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 Le procès Bouhouche-Beijer

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michel
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MessageSujet: Le procès Bouhouche-Beijer   Mar 29 Sep 2009 - 19:45

ANVERS,L'AFFAIRE MENDEZ,LES ATTENTATS A LA GENDARMERIE, LE VOL D'ORA L'AEROPORT ROBERT BEIJER VEUT ETRE JUGE SUR TOUS DOSSIERS

HAQUIN,RENE
Lundi 17 août 1992
Anvers, l'affaire Mendez, les attentats à la gendarmerie, le vol d'or à l'aéroport

Robert Beijer veut être jugé sur tous les dossiers

Libéré mercredi, l'ex-gendarme Robert Beijer et son avocat ont réuni la presse vendredi pour commenter l'état d'avancement des dossiers le concernant.

Robert Beijer et Madani Bouhouche, inculpés dans le cadre du meurtre du Libanais Suleiman à Anvers le 2 septembre 1989, sont l'un et l'autre en liberté provisoire, comme on le sait. Ils sont aussi concernés par d'autres dossiers plus anciens. Celui de l'assassinat de l'ingénieur Mendez (janvier 1986) et, dans la foulée de cette enquête, des dossiers ouverts il y a une dizaine d'années: l'attentat à la bombe sur une voiture de la BSR de Bruxelles et l'attentat contre le major de gendarmerie Herman Vernaillen (octobre 1981), le vol des armes de l'ESI à la gendarmerie (Nouvel An 1982), le vol d'or à l'aéroport de Zaventem et la disparition du policier de la Sabena, Françis Zwarts (octobre 1982).

Les noms des deux anciens gendarmes de la BSR de Bruxelles devenus détectives ont resurgi de façon lancinante dans ou en marge de ces dossiers non élucidés, qui, avec les tueries du Brabant, ont jalonné nos années de plomb.

Bouhouche fut arrêté après l'assassinat de Mendez en janvier 1986, libéré en 1989, réarrêté en Espagne et extradé à la fin de 1989 pour le crime d'Anvers. Beijer, arrêté à la fin de 1987 sur dénonciation, dans un dossier de corruption d'un employé de la RTT (une écoute téléphonique), fut libéré lors de la découverte dans la région bruxelloise de planques d'armes et d'un réseau de garages loués, puis réarrêté, au début de 1988, lors de l'épisode du «pistolet à la bolognaise». Mis en liberté à la fin de 1988, il fut réarrêté en Thaïlande et extradé en janvier dernier, pour le crime d'Anvers.

MALGRÉ DES INDICES GRAVES

DE CULPABILITÉ

Après la mise en liberté provisoire et sous conditions de Madani Bouhouche, ordonnée le 15 mai par la chambre des mises en accusation à Bruxelles, c'est celle de Robert Beijer que la même chambre a ordonnée mercredi 12 août, retenant, comme pour Bouhouche, que les indices graves de culpabilité subsistent, mais que, eu égard à la longueur de la détention préventive subie et compte tenu de la libération de Bouhouche, il y avait lieu de lever le mandat de Beijer, à condition de résider chez sa mère, remettre son passeport, n'avoir aucun contact avec des coïnculpés, chercher du travail autre que des activités d'enquête (une condition proposée par Beijer qui dit être guéri de ce virus), et se faire contrôler régulièrement.

Ces deux libérations sont à première vue aberrantes et ne contribuent certes pas à rétablir un peu de confiance dans la justice. Mais elles n'en restent pas moins techniquement explicables. Des lenteurs et des erreurs de l'instruction en sont à l'origine. Le juge Hennart avait ratissé large en rouvrant, par connexité, tous les dossiers. Mais l'an dernier, il n'a demandé l'extradition de Beijer à la Thaïlande que sur base du dossier d'Anvers. Au printemps, le juge n'a fait rapport que sur le crime d'Anvers, puis il a dû demander à la Thaïlande d'étendre l'extradition de Beijer aux autres dossiers, pour pouvoir l'interroger.

Face aux réquisitions du parquet elles aussi limitées aux faits d'Anvers, comme si l'on craignait le déballage des autres dossiers, la défense a voulu que tout soit mis sur la table. En juin, à Nivelles, la présidente de la chambre du conseil, Mme Roulet, s'est désistée pour avoir préjugé du saucissonnage des dossiers. La présidente suivante, Mme Danneau, ordonna que le dossier (39.000 pages) soit mis à la disposition des parties, en vue des débats fixés aux 21, 22 et 23 septembre.

RIEN À RETRANCHER

AUX DÉCLARATIONS DE 1988

Mais le parquet vient de faire appel de cette ordonnance purement technique. C'est donc la chambre des mises en accusation qui tranchera, sans appel.

Vendredi, dans une conférence de presse, les avocats de Beijer et l'inculpé lui-même, admettant que sa libération peut choquer l'opinion, ont ainsi voulu clarifier les choses et éviter de nouveaux amalgames.

Je n'ai rien à retrancher aux déclarations que j'ai faites en 1988 avant de me constituer chez le juge Schlicker. J'ai reconnu avoir commis des infractions, a dit, en substance, Beijer au sujet du crime d'Anvers. «Techniquement», j'étais là, armé. J'y ai été gravement blessé. Je suis persuadé être tombé dans un guet-apens: nous n'y allions ni pour voler ni pour tuer. J'ai été mis hors de combat. Après, j'ai été psychologiquement très perturbé. J'ai fui en Espagne, je suis passé par plusieurs pays, je suis même rentré dans mon appartement de Schaerbeek, de décembre 1990 à janvier 1991, sans que la police s'en aperçoive. J'étais chez moi le jour où les gendarmes sont venus entendre mon épouse. Ils ne m'ont pas vu. Puis je suis reparti sous une fausse identité, et j'ai été arrêté en Thaïlande. Ce fut presque un soulagement. Il faut maintenant vider l'abcès et clôturer l'ensemble des dossiers. Je ne veux pas être jugé uniquement pour les faits d'Anvers, par un jury d'assises auquel on ne manquera pas de dire que je devrai encore être jugé pour les autres dossiers...

Pour Me Pierre Chômé, l'un de ses avocats, la libération sous conditions de Beijer s'imposait, après celle de Bouhouche: seul en prison, Beijer risquait d'être tenu pour «plus» coupable.

L'avocat qualifie de «techniques» les inculpations dans les dossiers connexes (les attentats contre la gendarmerie en 1981 et le vol d'or à Zaventem en 1982), inculpations qui, pour l'avocat, doivent tomber après le débat de règlement de la procédure. Au total, dix-sept personnes ont été inculpées, dont deux sont décédées (l'employé de la RTT Van Melckebeek et le truand Van Reethem inculpé pour les vols d'or). Dans le dossier Mendez, il faudra aussi reparler des «faux PV» dissimulant le rôle de Beijer, qui, à la fin de 1987, avait fait découvrir les planques d'armes et le réseau des garages loués. Le juge Hennart a fait rectifier ces PV qui pourraient aussi valoir à leurs auteurs d'être renvoyés aux assises pour faux en écritures publiques par des fonctionnaires assermentés...

RENÉ HAQUIN

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mar 29 Sep 2009 - 19:53

DE VERNAILLEN A SULEIMAN EN PASSANT PAR L'AFFAIRE MENDEZ BOUHOUCHE,BEIJER ET TROIS AUTRES AUX ASSISES

HAQUIN,RENE
Mardi 9 février 1993
De Vernaillen à Suleiman en passant par l'affaire Mendez

Bouhouche, Beijer et trois autres aux assises

Suivant en tout point les réquisitions de l'avocat général P. Morlet, la chambre des mises en accusation vient de renvoyer devant la cour d'assises du Brabant les deux anciens gendarmes Madani Bouhouche et Robert Beijer, leur ex-collègue Christian Amory et leurs acolytes, l'Américain Jean Buslik (qui réside en Floride depuis six ans) ainsi que René Chang.

Bouhouche et Beijer, remis tous deux en liberté provisoire l'an dernier, sont inculpés dans de très nombreuses affaires qui datent de 1981: l'attentat à la bombe sur une voiture de la gendarmerie, l'attaque contre le major de gendarmerie Vernaillen et le vol des armes du «groupe Diane»; de 1982: le vol d'or à l'aéroport, la nuit où disparut l'agent de la Sabena Francis Zwarts (dont le corps n'a jamais été retrouvé); de 1986: l'assassinat de l'ingénieur Mendez abattu dans sa voiture sur une bretelle d'autoroute à Rosières; et de 1989: le meurtre du commerçant libanais Suleiman, à Anvers. On leur reproche aussi de nombreux vols et recels d'armes, de véhicules, de documents d'identité et de diverses valeurs, ainsi que le port et l'usage de faux noms.

Leurs amis de l'époque, le gendarme Amory, l'Américain Buslik et le «journaliste» Chang sont principalement inculpés, comme Bouhouche et Beijer, d'appartenance à une association de malfaiteurs.

Quant à l'ex-épouse de Bouhouche, qui avait notamment déclenché l'affaire du «pistolet à la bolognaise» au début 1987, la chambre des mises en accusation l'a renvoyée devant le tribunal correctionnel où elle devra répondre principalement de divers recels.

Mais inculpations et renvoi aux assises ne signifient évidemment pas que les intéressés soient reconnus coupables de tout ce qui est retenu contre eux, comme on le sait. Dans ses réquisitions verbales, l'avocat général avait qualifié certaines inculpations de «techniques», parlant aussi de charges «par induction». Il convient en effet de rappeler que les dossiers les plus anciens (les attentats de 1981 contre la voiture de la BSR et contre le major Vernaillen, le vol des armes, le vol d'or à l'aéroport en 1982) n'ont été joints au dossier Mendez que six ans plus tard, sur la base de charges que certains qualifient d'insignifiantes.

La défense de Bouhouche avait plaidé, sans succès, le non-lieu, notamment dans les dossiers Mendez et Zwarts, avant de plaider dans le dossier Suleiman la disqualification de meurtre en coups et blessures ayant entraîné la mort. La défense de Beijer s'était retournée contre plusieurs enquêteurs de Nivelles qu'elle accusait d'avoir rédigé de faux procès-verbaux ayant entaché la procédure. Beijer avait déposé plainte et s'était constitué partie civile. Sa requête en réouverture des débats ayant été écartée par la Cour, Beijer a redéposé plainte. C'est sur cette base que son conseil, Me Pierre Chomé, a pu introduire hier un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la chambre des mises en accusation.

Après le procès de Patrick Haemers et consorts, qui doit débuter en avril, c'est un autre procès-fleuve qui se prépare donc aux assises, probablement pour l'automne. Procès qui pourrait durer un mois, et dans lequel on évoquera sans doute aussi d'autres dossiers, dont ceux des tueries du Brabant...

R. Hq.

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mar 29 Sep 2009 - 20:09

EXTRADE DE THAILANDE EN JANVIER 1991 BEIJER EST RETOURNE A BANGKOK EN ACCORD AVEC LES AUTORITES...

HAQUIN,RENE
Jeudi 11 février 1993
Extradé de Thaïlande en janvier 1991

Beijer est retourné à Bangkok

en accord avec les autorités

L'information publiée hier par la «Gazet van Antwerpen», sur la foi du coup de téléphone d'un agent secret belge, était bien exacte: l'ancien gendarme et détective Robert Beijer, libéré sous conditions en août dernier, renvoyé aux assises par arrêt du 4 février, en même temps que Bouhouche et consorts, accusés dans une série de dossiers dont les affaires Mendez et Suleiman, se trouve bien en Thaïlande, là où il s'était réfugié sous un faux nom alors qu'il était recherché pour le meurtre du commerçant libanais Suleiman, en 1989, à Anvers.

Reviendra-t-il pour le procès? Son avocat dément que Beijer ait déclaré n'avoir pas l'intention de revenir en Belgique. Il est en voyage professionnel, pour la galerie d'art anversoise qui l'emploie, précise Me Chomé. Personne, après sa mise en liberté l'an dernier, n'a pris l'initiative de renouveler de trois mois en trois mois les conditions mises, comme le veut la règle. Son passeport ayant été détruit en 1989, Beijer a demandé et obtenu sans difficulté un nouveau passeport à Schaerbeek. Lors d'un voyage aux États-Unis, à l'automne, il avait été refoulé, n'ayant pas été désignalé. Il a obtenu des autorités un écrit attestant son désignalement comme personne à rechercher. Ce qui lui a permis de retourner une première fois en Thaïlande et à Singapour, puis d'y faire un nouveau voyage en janvier. Il doit rentrer en mars. En ma présence, il avait avisé le parquet de Nivelles en décembre.

La nouvelle n'a provoqué aucun émoi au parquet général de Bruxelles, où l'on se borne à rappeler que Beijer, comme tout accusé renvoyé aux assises, fait l'objet d'une ordonnance de prise de corps exécutoire à tout moment. Elle pourra être exécutée s'il existe un indice sérieux de penser qu'il veut se soustraire, ajoute-t-on.

Robert Beijer, arrêté à Nivelles pendant quelques semaines à l'automne 1987 pour une affaire d'écoute téléphonique, réarrêté en janvier 1988 après l'affaire dite «du pistolet à la bolognaise», libéré le 5 juillet suivant, impliqué avec Bouhouche dans le meurtre du Libanais Suleiman en septembre 1989, fut réarrêté à Bangkok, sur base d'un mandat international, le 18 janvier 1991 et condamné à six mois de prison pour port de faux nom. Il fut extradé de Thaïlande fin août 1991, après moult difficultés.

Sa remise en liberté, eu égard à la longueur de la détention préventive et malgré la subsistance d'indices graves de culpabilité, avait été ordonnée sous certaines conditions, notamment celles de résider chez sa mère et de remettre son passeport.

RENÉ HAQUIN

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mar 29 Sep 2009 - 20:11

PROCES BOUHOUCHE: SOUS-MEDIATIQUE CE LUNDI MATIN,ON CHOISISSAIT 24 JURES QUI DEVRONT SIEGER PENDANT TROIS MOIS ETRE DISPENSES

VAN DAMME,GUIDO; HAQUIN,RENE
Lundi 5 septembre 1994
Ce lundi matin, on choisissait 24 jurés qui devront siéger pendant trois mois

Procès Bouhouche: sous-médiatique

Le président Paul Mafféi a tout fait pour que ce procès très long soit un «procès normal», et si possible, pas «surmédiatisé».

Pour le «duo d'enfer» qui paraît ce lundi matin dans le box des assises du Brabant, le conseiller et président Paul Mafféi aura tout fait pour le soustraire à une médiatisation excessive, laquelle n'est évidemment pas favorable à la présomption d'innocence. Ils étaient quatre, ce matin, dans l'espace réservé aux accusés: Madani Bouhouche, Robert Beijer, Christian Amory et Chang Wai Ling. Le cinquième accusé, Jean-François Buslik, de nationalité américaine, n'a plus répondu aux convocations de la justice belge dès l'instant où il a été remis en liberté provisoire. Son cas sera donc dissocié, et il sera jugé par contumace ultérieurement. Le président n'a pas voulu qu'on remette le grillage de sécurité (la fameuse «cage» tant critiquée lors du procès Haemers) ni que le déploiement des forces de l'ordre soit tapageur.

Jamais les consignes de discrétion n'ont été aussi formelles. Le nouveau bâtonnier de l'ordre des avocats francophones, Me Georges-Albert Dal, a donné pour consigne aux avocats engagés dans ce procès d'éviter tout contact avec la presse. Une consigne qui aurait même été assortie de menaces de sanctions aux imprudents.

La durée du procès (près de trois mois), l'épaisseur du dossier (85.000 pages), la longueur de l'acte d'accusation (247 pages) et le nombre des crimes reprochés font de ce procès un événement dans le monde judiciaire.

Cette première audience devait permettre la «mise en place» de l'outil de justice. Le président Paul Mafféi a deux assesseurs: MM. Van Gheluwe et Van Brustem. Vu la longueur de cette session, la prudence a commandé de prévoir une «réserve», en sorte qu'il ne faudrait pas interrompre ce gros travail si, soudain, une méchante grippe empêchait M. Mafféi de siéger. La conseillère Anne-Élisabeth Hauzeur et Mme Laurent assistaient aux débats dès l'ouverture ce lundi. Pas de «réserviste» pour l'avocat général Pierre Morlet: le Parquet est «un et indivisible», et en cas d'empêchement de M. Morlet, rien ne s'oppose juridiquement à ce qu'un autre collaborateur du Procureur général prenne rapidement le relais.

Côté défense, une vingtaine d'avocats se relaieront.

GUIDO VAN DAMME

Ndlr. A la lecture du «dossier» publié samedi sur ce procès, M. Bob Denard, cité comme «associé» de Martial Lekeu, nous fait savoir qu'il n'est pas (ou plus) associé de l'ex-gendarme belge parti aux États-Unis et cité comme témoin. (R. Hq.)

Des jurés veulent être dispensés

Madani Bouhouche et Robert Beijer s'étaient spontanément présentés vendredi après-midi pour être réincarcérés. Les deux autres accusés présents, Amory et Chang, comparaissent libres. Quant à Buslik, le cinquième, rentré aux États-Unis depuis des années, il fait défaut.

Ce procès durera probablement au moins trois mois, environ jusqu'au 10 décembre, a d'emblée précisé le président Mafféi qui a examiné pendant la plus grande partie de la matinée les dizaines de nouvelles demandes de dispense de la part des jurés.

De la liste des 180 jurés potentiels, il fallait déjà, avant l'ouverture du procès, éliminer 47 noms: deux sont décédés en 1993, 4 ont été privés de leurs droits civils et politiques, un est rayé pour incompatibilité et 40 demandes écrites de dispenses ont déjà été accordées. Mais ce matin, entendant la longueur annoncée du procès, 54 autres candidats jurés ont encore évoqué verbalement divers motifs pour être dispensés. Raisons professionnelles pour beaucoup, les unes plus pertinentes que d'autres, comme un conducteur de la SNCB qui suit des cours et doit prochainement passer des examens sur le TGV, des raisons médicales aussi, pour lesquelles un médecin légiste sera probablement désigné dès cet après-midi, des raisons familiales, surtout des mamans avec des enfants en bas âge. Nombre de candidats jurés s'inquiètent de la perte de temps et surtout d'argent et plusieurs ont regretté d'avoir été insuffisamment informés avant l'ouverture du procès.

Un témoin de Jéhovah considère qu'il n'a pas à juger ses pairs. Le motif est respectable mais non prévu par la loi, commente le premier avocat général Pierre Morlet tandis que l'un des défenseurs de Bouhouche, Me Lancaster estime lui aussi, au nom de son client, qu'il n'y a pas lieu d'écarter ce juré. Par contre, plusieurs autres, comme un administrateur de PME ou un chargé de relations publiques d'une grande société émettent carrément des opinions défavorables. Je ne viens pas perdre mon temps pour des individus coupables de toutes sortes de choses, dit l'un. Je ne veux pas passer trois mois ici pour apprécier ce qu'ils ont fait. C'est harassant. Comment prouver leur innocence avec ces pièces à conviction, dit l'autre en montrant les sept fusils et les deux pistolets mitrailleurs qui garnissent la table.

A chacun, le président rappelle la présomption d'innocence. Le ministère public rejette leur demande ajoutant qu'il est trop aisé d'énoncer un préjugé pour obtenir une dispense.

RENÉ HAQUIN

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michel
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 30 Sep 2009 - 9:16

POUR BEIJER ET BOUHOUCHE,LE DOUBLE JURY EST INSTALLE

VAN DAMME,GUIDO; HAQUIN,RENE
Mardi 6 septembre 1994
Pour Beijer et Bouhouche,

le double jury est installé

Un jury jeune et en majorité féminin, doublé par douze jurés supplémentaires pour ce procès prévu jusqu'au 10 décembre.

Le procès du duo des ex-gendarmes Bouhouche et Beijer, qu'ont rejoint dans le box des accusés le gendarme Amory et leur ami Chang, a débuté hier sans difficulté majeure, la journée ayant été consacrée à la formation du double jury, douze effectifs (huit femmes, quatre hommes), douze suppléants (six femmes, six hommes). Assez de monde pour tenir trois mois au moins, probablement jusqu'au 10 décembre, selon l'estimation du président Paul Mafféi.

Bouhouche et Beijer, qui ont à répondre d'une impressionnante série de vols d'armes et autres, mais surtout de trois morts d'hommes et de deux attentats, sont libres depuis l'été 1992. Le premier a subi depuis 1986 plus de cinq ans de préventive; le second, dix-sept mois. Tous deux se sont soumis à l'ordonnance de prise de corps en se présentant spontanément vendredi à la prison. Mais des requêtes en remise en liberté sont déjà - ou doivent incessamment - être déposées. La cour devrait les examiner mercredi.

Leurs coaccusés Amory et Chang, sur lesquels les charges qui pèsent sont bien plus légères, comparaissent libres. Quant à leur ami américain Jean-François Buslik, rentré au pays depuis des années, il fait défaut. Dans un premier arrêt rendu hier, la cour a disjoint les poursuites et le jugera par contumace le 9 janvier 1995.

Cette première journée s'achève donc «selon les normes», pour reprendre une expression du président Mafféi, puisque le jury a déjà prêté serment et qu'il entendra dès ce mardi la lecture du long acte d'accusation (247 pages). C'est une femme, employée en province, qui préside ce jury plus jeune que d'habitude, puisque la moyenne d'âge n'atteint pas les 48 ans.

Dans le groupe des effectifs, on découvre trois enseignants, un éducateur, deux employées, une ouvrière, un représentant de commerce, un indépendant, deux femmes «sans profession» et le benjamin, 36 ans, universitaire, licencié en sciences chimiques.

On pourrait écrire mille fantaisies sur le tirage au sort de ce double jury, qui a pratiquement occupé toute la journée. Tous les arguments ont été bons pour tenter d'obtenir une dispense: motifs professionnels surtout, mais aussi médicaux ou familiaux, jusqu'à la raison philosophique d'un témoin de Jéhovah qui n'a pas à condamner, celle, plus matérialiste, d'un ouvrier qui demande si l'indemnité est de huit cents francs par jour ou par heure, ou du joueur en bourse qui calcule son manque à gagner, ou encore le motif cynique d'un petit employeur qui refuse de perdre son temps pour des individus coupables de toutes sortes de choses, ou d'un autre qui, montrant les armes lourdes qui garnissent la table des pièces à conviction, lance au président: Trois mois ici, c'est harassant. Comment prouver leur innocence devant ces pièces!

Le président Mafféi leur rappelle le principe de la présomption d'innocence à un moment où ils ne connaissent rien encore de la cause, tandis le premier avocat général Pierre Morlet ajoute qu'il est trop aisé d'énoncer un préjugé pour obtenir une dispense. À quoi la défense répond qu'au vu des opinions déjà exprimées, l'installation comme jurés de ces candidats entraînerait aussitôt des dépôts de conclusions.

Mais plusieurs demandeurs de dispenses ont, à juste titre, critiqué le manque d'informations reçues avant l'ouverture du procès, tant en ce qui concerne sa durée que les modalités et l'importance du défrayement. Une évidente carence.

Rappelons que la première semaine est couverte par un forfait d'environ 850 F par jour, et qu'à partir de la deuxième semaine, pour les indépendants par exemple, la remunération correspond aux rémunérations moyennes de l'année précédente, le calcul étant basé sur la déclaration fiscale.

Quant aux 21 candidats jurés qui, sans motif, ne se sont pas présentés hier, leurs cas sont transmis au parquet général pour poursuites éventuelles.

Ce mardi, lecture de l'acte d'accusation, puis, mercredi sans doute, des actes de défense de Bouhouche, Beijer et Chang, les avocats d'Amory ne dévoilant rien de leur tactique de défense.

GUIDO VAN DAMME

et RENÉ HAQUIN

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MessageSujet: loi sur les archives   Mer 30 Sep 2009 - 16:36

Recemment la loi sur les archives semble être changée .

Quelqu'un qui connait la jurisprudence peut me dire combien de temps il faut avant que des dossiers judiciaires sont accessibles aux historiens?.

Merci?
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Jeu 1 Oct 2009 - 19:40

K a écrit:
Recemment la loi sur les archives semble être changée .

Quelqu'un qui connait la jurisprudence peut me dire combien de temps il faut avant que des dossiers judiciaires sont accessibles aux historiens?.

Merci?

Je ne connais pas le délais mais cela doit être de l'ordre de plusieurs dizaines d'années.

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Ven 2 Oct 2009 - 10:26

DEJA UN JURE ABSENT AU DEUXIEME JOUR DU PROCES-FLEUVE BOUHOUCHE /LE CALME AVANT LA TEMPETE

VAN DAMME,GUIDO
Mercredi 7 septembre 1994
Déjà deux jurés absents au troisième jour du procès-fleuve

Bouhouche - Beijer: le calme avant la tempête

Petit retard à l'allumage, mardi matin: le huitième juré se porte malade. Il n'y a dejà plus que onze suppléants. A la cadence d'un juré défaillant par semaine, on n'y arrivera pas. Alors, sans doute pour préserver ces assises de trois mois d'une épidémie factice, le président Paul Maffei a immédiatement ordonné qu'un médecin légiste se rende au chevet du malade.

En route pour la lecture du fameux acte d'accusation de 247 pages! En fin d'après-midi, au terme d'un marathon de lecture qui force l'admiration, la greffière Viviane Waegeman est arrivée à la page 163. Et le jury a suivi très attentivement les faits et gestes reprochés à Madani Bouhouche, Robert Beijer, Christian Amory et Chang Wai Ling. Promenade dans les années noires avec le vol des armes et puis l'assassinat de Mendez, les locations de planques d'armes suspectes, et de premières allusions déjà à un certain rôle que les accusés prêtent à la Sûreté de l'État. On avance: le panorama dessiné par le premier avocat général Pierre Morlet devrait s'achever ce mercredi midi.

Le président a grand souci de ménager son jury. Il évite de traiter les problèmes de procédure pendant les belles heures de la journée, ce qui reléguerait les jurés pendant des heures dans leur salle de délibérations aux couleurs de l'ennui. C'est ainsi qu'il n'a examiné qu'en fin de journée, après le départ des jurés, les requêtes de mise en liberté introduites par les deux accusés actuellement en détention: Bouhouche et Beijer. Les avocats ont plaidé jusqu'en début de soirée, et la cour rendra son arrêt jeudi ou vendredi. Même scénario pour les conclusions déposées en suite de l'acte d'accusation, et portant sur des sujets aussi explosifs que la prescription de certains faits.

Bref, un grand calme apparent. Mais la fin de la semaine sera très probablement plus agitée. En effet, il apparaît déjà à l'audition de l'acte d'accusation que le premier avocat général lui-même n'est pas parfaitement satisfait du dossier que l'instruction lui a fourni. Son texte est émaillé de réticences, du genre: Il n'est pas interdit de penser... Amory s'est trouvé, à l'époque, au coeur d'une rivalité assez embarrassante qui opposait les enquêteurs de l'affaire Mendez et ceux de l'affaire dite du Brabant wallon... Les atermoiements du collège des experts... Tout permet de penser... Des révélations sans procès-verbal et des rapports versés tardivement au dossier...

Voilà le genre de flou que déteste un homme qui, un jour, s'est levé à cette même place pour requérir un acquittement. On n'en est pas là, mais il est dans la logique des choses qu'au terme du débat qui s'engagera ce soir sur les conclusions de Me Pierre Chomé en particulier, l'avocat général pourrait renoncer aux points les plus faibles de l'accusation, tels les soupçons d'avoir assassiné l'infortuné transporteur d'or de la Sabena.

Mais alors se posera une question majeure: si toute une partie du dossier devait être écartée des débats, que vaudrait encore l'acte de renvoi lui-même?

A la reprise des débats, mercredi matin, un deuxième juré a dû déclarer forfait. Il s'est en effet aperçu qu'il était parent d'une des victimes des accusés. Un cas d'excuse prévu par la loi...

GUIDO VAN DAMME

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Sam 3 Oct 2009 - 10:59

DEJA DEUX JURES DE MOINS AU 3E JOUR DU PROCES-FLEUVE BOUHOUCHE-BEYER:DEJA PLUS LA TETE TRANCHEE!

VAN DAMME,GUIDO
Jeudi 8 septembre 1994
Déjà deux jurés de moins au troisième jour du procès-fleuve

Bouhouche-Beyer: déjà plus la tête tranchée!

On disait mardi, dans la coulisse du couloir interdit à la presse, qu'on allait voir ce qu'on allait voir, immédiatement après la lecture de l'acte d'accusation du procès Bouhouche-Beijer, aux assises du Brabant. Trois actes de défense, d'une force en decrescendo, comme pour les trois petites queues en tire-bouchon de Walt Disney. Et puis aussi les conclusions déposées par la défense de Beijer... Eh bien non, la journée s'est terminée dans la sérénité, et sans éclats, mais on peut ajouter que la défense a marqué déjà des points importants.

Ces exercices juridiques sont une réelle épreuve pour les jurés, profanes en la matière. Et le premier juré suppléant a eu le courage de le dire:

- Comment pourrons-nous venir à bout de cette tâche immense, ce dossier de 80.000 pièces dont on nous dit qu'il est même mal répertorié...

A propos de ce jury embarqué pour trois mois dans un procès de taille, le voilà qui a déjà perdu deux unités de réserve en trois jours. Un des jurés ignorait avant la lecture du texte «mammouth» de M. Morlet qu'il était parent d'une des victimes. Exit!

Côté Bouhouche, il semble que la défense va se lancer dans une attaque en règle contre l'instruction.

- Dès le début de l'instruction, dit Me Jean-Paul Dumont, les policiers avaient jeté leur dévolu sur Bouhouche. Il faudra être très attentifs sur la participation de certains hauts fonctionnaires dans certains faits reprochés à notre client. Et d'inviter les jurés à suivre la défense lorsqu'elle les amènera dans les coulisses du trafic d'armes dans ce pays. Bien des pistes n'ont pas été explorées. Voilà qui est clair: cette défense reprend la stratégie qui fut sienne au cours du procès Systermans. Marquer les faiblesses de l'enquête, chercher des coupable ailleurs. Oubliera-t-elle cette fois aussi qu'il faut aussi consacrer du temps à réfuter les charges? Car le jury n'aura à répondre qu'à l'existence ou non de ces charges, et il n'y aura pas de question sur la Sûreté ni sur la CIA. Pour Wang, Me Réginald de Béco demande qu'on ne prenne pas cet acte d'accusation à la lettre, et il promet de bien définir les limites des responsabilités de son client qui n'a jamais fait partie d'une association de malfaiteurs.

Pour Beijer, Me Nicole Galand reproche à cette enquête son désordre, ses faux procès-verbaux, l'anarchie dans les pièces à conviction, et c'est un véritable slalom qu'on va exiger des jurés. Tout cela fut bien exploité dans les conclusions déposées pour le même Robert Beijer par Me Pierre Chomé, qui propose qu'on écarte du dossier tout ce qui repose sur des faux, qu'on évacue le dossier Swarz (Sabena) déclaré prescrit dans un acte de justice, et qu'on s'interroge sur l'acte de renvoi.

Dans sa réplique, l'avocat général admettra seulement qu'on écarte intellectuellement tout ce qui se rapporte aux écoutes illégales. Pour le délai raisonnable, il dit: L'homme que l'on juge n'est plus le même et a reconstruit son existence. Et on prononcera une peine plus modérée que celle que l'on aurait prononcée plus proche des faits. Voilà qui interdit déjà à M. Morlet, s'il ne veut pas se déjuger, de requérir la peine de mort en décembre, cette peine théorique dont le Code dit toujours que le condamné à mort aura la tête tranchée.

GUIDO VAN DAMME

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mar 6 Oct 2009 - 19:34

DEJA UN QUART DE LA RESERVE DE JURES ENTAMEE AU PROCES DE BOUHOUCHE ET CONSORTS SEUL DANS SON COIN,UN GENDARME MONTOIS VOULAIT

VAN DAMME,GUIDO
Vendredi 9 septembre 1994
Déjà un quart de la réserve de jurés entamée au procès de Bouhouche et consorts

Seul dans son coin, un gendarme

montois voulait sauver l'Algérie

L'interrogatoire présidentiel a produit, aux assises du Brabant, quatre autoportraits dérisoires pour autant de présumés innocents.

Le méga-procès intenté à Madani Bouhouche et consorts aux assises du Brabant se déroule en fort bon ordre, mais il est déjà menacé par une pénurie d'effectifs. Jeudi matin, un troisième juré a déclaré forfait, ce qui entame d'un quart déjà la réserve de douze jurés qui doit assurer la sécurité du jury de jugement pendant trois mois. Mais, à ce rythme, a dit sur un ton affligé de commande Me Martial Lancaster, le défenseur de Bouhouhe, vous ne serez plus là dans dix jours!

AU COMMENCEMENT ÉTAIT

LE VOL D'UNE MONTRE

Pour les amateurs de criminogénèse, les quatre autoportraits que les accusés ont esquissés jeudi matin, grâce à un interrogatoire tout de finesse mené par le président Paul Mafféi, sont fort éclairants.

La carrière suspecte de ce présumé innocent qui s'appelle Madani Bouhouche et auquel on reproche trois crimes et une montagne d'autres charges, commence comme messager au «Soir»: il sera congédié pour avoir été mêlé à un vol de montre. Pas de plainte, et notre homme s'engage aussi sec à la gendarmerie. Quand le président lui demandera s'il est vrai qu'il a fricoté avec des organisations d'extrême droite interdites, il répond: Je ne suis pas de gauche, mais plutôt de droite. Mais pas du tout un extrémiste. Raciste? Voyons, chacun a son petit racisme. Et quand le président Maffei lui demande s'il a des idées normales, il réplique avec impertinence, mais aussi à bon droit: Pourquoi? Il y a une normalité dans les idées? Cela promet. Ce self-made-man, spécialiste étonnant en armements en tout genre, a un vocabulaire d'universitaire, et il n'est pas certain que tous les membres du jury l'ont bien compris quand il dit que le «cas» de figure présenté par le président ne se pose pas. Il a explication à tout. On a trouvé en sa possession des armes volées chez l'ingénieur Mendez avant le crime? Qu'à cela ne tienne: Le vol chez Mendez a bien eu lieu, mais Mendez lui-même a aggravé ce vol par une escroquerie à l'assurance.

Bref, Mendez aurait allongé la liste des objets volés en chargeant Bouhouche de la revente d'armes, qui elles-mêmes provenaient d'ailleurs d'emprunts indélicats que Mendez faisait chez son employeur: la Fabrique nationale d'armes à Herstal.

Jusqu'à présent, pas une faute de parcours. Mais ce parcours sera long.

DEUX COPAINS

D'UNIVERSITÉ

Robert Beijer, ancien gendarme lui aussi, et reconverti en détective privé travaillant pour quelques cabinets de divorce huppés du côté du bois de la Cambre, a bien résisté à l'interrogatoire, et ses nerfs n'ont craqué qu'en l'espace de quelques secondes: celle de l'évocation des prisons thaïlandaises, qui n'ont pas dû être des trois étoiles.

Beijer fera observer à la cour qu'il est pour le moins étrange qu'on l'inculpe pour ce vol chez Mendez, alors qu'il n'a jamais été interrogé à ce sujet en tant d'années d'enquête.

L'autoportrait de Wang, le copain d'univ de Beijer, est plus exotique. Né à Saint-Maurice, il passe l'âge post-adolescent en Angleterre, finit par rejoindre ses parents en Belgique, pour y faire des études de journalisme à l'ULB. Puis il s'en va rechercher ses racines chinoises à Formose et revient bien déçu: les Formosans n'aiment pas tellement les Chinois de leur diaspora. Retour à Bruxelles, puis, de petits boulots dangereux dans le sillon d'un détective et d'un marchand d'armes.

MOURIR POUR ALGER

Le plus étonnant de tous sera cet autre gendarme, Christian Amory, qui avait rêvé d'infiltrer les éléments d'un mouvement d'opposition algérienne, le MDA ayant prévu tout ce qui se passe aujourd'hui. Certes, il avait averti ses supérieurs, mais pas de tout. Pas de cette offre d'armes pour se faire admettre dans le secret des révolutionnaires de l'Atlas. Et voilà comment on arrive aux assises...

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MessageSujet: Armory   Mar 6 Oct 2009 - 20:21

Armory est Acquité il me semble .

Il a dit que ces infiltrations ds MDA et ds l'entourage de B&B avait comme unique but que Bo sortait des armes (pour le MDA) dont ils pensaient qu'ils pourraient été utilisées ds les affaires TBW ....pour les faire controler qoui. C'est louable.
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mar 6 Oct 2009 - 20:47

K a écrit:
Armory est Acquité il me semble .

Il a dit que ces infiltrations ds MDA et ds l'entourage de B&B avait comme unique but que Bo sortait des armes (pour le MDA) dont ils pensaient qu'ils pourraient été utilisées ds les affaires TBW ....pour les faire controler qoui. C'est louable.

Curieux ce rapprochement entre Amory et les Algériens. Motifs idéologiques ou plus simplement vénaux?

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MessageSujet: Armory   Mar 6 Oct 2009 - 21:32

Je pense que Armory a des parents d'orig. NA comme Bou.
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mar 13 Oct 2009 - 18:46

FATIGUES MAIS HEUREUX D'ETRE AU REPOS, LES JURES... BEIJER ET BOUHOUCHE RESTENT EN PRISON

VAN DAMME,GUIDO
Samedi 10 septembre 1994
Fatigués mais heureux d'être au repos, les jurés...

Beijer et Bouhouche restent en prison

Le méga-jury du méga-procès des assises du Brabant doit dire, avant la Noël s'il se peut encore, si la magistrature debout ne s'est pas trompée en disant que Madani Bouhouche, Robert Beijer, Chang Wai Ling et Christian Amory sont coupables, en tout ou en partie, de la série des crimes résumés dans les 247 pages de l'acte d'accusation rédigé par le Premier avocat général Morlet.

Au moment de quitter la grande salle des assises du Brabant, vendredi, un membre de ce jury fatigué mais content a tenu à exprimer toute sa reconnaissance au président Paul Mafféi. C'est tout juste, à l'issue de cette première semaine, s'ils ne lui ont point donné de dringuelle comme on en offre au chauffeur du bus, le dernier jour des vacances. On ne boudera pas leur joie d'un repos de week-end bien mérité. On entamera même un chant de route avec eux...

EMP ECHER LES TENTATIVES

DE TORPILLER LE PROCÈS

Quelle sera la situation lundi matin, à la reprise de l'audience? Un bref petit bilan de la semaine.

Côté cour, la démonstration est faite qu'elle résiste bien aux butors de la procédure. Me Pierre Chomé en est un, et ne s'en cache d'ailleurs pas. Mais le peu de retard causé par la première avalanche de conclusions prouve la solidité du siège.

Côté jardin, le ministère public a fait les frais de ces assauts. Pour empêcher ces tentatives de torpiller le procès, le premier avocat général Pierre Morlet a dû quelques fois jeter du lest. Ainsi, pour écarter le reproche de n'avoir point garanti le délai raisonnable que prescrit la Convention européenne, M. Morlet a dit que l'argument pourrait être repris au moment de la fixation éventuelle des peines. Difficile, moralement et intellectuellement, de requérir encore un maximum après une telle déclaration. Jeudi soir, en Chambre du conseil, M. Morlet s'est opposé à la requête de mise en liberté provisoire de Bouhouche et Beijer en invoquant le risque d'une nouvelle impulsion irrationnelle telle qu'elle s'est produite lors de leur fuite après le crime d'Anvers. Difficile aussi, quand on parlera de crime d'Anvers et de la fuite soudaine des deux accusés à l'étranger, de ne pas admettre en réquisitoire que cette fuite ait été une impulsion irrationnelle et non une sorte d'aveu de culpabilité.

LE JUGE SCHLICKER

INTERROGÉ

Si la défense s'est fait les dents pendant cette première semaine, un seul défenseur peut prétendre qu'il aura véritablement marqué déjà quelques points, et c'est Me Stéphane Lempereur, qui assure la défense de Bouhouche aux côtés du trio Lancaster-Heusghem-Dumont. Et ce fut, cette fois, le juge d'instruction nivellois Jean-Michel Schlicker qui devait en faire les frais.

- Avez-vous fait vérifier l'emploi du temps de Madani Bouhouche, le jour du vol d'armes chez l'ingénieur Mendez?

- Non.

- Quand la veuve de l'ingénieur Mendez a-t-elle dit pour la première fois que son mari soupçonnait Bouhouche d'avoir commis ce vol?

- Fin janvier 1986.

- ...donc, après l'arrestation de Bouhouche. Plus de questions, je vous remercie!

C'est alors que s'adressant à ce jury composé de nombreuses dames heureuses de rejoindre leur «Petit Prince» un peu plus tôt que les autres jours de cette semaine, Me Lancaster lance:

- Si M. Schlicker se souvient tellement peu, mon interrogatoire ira vite.

Il nous étonnerait que la défense ait aussi belle vie la semaine prochaine, quand viendra le tour du juge d'instruction Hennart.

GUIDO VAN DAMME

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 21 Oct 2009 - 10:12

DEUXIEME SEMAINE DU MEGA-PROCES AUX ASSISES DU BRABANT: UN JUGE D'INSTRUCTION ECLAIRANT BOUHOUCHE ET BEIJER FACE AU VOL ...

VAN DAMME,GUIDO
Mardi 13 septembre 1994
Deuxième semaine du méga-procès aux assises du Brabant: un juge d'instruction éclairant

Bouhouche et Beijer face au vol d'armes chez Juan Mendez

En justice, comme en morale, il faut laisser aux événements un temps de la décantation. Le mot «décanté» se trouvait dans le tout début de la première déposition du conseiller Luc Hennart, juge d'instruction qui a mené la barque de cette enquête sur les agissements criminels imputés à Madani Bouhouche, Robert Beijer et deux servants. En cette deuxième semaine du procès, on n'en n'est encore qu'à l'examen du vol d'armes commis chez l'infortuné Juan Mendez quelques mois avant son assassinat.

- Quand j'ai repris le dossier, dit M. Hennart, les prédécesseurs avaient fait un travail considérable, mais la situation n'était pas décantée.

Une déposition de haute tenue d'un magistrat qui ne rougit pas d'avoir oublié une date sans signification, mais qui a retenu l'essentiel.

M. Hennart explique avec minutie le parcours d'un certain nombre d'armes volées dans la villa de Mendez à Overijse, le 15 mai 1985. Trois filières, dont l'une rase les murs d'un garage qui appartenait au dossier de l'affaire Haemers. Ce sont les enquêteurs du dossiers Haemers qui signaleront la présence, dans la fameuse cache du box Apollon, d'une arme volée chez Mendez. La promiscuité des dossiers s'arrête là.

Pour M. Hennart, Beijer a fait le pont entre Bouhouche et un certain Lenders qui écoulait ces armes. Parce que dans l'esprit des enquêteurs et de l'accusation, c'est bien Madani Bouhouche qui est le voleur des armes.

On sait la riposte de Bouhouche: les armes volées chez Mendez et qui sont passées par ses mains font partie d'un lot que Mendez aurait ajouté à la liste des biens volés pour gonfler la facture des assurances. L'audience de ce lundi a permis d'y voir beaucoup plus clair, grâce à une conduite très intelligente de l'instruction. En effet, il n'est pas à exclure que tous aient dit vrai, mais dans une mesure relative.

Oui, Mendez a gonflé la liste des objets volés par l'adjonction, par exemple, de bijoux dont Mme Mendez elle même a reconnu, dans ses déclarations à l'officier de PJ Jean-Pierre Doraene, que c'était un vol-bidon. Mais Madani Bouhouche, familier des Mendez, n'a-t-il pas à son tour profité de cette escroquerie avouée pour ajouter sur la liste quelques armes... qui avaient, elles, été réellement volées le 15 mai 1985? C'est, bien entendu, à l'avocat général d'en apporter la preuve.

Audience excellente par l'éclairage qu'elle a fourni sur l'ensemble du dossier. Tous ces faits se passent en une période assez pénible pour la justice, les gendarmes de la BSR et les officiers de la police judiciaire se regardant comme chiens de faïence. Anciens gendarmes eux-mêmes, et connaissant parfaitement les faiblesses du système, Bouhouche et Beijer ont tous les deux habillement exploité ces divergences, allant donner une information aux uns, puis aux autres, selon les nécessités de leur défense. Et dès l'examen de ce premier dossier de vol, qui est comme une répétition générale pour les gros dossiers de meurtre ou d'assassinat, ces faiblesses insignes dans l'organisation de nos polices se trouvent exploitées avec l'art consommé de deux joueurs d'échecs. Il y a toujours une part de vérité dans ce qui se dit ici à l'audience. Mais de là à lier le vol des armes chez Mendez à la recherche d'un sombre dossier sur un trafic d'armes entre la FN et l'Amérique du Sud ou le Zaïre, il y a un raccourci que la défense ne pourra pas se contenter d'effleurer. Et pour l'instant, l'avantage reste dans le camp de l'accusation.

Tant l'inspecteur Doraene que le juge Hennart ont fait impression par leurs répliques précises aux flèches décochées par la défense. Mardi, on attend l'adjudant Goffinon. Le patron de l'enquête chez les gendarmes. Un point-clé dans ce procès.

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MessageSujet: Tonio   Mer 21 Oct 2009 - 11:45

Citation :
M. Hennart explique avec minutie le parcours d'un certain nombre d'armes volées dans la villa de Mendez à Overijse, le 15 mai 1985. Trois filières, dont l'une rase les murs d'un garage qui appartenait au dossier de l'affaire Haemers. Ce sont les enquêteurs du dossiers Haemers qui signaleront la présence, dans la fameuse cache du box Apollon, d'une arme volée chez Mendez. La promiscuité des dossiers s'arrête là.


et

Citation :
Oui, Mendez a gonflé la liste des objets volés par l'adjonction, par exemple, de bijoux dont Mme Mendez elle même a reconnu, dans ses déclarations à l'officier de PJ Jean-Pierre Doraene, que c'était un vol-bidon. Mais Madani Bouhouche, familier des Mendez, n'a-t-il pas à son tour profité de cette escroquerie avouée pour ajouter sur la liste quelques armes... qui avaient, elles, été réellement volées le 15 mai 1985? C'est, bien entendu, à l'avocat général d'en apporter la preuve.


et Si Tonio stressé à mort les mois avant sa mort se rendait compte que
les armes additionées à la liste des armes volées etaient utilisées par Haem ou tbw

cela expliquerait mieux sa situation: il devenait "complice" et n'était plus "victime"
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MessageSujet: zaventem   Mer 21 Oct 2009 - 11:53

Citation :

L'avocat qualifie de «techniques» les inculpations dans les dossiers connexes (les attentats contre la gendarmerie en 1981 et le vol d'or à Zaventem en 1982), inculpations qui, pour l'avocat, doivent tomber après le débat de règlement de la procédure. Au total, dix-sept personnes ont été inculpées, dont deux sont décédées (l'employé de la RTT Van Melckebeek et le truand Van Reethem inculpé pour les vols d'or). Dans le dossier Mendez, il faudra aussi reparler des «faux PV» dissimulant le rôle de Beijer, qui, à la fin de 1987, avait fait découvrir les planques d'armes et le réseau des garages loués. Le juge Hennart a fait rectifier ces PV qui pourraient aussi valoir à leurs auteurs d'être renvoyés aux assises pour faux en écritures publiques par des fonctionnaires assermentés...

RENÉ HAQUIN
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Comment ils sont decedés?

l'employé de la RTT Van Melckebeek et le truand Van Reethem inculpé pour les vols d'or).


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MessageSujet: PERK= Zaventem   Mer 21 Oct 2009 - 12:35

Donc finalement je trouve ici ce que je pensais et ce que seulement Haquin a ecrit:


--------------------------------------------------------------------------------

Citation:

Citation :
L'avocat qualifie de «techniques» les inculpations dans les dossiers connexes (les attentats contre la gendarmerie en 1981 et le vol d'or à Zaventem en 1982), inculpations qui, pour l'avocat, doivent tomber après le débat de règlement de la procédure. Au total, dix-sept personnes ont été inculpées, dont deux sont décédées (l'employé de la RTT Van Melckebeek et le truand Van Reethem inculpé pour les vols d'or). Dans le dossier Mendez, il faudra aussi reparler des «faux PV» dissimulant le rôle de Beijer, qui, à la fin de 1987, avait fait découvrir les planques d'armes et le réseau des garages loués. Le juge Hennart a fait rectifier ces PV qui pourraient aussi valoir à leurs auteurs d'être renvoyés aux assises pour faux en écritures publiques par des fonctionnaires assermentés...

RENÉ HAQUIN
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et

dans " De Walm van de Wetstraat " pag 85 ev.:Eva de Coeck et Jan Willems ecrivent:

Citation :
Citation:
......overheid en de douanediensten waren op de hoogte van onze praktijken. Ze lieten ons begaan voor het welzijn van de handel in de metropool."
Wie Leiser aan het woord hoort, zou uiteinde­lijk écht gaan geloven dat de Belgische burgers en vooral de Antwerpenaren de handelaars van Kirschen & Co. dankbaar moeten zijn omdat ze jarenlang op hun eigen manier de economie heb­ben gestimuleerd. Volgens Leiser ligt de reden voor zijn vlucht naar verre buitenlanden dan ook voor de hand. Wanneer een welwillende han-

delaar door de overheid zo onrechtvaardig wordt behandeld dat hij zelfs in een cel wordt gestopt, rest hem toch geen andere keuze? Hilaire Beelen blaast een stuk minder hoog van de toren. Net als zijn collega vraagt hij via de pers "begrip voor de oneerlijke wa­pens waarmee hij wordt bestreden" / maar in tegenstelling tot Lei­ser houdt deze vennoot zich liever op de veilige achtergrond. Lo­gisch/ want Beelen beseft best dat de gerechtelijke instanties hem nog heel wat vervelende vragen te stellen hebben. Terwijl Leiser enkel van fiscale fraude wordt verdacht, wordt zijn compagnon ook een rol in andere duistere aangelegenheden toegedicht. Zo zouden nieuwsgierige speurders van Beelen graag wat meer ver­nemen over enkele mysterieuze diefstallen.
In het jaar 1982 verdwenen in de buurt van de Zaventemse lucht­haven twee bijzonder waardevolle transporten. De modus ope­randi van de onbekende gangsters vertoonde in het oog sprin­gende gelijkenissen.

Op 6 juli vervoerde Antoine Brouwers in zijn Volkswagen Golf een lading die bestond uit 50 kilo goudstaven, 14.300 Belgische frank, 28.500 Engelse ponden, 500.000 Nederlandse guldens, 770 Hongkong-dollars, 5000 Tsjechische kronen, 736.000 frank in cou­pons en een cheque van bijna vier miljoen frank. Ter hoogte van Mechelen werd Brouwers door drie als rijkswachters verklede fi­guren op de pechstrook gedwongen. In Perk, vlakbij Zaventem, werd de buit, die toebehoorde aan het wisselkantoor Kirschen & Co., in een andere wagen overgeladen . Brouwers en de Golf wer­den in de gracht achtergelaten. Het onderzoek wees in de rich­ting van de (intussen overleden) Antwerpse gangster Frans 'De Kleerkast' Van Reeth, die met de noorderzon verdween nog voor de speurders hem een bezoek konden brengen.


Op 26 oktober van hetzelfde jaar moest veiligheidsagent Francis Zwarts een kostbare lading uit een Zwitsers vliegtuig naar een kluis in het Brucargo-complex transporteren. De koffer met één miljoen gouden Krügerrands, twintig kilo goudstaven en een hoe­veelheid diamant en juwelen bereikte nooit de kluis. De lading en de veiligheidsagent leken in rook opgegaan. Getuigen vertel­den hoe een bemande rijkswachtcombi in de buurt van het trans­port werd gesignaleerd. De onderwereldfiguren in rijkswacht­kostuum hadden opnieuw toegeslagen. Bij gebrek aan betere spo­ren, gingen de speurders nog maar eens op zoek naar Frans De Kleerkast. Toen die uiteindelijk in een Mechelse cel werd opge­sloten, bleef hij elke betrokkenheid bij de overvallen ontkennen.
Wanneer Hilaire Beelen begin 1987 achter de tralies belandt, wrij­ven de onderzoekers zich in de handen. Na bijna vijf jaar zijn de daders van de roofovervallen nog steeds niet gevat en de geruch­ten over opgezet spel worden steeds hardnekkiger. Frans Van Reeth had immers het figuur van een kleerkast en ongeveer even­veel hersens, dus als hij bij de misdrijven betrokken was, moet hij in opdracht hebben gewerkt. In dat geval zou de opdrachtgever wel eens een wisselagent kunnen zijn, die zijn eigen kostbaarheden laat stelen om vervolgens het geld van de verzekering op te strijken én de goederen op de zwarte markt aan de man te bren­gen. Voor een man als Beelen, die in het Antwerpse louche café Bokkenhof regelmatig met figuren als Frans Van Reeth ver­broederde, zou het opzetten van een dergelijke onderneming geen onoverkomelijke problemen stellen.


Nog voor de speurders in de marge van hun fraude-onderzoek hierover een paar prangende vragen kunnen stellen, verdwijnt Hilaire Beelen naar onbekende oorden. Een verstandige beslissing, zo blijkt. Niet alleen de banden van Beelen met de onderwereld, maar ook zijn nauwe link met de liberale politiek wekken een nieuwsgierigheid die de Kirschen-man liever wil ontvluchten.

BEELEN en de liberalen:

Bij het doorbladeren van de boekhouding van Kirschen & Co. stuiten de onderzoekers niet enkel op indrukwekkende bedra­gen, maar ook op fascinerende klanten. Op de lijst van grote en kleinere beleggers staat de Antwerpse BOB broederlijk naast Ceres, het bedrijf dat later zelf het onderwerp van een fraude­onderzoek zou vormen, en advocaat Paul Speyer (die later François Leiser voor de rechtbank zal verdedigen). Ook de Heizelpaleizen, waar Paul Vanden Boeynants sinds midden jaren tachtig de plak zwaait, figureren op de lijst, net als VAKA (Vlaams Actiecomité tegen Atoomwapens), de uitgeverij van kunstboeken Mercator Fonds en Make It Happen, het bedrijf van concert­organisator en muzikant Paul Ambach. Maar de aandacht van de onderzoekers spitst zich vooral toe op de twee miljoen frank die door Kischen & Co. werd overgemaakt aan de klant die onder de noemer 'PVV' staat genoteerd. Datum van de verhandeling: 13 oktober 1985, exact vier dagen voor de verkiezingen die in dat iaar werden gehouden.


Donc je l'avais presumé et ici on trouve que les rechercheurs ont pensé longtemps la même chose.

à ce moment là (1987) ils ne savaient pas encore que Bey. et Bouh. ont préparé le terrain.

Pourquoi Beelen & co n'ont jamais été interrogé pour les affaires avec Bey. et Bou?

Ah le financement des partis au pouvoir !!!!!


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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 21 Oct 2009 - 13:37

Beelen: sous-directeur du siège de Paribas à Luxembourg, revenu à Bruxelles en 1975, selon le Nieuwsblad (15 mars 1986) et le Morgen (4 mars 1986). Avant de partir pour le PVV (où il a été trésorier), il faisait partie de l’entourage financier de Vanden Boeynants Paul. Ami de Cams Paul, avec lequel il était membre du comité financier du PVV. (s: Rapport Godbille). Impliqué avec la mafia russe d'Anvers dans des affaires de malversions.

En 1983, Beelen s'est approprié un chateau et 15 ha de terrains au lieu-dit Waillimont (à Herbeumont) via la société de droit luxembourgeois Immoinvest. La demeure n'a presque pas été occupé car l'administration des contributions a obtenu dès juin 1987 une saisie conservatoire du domaine. Motif de la saisie: une créance de plus de 1,8 milliard de francs, à titre d'impôts sur les années 1981-1985 (s: Le soir 16/02/1998). Beelen, effectivement, a été comdamné à quatre années de prison en avril 1994 dans le dossier scandale financier du bureau d'affaires Kirschen & Co, à Anvers.

Beelen et ses contacts avec la maffia ruse: Des malversations de plus de 100 millions de marks ont été opérées avec la complicité de hauts gradés russes, au détriment du groupe ouest de leur propre armée, le ZGV (les forces russes basées en ex-Allemagne de l'Est), impliquant le nom d'une série de sociétés commerciales européennes - treize en tout - qui ont été utilisées pour commettre matériellement les fraudes, et encaisser (notamment) de solides garanties bancaires. Selon la rapport toujours, la «part du lion» - au moins 13 millions de marks - revient à deux sociétés livrées de manière notoire aux mains de la mafia russe, l'une implantée à Anvers, l'autre à Berlin: respectivement M&S International et American Eagle. A Saint-Hélier (île de Jersey), les sièges sociaux de filliales avérées des deux sociétés se confondent, ainsi que les noms des fondés de pouvoir, fondateurs et administrateurs. La gestion financière de ces deux sociétés était assurée audépart d'un même appartement du boulevard Gaston Diderich, à Luxembourg. La seule personne occupant effectivement les lieux à l'époque des faits n'est autre qu'Hilaire Beelen. Le contrat de location de l'immeuble était signé au nom de Capital Management, effectivement en amont du capital de la société M&S International et qui, bien qu'administrée par des hommes de paille, est un paravent pour les intérêts financiers de Beelen. C'est d'ailleurs son
beau-fils qui, en 1993, est placé officiellement à la tête de la société (s: Le soir 27/08/1996).

Beelen > Kirschen > Salahud Din > Michael Brandwain > Comuele > mafia russe (et la Nébuleuse du dossier Atlas, autour de monsieur Félix...) > Juan Borges (voir aussi Nihoul et Torres) > Weinbaum > Mossad

toute une salade...
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MessageSujet: confort   Mer 21 Oct 2009 - 14:20

vous me confortez ds mes idées en pointillé....

Je me suis demandé aussi comment Bou. étant mairié ...
travaillait la droite...

Je me suis aussi demandér comment Tonio et son frère , nom inconnu
"travaillait" la droite ,voir l'extrème droite (VanKeer.) avec un Père advocat ,d'origine Basque (juive?) fuyant le regime de Franco.

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Je me demande toujours , comment ils sont decedés?

l'employé de la RTT Van Melckebeek et le truand Van Reeth(em) inculpé pour les vols d'or).
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michel
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 21 Oct 2009 - 14:24

Van Reeth ou Van Reethem. C'est peut-être deux personnes différentes.

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( Dr. Robert RENDU)
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MessageSujet: de kleerkast   Mer 21 Oct 2009 - 14:41

T'inquiete Michel ,c'est "l'armoire" dont ils parlent (De kleerkast)

comment ils sont morts?
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MessageSujet: de kleerkast   Mer 21 Oct 2009 - 21:15

http://www.teigeler.net/spanje/hoebenikhierbeland.html

l'armoire est mort en prison et dit d'avoir jamais tué.
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MessageSujet: problème   Mer 21 Oct 2009 - 21:23

ce type était la moité de sa vie en tôle!!.
difficilement envisagable de planifier qq chose avec lui comme ça.
Sauf si on la sortie de prison comme Vandeuren sans que son advocat ni sa famille le savaient...
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michel
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Ven 23 Oct 2009 - 12:16

LE PROCES BOUHOUCHE-BEIJER S'ATTARDE SUR LES ASPECTS TROUBLES DE L'INSTRUCTION JUDICIAIRE POURQUOI L'ADJUDANT EST ENTRE PUIS....

HAQUIN,RENE
Mercredi 14 septembre 1994
Le procès Bouhouche-Beijer s'attarde sur les aspects troubles de l'instruction judiciaire

Pourquoi l'adjudant est entré puis sorti de l'enquête

Après le meurtre de Mendez, le procureur du Roi de Nivelles appelle l'adjudant Goffinon, qui se retire trois ans plus tard.

La cour d'assises du Brabant en est encore, en cette deuxième semaine du procès Bouhouche-Beijer, au tout premier volet du méga-dossier: les accusations pesant sur les deux anciens gendarmes au sujet du vol des armes de l'ingénieur Mendez, le 15 mai 1985. Un cambriolage constaté par des policiers d'Overijse qu'on entendra plus tard. Mais pour les gendarmes Jean-Pierre Tinant et Theo Van Dyck, arrivés dans cette enquête l'année suivante, après l'assassinat, Mendez soupçonnait un proche (Bouhouche était un intime) et les armes volées seraient bien passées par ses mains, ce qu'il conteste.

Une lunette avec visée aux initiales de Mendez a été saisie chez lui, dit notamment M. Tinant, enquêteur à l'époque à la BSR de Wavre. Les douze armes de chasse et de sport volées correspondent aux douze armes de chasse et de sport soit remises en vente par Bouhouche, soit retrouvées avec celles volées à la gendarmerie dans la Renault du box loué à Woluwe, ajoute M. Van Dyck. Sans parler de deux armes de Mendez retrouvées dans un box de la bande de Patrick Haemers, et d'un pistolet mitrailleur Uzi racheté à Beijer par un truand proche de la bande. Beijer confirme: J'avais demandé à Bouhouche si ces armes était «clean». Bouhouche conteste: Pas du tout. Cette Uzi est la seule arme dont on est certain qu'elle vient de chez Mendez. Dans le circuit parallèle, on fait tout pour empêcher de remonter à l'origine des armes, ajoute-t-il.

DÉFENSE ET JURY OBTIENNENT

L'AUDITION DE M. DEPR ETRE

L'enquête sur ce cambriolage a été négligée: pas de vérification des traces de pas ou de pneus relevées dans la propriété, ni de l'emploi du temps de Bouhouche ce jour-là. Pourtant, cet important vol d'armes eut lieu la veille de l'arrivée du Pape en Belgique et, six mois plus tard, l'ingénieur Mendez, en voyage d'affaires au Panama, eut un choc en découvrant dans un journal une photo montrant le type d'armes utilisées lors de la tuerie d'Alost, craignant que ses armes aient servi au Delhaize, au point d'avaler un calmant et de s'informer aussitôt par téléphone en Belgique.

Quelques jours après le meurtre de Mendez, dit l'adjudant Guy Goffinon, le procureur du Roi de Nivelles, M. Deprêtre, m'a téléphoné pour un entretien confidentiel. Dans son cabinet, j'ai rencontré le juge Schlicker. Nous avons discuté pendant plusieurs heures des tueries du Brabant, puis du meurtre de Mendez. Il m'a donné le dossier d'instruction pour l'étudier chez moi pendant le week-end. Mon impression était qu'il pouvait y avoir un lien entre le cambriolage et le meurtre. Quelques jours plus tard, j'ai reçu une information selon laquelle il avait été question du meurtre de Mendez lors d'une réunion, quelques jours avant, dans une taverne de l'avenue de la Couronne à Ixelles. On y avait bu le champagne en parlant de liquider Mendez. J'ai communiqué mon information au procureur Deprêtre qui l'avait déjà obtenue par un journaliste. Quelques mois plus tard, l'état-major m'a détaché à Nivelles pour m'occuper de l'affaire Mendez. L'enquête sur cette piste n'a rien donné.

A la demande tant de la défense que du jury, le président Mafféi décide alors d'entendre le procureur Deprêtre, de Nivelles. Quant à l'adjudant Goffinon, il expose comment, avant lui, le capitaine Rousseau, de Wavre, avait utilisé Beijer comme informateur. J'ai compris que Beijer se servait du capitaine, ajoute-t-il, exemples à l'appui. Je l'ai ensuite utilisé, puis j'ai compris que Beijer en savait plus, qu'il était aussi impliqué dans les activités de Bouhouche.

Bouhouche reprochait à Goffinon d'agir par vengeance. Je n'avais pas de raison. Je pensais que le vol des armes simulait un vol de rôdeur, commis pour récupérer autre chose. Quant on a retrouvé le pistolet mitrailleur HK volé à la gendarmerie, j'ai pensé que c'était compromettant, que Mendez aurait dû s'expliquer et peut-être impliquer Bouhouche...

Hypothèse d'enquête, que les conseils de Bouhouche tiennent pour un préjugé qui prouverait que l'enquête fut orientée.

En 1988, après le remplacement de M. Schlicker par le juge Hennart, des devoirs urgents furent postposés, puis Bouhouche, libéré, put récupérer ses armes. Je ne comprenais plus. J'ai préféré quitter, dit Guy Goffinon, blessé à vif aujourd'hui encore par la perquisition dont il fut l'objet, un affront après tant d'années au service de la justice, ajoute-t-il.

Ce matin, audition des experts en balistique. L'après-midi, pas d'audience: Beijer demandera au Conseil d'État que son ordinateur lui soit restitué en prison.

RENÉ HAQUIN

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