’époque où des militaires, des gendarmes et des hommes d’affaires belges planifièrent une option militariste musclée pour mater la «rébellion» gauchiste et instaurer une dictature, les exemples de juntes militaires européennes au pouvoir étaient nombreux.

Au Portugal, un régime national-catholique autoritaire et corporatiste était déjà en place depuis 1933. Son dictateur, Salazar, avait promulgué une Constitution sur mesure instaurant le concept de l’Etat nouveau, avec un parti unique (l’Union nationale), une milice (la Légion portugaise) et un mouvement de jeunesse pour encadrer et contrôler le peuple. L’église portugaise fut sa complice et au cœur du régime salazariste. En 1974, la «Révolution des Oeillets», menée par des militaires progressistes et anticolonialistes, mit fin à l’Etat nouveau.

Après un putsch militaire contre le gouvernement démocratique et une sanglante guerre civile (1936-1938), le dictateur Franco installa également un régime musclé en Espagne. Grâce au soutien de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste. Là encore, c’est un parti unique (la Phalange espagnole) qui décidait de tout; avec l’aval du clergé local en général et de l’Opus Dei en particulier. Pour mater la rébellion, au programme: arrestations massives des opposants, ouverture de camps de prisonniers, contrôle de la presse, interdiction des activités syndicales, … Le régime franquiste (mais pas ses «fonctionnaires») sera mis au placard après le décès de son «guide» le 20 novembre 1975.

La Grèce fut pour sa part victime d’un putsch militaire le 21 avril 1967. Une junte conduite par le général Papadopoulos s’installa au pouvoir à Athènes. La Constitution et le système parlementaire furent abolis. La liberté de la presse limitée. Après la défaite grecque à Chypre devant l’armée turque, en 1974, le régime dit «des colonels» est renversé. Les conjurés sont arrêtés et l’année suivante, Papadopoulos est condamné à mort. Plus de 40.000 réfugiés politiques reviennent au pays en 1978.

Ces trois pays européens furent des modèles et des destinations «touristiques» pour l’extrême droite européenne. En effet, plusieurs terroristes néofascistes et autres barbouzes de l’OAS rejoignirent dans leur exil politique les collabos nazis qui y avaient déjà trouvé refuge dès 1945.

A l’époque où les militaires contrôlaient le Portugal, l’Espagne et la Grèce, les offensives démocratiques du type de celle emmenée par un Louis Michel vis-à-vis de l’Autriche n’étaient pas à l’ordre du jour. Pire, ces dictatures furent soutenues par des Etats démocratiques et accueillies sans broncher dans les principaux organismes internationaux. En 1949, le dictateur Salazar figurait parmi les fondateurs de l’OTAN. Six ans plus tard, l’Espagne franquiste bénéficia d’une représentation à l’ONU. Ce sont les Etats-Unis qui jouèrent les protecteurs de ces «républiques bananières», avec l’aide d’un puissant lobby politico-affairiste constitué, en Belgique, de personnalités sociales-chrétiennes et libérales.

M. AZ



Lire également, dans Avancées, sur le même sujet:

«L'extrême droite dans l'Etat: un général remonte au front», février 1998, p. 28.

«Vie et mort de Paul Latinus», février 1999, p. 22

«Un chef de l'orchestre noir?», mars 1999, p. 24.

«Un coup d’Etat en Belgique?», mai 1999, p. 17.

«L'Oncle Sam veille sur la Belgique», mai 1999, p. 19.


Source : http://archive.indymedia.be/news/2001/01/2109.html

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michel-j



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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Dim 2 Aoû 2009 - 18:34

L'opération "bleue" fut d'une réalité tout ce qu'il y a de plus concrête. Et lorsque la cellule d'enquête sur les TBW en eut vent, au tout début de sa mise sur pieds, elle en obtînt confirmation par un officier supérieur de l'armée de l'air qu'elle eut l'occasion d'auditionner. L'homme avait lui même fait l'objet d'une démarche d'enrolement. Or, ses déclarations pour "incroyables" qu'elles puissent paraître à l'époque, furent bel et bien confirmées par d'autres acteurs dont le très fameux Amory.

Je précise que les révélations de ce militaire quant à l'existence de cette tentative de putch précédaient les tueries elles-mêmes !... Elles eurent lieu au cours d'un débat sur les manipulations diverses exercées par les services de renseignements français, après lecture du livre de Chairof consacré aux "Barbouses".
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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Sam 15 Aoû 2009 - 15:44

Je crois utile de mettre cette piste en parallèle avec d'autres tentatives de putsch en Europe fin 70 début des 80, comme le coup manqué en Espagne en 1981.
Et l'on voit que l'OTAN n'était pas très chaude pour des aventures totalitaires sur son territoire.
L'Espagne entre dans l'OTAN de la main des socialistes à la "surprise" générale. Ce qui leur vaudra des problèmes de cohésion interne qui durent encore aujourd'hui. Les militaires, la droite et extrème-droite espagnols avaient toujours montré un profond mépris pour les USA.
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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Sam 15 Aoû 2009 - 16:41

Petite précision; ceci ne veut pas dire que la CIA ne fût pas au courant et/ou n'aurait pas vu d'un bon oeil les tentatives de l'extrème-droite de prendre le pouvoir. Mais, était-ce son intérêt qu'elles réusissent ou fallait-il laisser faire à peine le temps que le pays aperçoive les oreilles du loup et entre dans le rang de la sécurité du parapluie OTAN? Les coups d'état abortés sont utiles, aussi.
Mais dans le cas de la Belgique, qui pouvait avoir un intérêt à désestabiliser le coeur de l'OTAN, surtout d'une manière aussi brutale et dangereuse pour ses propres intérêts?
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michel
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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Sam 15 Aoû 2009 - 17:18

Jacques B. a écrit:

Mais dans le cas de la Belgique, qui pouvait avoir un intérêt à désestabiliser le coeur de l'OTAN, surtout d'une manière aussi brutale et dangereuse pour ses propres intérêts?

Les services du Pacte de Varsovie?

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michel-j



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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Sam 15 Aoû 2009 - 17:37

Ne jamais perdre de vue l'abordage primaire des services de renseignements américains pour tout ce qui touche à la guerre d'influence contre "les rouges". Autant ils peuvent être hyper-pointus en beaucoup de domaines technologiques, autant ils cultivent une perception infantine des cultures qui leurs sont étrangères ou considérées comme hostiles; càd tout ce qui n'est pas compris entre les frontières du Mexique et clle du Canada !

Vous découvrirez ce sentiment dans tout ouvrages d'anciens des "services" ne se contentant pas de leur servir de laudateurs.

La destabilisation de la Belgique (en vue de durcir la politique de ce "pot à merde", comme se complaisaient à le décrire les anti-libéraux ?) moins importante que celle de l'Italie ?... L'Italie accueillrait-elle un centre stratégique du Shape ausi imporant que celui siègeant en Belgique ?

Quant au flirt permanent des services secrets américains avec l'extrême droite la plus radicale; soyons sérieux !... Posez les yeux sur l'Amérique du Sud et voyez quels pays ont bénéficié de l'aide inconditionnelle des U.S.A pour acquérir un régime dictatorial !... Souvenez-vous de la Grèce de colonels (en quelle année ?) de a lune de miel avec l'Iran du Shah... de celle toujours en vigueur avec l'Arabie Saoudite, principal bailleur de fonds et d'hommes pour Al quaida...

Croyez-le ou non, mais les individus approchés dans le cadre de la destabilisation par l'armée et la gd ne pointaient certainement pas à la FGTB !
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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Sam 15 Aoû 2009 - 17:55

michel a écrit:
Jacques B. a écrit:

Mais dans le cas de la Belgique, qui pouvait avoir un intérêt à désestabiliser le coeur de l'OTAN, surtout d'une manière aussi brutale et dangereuse pour ses propres intérêts?

Les services du Pacte de Varsovie?

Il faut faire attention à ne pas retourner les mêmes erreurs d'analyses et maintenant attribuer toutes les magouilles à l'autre côté. Mais en observant les forces en présence dans le début des années 80, qui était en péril d'éclatement? Qui ne pouvait plus suivre l'escalade de la guerre froide? Qui était au bord de la défaite?
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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Sam 15 Aoû 2009 - 18:16

michel-j a écrit:
Ne jamais perdre de vue l'abordage primaire des services de renseignements américains pour tout ce qui touche à la guerre d'influence contre "les rouges". Autant ils peuvent être hyper-pointus en beaucoup de domaines technologiques, autant ils cultivent une perception infantine des cultures qui leurs sont étrangères ou considérées comme hostiles; càd tout ce qui n'est pas compris entre les frontières du Mexique et clle du Canada !

Tout à fait d'accord. Et justement les mastodontiques services de renseignements américains ne se sont jamais illustrés pour leur efficacité dans le traitement de l'information. Du point de vue de la doctrine militaire, ils n'ont rien inventé du tout. Jusqu'au concept de Stay Behind est tiré du camp d'en face via les français.
michel-j a écrit:

La destabilisation de la Belgique (en vue de durcir la politique de ce "pot à merde", comme se complaisaient à le décrire les anti-libéraux ?) moins importante que celle de l'Italie ?... L'Italie accueillrait-elle un centre stratégique du Shape ausi imporant que celui siègeant en Belgique ?

L'Italie c'est le flanc sud de l'Otan. La position est différente et d'autre part le comunisme italien n'a rien à voir, en terme de danger perçu par les USA, avec le belge.
il faut aussi se rappeller qu'il n'y a aucune preuve de l'implication active de la CIA dans les atentats italiens. Je sais que ça va faire sourire, mais c'est la pure réalité. La CIA aussi, a ses problèmes internes, peut-être plus que les autres du fait de sa structure énorme.

michel-j a écrit:

Quant au flirt permanent des services secrets américains avec l'extrême droite la plus radicale; soyons sérieux !... Posez les yeux sur l'Amérique du Sud et voyez quels pays ont bénéficié de l'aide inconditionnelle des U.S.A pour acquérir un régime dictatorial !... Souvenez-vous de la Grèce de colonels (en quelle année ?) de a lune de miel avec l'Iran du Shah... de celle toujours en vigueur avec l'Arabie Saoudite, principal bailleur de fonds et d'hommes pour Al quaida...

Croyez-le ou non, mais les individus approchés dans le cadre de la destabilisation par l'armée et la gd ne pointaient certainement pas à la FGTB !

D'accord avec vous aussi sur ce point. mais le flirt ce n'est pas le mariage. Quant aux problèmes hors d'Europe, ils reposent sur des facteurs communs mais aussi sur des facteurs qui sont propres à la région. Difficile d'extrapoler directement sans comettre des erreurs grossières.
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michel
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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Lun 17 Aoû 2009 - 9:44

La Belgique a échappé à un coup d'état (26/09/2000)


L'Opération bleue a été arrêtée au dernier moment
BRUXELLES `Opération bleue´. En commission parlementaire d'enquête, l'opération a été évoquée. Dans le détail. Officiellement, le rapport n'en dit pas grand-chose. Raison d'Etat. Un fonctionnaire ayant participé aux travaux de la commission nous dit que parlementaires et fonctionnaires ont juré le silence. Pour la première fois, un acteur de ce qui apparaît comme une tentative de coup d'état parle à visage découvert.
Nous sommes au début des années 70. Christian Amory est membre de l'Escadron spécial d'intervention. `Il y avait plusieurs sections à l'Esi: celle qui était de garde durant une semaine, celle qui se trouvait à l'entrainement et celle qui se trouvait en stand by. Je me trouvais dans cette dernière section, avec tous les anciens, ceux en qui l'Etat-Major avait pleine confiance. Ce jour-là, pour la 1ère fois de notre existence, nous avons été mis en stand by 24h!´ Un stand by 24h, c'est très long à l'Esi. `En période de menaces terroristes, le stand by normal ne dépassait pas 12h´. Un stand by dont le préavis était de surcroit réduit à dix minutes! Les deux sections mobilisées, au moins 18 hommes, étaient installées dans un local aménagé à proximité du parking de l'Escadron: `On était ravitaillé, on dormait avec notre équipement, avec nos armes, les clés des véhicules se trouvaient déjà sur les tableaux de bord´. Officiellement, les gendarmes ne sauront jamais pourquoi ils étaient ainsi mobilisés. Amory l'apprendra peu à peu. `Nous étions mobilisé pour un coup d'état. Notre objectif était de prendre le Parlement. Par la suite, j'ai appris que ce jour-là, tous les MP chargés de la protection du Parlement avaient été désarmés. Sous prétexte que l'un des leurs s'était suicidé récemment. Seul le chef de poste disposait d'un chargeur à balles réelles´.`On a appris par la suite aussi que ce jour-là les blindés avaient fait mouvement d'Allemagne jusqu'à la frontière belge. Que les paras devaient intervenir. Que la gendarmerie avait acheté - hors dotation pour ne pas laisser de traces - des cristaux permettant d'assurer sur le terrain des liaisons radios entre les gendarmes et les militaires. Que ces cristaux ont été retrouvés par la BSR de Bruxelles, saisis et perdus, de même que les P.-V. Que les cibles étaient le Parlement, le Palais royal, la RTBF, les principaux noeuds de communication´.
Et pourtant, rien - finalement - ne s'est passé. `Une personnalité politique de premier plan devait prendre le pouvoir. C'était le scénario prévu. Deux heures avant, son secrétaire privé l'a informé de ce qui se préparait et du rôle qui lui était offert. Cette personnalité a refusé. Et tout s'est arrêté´. En commission d'enquête, le commandant de la gendarmerie de l'époque aurait admis certains mouvements de troupes. `C'était des manoeuvres´, a-t-il expliqué


Source : DH 26/9/2000

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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Lun 17 Aoû 2009 - 12:03

Jacques B. a écrit:


Il faut faire attention à ne pas retourner les mêmes erreurs d'analyses et maintenant attribuer toutes les magouilles à l'autre côté. Mais en observant les forces en présence dans le début des années 80, qui était en péril d'éclatement? Qui ne pouvait plus suivre l'escalade de la guerre froide? Qui était au bord de la défaite?

Et on s'interrogera sur le rôle trouble de la Kintex dans l'affaire pointé par la BSR de Wavre...

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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Lun 17 Aoû 2009 - 16:13

Cette Opération bleue est à mettre en parallèle avec l'opération Galaxia du nom d'un café où se sont réunis en 78 des comploteurs de l'armée, police et garde civile (gendarmerie). Trois ans plus tard le 23 février 1981, le Lnt-Colonel Tejero de la garde civile (présent au café Galaxia), prendra le parlement à l'assaut et les chars sortiront dans les rues à Valence.

Mais attention, si les préparatifs et l'éxécution de ce genre de plan sont toujours mis plus ou moins à l'actif (ou passif, selon...) de la CIA, a qui attribuons-nous les flops retentissants de ce genre d'aventures?
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Kranz



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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Lun 17 Aoû 2009 - 19:04

Jacques B. a écrit:

Mais attention, si les préparatifs et l'éxécution de ce genre de plan sont toujours mis plus ou moins à l'actif (ou passif, selon...) de la CIA, a qui attribuons-nous les flops retentissants de ce genre d'aventures?

Mais si la CIA pousse au crime son engagement reste assez limité pour pouvoir laisser tomber en cas de flop, souvenons-nous de la Baie des Cochons.
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Henry



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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Lun 17 Aoû 2009 - 20:28

Je crois que la CIA n'a jamais rien avoué et c'est normal.
Rappelez-vous la phrase célèbre de "Mission impossible": si vous ou l'un de vos agent se faisait prendre, nous nierons vous connaître.
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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Lun 17 Aoû 2009 - 21:48

Oui, bien sûr si on ne sait pas on accuse, c'est toujours ça de pris. Loin de moi l'intention de défendre l'ingérence du renseignement américain en Europe mais pour paraphraser ceux qui recourrent toujours au fameux "à qui profite le crime?" qu'obtenons-nous quand on se pose la question en référence à la tentative de coup d'état espagnol?

Quelques dates pour aider:
- 1980: veto de la France au processus d'ampliation de la CEE (très mal perçu par les démocrates européistes espagnols)
- janvier 1981: démission de Adolfo Suarez (UCD) président du gouvernement et moteur de la transition.
- 18 février 1981: Le nouveau président Calvo Sotelo (UCD) exprime clairement le désir de l'Espagne d'entrer dans l'OTAN lors de son discours d'investiture. Opposition frontale des socialistes.
- 23 février 1981: putsh militaire manqué grâce (entre autre) à la fermeté des déclarations du Roi la nuit même des faits
- mi-1981: Alfonso Guerra (PSOE) déclare que l'entrée dans l'OTAN convertirait l'Espagne en une colonnie US.
- décembre 1982: 1er gouvernement socialiste de l'histoire d'Espagne. Fernando Moran (PSOE) ministre des affaires étrangères annonce l'intention du gouvernement de stopper le processus d'adhésion à l'OTAN.
- octobre 1984: Le président Gonzalez (PSOE) exprime clairement le changement de position des socialistes concernant l'adhésion à l'OTAN. Le PSOE commence à faire feu de tous bords pour changer la conviction de ses militants qui ne comprenaient pas trop comment d'anti-atlantistes ils devenaient partisans de l'alliance.
- mars 1986: référendum sur la permanence de l'Espagne dans l'OTAN. Pour: 59,42 %, contre 52,49 %.

Tous celà est très schématique mais illustre la complexité du processus. Pour plus de détails (en espagnol):
http://www.monografias.com/trabajos10/otan/otan.shtml
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michel-j



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MessageSujet: Re: opération bleue 1973   Lun 17 Aoû 2009 - 22:03

Une dimension assez particulière à ce genre d'organisme tentaculaire est assez peu connue du grand public; le "syndrome du service".

Vous prenez un brave bougre de flic totalement imperméable aux subtilités politiques et vous le collez à la traque des agents (ou terroristes) "tendance rouge"... Ce gars qui sera essentiellement chargé des dossiers épinglant les "horreurs" de son "gibier" finira par développer une phobie bien compréhensible envers ce qui est "rouge", parfaitement ciblé, au risque de développer une sympathies involontaire envers ceux qui luttent aussi contre ces personnages.... avec des méthodes aussi détestables.

L'exemple est valable pour tous types de services.

Au point que les démocraties se retrouvent un jour avec des services "antagonistes" (un échelon au dessus de la banale "guerre des polices") qui en viendront à éprouver un sentiment de compréhension envers des groupuscules radicalement opposés. Danger !

Le DOD fut créé aux USA pour tente de pallier ce problème. Pour faire barrages à des services devenus complêtement parallèles, "ingèrables" et dangereux pour leur propre pays. Avec succès ? Shocked
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opération bleue 1973

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