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 Le procès Bouhouche-Beijer

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K



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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 3 Fév 2010 - 19:51

Citation :
Quand je fus muté vers un autre service, un colonel me dit: Tiens! Vous êtes bien là, entre les huiles et les graisses?

Vernaillen fut muté au garages ? comme RAES?

J'ai l'impression que l'affaire françois BND était une machine à sous pour une groupe de l'etat major pour preparer qqchose d'ou leur frustration sur Raes quand tout était mis en lumiere.
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michel
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 17 Fév 2010 - 9:34

SUPPRESSION DE TEMOIGNAGES SUPERFLUS AU MEGA-PROCES DU BRABANT BOUHOUCHE:UNE INUTILE CACOPHONIE

VAN DAMME,GUIDO
Vendredi 25 novembre 1994
Suppression de témoignages superflus au méga-procès du Brabant

Bouhouche: une inutile cacophonie

Un seul petit indice évanescent subsistait contre Bouhouche dans l'attentat contre le major Vernaillen: la cour a décidé d'arrêter les frais.

Ne lisez-pas les journaux pendant le procès! disent les présidents d'assises aux jurés au cours de l'audience d'ouverture. C'est donc à un hasard heureux que nous attribuerons la suppression des témoignages superflus décidée jeudi soir par la cour d'assises du Brabant, et cette même suppression suggérée par nos éditions.

Il est vrai que depuis le «constat» exprimé publiquement par le premier avocat général Pierre Morlet sur l'évanescence du seul petit indice matériel qui subsistait contre Madani Bouhouche (et Robert Beijer «par osmose») dans l'attentat contre le major Vernaillen et sa femme, il était bien inutile d'entendre encore le ban et l'arrière-ban d'une gendarmerie fort désunie dans ses appréciations. C'est au terme d'un deal «hors audience» que M. Morlet et les avocats de la défense ont exprimé leur accord pour la suppression des témoins devenus inutiles. Quant au sort réservé à l'attentat contre le major Vernaillen dans le réquisitoire futur, comme dit l'avocat général: «il ne faut pas se leurrer...».

Pour les journalistes de cette presse écrite que les jurés ne peuvent lire, il est facile de recouper de singulières contradictions. Précisément à propos de cette bombe qui avait été placée dans le coffre d'une Peugeot de la BSR, une bombe heureusement si mal fichue qu'elle ne fit point de victimes.

Buslik (le cinquième accusé, en fuite) aurait assuré le mécanisme électromécanique de l'engin, pour le compte d'un certain Jean De Knop, boulevard Anspach, 133, dont le nom se retrouve sur un registre d'achat «Tandy» à Braine-l'Alleud. Surprenant ce qu'on peut ficeler avec un indice précis. Voyons:

- Jean De Knop? Il n'était pas aux registres de la population et l'adresse du Boulevard Anspach devait être fausse, dit le gendarme Charles Van den Bossch (audience du mercredi 16 novembre à 12 h 20).

- Jean De Knop? M'en souviens pas. Peut-être un collaborateur de Bruno Farcy, trafiquant de drogue? dit le gendarme Eric Van Reybroeck (audience du 16 novembre à 11 h.)

- Selon Vienne, Farcy aurait commis l'attentat contre Vernaillen, dit le commandant de gendarmerie Paul Calluy (audience du 17 novembre à 15 h 15).

- Jean De Knop, habitant dans un établissement de Farcy? Je voudrais bien savoir d'où vient cela, dit l'adjudant Goffinon (audience du 18 novembre à 14 h 30)

- Jean De Knop? probablement un faux nom «puisque l'adresse n'était pas bonne» dit le gendarme Nicolas (audience du 22 novembre à 11 h 30)

- Jean De Knop, dont l'enquête a révélé qu'il n'existait pas, dit l'adjudant de gendarmerie wavrien Tinant (audience 22 novembre à 13 h 40)

En réalité, l'instruction d'audience a établi qu'il y a bien eu un Jean De Knop dans le sillage du trafiquant de drogue Farcy. Et à en croire l'adjudant Charles Thoumsin, l'attentat de Hekelgem avait pour but d'empêcher Vernaillen de ramener le trafiquant Vienne à Bruxelles. Vienne, le lieutenant de Farcy, l'homme qui risquait de bavarder trop à Bruxelles... où le dossier du BND (bureau national des drogues de la gendarmerie) était réputé clôturé.

Pour Thoumsin, l'auteur de l'attentat pourrait être son collègue Goffinon. Pour Goffinon, il aurait fallu examiner la piste Thoumsin, dixit Thoumsin. Comme ils s'aiment!

Et que vient faire Bouhouche ici? Rien. Alors, on coupe, comme dans un film trop long.

GUIDO VAN DAMME

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romain gary



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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 17 Fév 2010 - 10:19

@ K

j'ai déjà exprimé mon intuition à propos de l'affaire BND. On y retrouve tous les protagonistes qui gravitent dans le dossier des TBW.

Beijer, Bouhouche, Lekeu, etc... On a là des liens troubles -inspirés par les méthodes "nouvelles" à l'époque de la DEA qui gommaient les principes éthiques réglementant les relations entre les forces de l'ordre et les truands. On a là des sommes considérables en espèces, des protagonistes aux idées d'extrême-droite. On a l'argent, le mobile,...

Quand au fil ténu pouvant relier Bouhouche à l'attentat de Vernaillen, cela ne signifie pas qu'il n'était pas fondé!! Car c'est bien sur un autre indice ténu que Bou et RB ont été condamnés...

Aujourd'hui BR pour assurer la promotion de son livre, lance un scoop: lui et Bou étaient bien impliqués dans l'affaire de Zwarts...

Ce qui m'intrigue et donne un éclairage nouveau, c'est que BR se prétend agent soviétique...

Si c'est bien vrai... cela place l'attentat contre le véhicule de la gendarmerie, l'affaire Zwarts, et d'autres affaires sous un angle neuf!!!!

RB voulait "décrédibiliser" l'Etat belge par ces actions. Je pose la question: a-t-il pu manipuler l'extrême droite via Bou, Lekeu ou d'autres pour leur faire commettre les TBW? Via des exécutants? On retrouve parmi les suspects "exécutants" des hommes toxicomanes qui ont été en relation avec Lekeu, quand il était au BND.

Si on part de l'hypothèse selon laquelle RB était un agent soviétique, les TBW peuvent s'inscrire dans la logique de déstabilisation d'un état démocratique mais aussi en plaçant sous le feux des projecteurs l'extrême-droite si jamais les enquêteurs remontaient jusque là....

Ce n'est qu'une hypothèse parmi d'autres.... mais je le répète, avec RB nous sommes face à un esprit supérieur, qui n'était pas mu par un idéalisme d'extrême-droite alors qu'il en fréquentait bon nombre...

Utiliser des gens sans qu'ils connaissent le véritable objectif d'une mission, c'est une stratégie qui n'est pas à la portée de 36 personnes en Belgique...

Quant aux TBW la prescription n'incitera pas grand monde à parler car les faits sont allés trop loin dans l'horreur. A moins de charger des morts tout en se mettant bien à l'abri....
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michel
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Dim 21 Fév 2010 - 13:23

PROCES BOUHOUCHE EN DANGER PAR FAUTE DE PROCEDURE? LA DISPARITION DE FRANCIS ZWARTS:DOSSIER REFERME AVANT D'ETRE OUVERT ?

VAN DAMME,GUIDO
Samedi 26 novembre 1994
Le dossier Zwarts peut-être refermé avant d'être ouvert!

Le procès Bouhouche mis en danger

par une faute de procédure?

Avaient-ils vu trop grand, les architectes de la magistrature debout qui ont produit le scénario d'un procès qui, s'il est mené à son terme, battra tous les records de durée: six mois?

Dès le départ, des voix s'étaient élevées pour signaler le danger inhérent au regroupement de toute une série de crimes et de méfaits auxquels deux des accusés ne se rattachent par des suspicions qui n'étaient pas fondées sur des preuves matérielles irréfutables, et qui ne le sont d'ailleurs pas encore.

Au milieu du gué, on se rend compte que ces critiques étaient fondées. Rien de définitif n'a été acquis dans les premiers chapitres de ce feuilleton.

Le vol des armes chez Juan Mendez, le curieux fonctionnaire de la FN? Sauf un peu de poussière (et encore, tout n'a pas été dit sur le fameux coffret des pistolets de duel), aucun élément d'enquête n'a permis d'aller au-delà d'un éventuel recel.

Le meurtre de Juan Mendez? Peut-être l'arme de Bouhouche fut-elle celle du crime, si l'on fait la moyenne d'expertises bien controversées, mais rien ne permet de dire que cette arme se trouvait au bout du bras de l'accusé principal. Faudra-t-il requalifier par adjonction «in extremis» d'une question «alternative» sur la complicité de meurtre qui prévoit, elle, la simple fourniture de l'arme?

Le vol des armes à la gendarmerie? Du recel éventuel, pas davantage.

L'attentat contre le major Vernaillen? Même l'avocat général ne se fait plus d'illusions.

Et puis, hier, en abordant enfin le dossier sur la «mort» (? ) de Francis Zwarts, l'agent de sécurité de la Sabena qui a disparu avec sa cargaison d'or et sa valise diplomatique soviétique en 1982, la défense de Beijer invoque soudain une faute de procédure monumentale qui a valu une cassation retentissante dans une affaire récente et similaire: le même juge a siégé à l'instruction et à la chambre des mises en accusation comme conseiller chargé de renouveler les mandats d'arrêt de Beijer.

Va-t-on poursuivre le programme normal du procès, en laissant planer cette épée de Damoclès jusqu'à un affrontement à la Cour européenne de Strasbourg? Ou laissera-t-on tomber le chapitre Zwarts pour sauver l'essentiel, qui est l'examen de l'assassinat d'un homme d'affaire libanais à Anvers?

On le saura lundi.

GUIDO VAN DAMME

Article page 27

Le méga-procès Bouhouche-Beijer est miné dans chacun de ses chapitres

La disparition de Francis Zwarts:

dossier refermé avant d'être ouvert?

Le même magistrat a siégé comme juge d'instruction et en Chambre des mises pour renouveler les mandats d'arrêt de Beijer: illégal!

Bouhouche et Beijer devaient affronter dès ce vendredi, à la faveur d'une petite avance sur le programme, l'interrogatoire du président Mafféi sur les circonstances de la disparition, le 25 octobre 1982 à 20 heures, de l'agent de sécurité de la Sabena Francis Zwarts, piégé avec sa camionnette dans un tunnel sous la piste par trois faux gendarmes en uniforme.

On n'a jamais retrouvé Zwarts, ni la cargaison: mille pièces d'or, trente kg d'or en lingots, douze montres Cartier et la valise diplomatique en provenance de Moscou.

Le défense de Robert Beijer aura décidé autrement de cet interrogatoire. Car en définitive, elle garde la main mise sur cet immense procès, en minant le terrain à chaque chapitre et en décidant du moment où elle fait sauter les verrous. Ce fut, au moment du chapitre sur le vol d'armes à la gendarmerie, la fameuse révélation de Beijer, le mercredi 12 octobre, sur la cache d'armes de Sart-Dames-Aveline, avec le retard important causé par les recherches, les vérifications, les expertises. On peut imaginer d'autres caches en réserve, pour énerver le programme aux moments dont l'accusé déciderait seul.

UNE INCOMPATIBILITÉ

FLAGRANTE

Vendredi, la «cache» était de procédure. S'excusant de ne l'avoir vu plus tôt, Me Pierre Chomé fait remarquer que M. Mahieu est intervenu dans le dossier Zwarts comme juge d'instruction. Puis, ayant été promu conseiller à la cour d'appel, M. Mahieu a siégé en Chambre des mises parmi les trois magistrats qui ont décidé le renouvellement du mandat d'arrêt de Beijer. Plusieurs fois: les 10 et 31 octobre 1991, les 13 et 31 décembre de la même année, et le 23 janvier de l'année suivante.

- Un même magistrat, dit Me Chomé, ne peut être à la fois magistrat instructeur et magistrat jugeant son propre travail!

Imparable sur le plan du droit pur. Pour qui en douterait, on renvoie à l'affaire Piersack: la Cour de Strasbourg obligea en cette affaire (qui souffrait de la même sorte d'incompatibilité) la justice belge à casser un arrêt d'assises pour des motifs similaires.

Subsidiairement, Me Chomé déposa d'autres conclusions stigmatisant une inégalité dans le traitement des accusés Beijer et Buslik, car si ce dernier (en fuite) est visé par l'acte de renvoi, l'avocat général l'a tout à fait oublié dans le dispositif de l'acte d'accusation. Sur ce point, l'avocat général désamorcera les conclusions en parlant «d'erreur matérielle».

LA COUR SE PRONONCERA

LUNDI MATIN

M. Morlet, au terme d'une suspension de 50 minutes, ne suit pas l'argumentation de Me Chomé sur les conséquences de l'illégalité qui a entaché l'instruction.

Pour Pierre Morlet, si la procédure était irrégulière au degré d'instruction, la défense avait tout le loisir d'aller en cassation en 1991, et la Cour n'est pas qualifiée pour juger de ces procédures tardives: celle-ci doit s'en tenir «au fond» des accusations portées devant le jury de jugement.

La Cour rendra son arrêt sur les conclusions déposées par Me Chomé lundi matin. Vendredi après-midi, les jurés ont ainsi bénéficié d'une après-midi de congé. Un repos bienvenu après une semaine très lourde.

On ne peut préjuger de cette décision, mais il n'est pas impossible que l'affaire Piersack étant encore présente dans toutes les mémoires, la Cour décide de couper cette branche incertaine pour ne pas voir, un jour, tout l'arbre fauché par un arrêt strasbourgeois.

Mais sans doute se limiterait-on dans ce cas au dossier Zwarts, et non à l'ensemble du procès, comme le suggère le défenseur de Chang, Me Thierry Moreau. Sur le plan du droit, il est donc possible qu'il soit nécessaire d'ouvrir un «front de repli».

Sur le plan de la stratégie, il en va autrement. Si demain, on devait percevoir un certain raidissement de la Cour, lassée de voir que l'initiative lui fut ravie à deux reprises déjà, nul ne devra s'en étonner.

Un tel revirement ne serait probablement pas favorable aux accusés, qui doivent affronter encore le «gros morceau» que constitue l'assassinat d'Ali Suleiman Ahmad à Anvers.

GUIDO VAN DAMME

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 24 Fév 2010 - 9:02

ASSISES DU BRABANT

VAN DAMME,GUIDO
Mardi 29 novembre 1994
Assises du Brabant

Robert Beijer:

«Fouillez ma terrasse!»

Le président Mafféi a repris le méga procès Bouhouche - Beijer solidement en main, dès lundi, en prononçant un arrêt dont la fermeté est révélatrice. En un mot comme en mille, pas question d'abandonner l'examen du chapitre qui concerne la disparition de l'agent de la Sabena Francis Zwarts et des valeurs qu'il transportait vers le coffre de Brucargo lorsqu'il fut agressé par de faux gendarmes en uniforme, à moins qu'il s'agisse de vrais gendarmes ripous.

Et l'éventuelle «bavure» commise à l'instruction? On verra plus tard: la cour d'assises du Brabant estime qu'il ne lui appartient pas de statuer sur la régularité de la procédure de l'instruction, qu'elle est valablement saisie et qu'il suffit à la défense d'avoir déposé des conclusions pour que cela soit enregistré.

Cela signifie que ce n'est qu'au terme du procès, à la fin de février, que Me Chomé aura la possibilité d'introduire en cassation un moyen relatif à l'irrégularité de la procédure, en attaquant l'acte de renvoi.

Ne pas casser le procès maintenant, ne pas souffler sur le château de cartes avant que le sommet ne soit atteint. Comme disait l'avocat général vendredi: L'opinion publique ne comprendrait pas! Notion nouvelle dans le code, ce nous semble.

Alors, en route pour ouvrir ce nouveau dossier. Robert Beijer se lève et demande la parole en premier:

- Je souhaite, monsieur le président, que vous ordonniez d'abord d'aller fouiller sous la terrasse de mon ancien logis à Chaumont-Ghistoux, pour vérifier si le corps de Francis Zwarts ne s'y trouve pas. Les journaux en ont parlé, et cet élément risque d'influencer défavorablement les jurés.

- Nous aviserons, a dit le président.

Et on entame l'interrogatoire sans désemparer, et sans apprendre du neuf d'ailleurs. Les accusés nient, en bloc. Mais le petit jeu des «caches» n'est pas sans danger pour l'accusé Beijer. S'il n'est pas acquis que le président Maffei se laissera conduire en bateau en allant démolir la terrasse du nouveau locataire de la maison de Chaumont, on a «marché» dans l'affaire de Sart-Dames-Aveline.

Et cela se retourne sinon contre l'accusé, du moins contre son compère. Des expertises effectuées par le déminage militaire, il ressort qu'une des grenades découvertes dans la cache indiquée par Beijer porte le même numéro de série de fabrication qu'une grenade découverte dans la «collection» de Juan Mendez. Comme tout se tient.

Il est des retours de caméra fulgurants dans cette affaire. Profitant du passage éclair du juge d'instruction Bruno Bulthé en ce dossier (où il a piaffé quelques mois après Wilfried Mahieu et avant Luc Hennart), l'avocat général a demandé au juge d'instruction, qui s'occupa jadis aussi des otages du «Silko», s'il y avait eu d'éventuels contacts entre le grand patron de la Sûreté Albert Raes et Werner Mauss:

- Raes m'a expliqué qu'il a vu Werner Mauss, sur recommandation de Frans Reyniers.

Mauss, détective privé, était un auxilliaire civil du BKA allemand qui avait offert ses services pour sauver les otages. C'est Pierre Chomé qui donnera la conclusion:

- Tiens, ici à l'audience, M. Raes est venu nous dire sous serment qu'il n'a jamais pris contact avec un détective privé quel qu'il soit!

Et Beijer a ri sous cape.

GUIDO VAN DAMME

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Ven 26 Fév 2010 - 13:01

CARTIER POLARISE L'INTERET,ZWARTS L'OUBLI MADANI BOUHOUCHE TRAHI PAR SA FEMME

VAN DAMME,GUIDO
Mercredi 30 novembre 1994
Cartier polarise l'intérêt, Zwarts l'oubli

Madani Bouhouche trahi par sa femme

Voici donc une journée d'assises entière consacrée à la publicité d'une montre. Une Cartier et même de la série «baignoire». Valeur affichée, entre deux cent et trois cent mille francs belges. On ne les fabrique plus aujourd'hui: elles n'eurent pas assez de succès. Il en resterait vingt et une dans le monde, dont quatre en Belgique.

Deux d'entre elles, venant de la maison mère en Suisse, se trouvaient à bord de l'avion de Zurich, avec la fameuse cargaison d'or et la valise diplomatique belge venant de Moscou. Le tout, en ce compris l'infortuné chauffeur Francis Zwarts, ayant disparu dans un boyau routier sous la piste de Bruxelles-National, tombé dans le piège de trois ou quatre bandits revêtus de l'uniforme de gendarmerie. Ce fut la journée des «heures».

Les heures du souvenir brutal. Luc Hennart, juge d'instruction chargé de la finition du dossier Zwarts, reconnaît que l'on a suspecté dans un premier temps l'infortuné Zwarts d'être de mèche avec les tueurs. Pour M. Hennart, cette complicité de Zwarts est peu probable.

C'est court, pour les parents présents dans la salle. Faudra-

t-il attendre la plaidoirie de la partie civile, l'an prochain, pour s'entendre rappeler qu'en guise de «préparatif du coup» Francis Zwarts reprenait son service ce jour-là, après un congé de paternité de quinze jours. Il avait loué une chambrette contiguë à la chambre de sa femme et de la petite Jessie, à la maternité de Louvain. Et si l'on retrouve son corps un jour, les poches du vêtement doivent encore être bourrées des photographies de son bonheur tout neuf.

Les heures de la trahison ensuite. C'est l'ex-épouse de Madani Bouhouche qui a rapporté aux membres de la police judiciaire des propos d'oreiller bien accablants. Comme elle l'interrogeait sur le «miracle économique» survenu dans leur foyer, Madani lui aurait parlé de vol, et aussi de l'or de la Sabena. Le tout au conditionnel, parce que cela se situe à une époque où la procédure en divorce est déjà engagée.

Les heures du doute, enfin. Comme au chapitre du meurtre de Juan Mendez, l'enquête ne parvient pas à dépasser ces zones d'implication qui restent du domaine du recel. Et encore! On a pu ferrer Bob Beyer avec une montre Cartier offerte à sa femme.

Sur une question très précise du président, le juge d'instruction dit que c'était sans doute possible une «fausse» montre Cartier. Dans l'avion de Zurich, il n'y en avait que de vraies. Une fois de plus suspect «par osmose» avec son ami Madani...

Mais ce sont des preuves réelles dont ce jury aura besoin... à l'heure du jugement.

GUIDO VAN DAMME

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Ven 26 Fév 2010 - 19:21

Citation :
Les heures du souvenir brutal. Luc Hennart, juge d'instruction chargé de la finition du dossier Zwarts, reconnaît que l'on a suspecté dans un premier temps l'infortuné Zwarts d'être de mèche avec les tueurs. Pour M. Hennart, cette complicité de Zwarts est peu probable.


le juge Hennart aurait mieux fait d'analyser ce qui c'est passé sans implication de Zwarts mais avec l'implication d'autres membres travaillant comme indic.
on peut facilement écouter les differents frequences s et phases de l'atterisage et même les téléphones comme beijer semble avoir fait pendant des années après!!!!!!!
soit disant pour le divorce de ....
même cela a été utilisée pour construire un alibi reciproce le matin de Mendes.

Mais tout cela peut pas donner cet info du valise précis ni la coordination de l'atterrissage simultané de ces trois avoins ds un espace de temps de 15 minutes.

Beijer ne peut pas avoir eu le concept ni la chance de rammasser les deux ni l'un ou l'autre
sans autre aide sur place ou ds un ministère ou ambassade.
analysons le trajet et les gates ou les avions ont debarqués


il faut q'on retrouve des divers lamberts peut-etre ?
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 3 Mar 2010 - 7:40

LA POLICE JUDICIAIRE DONNE UN ECHANTILLON DU SAVOIR-FAIRE DE SES JEUNES ELEMENTS TERMINEE,LA RECREATION DE BOUHOUCHE

MILUTIN,ROGER; VAN DAMME,GUIDO
Jeudi 1er décembre 1994
La police judiciaire donne un échantillon du savoir-faire de ses jeunes éléments

Terminée, la récréation de Bouhouche?

Voici bientôt trois mois qu'en jouant avec les faiblesses de l'enquête, le jeu trouble en eaux brunâtres de certains éléments de la Sûreté ou de la gendarmerie, les haines corses entre les services de police, et surtout l'absence de preuves matérielles dépassant l'éventuelle complicité pour accéder aux graves préventions criminelles mis à sa charge, Madani Bouhouche a paru vaincre les difficultés.

Le crime commis sur l'ingénieur commercial de la FN? Les preuves ne dépassent pas les rayures du canon. Si les experts ont trouvé des signatures sur les balles, il en manque singulièrement une sur la crosse: qui a tué Mendez? Question sans réponse.

C'est encore en jouant sur les obsessions et les préjugés de certains enquêteurs que Bouhouche contournera les autres dossiers annexes, comme le vol d'armes à l'escadron spécial de la gendarmerie. Pour l'attentat contre le major Vernaillen, la poussière soulevée par le combat entre deux vieux coqs de la gendarmerie fut tel que l'avocat général a conclu, philosophe, qu'il ne faut point se leurrer. Et Bouhouche, une fois encore, empochait le bénéfice du doute.

LE VENT TOURNE...

Vient alors ce douloureux chapitre de la disparition de Francis Zwarts, l'agent de sécurité de la Sabena, disparu dans le boyau routier sous la piste de Bruxelles-National il y a douze ans déjà. Douze ans, c'est l'âge de Jessie, le bébé du bonheur des époux Zwarts. Dans la salle d'audience, très fidèle, bonne-maman Zwarts n'en finit pas d'éponger ses larmes. Bien entendu, ce dossier est malade de l'instruction comme les autres. Pas plus d'indices matériels en ce dossier que dans d'autres sur l'acte criminel supposé commis. C'est vrai que, tant que l'on n'aura pas retrouvé le corps de l'infortuné Zwarts, il nous faut toujours parler au conditionnel.

Mais voici que, pour Madani Bouhouche, la récré semble prendre fin. Anne, celle qui l'avait suivi avec tant de docilité qu'elle dut affronter l'univers des prisons, décide de tourner la page. Qu'un nouveau compagnon, réaliste comme seul un médecin peut l'être, soit à l'origine de son revirement ne change rien: on se sauve rarement seul. Et que dit Anne?

Selon le «pro» de la P.J. Jean-Pierre Doraene, Anne serait venue spontanément dans les bureaux de la judiciaire, désirant se mettre en ordre totalement avec la justice en disant tout ce qu'elle savait. Y compris les confidences sur oreiller. Quand elle s'étonne des rentrées d'argent miraculeuses, qu'elle presse Madani de questions, celui-ci aurait fini par lui avouer qu'il a trempé dans l'affaire du vol d'or à la Sabena.

RIEN QU'UN PROLOGUE

Et quand Anne s'inquiète du sort de ce jeune Francis Zwarts dont toute la presse a parlé, Madani lui aurait répondu: Il ne parlera plus jamais. Et puis, le silence, cela s'achète. On ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs! Il aurait dit aussi que Buslik (le cinquième accusé, resté aux États-Unis) était dans le coup, de même qu'un troisième qui est loin...

Anne fera d'autres confidences encore à l'inspecteur Jean-Pierre Doraene, elle donnera des informations qui seront vérifiées. Par exemple que Buslik a pu s'acheter une maison à Stratford (Angleterre) avec le produit de ce mauvais coup. Que l'amie de Buslik a porté au poignet une des fameuses montres Cartier volées dans la camionnette de Zwarts.

On comprend mieux aujourd'hui la stratégie présidentielle, désireuse d'instruire à décharge mais aussi à charge quand il le faut pour la manifestation de la vérité. Aujourd'hui qu'elle a refait sa vie, retrouvé un équilibre, Anne ne sera-t-elle pas tentée d'édulcorer un peu ses déclarations de jadis, par pitié pour celui qui se trouve dans le box des accusés? Il fallait donc entendre d'abord Jean-Pierre Doraene, qui a fait un rapport net, direct, sans bavures, précis, connaissant son dossier comme un Mormon connaît sa Bible.

Il faudra qu'Anne vienne personnellement confirmer tout ceci. Quand? Le président Mafféi, qui a repris toute son autorité sur le procès, n'a pas encore précisé.

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 3 Mar 2010 - 7:41

On notera que Bouhouche implique Buslik dans l'affaire Zwarts.

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Ven 5 Mar 2010 - 10:27

LE POIDS DES MOTS AU MEGA-PROCES GOFFINON A RENARD:DESSINE-MOI UN BEIJER

VAN DAMME,GUIDO
Vendredi 2 décembre 1994
Le poids des mots au méga-procès

Goffinon à Renard:

Dessine-moi un Beijer!

Le nouveau maître mot du président Paul Maffei au méga-procès de Bouhouche, Beijer et consorts, est «J'aviserai!». C'est l'expression de quelqu'un qui est assuré de son autorité. Le président «avisera» donc après les dépositions d'autres témoins s'il faut ou non ordonner des travaux de terrassements dans l'ancienne propriété de Beijer à Chaumont, comme ce dernier le réclame pour la troisième fois, pour prouver que le corps de l'infortuné Francis Zwarts ne s'y trouve pas.

Il «avisera» s'il est utile ou non d'entendre un certain «Renard», ancien détenu à la langue bien pendue. Et il a finalement avisé du moment où l'on entendra Anne, l'ex-épouse de Bouhouche: le 16 décembre.

On a pu comparer, en quarante-huit heures, la différence de travail des PJistes et des gendarmes de l'époque. Quelle pitié pour les seconds! Avec le résultat immédiat que Robert Beijer (qui était interrogé par l'adjudant Goffinon tandis que Bouhouche l'était par l'officier de P.J. Doraene) échappe plus facilement à l'accusation.

L'adjudant Goffinon aura été aussi malmené par la défense que dans les dossiers Mendès ou Vernaillen. Le poids des mots! Faut-il encore s'étonner du reproche qui lui est fait d'avoir des préjugés d'enquête, quand son discours est émaillé d'expressions aussi dangereuses que: J'ai essayé d'influencer le témoin pour connaître la vérité ou Amory a dit spontanément que... alors qu'Amory, le troisième accusé, ne faisait que répondre à une question de l'interrogateur.

L'adjudant a été mis sur la piste d'un «trafic Beijer» par un informateur anonyme, qui a lui-même recueilli les confidences d'un certain Renard, repenti ou balance, au choix, qui aurait surpris en prison une conversation compromettante entre Bob Beijer- et le fameux Lenders, grand receleur devant l'Éternel. Alors, comme dans Saint-Ex, l'adjudant Goffinon va demander à Renard de lui dessiner un petit Beijer selon l'idée qu'il s'en fait.

Et tout cela se dégonfle à l'audience. Mais, pendant ce temps, le même adjudant ignore qu'un autre receleur détient une montre dont on est certain qu'elle se trouvait dans le trésor transporté par Zwarts. Pourquoi? Parce que dans ces «cellules» judiciaires, que ce soit celle de Jumet, de Mendez ou autres, on vit en vase clos, et que le chef de la répressions des stupéfiants qui avait découvert la montre au cours d'une perquisition pour drogues, n'a pas informé «le Gof» de sa trouvaille.

On a fait dans les larmes, aussi. Oui, il paraît que Bob Beijer a pleuré devant l'adjudant, en présence de Théo Van Dijck. - C'était au moment où je lui ai dit «ex abrupto», pour la première fois, qu'il devrait s'expliquer aussi dans le dossier Zwarts - Sabena.

- Non, dit Beijer, c'est lorsque Goffinon m'a dit qu'il mettrait ma femme en prison et mon gosse à l'orphelinat.

Personne n'a sorti son mouchoir.

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Ven 5 Mar 2010 - 13:18

Citation :
RIEN QU'UN PROLOGUE

Et quand Anne s'inquiète du sort de ce jeune Francis Zwarts dont toute la presse a parlé, Madani lui aurait répondu: Il ne parlera plus jamais. Et puis, le silence, cela s'achète. On ne fait pas d'omelettes sans casser des oeufs! Il aurait dit aussi que Buslik (le cinquième accusé, resté aux États-Unis) était dans le coup, de même qu'un troisième qui est loin...

Anne fera d'autres confidences encore à l'inspecteur Jean-Pierre Doraene, elle donnera des informations qui seront vérifiées. Par exemple que Buslik a pu s'acheter une maison à Stratford (Angleterre) avec le produit de ce mauvais coup. Que l'amie de Buslik a porté au poignet une des fameuses montres Cartier volées dans la camionnette de Zwarts.

On comprend mieux aujourd'hui la stratégie présidentielle, désireuse d'instruire à décharge mais aussi à charge quand il le faut pour la manifestation de la vérité. Aujourd'hui qu'elle a refait sa vie, retrouvé un équilibre, Anne ne sera-t-elle pas tentée d'édulcorer un peu ses déclarations de jadis, par pitié pour celui qui se trouve dans le box des accusés? Il fallait donc entendre d'abord Jean-Pierre Doraene, qui a fait un rapport net, direct, sans bavures, précis, connaissant son dossier comme un Mormon connaît sa Bible.

michel en effet mais il m semble que mr Quit c'est retracté après au proces


buslik cest plustôt pour les americains non?

donc le concepteur GRU travaille avec un equipe facho-americain -Mossad pour voler des doc qui viennent de moscou et qui peuvent pas tomber ds les mains belges salis de graisse de frites.
une histoire belge qoui!

du TinTin , perdu dans les boules de l'Atomium.
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Sam 6 Mar 2010 - 15:27

PROCES BEIJER-BOUHOUCHE: LE DOSSIER DU VOL D'OR EN 1982 A L'AEROPORT, UNE TAUNUS "COULEUR GENDARMERIE" SUR LES PISTES

VAN DAMME,GUIDO
Samedi 3 décembre 1994
Procès Beijer-Bouhouche: le dossier du vol d'or en 1982 à l'aéroport

Une Taunus «couleur gendarmerie» sur les pistes

Procès immense, mais jamais déjeté, que celui de Beijer, Bouhouche et consorts qui entre dans son quatrième mois, aux assises du Brabant. Après avoir refusé aux jurés une audition anticipée de l'ex-épouse de Bouhouche, le président Mafféi a refusé hier à la défense de Beijer la demande de redémolir toute une véranda à Chaumont-Gistoux pour faire la preuve... que le corps du policier de la Sabena Francis Zwarts ne s'y trouve pas.

Quant au précieux témoin Renard, repéré par l'informateur anonyme de l'adjudant Goffinon, il sera entendu plus tard, quand on aura le temps. Tout ceci permet de suivre le «plan» présidentiel avec une certaine rigueur.

Le dossier Zwarts sera clôturé mardi, et après un intermède notamment sur le vol de trois millions au greffe correctionnel de Bruxelles, la Cour attaquera vendredi prochain la pièce maîtresse de ce procès: l'assassinat d'un sujet libanais à Anvers.

Hier, tous les phares de pistes furent allumés à Bruxelles-National. En prologue d'interrogatoires serrés, le témoignage de la pauvre femme qui a acquis la conviction, après douze ans, que son mari a bien été assassiné et qu'il ne reviendra plus. Et la seule chose que demandent Martine Buys et sa petite Jessie, est de pouvoir fleurir un jour la tombe de papa. Jessie a dû subir la cruauté des gosses de son âge, qui ne supportent pas les «différences» et qui lui ont fait sentir tout le poids de l'absence paternelle. Des choses qui ne s'inventent pas, et qui illustraient la cruauté de la machine judiciaire, laquelle a d'abord formulé l'hypothèse que Zwarts aurait été de mèche avec les voleurs.

On a entendu tous les collègues de Zwarts à la police de la Sabena. Ils sont unanimes: dès le départ, une telle collusion était impensable.

Que les auteurs de ce crime sans cadavre soient les accusés, qu'Anne ait dit vrai lorsqu'elle a rapporté à l'inspecteur Doraene les aveux de Bouhouche recueillis sur l'oreiller, ou que ce soit un dérapage verbal grossier de plus, une chose est aujourd'hui certaine: les vautours rôdaient à Bruxelles-National depuis un certain temps. L'avion de Zurich ramenait quotidiennement des valeurs à Bruxelles. L'avion était épié. On a vu la voiture Ford Taunus maquillée en véhicule de gendarmerie trois jours plus tôt, rôdant sur le tarmac réservé à l'appareil venant de Suisse.

Les enquêteurs vont plus loin et soupçonnent Robert Beijer d'avoir préparé l'affaire en organisant très officiellement une visite de l'aéroport deux ans plus tôt, quand il faisait encore partie de la gendarmerie. Ceci ne prouve rien, parce qu'on sait à présent que le détective Beijer est un incorrigible collectionneur d'informations secrètes de toutes espèces. N'avait-il pas repris aussi dans la mémoire de son ordinateur une longue liste de prostituées, sans raison précise, mais en se disant: «Cela peut servir un jour, on ne sait jamais!»? Une fois de plus, des indices à la pelle. Mais toujours aucune preuve matérielle...

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 10 Mar 2010 - 8:33

LE PROCES BOUHOUCHE EN TERMINE AVEC LE DOSSIER ZWARTS, LES "METHODES" DU DETECTIVE BEIJER

VAN DAMME,GUIDO
Mardi 6 décembre 1994
Le procès Bouhouche en termine avec le dossier Zwarts

Les «méthodes» du détective Beijer

Comme toute construction humaine, le méga-procès intenté à Bouhouche, Beijer et consorts (trois crimes principalement) reste d'une fragilité évidente. Lundi matin, un juré ayant dû conduire sa femme en urgence médicale, l'audience ne fut reprise qu'à 13 heures: le président Mafféi a préféré perdre une matinée que de gaspiller une des six suppléances restantes alors qu'il reste deux mois de procès à parcourir.

L'après-midi fut consacré aux mondanités qui fleurissent à la périphérie du dossier Zwarts. Vous aimez les montres Cartier (volées dans la camionnette de l'infortuné Francis Zwarts) et les petits gâteaux du Quartier des Arts? Vous adorez les potins sur le dos de femmes bourgeoises que des fripouilles compromettent juste au moment où elles souffrent comme madame-tout-le-monde? Que n'étiez-vous donc au spectacle de l'audience de lundi après-midi! Vous auriez assisté au «one man show» d'un détective superbement amoral, ravi de mentionner le nom d'une dame parmi ses «targets», ses objectifs. Après une approche de séduction, bien entendu. On fait des risettes au cours d'un jogging matinal en famille dans les allées de la forêt de Soignes, et on se retrouve le lendemain sur table d'écoute. Pouah! Cette audience eut été insoutenable si la dame traînée hypocritement dans la boue n'avait pas triomphé de toute la mise en scène par un seul mot. Elle a dit à l'accusé Beijer: «Je suis déçue...»

La cour a donc interrogé successivement Graziella, une ex-amie de Jean-François Buslik (qui fait défaut en ce procès), et Myriam, une ex-cliente bourgeoise de Bob Beijer. A chacune, on a montré les diapositives reproduisant des montres Cartier qui se sont trouvées à un moment ou à un autre en possession de Buslik, de Bouhouche ou de Beijer... ou dans le fourgon de la Sabena. Résultat peu concluant, et certainement insuffisant pour constituer une «preuve» à charge de Beijer. Pour Buslik-le-fugitif, c'est moins évident: les deux témoins ont réagi d'une manière plus directe lorsqu'on a projeté l'image de la fameuse «montre Cartier baignoire», que l'amie de Buslik portait au réveillon, la montre qu'on n'a pas falsifié, parce qu'il était trop onéreux de reproduire son boîtier galbé, et qui se trouvait dans la cargaison du malheureux Francis Zwarts. Tout cela se perd dans les sables d'une enquête mal ficelée, et ne dépasse jamais le stade juridique du «recel».

On n'a pas remis ces Cartier à l'heure. Qui a tenté de savoir pourquoi, cette nuit-là, le véhicule blindé qui devait transporter le trésor de l'avion de Zurich aux coffres de Brucargo a été remplacé par une camionnette VW ordinaire? En panne, le blindé? Depuis quand? Pour quel motif? Le chef de ce groupuscule de la sécurité lui-même n'en savait rien. Et pourquoi s'être passé d'un convoyeur? Pour envoyer ce convoyeur maîtriser un ivrogne à l'arrivée de l'avion de Munich? Et pourquoi avoir changé en dernière minute le nom du titulaire de la mission dangereuse? Toutes questions restées sans réponse, à 24 heures de la fermeture de ce dossier.

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 10 Mar 2010 - 19:41

[quote]On n'a pas remis ces Cartier à l'heure. Qui a tenté de savoir pourquoi, cette nuit-là, le véhicule blindé qui devait transporter le trésor de l'avion de Zurich aux coffres de Brucargo a été remplacé par une camionnette VW ordinaire? En panne, le blindé? Depuis quand? Pour quel motif? Le chef de ce groupuscule de la sécurité lui-même n'en savait rien. Et pourquoi s'être passé d'un convoyeur? Pour envoyer ce convoyeur maîtriser un ivrogne à l'arrivée de l'avion de Munich? Et pourquoi avoir changé en dernière minute le nom du titulaire de la mission dangereuse? Toutes questions restées sans réponse, à 24 heures de la fermeture de ce dossier.

[/quote]

rien , rien de rien

il faut donner une pelle à Hennart

qu'il creuse d'avantage , à peu près 50cm
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Ven 12 Mar 2010 - 9:54

LA DISPARITION DE ZWARTS, AU CENTRE DU PROCES BOUHOUCHE BEIJER,LE TEMOIGNAGE D'UN DETENU, UN "DETECTEUR DE MENSONGE"

VAN DAMME,GUIDO
Mercredi 7 décembre 1994
La disparition de Zwarts, au centre du procès Bouhouche-Beijer

Le témoignage d'un détenu,

un «détecteur de mensonge»

Entre la parole de Goffinon et celle de Renard le registre de la prison de Forest devrait trancher.

Très souvent, dans les grands procès d'assises, le jury subit un effet de surprise quand soudain, dans la kyrielle des témoins se glisse un homme enchaîné. Pour beaucoup de jurés, il s'agit du tout premier contact physique avec la réalité pénitentiaire. Et la vue d'un homme menotté à trois mètres de soi est impressionnante, même si on a déjà vu la scène mille fois à la télé. Et c'est solidement menotté entre deux gendarmes que le détenu Yvan Renard a été présenté mardi après-midi à la cour d'assises du Brabant. Renard détient peut-être une des clés de la certitude dans le dossier Zwarts.

Un bref retour de manivelle pour comprendre l'enjeu. Selon l'adjudant Goffinon, contremaître du dossier sur la disparition de l'agent Sabena Francis Zwarts, perdu corps et biens dans le tunnel sous la piste de Bruxelles-National le 25 octobre 1982, Yvan Renard, co-détenu d'un receleur notoire à la prison de Forest, aurait surpris une bien étrange conversation entre Bob Beijer et ce receleur. Beijer aurait non seulement proposé des armes en vente, mais aussi une montre de valeur. Revoilà Cartier! Et tout cela, l'adjudant Goffinon l'aurait appris par un tiers, un informateur dont il refuse de divulguer le nom. Deux procès verbaux de Goffinon y sont consacrés. Le premier, établi à la suite d'un interrogatoire d'Yvan Renard extrait de sa cellule, résume ce qu'on vient de lire. Le second, établi plus tard, fait état des «dénégations» d'Yvan Renard, qui n'aurait rien entendu du tout. C'est cette seconde version que le prisonnier a confirmé à l'audience:

- Il est exact qu'à la faveur d'une ouverture des portes des cellules, Bob Beijer est venu converser dans la cellule avec le receleur. Ils étaient à table et chuchotaient. Moi je suis resté sur ma paillasse, et je bouquinais. Vous pensez bien qu'ils n'auraient pas fait de confidence à haute voix devant moi, monsieur le président! Je n'ai jamais dit ces choses à l'adjudant Goffinon!

Pour Paul Salomon Mafféi, il faut choisir à présent entre la parole du détenu et celle de Goffinon: - Combien de fois avez-vous rencontré l'adjudant Goffinon?, demande le président Mafféi à Yvan Renard?

- Une seule fois, monsieur le président!

Et voilà enfin une porte de sortie. Car il existe des registres de prison dans lesquels sont consignées visites et extractions. Deux rencontres ou une seule? Une vérification suffira à confondre le menteur. C'est dire que le dossier Zwarts se refermera «inachevé» ce mercredi. De toute manière, il faut, avant de se faire une opinion, attendre la déposition d'Anne, l'ex-épouse de Bouhouche, celle qui a recueilli «des aveux sur l'oreiller» sur le drame de Bruxelles-National. Et ce ne sera que le 16 décembre, en plein examen du meurtre d'un Libanais à Anvers.

En somme, le retour à une certaine «globalisation» du procès après son découpage en tranches.

Bonne déposition de Marcel Lemmens, l'ancien patron des services de sécurité de la Sabena. Clair, net, sur fond de confusion, car personne n'explique pourquoi on a dépouillé Zwarts de son convoyeur, lequel fut envoyé à la rescousse d'un ivrogne à l'arrivée du Munich-Bruxelles. Cela s'appelle: une priorité dangereuse. D'autres diront: une priorité suspecte.

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Dim 14 Mar 2010 - 15:37

BOB BEIJER CONSOLIDE SA DEFENSE AU MEGA-PROCES DU BRABANT LA SURETE N'EST PAS UN ARTIFICE DE DEFENSE

VAN DAMME,GUIDO
Jeudi 8 décembre 1994
Bob Beijer consolide sa défense au méga-procès du Brabant

La Sûreté n'est pas un artifice de défense!

Que l'audience soit fertile en événements, ou qu'elle se déroule par la seule force de la vitesse acquise, la défense de Bob Beijer, Mes Pierre Chomé, Nicole Galand et leur fidèle assistant Cyrille Barette, n'a pas désarmé une seconde depuis quatre mois pour faire admettre aux jurés que le Parquet a gonflé ce procès et que bien des accusations sont formulées sans preuves.

Mercredi, comme la veille d'ailleurs, le président Mafféi s'est écarté un tantinet du chapitre Zwarts en profitant de la présence de l'inspecteur de police judiciaire Jean-Pierre Callens pour revenir quelques mois en arrière, et poser une bonne question sur l'intervention éventuelle de la Sûreté de l'Etat dans ces divers drames. On perçoit que le temps des synthèses approche, et qu'il y aura d'autres moments où le découpage parfois trop rationnel de ce procès sera corrigé.

L'inspecteur de PJ Callens est particulièrement bien placé pour aider à la manifestation de la vérité. N'a-t-il pas été, avant 1982, date où il entre à l'annexe du palais, un gendarme et un collègue des accusés Bouhouche et Beijer à la BSR de Bruxelles? Ils s'entendaient bien, ils se reverront quand Beijer et Bouhouche quitteront la gendarmerie. Callens, toujours attentif aux informations, d'où qu'elles viennent, garde le contact. Et il sera le témoin d'un détective Beijer tout fier de collaborer avec des gens de la Sûreté de l'Etat, au point de ne plus avoir besoin des gendarmes ou de la police judiciaire pour la collecte des informations disponibles pour ses filatures et rapports de flagrants délits...

- Il m'en a parlé, dit Jean-Pierre Callens, bien avant qu'il ait eu des ennuis avec la justice pour ses écoutes téléphoniques irrégulières.

Cette implication de la Sûreté n'est donc pas, à en croire Callens, un artifice inventé par la défense. Reste à savoir si ces contacts de Beijer avec la Sûreté allaient jusqu'à l'exécution de «missions particulières». Et, de toute manière, tout crime commandité reste un crime. Ce n'est éventuellement qu'au deuxième débat sur la peine (février prochain?) que ces arguments pourraient valoir quelque mansuétude.

Mais il faut serrer les dates de plus près. Le procès-verbal où se trouvent consignés les propos de Beijer impliquant la Sûreté date du 28 décembre 1987. Fin 1987, à en croire l'acte d'accusation, c'est aussi le moment où l'ex-épouse de Bouhouche serait invitée par Beijer à influencer son mari, alors détenu, pour qu'il implique la Sûreté dans l'affaire Mendez. Mais, attention, le sol est miné de toute part! Cette précision se trouve à la page 114 bis de l'acte d'accusation. Un «bis» de la numérotation qui indique assez qu'on a rajouté ceci en fin de parcours, pour s'épargner de devoir restenciler tout un acte d'accusation déjà imprimé.

Et Callens est formel: C'était avant les ennuis judiciaires de Bouhouche et Beijer. Le fantôme d'Albert Raes revient en audience.

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Dim 14 Mar 2010 - 18:22

donc si Callens est droit Bei et bou ont travaillé pour Raes et canard.

question reste c'est si Raes et Canard representaient la Sûreté de l'Etat ou le .....GRU? ou une autre organisation?

Citation :
Et Callens est formel: C'était avant les ennuis judiciaires de Bouhouche et Beijer.
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Dim 14 Mar 2010 - 19:29

Citation :
question reste c'est si Raes et Canard representaient la Sûreté de l'Etat ou le .....GRU?

K, restons serieux...
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Dim 14 Mar 2010 - 19:41

t'accord
mais ce mr Callens ils l'ont pris serieux ?

Citation :
L'inspecteur de PJ Callens est particulièrement bien placé pour aider à la manifestation de la vérité. N'a-t-il pas été, avant 1982, date où il entre à l'annexe du palais, un gendarme et un collègue des accusés Bouhouche et Beijer à la BSR de Bruxelles? Ils s'entendaient bien, ils se reverront quand Beijer et Bouhouche quitteront la gendarmerie. Callens, toujours attentif aux informations, d'où qu'elles viennent, garde le contact. Et il sera le témoin d'un détective Beijer tout fier de collaborer avec des gens de la Sûreté de l'Etat, au point de ne plus avoir besoin des gendarmes ou de la police judiciaire pour la collecte des informations disponibles pour ses filatures et rapports de flagrants délits...

- Il m'en a parlé, dit Jean-Pierre Callens, bien avant qu'il ait eu des ennuis avec la justice pour ses écoutes téléphoniques irrégulières.

il faut croire Raes qui arrive en pardessus arrive a ....nivelles avec 25°C

ou le commissaire du PJ. ?
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Dim 14 Mar 2010 - 20:07

K a écrit:
t'accord
mais ce mr Callens ils l'ont pris serieux ?

Citation :
L'inspecteur de PJ Callens est particulièrement bien placé pour aider à la manifestation de la vérité. N'a-t-il pas été, avant 1982, date où il entre à l'annexe du palais, un gendarme et un collègue des accusés Bouhouche et Beijer à la BSR de Bruxelles? Ils s'entendaient bien, ils se reverront quand Beijer et Bouhouche quitteront la gendarmerie. Callens, toujours attentif aux informations, d'où qu'elles viennent, garde le contact. Et il sera le témoin d'un détective Beijer tout fier de collaborer avec des gens de la Sûreté de l'Etat, au point de ne plus avoir besoin des gendarmes ou de la police judiciaire pour la collecte des informations disponibles pour ses filatures et rapports de flagrants délits...

- Il m'en a parlé, dit Jean-Pierre Callens, bien avant qu'il ait eu des ennuis avec la justice pour ses écoutes téléphoniques irrégulières.

il faut croire Raes qui arrive en pardessus arrive a ....nivelles avec 25°C

ou le commissaire du PJ. ?


Grande prudence concernant Callens... c'est un très proche de BR. De là à penser qu'il ait pu faire un témoignage de complaisance pour aider son ami, il n' ya qu'un pas. Callens est passé à la PJ par après.
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Lun 15 Mar 2010 - 11:34

LA BSR DE WAVRE EN FLAGRANT DELIT DE MANIPULATION? AUX ASSISES DU BRABANT, LES GENDARMES ONT MUSELE UN EXPERT



VAN DAMME,GUIDO

Vendredi 9 décembre 1994
La BSR de Wavre prise en flagrant délit de manipulation, aux assises du Brabant
Les gendarmes ont muselé un expert
Un négociant en bijoux de la place Rogier a attendu le procès pour démasquer l'adjudant Goffinon: tout sera revérifié.

Si mercredi avait été la journée fétiche de Robert Beijer, l'inspecteur Callens ayant remis une éventuelle intervention de la Sûreté de l'Etat dans ces crimes ou ces délits sur le tapis, jeudi fut la journée de Madani Bouhouche.
L'expert comptable Collard avait été chargé par le juge d'instruction Schlicker d'étudier les revenus et les dépenses de l'ex-gendarme. Sa déposition fit l'effet d'une bombe!
Le problème qui se pose au juge d'instruction est simple. Le train de vie mené par Bouhouche offre-t-il un indice de culpabilité? L'expert Collard est chargé de cette analyse. Enfin, d'une certaine analyse!:
UN SIMPLE DEVOIR
D'ÉCOLIER
- J'ai dû travailler uniquement sur des documents que m'a confiés la gendarmerie de Wavre. C'est sur la base de ces documents que ma mission s'est finalement bornée à faire des additions. Je n'ai pas été autorisé à consulter le dossier. Et quand j'ai demandé à prendre contact sur place pour me rendre compte des signes extérieurs de richesse ou obtenir l'une ou l'autre information complémentaire, on me l'a refusé.
Très amer, l'expert Collard ajoute:
- Ce ne sont pas la police judiciaire ou le comité supérieur de contrôle qui agiraient de la sorte.
En réalité, Madani Bouhouche a donné toute une série d'explications sur le budget de cette année un peu particulière au cours de laquelle il acheta son logement familial. Tout cela sera vérifié. Et Me Martial Lancaster a déjà déblayé le terrain.
Chacun attendait avec une certaine impatience le témoignage d'Antoine Michelangelo, négociant en bijoux dans un des petits magasins des galeries du Sheraton, place Rogier.
N'est-ce finalement pas chez lui que les enquêteurs, perquisitionnant pour de la drogue (introuvable) ont finalement repéré la seule montre Cartier dont la numérotation prouve qu'elle faisait partie du lot volé dans la combi-VW de Francis Zwarts?
Antoine a, de son célèbre homonyme du XVIe, la stature et la fougue. Un dialogue musclé s'engage entre le témoin et le président Mafféi. C'est tout à fait dans le ton des conversations entre le peintre de la Sixtine et le pape Jules II.
La précieuse pièce à conviction est montrée au témoin. Coup de théâtre! Michelangelo dit: Non, ce n'est pas ma montre!
Le président lui fait observer qu'il n'a pas protesté de la sorte lorsque l'adjudant Goffinon lui a présenté l'objet, supposé avoir été retrouvé au cours de la perquisition dans son coffre en banque.
LES ÉCLATS
DE MICHELANGELO
- D'abord, c'est faux: les deux montres Cartier qu'une dame métis, femme de diplomate et locataire d'une suite au Sheraton, m'a vendues, ont été retrouvées dans la hotte de ma cuisine, et pas à la banque. Comme je n'ai pas de système d'alarme en mon domicile, c'est là que je cachais les diamants. Ensuite, quand Goffinon m'a montré une photographie de la montre suspecte retrouvée chez moi, je n'ai pas contredit Goffinon. Je savais à ce moment là que ce n'était pas ma montre. Mais je me suis juré de me taire jusque devant cette cour. Car j'en ai assez de ce Goffinon qui me poursuit depuis dix ans, sans autre raison que ses préjugés. Je n'ai jamais été condamné. Expliquez-moi: si vraiment c'était la Cartier volée au pauvre Zwarts, pourquoi ne m'a-t-on pas condamné pour recel? C'est clair, je pense.
Comme l'avouera à propos d'autres dossiers encore le juge Luc Hennart: Non, d'accord, pas de preuves matérielles au sens matériel du terme. Mais des présomptions tout de même.
Il appartiendra aux jurés, dans les deux mois qui viennent, d'estimer si ces présomptions sont vraiment «nombreuses et concordantes» au point de former une intime conviction. Avant l'ouverture du dossier anversois, on en est loin!
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 17 Mar 2010 - 8:23

AU PROCES BOUHOUCHE-BEIJER, UN DOSSIER MAJEUR DES LUNDI, LA FIEVRE AVANT LE CHAPITRE "ANVERS"

VAN DAMME,GUIDO
Samedi 10 décembre 1994
Au procès Bouhouche-Beijer, un dossier majeur dès lundi

La fièvre avant le chapitre «Anvers»

Sans doute est-ce l'approche du dossier «brûlant» du méga-procès des assises du Brabant, le meurtre commis sur le sujet libanais Ali Suleiman Ahmad à Anvers, qui rend chacun fort nerveux. Particulièrement dans le camp de la défense, où l'on se rend parfaitement compte que le vent risque de tourner, et qu'il sera infiniment plus difficile à Madani Bouhouche et à Robert Beijer d'échapper aux lourdes charges qui pèsent contre eux. Encore qu'il ne faut jurer de rien en ce procès fertile en rebondissements de tous genres. Il suffirait par exemple que Robert Beijer fasse des révélations précises sur d'éventuels commanditaires de l'expédition anversoise. L'homme a plus d'une «cache» dans son sac.

Madani Bouhouche termine ces premiers deux tiers du procès en catastrophe. En effet, non seulement il a menti, mais il en a fait l'aveu: cette voiture Volvo qui lui appartenait n'a pas été volée, comme il l'a toujours prétendu, mais il l'a abandonnée pour réaliser une fructueuse escroquerie à l'assurance. À présent, le risque pour lui est énorme de voir les jurés reprendre les notes sur l'assassinat de Mendez ou celui de la disparition de Zwarts en envisageant l'hypothèse selon laquelle l'accusé leur aurait aussi menti en d'autres circonstances.

Robert Beijer n'est pas mieux loti, et le match engagé entre lui et l'adjudant Goffinon pourrait bien se conclure par une victoire aux points pour ce dernier. Chacun a rendu hommage à ce témoin miné par la maladie pour son courage physique. Il faut ajouter que, pour sa dernière comparution, l'adjudant Goffinon semble avoir triomphé du test de la vérité engagé la semaine dernière. M. Goffinon a dévoilé le nom de l'informateur secret qui lui a amené le fameux prisonnier Renard: il s'agit du commissaire Elise, de la PJ. Normal qu'il ait hésité: en ces temps-là, il valait mieux être discret lorsqu'un ami appartenant à une police concurrente vous rendait service.

Dès lors, il y a bien eu deux rencontres entre Goffinon et Renard, et ce dernier a menti à l'audience. On voit mal le commissaire Elise démentir l'adjudant Goffinon ce lundi. Renard, contrairement à ce qu'il a prétendu dans le procès verbal ultérieur, aurait-il bien entendu les propos compromettants tenus entre Beijer et le receleur? Pas bon pour Bob Beijer, tout cela.

Dans ce climat de tension, le conflit s'est ouvert, brutal, entre Mes Pierre Chomé, défenseur de Beijer, et le premier avocat général Pierre Morlet. Le premier reprochait au second de n'avoir pas fait état de ce qu'il savait du fameux Renard, qu'il connaissait par le dossier Haemers.

- Alors, il faudrait me citer comme témoin, dit M. Morlet.

- Eh bien! Nous y songerons, dit Me Chomé.

Un week-end pour calmer les esprits.

GUIDO VAN DAMME

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Ven 19 Mar 2010 - 12:16

COUP DE THEATRE AU MEGA PROCES DES L'OUVERTURE DU DOSSIER SUR L'AGRESSION A ANVERS DE MARCHANDS LIBANAIS D'IVOIRE AVEU DE BOUH..

VAN DAMME,GUIDO
Mardi 13 décembre 1994
Coup de théâtre au «méga procès» dès l'ouverture du dossier sur l'agression à Anvers de marchands libanais d'ivoire

Aveu de Bouhouche: «J'ai tiré, mais pas sur Suleiman»

L'ancien gendarme déclare qu'il a voulu attendre sa comparution devant un «vrai» jury de jugement pour dire la vérité.

Dès la lecture de l'acte d'accusation dressé par le premier avocat général Pierre Morlet contre Bouhouche, Beijer et consorts (et cela nous fait remonter quatre mois dans le temps!), il était clair que les deux accusés principaux ne se tireraient pas aisément d'affaire dans cette agression commise au domicile de sujets libanais commerçants en ivoire, avenue Van Eyck, à Anvers.

Le samedi 2 septembre 1989, à la tombée de la nuit, Robert Beijer et Madani Bouhouche, qui ont repris leurs activités de «détectives privés» dès la fin de leur détention préventive en 1988, se présentent au domicile des Libanais pour récupérer une créance de jeu d'un million de francs pour compte d'un créancier italien qui aurait recontré le commerçant d'ivoire au casino de Hulst, en Hollande.

RESPONSABLE

MAIS PAS COUPABLE

La création d'un «petit contexte favorable pour faire payer les gens», comme dira Madani Bouhouche, tournera au drame. Ali Suleiman Ahmad sera tué par balle, et son beau-frère Ali Saïd Ahmad sera blessé.

Le président Mafféi venait d'entamer l'interrogatoire de Madani Bouhouche sur ce dernier chapitre du procès lorsque, soudain, l'accusé prit un ton grave, concentré, et dit:

- J'étais toujours à l'entrée de l'appartement, ayant en face de moi un homme fort qui m'avait agrippé par le pull et donné des coups, cassé mes lunettes.

Je suis mal à l'aise? Cette fois je suis parfaitement conscient que je suis responsable. Je n'ai pas dit: coupable. J'avais pu me dégager de l'emprise de cet homme armé, et je l'avais précipité dans les escaliers. J'ai ramassé son arme. Soudain, il est remonté et je l'ai retrouvé face à moi. Le coup est parti tout seul. C'était un pistolet .45. Je n'ai pas voulu tirer...

Bouhouche s'en tient pour le reste à sa version primitive. S'il a tiré «sans le vouloir» sur ce beau-frère Ali Saïd Ahmad, qui a seulement été blessé, il dit tout ignorer de ce qui s'est passé à l'intérieur de l'appartement où se trouvait Robert Beijer, et où Ali Suleiman Ahmad a été tué. Il formule seulement une hypothèse: le fils Ali Bassam Ahmad aurait voulu tirer sur Beijer et aurait involontairement tué son propre père!

SUSPENSE À DOSE

HOMÉOPATHIQUE

Cette déclaration a fait l'effet d'une bombe. Le président Mafféi fait remarquer à Bouhouche qu'en faisant si tardivement cette déclaration l'accusé a privé les enquêteurs de la possibilité de vérifier ses dires.

Mais c'est précisément ce qu'aurait voulu Bouhouche, fort échaudé par la manière dont l'enquête avait été menée au cours des affaires Mendez et Zwarts. Il est certes en contradiction avec les déclarations des Ahmad survivants: l'oncle et le fils. Mais, à cet égard, même le président Mafféi a reconnu qu'il y a de solides contradictions dans les explications de la famille des victimes.

Comment réagira Beijer? On s'attendait à ce qu'il soit interrogé à chaud. Non. Au méga procès, la cloche de fin d'audience sonne à 16 h 30. C'est mardi matin que le président entendra Beijer, qui aura eu tout le loisir d'en conférer avec ses avocats en début de soirée.

S'il y a du suspense en ce procès, il est administré à doses homéopathiques.

GUIDO VAN DAMME

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Ven 19 Mar 2010 - 15:43

Toujours la même tactique, on complique les choses pour mieux les embrouiller, on sème le doute et le trouble, le but recherché étant que plus personne ne s'y retrouve.
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Lun 22 Mar 2010 - 8:55

LE MEURTRE D'UN MARCHAND D'IVOIRE ANVERSOIS AUX ASSISES DU BRABANT A CHACUN SES REVELATIONS : POUR BEIJER,LES COMMANDITAIRES

VAN DAMME,GUIDO
Mercredi 14 décembre 1994
Le meurtre d'un marchand d'ivoire anversois aux assises du Brabant

À chacun ses révélations: pour Beijer,

les commanditaires étaient russes!

Les aveux de Bouhouche expliquent les blessures d'Ali Saïd Ahmad. Mais qui a tué Ali Suleiman Ahmad?

Des excuses à Bob Beijer, pour avoir suggéré hier qu'il pourrait profiter de la visite de ses avocats pour revoir sa stratégie après les aveux partiels de Madani Bouhouche à l'ouverture du dossier «meurtre d'un négociant en ivoire à Anvers» au méga procès des assises du Brabant.

Il semble qu'on prenne un malin plaisir à retarder le retour de Beijer à la prison, le soir. On le fait attendre en cellule, au palais de Justice, tantôt trois heures, parfois jusqu'à six heures, avec le résultat le plus clair que cet accusé soumis à une tension permanente se trouve privé d'un repas chaud le soir.

La recherche de la vérité ne s'accommode pas de ces vexations inutiles, et les avocats ont fait une démarche auprès du président Mafféi.

On a déjà demandé le service «taxi» de la police judiciaire pour moins important. Une apostille présidentielle suffirait pour revenir à des normes de simple humanité.

DEUX TOVARITCHS

SORTIS DE L'OMBRE

À jeûn ou pas, Bob Beijer a disputé mardi le premier rôle à Bouhouche, en faisant lui aussi son petit coup de théâtre.

La présence de Bouhouche et de Beijer sur les lieux du crime et de la tentative de crime dans l'appartement des Libanais marchands d'ivoire de l'avenue Van Eyck à Anvers ne fait aucun doute. Elle est prouvée par des éléments matériels, et les deux accusés sont en aveu sur ce point.

Jusqu'à présent, ils avaient expliqué cette expédition par une démarche de «récupération de créance de jeu» pour compte d'une mystérieux Italien. Bouhouche n'aurait pu varier sur ce point: c'est le patron de l'agence de détectives ARI, Bob Beijer lui-même, qui lui a donné cette explication.

L'occasion pour Beijer de lever un coin du voile, de supprimer un point d'interrogation... en posant dix nouvelles questions à la place. Que dit-il?

- Ce sont deux Soviétiques (on est encore en septembre 1989!) qui m'avaient fixé rendez-vous à mon quartier général, le bar du Métropole, à Bruxelles. Ils m'ont demandé d'aller interroger Suleiman à propos d'un agent israélien du nom de Mosseiev, 35 ans... Après mon séjour en prison, le chiffre d'affaires de mon agence avait chuté de 80 pour cent. Je devais être moins difficile dans mes choix. Je n'ai pas osé dire à Madani Bouhouche, qui était le seul disponible pour m'aider à ce moment-là, qu'il s'agissait d'une mission pour compte de l'ambassade d'URSS à Paris. Il n'aurait jamais accepté...

Un juré saisit la question au bond, et Bouhouche, l'ami d'une certaine droite, confirme qu'il n'aurait jamais accepté cela. D'où la fable de la «créance de jeu».

UN AVOCAT GÉNÉRAL

QUI NE CROIT PAS AU PÈRE NOËL

La défense voudrait à présent cravacher le premier avocat général pour qu'il ordonne la comparution de ces deux tova-ritchs dont Beijer a cité les noms.

M. Morlet a répliqué vertement en disant qu'il demanderait d'abord aux Affaires étrangères des informations sur l'identité réelle de ces deux témoins sortis de la manche de l'accusé Beijer. Et d'ajouter qu'il se refuse à causer un incident diplomatique en demandant aux nouveaux maîtres de la Russie la comparution de deux personnes dont il voudrait d'abord être certain qu'elles existent réellement. Après l'ombre de la Sûreté de l'État sur l'assassinat de Juan Mendez, voici à présent l'ombre de l'antique Guépéou sur l'assasinat d'Ali Suleiman. Un maître des ombres, cet accusé-là!

Pour le surplus, excellente introduction du juge d'instruction Nicolas Snelders, d'Anvers, pour un débat que la «corréité» rend accessoire: qui a tué Ali Suleiman?

GUIDO VAN DAMME

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