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 Le procès Bouhouche-Beijer

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michel
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Ven 27 Nov 2009 - 11:34

LE MEGA-PROCES BOUHOUCHE-BEIJER AVANCE A TATONS PAS DE CERTITUDE BALISTIQUE NI GRAPHOLOGIQUE

HAQUIN,RENE
Samedi 8 octobre 1994
Le méga-procès Bouhouche-Beijer avance à tâtons

Pas de certitude balistique ni graphologique

Au procès Beijer-Bouhouche, qui a débuté début septembre aux assises du Brabant, la Cour s'est d'abord penchée sur le vol de la collection d'armes de Juan Mendez, commis chez lui à Overijse en 1985, six mois avant son assassinat sur la bretelle d'autoroute à Rosières, en janvier 1986.

Depuis deux semaines, elle s'est penchée sur la question sensible des locations, entre 1981 et 1987, à l'époque des tueries du Brabant et des attentats CCC, d'un réseau de boxes, de flats et de boîtes postales ayant servi notamment à planquer des voitures volées, des armes et des explosifs.

Sur ce chapitre, Beijer, qui fournit aux enquêteurs le plupart des informations ayant permis de découvrir ce réseau, a mis en cause deux hommes de la Sûreté de l'État, MM. Raes et Smets, sans cependant fournir le moindre élément de preuve matérielle pour les confondre. Quant à Bouhouche, qui avait aussi évoqué au début de 1988 le rôle des hommes de la Sûreté, il a, depuis, choisi de se taire, demandant même à ses avocats de ne pas leur poser la moindre question.

Beijer et Bouhouche ont-ils consenti seuls à dépenser plus d'un million pour ces locations, qui semble-t-il ne leur ont rien rapporté? C'est assez improbable. Les justifications données par les responsables de la Sûreté de l'État ont aussi laissé de vastes zones d'ombre.

Soulevant une autre hypothèse (après avoir mis les hommes de la Sûreté en cause, Robert Beijer avait dit être tombé dans «quelque chose» qui le dépassait), les avocats Mes Chomé et Galand se sont interrogés sur le rôle éventuel de structures parallèles copiées sur les réseaux «Gladio», réseaux dans lesquels il était notamment aussi question de caches d'armes, de filières d'évasion, et dont la commission parlementaire d'enquête n'a pas pu percer tous les secrets..

L'avocat général Morlet a dès lors décidé de joindre au dossier du procès Beijer-Bouhouche le rapport complet de la commission parlementaire, disant qu'il ne se forgerait une conviction qu'à l'issue des débats.

L'EXPERT EN GRAPHOLOGIE

Vendredi, l'audition de l'expert en graphologie M. Guillaume, pour lequel les mentions et signatures apposées au bas des contrats de location de boxes et de flats seraient, avec de fortes probabilités, de la main de Bouhouche, a donné lieu à un long débat contradictoire sur les méthodes d'expertise.

L'expert Guillaume soutient aussi que des mentions dactylographiées retrouvées sur certains bordereaux en 1982 sont de la même frappe que la lettre de démission dactylographiée par Bouhouche, lorsqu'il quitta la gendarmerie en 1983.

Tout en confirmant les résultats de ses expertises qui concluent à de fortes probabilités, proches de la certitude, que les mentions manuscrites ou dactylographiées des bordereaux de location proviennent bien de Bouhouche, ce que ce dernier conteste, l'expert Guillaume a cependant admis qu'une certitude absolue n'existe pas.

Face aux conclusions de l'expert, le premier accusé, Madani Bouhouche, a rappelé que les mentions dactylographiées ne provenaient en tous cas pas de sa machine à écrire personnelle, et qu'en 1983, à l'époque de la dactylographie de sa lettre de démission, il n'avait plus accès aux bureaux de la BSR qu'il occupait en 1981, ni aux machines à écrire qui s'y trouvaient.

- L'erreur est humaine, a conclu l'accusé, rappelant la phrase de l'expert en balistique M. Celens entendu ici même en septembre et qui disait: Quand je suis certain à 100 %, je dis oui, quand je ne suis pas certain, je dis non, entre les deux, je réponds que je ne sais pas.

RENÉ HAQUIN

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michel
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Lun 30 Nov 2009 - 13:03

LE PROCES BOUHOUCHE-BEIJER ESET ENTRE DANS SA SIXIEME SEMAINE UNE MAISON COMMUNALE CAMBRIOLEE



HAQUIN,RENE

Mardi 11 octobre 1994
Le procès Bouhouche-Beijer est entré dans sa sixième semaine
Une maison communale cambriolée
Sixième semaine du procès Bouhouche-Beijer aux assises du Brabant: après l'examen de l'important volet des locations, à partir de 1981, de box, flats et boîtes postales, et avant d'aborder mercredi le chapitre du vol des armes à la gendarmerie en janvier 1982, la Cour s'est penchée hier sur l'éventuelle implication des deux premiers accusés dans un cambriolage constaté le 12 juillet 1981 à la maison communale de Chaumont-Gistoux, commune où Beijer résidait à l'époque.
On y avait volé des cartes d'identité, des permis de conduire, un sceau et des cachets, ainsi que les clés de sécurité d'une agence locale du Crédit communal. On retrouva dans un appartement de Bouhouche des clés analogues mais rien d'autre de ce qui y fut dérobé.
Ce n'est que six ans plus tard, lors de l'épisode du «pistolet à la bolognaise» devant servir à l'évasion de Bouhouche, que les enquêteurs du dossier Mendez firent le lien avec le cambriolage de Chaumont-Gistoux: l'épouse de Bouhouche avait caché chez la grand-mère une carte d'identité volée et un permis de conduire portant la photo de son mari, documents que, selon elle, Beijer lui aurait remis, ce qu'il conteste. De même, une carte d'étranger dont le numéro correspond partiellement à un document volé, fut utilisée en 1984 au nom d'un certain Lopez Garcia pour louer pendant quelques mois un entrepôt industriel à Bruxelles. Cette carte n'a jamais été retrouvée. Le propriétaire identifia plus tard sur photo son locataire comme étant Juan Mendez, l'ami de Bouhouche abattu début 1986 à Rosières. A la mi-1984, le soi-disant Lopez Garcia écrivit de Torremolinos pour casser le bail, abandonnant les 90.000 F de garantie locative. Cet entrepôt devait servir dans le cadre du projet de Bouhouche de racketter des grandes surfaces.
D'autres documents semblaient aussi provenir de Chaumont-Gistoux, mais aucun élément provenant du constat fait sur les lieux du cambriolage n'a été relevé à charge de Bouhouche ou Beijer. Enfin, un certificat d'armurier, portant une des fausses identités utilisées dans les locations de box, semblable à un certificat que Beijer s'était vu délivrer à Chaumont-Gistoux (et dont Bouhouche avait des photocopies), fut montré au Luxembourg lors de l'achat d'un HKP 7, arme qui tira lors d'un hold-up sanglant à Walibi.
L'instruction, entamée par le juge Schlicker, fut poursuivie par son collègue Hennart. Les deux magistrats ont été entendus hier, de même que les enquêteurs. En 1992, le juge Hennart inculpa Bouhouche et Beijer du cambriolage: La part des pièces trouvées était à mes yeux suffisante, dit-il, admettant n'avoir dans son dossier aucun autre élément matériel directement lié à ce vol. Par contre, pour la détention d'une carte d'identité et d'un permis de conduire dérobés dans une camionnette à Ixelles, le juge Hennart ne les inculpa pas de ce vol.
Cette carte d'identité, Madani Bouhouche dit l'avoir ramassée au bois de la Cambre, quand il était encore à la section des stupéfiants de la BSR, où il avait l'habitude d'utiliser de faux documents dans ses enquêtes. On trouvait des documents perdus quasi tous les jours, explique-t-il en réponse à un juré. J'aurais dû les remettre, mais avec le temps, on a un peu usé le seuil de tolérance. De flou en flou, on savait qu'on était dans l'illégalité mais on trouvait ça normal.
Quant à Robert Beijer, il note que Chaumont-Gistoux était aussi la commune de Patrick Haemers. Ce qui ne veut rien dire non plus, admet-il...
RENÉ HAQUIN

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m verdeyen



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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Lun 30 Nov 2009 - 18:02

Peut on imaginer des jurés - sortis comme ça de leur quotidien - passer plus de 6 semaines à ce genre de connerie ? Pour moi, ça dépasse l' entendement , la réalité, le vraisemblable sauf au Royaume de bellechique avec Eurosystème, Distrigaz, les trucs Aramco et le les bazars en ... khistan ou encore Jaime de Mora y Aragon, la décoration de Félix P par Claes, les commissions sur ventes sidérurgiques à Albert !, le coût de Zeebrugge ( un record interplanétaire, je vous jure ), les bananiers du Costa Rica, bon, j' arrête car mon dictionnaire ferait plus que les 800 pages de Bouten ... rien qu' avec du VRAI !!!
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chris



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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Lun 30 Nov 2009 - 21:14

en parlant de Chaumont-Gistoux, il y avait eu un règlement de compte y a 1 ou 2 ans, quelqu'un sait si c'est résolu??


... y a d'autres ex-brigands a Chaumont
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michel
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 2 Déc 2009 - 9:33

LE MEGA-PROCES BOUHOUCHE-BEIJER UN ACHAT D'ARMES

HAQUIN,RENE
Mercredi 12 octobre 1994
Le méga-procès Bouhouche-Beijer

Un achat d'armes

Dans le cadre du procès Bouhouche-Beijer, la Cour d'assises du Brabant a encore examiné hier un des volets de ce dossier qui se fonde sur des instructions judiciaires assez approximatives. Il s'agit d'un achat dans une armurerie luxembourgeoise au début de 1983, un fait secondaire (par rapport aux accusations les plus lourdes d'assassinat ou de meurtre) mais caractéristique du flou qui fragilise les charges retenues contre les accusés.

Les enquêteurs de Nivelles se sont intéressés à cet achat d'armes à la fin 1985, après un hold-up meurtrier commis à Walibi au mois d'août de cette année-là. L'arme utilisée, un pistolet-mitrailleur HK P 7 , était très peu répandue. On rechercha tous azimuts les détenteurs de ce type d'arme. C'est ainsi qu'on mit le doigt sur l'achat d'un HK P 7 acquis sous le faux nom de Van Vliet chez l'armurier Lorang, à Luxembourg. Le commerçant se souvint que le pseudo Van Vliet avait produit une photocopie de certificat délivré au nom de Beijer par la commune de Chaumont-Gistoux. Selon l'expert graphologue M. Guillaume, réentendu hier, la date figurant sur le document serait avec une quasi-certitude, de la main de Beijer, et la signature apposée par le pseudo Van Vliet serait avec probabilité de la main de Bouhouche. Mais l'armurier a précisé que la photo de Bouhouche ne correspondait pas à la physionomie de son client.

Je trouve les conclusions de l'expert très peu scientifiques!, a lancé Me Nicole Galand, à l'issue d'un long débat sur les quesi-certitudes et les probabilités. Son client, Robert Beijer, affirme n'avoir personnellement apporté aucune mention manuscrite sur cette photocopie d'un certificat qui lui avait bien été délivré par la commune de Chaumont-Gistoux.

L'audience de l'après-midi a été consacrée aux écoutes téléphoniques faites illégalement à la fin de 1985 par Beijer, avec la collaboration de Bouhouche (à l'époque ils étaient détectives privés), notamment au domicile du chef du service de sécurité de l'aéroport de Zaventem, dans le cadre d'une enquête privée. Ces écoutes ne leur ont révélé que des choses anodines: la commande d'un bouquet de roses ou une réservation à déjeuner dans un restaurant. Mais les enquêteurs ont a posteriori mis ces pratiques en corrélation avec le vol d'or du 25 octobre 1982 à l'aéroport, au cours duquel fut probablement éliminé un des agents de ce même service de sécurité, Francis Zwarts, qui ce soir-là véhiculait le chargement d'or entre la piste et Brucargo, et dont le corps n'a jamais été retrouvé.

Difficile cependant d'établir un lien entre le meurtre présumé de Françis Zwarts et ces écoutés téléphoniques effectuées trois ans plus tard. Pour le compte de qui? Beijer a, hier, indiqué qu'il s'agissait encore d'une mission confiée dans le cadre de l'opération «Enterprise», le mot-code utilisé selon lui par ses contacts à la Sûreté de l'État. Quant à Bouhouche, il admet avoir retranscrit le contenu de ces écoutes.

RENÉ HAQUIN

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michel
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Jeu 3 Déc 2009 - 12:49

LE PROCES DES DEUX EX-GENDARMES, BEIJER PRET A GUIDER LA COUR ET LES JURES VERS UNE CACHE D'ARMES TOUJOURS INCONNUE



VAN DAMME,GUIDO

Jeudi 13 octobre 1994
Le procès des deux ex-gendarmes
Beijer prêt à guider la cour
et les jurés vers une cache
d'armes toujours inconnue
Nouveau chapitre, mercredi matin, au méga-procès des assises du Brabant: celui du vol d'armes, début 1982, à l'Escadron spécial d'intervention de la gendarmerie (ESI). L'enquête menée à l'époque par le juge d'instruction Guido Bellemans n'avait pas permis de démasquer les coupables.
Pourtant, aujourd'hui, Madani Bouhouche et Robert Beijer sont considérés par l'accusation comme les auteurs du vol. Et ceci par une pure extension du délit de recel: des armes ayant été identifiées ou supposées telles, appartenant à ce lot de l'ESI, ont été retrouvées entre les mains des accusés.
PREUVES PAR L'ABSURDE
Le président Mafféi a procédé à un nouvel interrogatoire serré. Deux styles de réponses bien différents. Chez Bouhouche, les répliques fusent du tac au tac. Chez Beijer, les réponses sont nimbées de mystère. S'il s'agissait de boxe, on donnerait Madani Bouhouche vainqueur aux points.
Pour les trois premières armes du lot analysées par le président, il est bien douteux que Bouhouche en ait connu la provenance. Ainsi en est-il de l'arme que la veuve de Juan Mendez apportera aux gendarmes en janvier 1986. Un cadeau de Madani à son mari. Bien que les numéros aient été limés, il se pourrait que l'arme provienne du lot volé. Pas de certitude. Mais le dossier apprend que pour parfaire son cadeau, Bouhouche a acheté très régulièrement, avec facture à la clé, une nouvelle crosse pour cette arme. Un truand suicidaire qui doterait une arme aussi chaude d'une crosse inventoriée à son nom dans une armurerie? Mieux encore pour un fusil, que Mendez aurait offert à son ami Madani: ici, les numéros d'origine ont été remplacés par les initiales et la date de naissance de Bouhouche. Et pourquoi pas l'adresse, pour faire plaisir à l'adjudant Goffinon? Enfin, le lot découvert sous un pont de Vilvorde, sur indications de Bouhouche: Je tenais l'information d'un des enquêteurs qui, lui-même, la tenait de Beijer. J'ai utilisé cette information pour obtenir une libération rapide de ma femme. On verra si l'enquêteur visé, M. Doraene, de la P.J. , viendra confirmer.
UN JURY EXTRALUCIDE
Ce jury se distingue chaque jour par le nombre de questions pertinentes qu'il pose. Est-il, cette fois, tombé dans le «panneau» de Robert Beijer? Quand les 12e et 6e jurés ont uni leur voix pour demander à Robert Beijer si cela avait encore beaucoup de sens de taire le nom d'un de ses informateurs, Beijer répondra d'abord: j'ai déjà tendu la perche, mais la Cour n'a pas réagi. Réflexion qui n'est pas du goût du président Mafféi, et qui demande à Beijer de préciser. Il en ressort que Beijer, qui n'a plus confiance dans les rouages de la justice et qui entend s'en remettre uniquement à l'honnêteté de ce jury, se dit disposé, pour prouver sa bonne foi, de conduire la Cour et les jurés vers une cache d'armes encore inconnue.
Le président Mafféi calmera le jeu, en faisant remarquer qu'il ne peut être question que le jury s'égare dans les dédales d'une nouvelle instruction. Mais il va au plus loin de son pouvoir discrétionnaire, en acceptant que, si Beijer veut faire une telle révélation, et pour autant qu'elle se rapporte à la présente affaire, il envisagerait même avec la Cour la possibilité d'un interrogatoire à huis clos, la désignation d'un officier de police judicaire qui n'est pas encore intervenu dans ce dossier pour vérifier la réalité des dires sur le terrain, et puis, éventuellement après lecture du procès-verbal, une descente des jurés sur les lieux. Le tout avec beaucoup de conditionnels. La défense de Beijer a demandé un court temps de réflexion.
GUIDO VAN DAMME

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auliffes



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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Dim 6 Déc 2009 - 1:20

minus a écrit:
auliffes a écrit:
Cette nuit, j'ai fait un mauvais rêve : j'ai rêvé que Minus, non content d'essayer de justifier ses cauchemars passés,
revenait pour nous faire peur : nous pouvons être heureux qu'il soit loin, sauf un mois par an...
Le désespoir de son enfance malheureuse a amené de nombreux crimes ; espérons que sa vieillesse soit moins malmenée...
A force de vouloir devenir un (pseudo) héros de l'Union Soviétique, il n'a pas hésité à éliminer de nombreux innocents...
Au lieu de mal rêver, lisez plutôt de quoi vous nourrir les neurones...

"Pour des raisons moins dramatiques mais non moins politiques, les traîtres de l'ultra-modernité savent l'art de mentir. Art qui appelle le calcul d'intérêt... car un grand maître ne ment jamais sans de bonnes raisons....
Bien entendu, le grand maître ne peut être jugé dans l'instant, sinon le moraliste l'emporte.
La postérité lui ouvre en revanche les portes de la réhabilitation.
Parce que, plus que tout autre, le grand maître intègre la durée dans son action et dans ses reniements, seul le temps peut lui donner raison. Sur cette échelle-là, il sait que toujours la grandeur lui revient.

.... Et les traîtres, chacun avec leur style, réaliseront le message de l'ultra-modernité: la quête indéfinie de l'autonomie est le sens de la vie, et la trahison, le chemin de la liberté.

Extrait du livre: "Eloge de la Trahison" Par Denis Jeambar et Yves Roucaute.

Bonne lecture Laughing

Vous êtes venu sur ce forum pour clamer votre appartenance à un idéal communiste, matérialisé par votre
appartenance au GRU.
Vous en aviez assez d'être assimilé aux fachos, et vouliez donc rétablir votre "honneur", en revendiquant
entre autres (et pas des meilleures) la paternité de l'affaire Zwarts, pour voler la valise diplomatique
et non l'or.
Vous revendiquez et faites étalage de votre trahison,alors que vous aviez prêté serment de fidélité
à un pays que vous avez roulé dans la boue.
Ce faisant, il me semble que, comme le colonel Binet, vous tombez sous le coup des accusations
d' "atteinte à la sécurité extérieure de l'état" et de "trahison".
Quels sont les délais de prescription pour ces faits ?
Je ne peux que conseiller au pauvre Bouten,qui s'est planté sur toute la ligne pour ne pas vous
avoir cru quant à votre recrutement par les services soviétiques, de remuer cette question
lors du procès qui l'attend.
Pour mémoire, la trahison est toujours imprescriptible pour les faits datant de la deuxième guerre
mondiale.
Vous qui étiez assimilé à un militaire de par vos fonctions de gendarme, ne méritez-vous pas
un traitement similaire ?
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minus



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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Dim 6 Déc 2009 - 12:00

Quel piètre avocat général vous faites!
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michel
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Lun 7 Déc 2009 - 10:15

UN JURY FAMELIQUE AUX ASSISES DU BRABANT BEIJER ECHAUDE CRAINT LA PROCEDURE



VAN DAMME,GUIDO

Vendredi 14 octobre 1994
Un jury famélique aux assises du Brabant
Beijer échaudé craint la procédure
Difficile de trouver un moyen terme, entre un jury amorphe comme il s'en présente tant, et ce jury hyperactif du méga-procès des assises du Brabant, où comparaissent Bouhouche et consorts. C'est qu'il faut lui tenir solidement les rênes, sans quoi il foncerait droit au but sans tenir compte du droit. Mercredi, il s'est laissé séduire par Robert Beijer qui proposa ni plus ni moins de conduire les juges populaires vers une cache d'armes encore ignorée des enquêteurs.
Mais Beijer y mettait des conditions: pas d'indication du lieu de la cache d'armes s'il ne peut y aller en compagnie du jury, «le seul en lequel il ait encore confiance». Échaudé par ses révélations antérieures qui se sont systématiquement retournées contre lui, Beijer craint l'eau froide de la procédure normale qui serait d'entendre d'abord la révélation en audience publique, confier la découverte à un enquêteur désigné par le président, et amener éventuellement le jury sur les lieux. La crainte de Beijer? Qu'en cas de découverte de la nouvelle cache, quelque manipulateur aille y soustraire une arme... où en ajouter une, avant l'arrivée des juges populaires.
Les défenseurs de Robert Beijer Mes Chomé et Galand, ont plaidé que la Cour (c'est-à-dire le président, ses assesseurs et les jurés) a un droit d'instruction d'audience et pourrait donc décider d'y aller en compagnie de Beijer. L'avocat général Pierre Morlet soutient au contraire que seul le président a le droit de prendre cette initiative, dans les limites de son pouvoir discrétionnaire. En somme, le retour à la procédure normale esquissée plus haut. Il est clair que l'avocat général Morlet redoute une manipulation du jury par l'accusé Beijer. N'a-t-il pas dit la veille déjà qu'il ne peut être question de permettre à Beijer «de rééditer son coup, qui a consisté à jouer les témoins de la Couronne en chargeant Madani Bouhouche derrière son dos»? La cour rendra son arrêt ce vendredi matin.
Dilemme fameux. Donner raison à la défense satisferait sans doute ces jurés qui prennent leur tâche tellement à coeur qu'ils sont prêts à chausser des bottes pour partir à la recherche de la cache en compagnie de l'accusé. Mais c'est aussi convertir un jury de jugement en jury d'instruction. A moins qu'on ne consente finalement qu'il puisse jouer les deux rôles: après tout, la procédure des assises étant purement orale, on ne voit pas pourquoi le jury ne pourrait pas assister à la naissance d'un événement nouveau. On a tant traficoté les procès-verbaux en cette cause que les jurés, eux aussi, veulent «voir de tout près». Renvoyer la défense sur les roses risque non seulement de permettre à Beijer de se rasseoir avec un secret que les plaideurs convertiront en doute, mais de braquer le jury. M. Mafféi n'a jamais manqué de fermeté.
GUIDO VAN DAMME

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Jeu 10 Déc 2009 - 12:52

BEIJER AVAIT RAISON: UNE CACHE D'ARMES DECOUVERTE UN RIOT ET UNE MITRAILLETTE A VILLERS-LA-VILLE



VAN DAMME,GUIDO; HAQUIN,RENE

Samedi 15 octobre 1994
Beijer avait raison:
une cache d'armes découverte
Coup de théâtre au méga-procès: un message radio apprend que les armes sont retrouvées...

Robert Beijer, l'accusé numéro deux du grand procès de banditisme qui est mené au Brabant, a terminé sa semaine en réussissant son test de crédibilité.
Beijer soutient depuis toujours que c'est à la demande de la Sûreté de l'Etat qu'il a loué des box de garage et effectué un certain nombre de missions.
Il dit aussi que dès qu'il s'est mis à parler avec les enquêteurs, les preuves de ses dires se seraient trouvées maquillées, arrangées, en sorte de l'impliquer directement dans les crimes.
Il dit enfin s'être ménagé une poire pour la soif, et d'avoir gardé pour le procès d'assises le secret de l'une des caches, en sorte d'éviter que, cette fois, des manipulateurs puissent y ajouter des pièces compromettantes.
Beijer avait sans doute fait allusion à cette cache restée secrète au cours des audiences précédentes, mais c'est à la demande expresse du jury que le mystère a été levé.
Dans un premier temps, Robert Beijer avait exigé qu'il soit accompagné par les jurés sur le terrain. Le président Mafféi avait remis la procédure sur rails au cours d'un arrêt rendu vendredi matin. Il entendrait d'abord les confidences de l'accusé (et ce fut à huis clos) puis il désignerait un officier de police judiciaire pour mener cette tâche de la découverte à bien.
Enfin, on verrait par la suite si le jury se déplacerait sur les lieux.
Ce fut à huis clos également que furent décidées les modalités de l'opération.
Il semble bien que le président soit allé jusqu'au bout de son pouvoir discrétionnaire en admettant même que l'accusé puisse récuser le premier nom qui fut cité. L'accord se porta sur un officier de police judiciaire, M. Philippe Beneux, chef de la brigade mondaine. Ainsi décidé, ainsi fait: la décision ayant été prise peu avant onze heures, le convoi de recherche quitta le Palais de Justice à 12 h 44, pour prendre d'abord la direction de Waterloo, vers le lieu indiqué par Beijer. Ils devaient y être rejoints par des éléments du déminage militaire, et par une unité de gendarmerie chargée de protéger les abords.
Commence alors une longue attente. Il faut corriger le lieu donné par Beijer: ce n'était point Waterloo, mais Villers-la-Ville (lire l'encadré).
Beijer retrouve l'emplacement exact: un sous-bois, à proximité d'un petit plan d'eau où jouent les enfants, dans une propriété privée.
Exactement la description qu'il en avait faite antérieurement. Le propriétaire est d'accord pour laisser la justice éventrer son terrain. Quinze personnes sur les lieux, dont l'une est munie d'une pelle, l'autre d'un détecteur de métaux. On creuse. Beijer réussira-t-il son «parcours du Petit Poucet»? Suspense.
A 15 h 57, quatre malabars d'une nouvelle section musclée de la PJ ramènent Beijer à sa cellule attenant à la cour d'assises. Buisson creux. On a rien trouvé. Nouveau huis clos, à la demande de la défense de Beijer, qui entend dire ses quatre vérités sur la manière dont on a procédé. Mais il ne fallait pas être une petite souris pour savoir ce qui s'y est dit: il suffisait d'avoir entendu les vitupérations de Beijer dans l'escalier: «Quel cinéma! Des tas de gilets pare-balles et une seule pelle! Voilà ce qui arrive quand on pactise avec l'adversaire!» Sourire amer au jury, sourires sceptiques des jurés.
Bien plus tard, toujours à huis clos, M. Philippe Beneux vient faire rapport. Négatif. Un message passe à la présidence: par radio, les enquêteurs annoncent qu'ils ont déterré un sac d'armes... Beijer respire. Surprise du côté de la cour et des jurés. M. Beneux est retourné sur place pour tout filmer, y compris l'inventaire des armes. Une vidéo qui sera projetée dès lundi matin.
GUIDO VAN DAMME

Un riot et une mitraillette
à Villers-la-Ville
Le deuxième accusé du méga-procès Bouhouche, l'ancien gendarme Robert Beijer, qui a mis en cause la Sûreté de l'Etat dans la location d'un réseau de box et de flats utilisés notamment pour planquer des armes dans les années quatre-vingt, s'est dit disposé devant la cour d'assises du Brabant, à guider les enquêteurs vers de nouvelles caches d'armes non découvertes jusqu'ici.
Hier soir, à l'issue d'une audience fertile en rebondissements (ainsi qu'on l'aura lu ci-dessus), Robert Beijer a consenti à indiquer à des officiers de police judiciaire spécialement désignés pour la cause, et n'ayant jamais enquêté dans le dossier l'endroit où étaient enterrées d'autres armes.
Sur base de ces indications, des membres de la PJ de Bruxelles se sont déplacés en fin d'après-midi dans l'entité de Villers-la-Ville, probablement à Sart-Dames-Avelines où des fouilles ont été entreprises dans un quadrilatère d'environ un hectare situé dans une propriété privée. Selon nos informations, à la tombée de la nuit, un riot-gun et une mitraillette, armes emballées dans des papiers gras, auraient été déterrés. Ils pourraient provenir d'un dépôt aménagé il y a plusieurs années par un militant d'extrême droite. Les recherches se sont poursuivies tard dans la soirée et devraient reprendre ce samedi matin.
Les autorités judiciaires se refusaient hier soir à tout commentaire.
R. Hq.

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michel
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Dim 13 Déc 2009 - 15:19

LE COMMISSAIRE DE LA PJ QUE BEIJER A CONDUIT AUX CACHES A SART-DAMES-AVELINES A ETE ENTENDU CE MATIN ARMES,EXPLOSIFS ET ...

HAQUIN,RENE
Lundi 17 octobre 1994
Le commissaire de la PJ que Beijer a conduit aux caches à Sart-Dames-Avelines a été entendu ce matin

Armes, explosifs et documents volés

Des armes et des documents ont bien été trouvés sur les indications de Beijer. Mais il est prématuré de faire un lien avec l'assassinat de Lahaut.

Climat tendu ce matin à la reprise de l'audience du procès Beijer-Bouhouche, après les découvertes de caches d'armes faites vendredi soir à Sart-Dames-Avelines (Villers-la-Ville) sur les indications données par le deuxième accusé Robert Beijer. Précisons immédiatement que contrairement à ce qu'on avait cru vendredi au début de la soirée, aucun riot-gun n'a été découvert.

Ajoutons aussi que les expertises de l'ensemble de ces armes n'ont pas encore commencé et qu'il est pour le moins prématuré d'affirmer que celle qui aurait servi à l'assassinat de Julien Lahaut en 1950 figurerait parmi elles.

Néanmoins, les autorités judiciaires semblent bien avoir été informées par un témoin de la région de Neufchâteau qu'une arme et des documents photographiques relatifs à l'assassinat de Lahaut seraient enfouis dans une cache à Sart-Dames-Avelines.

UN COMMISSAIRE «VIERGE»

À LA BARRE DES TÉMOINS

Beijer avait demandé et obtenu de la Cour que l'enquête soit cette fois menée par un officier qui n'ait à aucun moment été mêlé aux enquêtes précédentes. C'est le commissaire Philippe Deneux, de la Police Judiciaire qui a été désigné et occupait ce matin la barre des témoins.

- Vendredi midi, Beijer nous a guidés par la chaussée de Waterloo vers Baisy-Thy puis, par la chaussée de Namur, vers un grand domaine privé et sans hésitation il nous a fait entrer et nous a indiqué un bois à gauche. Les recherches devaient s'effectuer sur une longueur de 50 mètres et une profondeur de 15 mètres. Des spécialistes du service de déminage étaient là avec du matériel sophistiqué. Vers 13 h 30, on faisait toujours buisson creux quand nous sommes revenus avec Beijer à la cour d'assises. Mais nous avons appris entre-temps qu'une première cache avait été découverte et quand nous sommes retournés sur place à 18 heures, la deuxième cache était découverte.

La première cache était constituée d'un sac plastique enterré à 15 centimètres. On a découvert à l'intérieur deux pistolets mitrailleurs Heckler und Kock de calibre 9 mm, quatre crosses d'épaule probablement de la même marque, trois pistolets, deux gaines, des cartouches de calibre .22, un chargeur de munitions .22, des cartouches de calibre 38 et 43, des documents d'identité provenant des administrations communales de Chaumont-Gistoux, Wavre, Nivelles et Cuesmes. Parmi ces documents d'identité, 3 passeports, des cartes d'identité, des permis de conduire, les uns estampillés, d'autres vierges, une carte de la police rurale vierge. On a également trouvé 3 plaques de voiture: une plaque parlementaire originale volée immatriculée P 26 et deux autres plaques, en duplicata, immatriculées DEE 501 et EDY 99 (nous ne connaissons pas le dernier chiffre). L'une de ces deux plaques était déclarée volée à la gendarmerie d'Uccle (où Bouhouche fut affecté après son départ de la BSR), l'autre appartient à un particulier. Elle n'était pas signalée volée. Dans la deuxième cache, située à six mètres de la première, on a retrouvé des restes de bâtons de dynamite dans leur papier d'emballage rongé par l'humidité, des détonateurs électriques, 16 chargeurs, ainsi qu'une grenade à fragmentation de type américaine. Notons que l'ensemble a été enterré à la hâte, sans soin particulier, et que les objets retrouvés sont largement attaqués par l'humidité et couverts de boue.

POURSUIVRE L'ENQU ETE

SUR L'ORIGINE DES ARMES

A l'issue de l'audition du commissaire Deneux, le président de la cour d'assises a fait projeter les deux cassettes video enregistrées vendredi soir lors de ces découvertes à Sart-Dames-Avelines.

A la demande de la défense de Robert Beijer, le commissaire a encore précisé que contrairement aux injonctions données par le président Maffei, des membres de la BSR de Nivelles sont bien venus sur les lieux vendredi soir. A ce sujet, un des jurés a demandé s'ils avaient été identifiés. Réponse positive du commissaire.

Le président a ordonné de poursuivre l'enquête et de rechercher l'origine de ces armes, de ces documents, des explosifs, des détonateurs. Beijer a à nouveau raconté comment vers la fin 1986, dans le cadre, affirme-t-il, des missions codées sous le mot «Entreprise» on lui avait demandé de conduire une VW Passat qui se trouvait près du viaduc de Vilvorde et de la planquer dans un des boxes loués au parking des Marchés à Bruxelles. Cette voiture devait servir au projet d'évasion de Bouhouche. En l'entreposant, Beijer dit avoir remarqué la présence d'une sorte de kitbag apparemment rempli d'armes, entreposé près d'une moto. C'est plus tard, après son arrestation fin octobre 1987 qu'il demanda à un ami de prendre livraison de ces armes, et, à un autre, d'aller les enterrer.

L'avocat général Morlet se souvient de bribes de conversation dans les années 80 entre Beijer et Amaury au sujet d'un projet de vol de dynamite dans une carrière du Namurois. Beijer réagit aussitôt en précisant que l'enquête n'a découvert aucun vol de dynamite à cette époque et ajoute à l'adresse de M. Morlet: Attendons les résultats de l'expertise du service de déminage. On en saura peut-être alors un peu plus sur la provenance de cette dynamite et des détonateurs.

RENÉ HAQUIN

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Lun 14 Déc 2009 - 12:55

BEIJER : ARMES ET EXPLOSIFS A L'ANALYSE



HAQUIN,RENE; MILUTIN,ROGER

Mardi 18 octobre 1994
Beijer: armes et explosifs à l'analyse
Le «butin» déterré dans un bois de Sart-Dames-Avelines correspond aux révélations faites par Beijer. L'enquête reprend, en même temps que le procès continue.

L'impressionnant butin déterré vendredi soir sur les indications données par Robert Beijer, qui, ce jour-là, a guidé les enquêteurs vers deux caches d'armes trouvées dans une vaste propriété privée de Sart-Dames-Avelines, est actuellement examiné par la laboratoire de la police scientifique et le service de déminage de l'armée, et n'a sans doute rien à voir ni avec les tueries du Brabant, ni avec l'assassinat en 1950 du député communiste Julien Lahaut, comme certains l'avançaient imprudemment hier.
Au procès qui se poursuit aux assises du Brabant, le commissaire de PJ de Bruxelles Philippe Benneux, qui dirigeait les recherches vendredi, a fait l'inventaire des armes, munitions, crosses, explosifs, détonateurs électriques et documents volés, et a commenté les deux films video réalisés sur le terrain pendant les fouilles, à l'intention de la Cour et des jurés.
Beijer avait parlé de ces caches d'armes dès la fin 1987 à un enquêteur nivellois, en précisant qu'il existait un danger potentiel parce qu'à proximité se trouvait un plan d'eau près duquel jouaient des enfants. Ce qui correspond: l'une des deux villas de la propriété, qui donne sur une vaste pelouse et un étang, est habitée par le fils du propriétaire et ses enfants, âgés d'une dizaine d'années.
DÉMÉNAGÉS PAR PRÉCAUTION D'UN BOX LOUÉ RUE LEPAGE
Beijer a réaffirmé hier avoir été chargé vers le début 1987 de planquer une VW Passat (volée le 16 décembre 1986 à Watermael-Boitsfort) dans le box 23 du parking des Marchés, rue Léon Lepage à Bruxelles, dans le cadre des opérations «Enterprise» attribuées, selon Beijer, à des hommes de la Sûreté de l'État. L'épouse de Bouhouche a dit à Beijer que la voiture devait servir à l'évasion de son mari, incarcéré depuis janvier 1986. Dans ce box, Beijer dit avoir vu une moto et une sorte de «kit bag» apparemment bourré d'armes. C'est après sa première incarcération en octobre 1987 que Beijer, se sentant piégé par l'enquête à laquelle il avait collaboré en livrant plusieurs caches d'armes, a, de sa prison, fait demander à un ami de sortir le sac d'armes, puis à un autre d'aller le planquer, sans informer le premier de ce que le second faisait. Je prenais mes précautions, dit-il. J'avais aussi demandé de sortir de la Passat des documents, dont un agenda, que je ne retrouve pas. Il dit ignorer aussi où est passée la moto.
DES HK, COMME A L'ESI,
ET LE STECHKINE DE CASTRO?
Dans la première cache, deux pistolets mitrailleurs Heckler und Kock (comme les HK volés à l'ESI en 1982) de cal. 9 mm court, quatre crosses, un pistolet Stechkine de cal. 9 mm Makarov de l'armée rouge (rare à l'époque et semblable au Stechkine volé chez Mendez en 1985, qui l'avait reçu d'un colonel péruvien, lui-même l'ayant reçu de Raoul Castro, le frère de Fidel), un pistolet FN cal. 22 modèle Medalist, un pistolet semi-automatique Smith et Wesson modèle 41, cal 22 long, des chargeurs remplis de cartouches .22, un chargeur vide et 46 documents communaux dont trois passeports 43 cartes vierges ou usagées provenant de Chaumont-Gistoux (cambriolage de juillet 1981), de Cuesmes, de Nivelles et Wavre (où l'on ne se souvient pas de tels vols).
En outre, un silencieux de marque «Unique», un sac de munitions, notamment des fameuses Hollow Point (le type de munitions de Bouhouche, de la Sûreté et de l'assassinat de Mendez en janvier 1986) et trois plaques de voitures, l'une originale (P 26) volée il y a une dizaine d'années à un sénateur, et deux duplicata immatriculés DEE 501 et EDY 991, dont l'un volé à la brigade de gendarmerie d'Uccle (où Bouhouche fut affecté lorsqu'il dut quitter la BSR).
Dans la deuxième cache, découverte dans le même bois, à six mètres de la première, on a retrouvé des boues jaunes pronvenant de bâtons de dynamite liquéfiés, avec des emballages d'origine rongés, des détonateurs électriques, seize chargeurs et une grenade à fragmentation de type américain.
Le tout, fortement attaqué par l'humidité et enduit de boue, fait actuellement l'objet d'analyses en laboratoire. Sans jeu de mots facile, les résultats des recherches sur la provenance de ces armes, munitions et explosifs pourraient aussi être explosifs. On se souvient des allusions de néo-nazis du WNP à des caches d'armes et d'explosifs, ainsi que des déclarations de Martial Lekeu, autre ex-gendarme parti aux États-Unis, qui parlait aussi de caches d'explosifs, à l'époque du «groupe G» et des tueries du Brabant...
GENDARMES TROP CURIEUX ET
NOUVEAUX DEVOIRS D'ENQUETE
Commentant les recherches de vendredi, la défense de Beijer a regretté que malgré ses craintes et les consignes du président, des gendarmes de la BSR et de la brigade de Nivelles sont néanmoins venus sur les lieux. Un juré s'est assuré qu'ils avaient bien été identifiés. Ca veut dire que les informations ont circulé dans les états-majors pendant le week-end, avant de parvenir à votre Cour, a remarqué Beijer.
A l'avocat général qui lui rappelait des confidences d'époque, échangées avec Amory (il fut bien question entre eux d'explosifs et d'un projet de vol dans une carrière du Namurois), Beijer a sèchement répliqué que l'enquête n'avait pas révélé de vol dans la région (il y en eut cependant un en mai 1984 à Écaussines, à l'époque de l'attaque du camp des Chasseurs ardennais à Vielsalm), et que plutôt que de supputer sur ces explosifs, il est préférable d'attendre les résultats.
On en saura peut-être alors un peu plus sur la provenance, a-t-il conclu.
Beijer joue donc toujours la carte de sa crédibilité, dans ce spectaculaire rebondissement provoqué au procès. Les caches d'armes existaient. Mais rien jusqu'ici ne prouve que ce «butin», secrètement déplacé à l'époque pour établir sa bonne foi, ait réellement été manipulé dans le cadre des fameuses missions «Enterprise» qu'il attribue à des hommes de la Sûreté. Suspense...
RENÉ HAQUIN

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Lun 14 Déc 2009 - 13:53

Petite erreur dans l'article de Haquin : vol de 816 kilos de dynamite dans une carrière d'Ecaussines, dans la nuit du 2 au 3 juin 1984 ( pas mai 1984 )
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Lun 14 Déc 2009 - 14:11

c'est pas le vol en 4 episodes qui mène le dyna vers le CCC?

comment ils ont trouvés le dyna pour leurs premières attentats?
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mar 15 Déc 2009 - 19:26

L'ESI D'ALORS UN MOULIN A VENT

VAN DAMME,GUIDO
Mardi 18 octobre 1994
L'ESI d'alors, un moulin à vent...

Après la projection de la vidéo sur les aventures de l'enquête à Sart-Dames-Avelines, le débat est ramené sagement vers le programme pré-établi, au chapitre du vol d'armes commis à l'Escadron spécial d'intervention de la gendarmerie (ESI) pendant les jours de fête du Nouvel An 1982. Il faut bien reprendre le chemin du calendrier, car si la découverte de la nouvelle cache d'armes peut constituer un test de crédibilité pour l'accusé Robert Beijer, et amener accessoirement quelques lumières sur d'autres grands crimes non encore élucidés, il faut bien se dire que les jurés ne trouveront pas une seule question sur la cache de Sart-Dames-Avelines dans le questionnaire qui leur sera soumis pendant leur délibération sur la culpabilité: cela sort des limites de la saisine présidentielle, cela sort du champ des chefs d'inculpation retenus par la chambre des mises. Mais les retombées de l'incident sur la manière de répondre aux autres questions relatives aux caches d'armes peuvent être considérables.

Deux sous-officiers de l'ESI qui étaient de garde au moment des faits ont été entendus. Il en ressort que s'il faut passer de fameux contrôles aujourd'hui pour entrer dans le sanctuaire de cette unité d'élite, à l'époque des faits, cela ressemblait davantage à un moulin à vent. Sans compter quelques faiblesses majeures d'organisation. Quand le président Paul Mafféi demande à l'adjudant retraité Evance Collard , responsable de toute la logistique de cette unité (armes, véhicules...) s'il était de garde ces jours là, l'adjudant lui répond par un «oui mais» significatif. L'adjudant, en effet, cumulait ses fonctions importantes à l'ESI avec la direction d'une unité spécialisée dans la détection des colis piégés et autres joujoux terroristes: le Deto: Ce jour là, j'étais de garde au Deto.

On apprendra par son collègue Walter Potters que l'ESI occupait un étage d'un bâtiment important des boulevards extérieurs où 2.500 à 2.800 gendarmes entrent et sortent en un mouvement quasi perpétuel. Chaque gendarme pouvait entrer et sortir sans contrôle véritable. Depuis, on est devenu beaucoup plus sévère.

Et, ajoutera l'adjudant retraité, si on ne s'est pas trop ému de l'absence du véhicule Mazda (qui servit au transport des armes volées) c'est qu'il n'était pas impossible que la voiture soit en «planque». Mais son collègue d'objecter: Dans ce cas, cela aurait dû figurer dans les registres. Un beau désordre, quoi!

G. V. D.

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Jeu 17 Déc 2009 - 13:04

LES "REVELATIONS" SUR L'AFFAIRE LAHAUT



HAQUIN,RENE

Mercredi 19 octobre 1994
Les «révélations» sur l'affaire Lahaut
La découverte vendredi soir dans un bois de Sart-Dames-Avelines (entité de Villers-la-Ville) de caches d'armes auxquelles l'ex-gendarme Robert Beijer a conduit les enquêteurs, a fait réagir le vétérinaire Jean Michaux, de Bras (Libramont). Ce dernier affirme en effet avoir été récemment informé par un tiers de l'existence, précisément à Sart-Dames-Avelines, d'une cache qui contiendrait l'arme qui servit à assassiner Julien Lahaut, le député communiste sérésien abattu sur le pas de sa porte le 11 août 1950, une semaine après avoir crié «Vive la République» au Parlement.
Le vétérinaire Michaux dit en avoir parlé il y a quelque temps à des connaissances, notamment à un ex-confrère connu dans les milieux judiciaires. Lundi, le vétérinaire Michaux a été entendu au parquet de Bruxelles et sa déposition doit être transmise au parquet de Liège, où l'affaire Lahaut semble être prescrite depuis plus de vingt ans.
Le porte-parole du parquet de Bruxelles s'est borné lundi à faire savoir qu'il n'y a en tous cas «aucun lien» entre les caches d'armes indiquées par Beijer à Sart-Dames-Avelines et l'affaire Lahaut. Quant au vétérinaire Michaux, il se refuse depuis à tout commentaire.
Selon un ancien agent des services secrets, André Moyen, l'arme (un colt 45) qui servit à tuer Julien Lahaut était toujours possédée par l'auteur de l'attentat, un certain Adolphe G., de Hal, peu avant son décès. Toujours selon M. Moyen, il n'était alors pas question d'une quelconque cache.
Révélation ou rumeur? L'histoire le dira peut-être un jour...
R. Hq.

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Jeu 17 Déc 2009 - 13:05

Curieux que l'on vienne mêler cette affaire de Julien Lahaut là-dedans...

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Jeu 17 Déc 2009 - 13:20

Hors sujet ( quoique )

Moyen intervient dans le dossier Pignolet à charge de De Baets

si infos et pour ne pas encombrer ce fil à : ICI
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Jeu 17 Déc 2009 - 14:59

michel a écrit:
Curieux que l'on vienne mêler cette affaire de Julien Lahaut là-dedans...

Pas trop puisque le but est d'établir un lien entre les TBW et la lutte contre le communisme via Bouhouche et Beijer.
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Lun 21 Déc 2009 - 14:58

QUI A INVENTE LE CHIFFRE 92?

VAN DAMME,GUIDO
Mercredi 19 octobre 1994
Qui a inventé le chiffre 92?

La déperdition de preuves au procès Beijer: à la place des faits, existerait-il des «présomptions de culpabilité»?

Les jurés du Brabant ont passé toute leur journée de mardi à courir après le 92. Non point le sympathique tram qui va de Schaerbeek à Uccle, mais le chiffre 92 qui aurait échappé aux limages du numéro d'une arme super-moderne HK prétendument offerte par Madani Bouhouche à son ami Juan Mendez et qui... aurait été volée à l'Escadron spécial d'intervention de la gendarmerie.

Chiffre plein de mystère en ce dossier. On voudrait bien savoir ce qui a permis aux gendarmes de l'équipe Goffinon de prétendre que l'arme retrouvée dans les mains de la veuve Mendez était frappée d'un chiffre commençant par 92. L'expert Dery, lui ne s'en souvient plus: c'est le «noir absolu» dans sa mémoire. L'expert Jean-Claude Hardy, professeur à l'École royale militaire et expert en métaux est formel: les travaux sophistiqués qu'il a faits sur cette arme limée ont permis de révéler les deux derniers chiffres de la numérotation (79) mais pas les premiers. Et les rapports d'expertise des «sommités de la police scientifique allemande» ignorent également notre fantôme, le mythe du «92».

Or, il faut savoir que les armes HK de l'ESI étaient tous de la série commençant par «92», et c'est en se basant sur le fait que l'arme de la filière hypothétique Bouhouche-Mendez portait le même début de numérotation, que l'enquête se serait orientée vers l'ancien gendarme Madani. Alors, qui a inventé ce préalable? Est-ce la preuve d'une présomption de culpabilité au départ? Pour en avoir le coeur net, le président Mafféi a décidé d'ordonner un nouveau devoir d'enquête. Douze ans plus tard. On peut toujours rêver... C'est cela, la fameuse déperdition des preuves dont la défense de Beijer s'est plainte en début de procès.

Pour le surplus, les jurés ont eu droit à un tableau tout à fait lamentable de ce qu'était la gendarmerie en ces temps de crise. Comme les autres corps de police, d'ailleurs, ni plus ni moins. Mais on perçoit l'erreur fondamentale qui fut de confier à des gendarmes des dossiers sur d'anciens gendarmes. Très courageusement, le sous-officier Guy Artiges qui était chargé de certaines perquisitions relatives au vol, se plaint d'avoir été freiné dans son travail.

- On m'ordonnait de perquisitionner chez des gendarmes qui avaient déplu sur le plan disciplinaire ou autre. Mais on m'a interdit de perquisitionner chez celui qui avait utilisé en dernier la voiture de service qui servira aux voleurs, quelqu'un qui avait cependant déjà été dans le collimateur pour d'autres faits. Pourquoi? Parce qu'il était officier!

Quant à l'officier supérieur qui a édicté cette défense, il y a belle lurette qu'il a quitté la gendarmerie pour rejoindre le privé.

On entend les proches du maître d'oeuvre Goffinon. Jean-Pierre Tinant, qui parlera lui aussi sans nuances de la découverte du chiffre «92» sur l'arme, qui fera état des premières déclarations accusatrices d'une amie de Mendez en ignorant superbement ses rétractations ultérieures, et qui parle d'erreur involontaire lorsqu'un témoin se trompe grossièrement sur la marque du véhicule ayant servi au vol.

On entend aussi une nouvelle fois M. Goffinon. Les épreuves de santé ont manifestement effacé des pans de mémoire. On n'a pas envie de tirer sur l'ambulance, même si elle ne cesse de déraper.

GUIDO VAN DAMME

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Lun 21 Déc 2009 - 17:10

michel a écrit:
QUI A INVENTE LE CHIFFRE 92?

VAN DAMME,GUIDO
Mercredi 19 octobre 1994
Qui a inventé le chiffre 92?

La déperdition de preuves au procès Beijer: à la place des faits, existerait-il des «présomptions de culpabilité»?

Les jurés du Brabant ont passé toute leur journée de mardi à courir après le 92. Non point le sympathique tram qui va de Schaerbeek à Uccle, mais le chiffre 92 qui aurait échappé aux limages du numéro d'une arme super-moderne HK prétendument offerte par Madani Bouhouche à son ami Juan Mendez et qui... aurait été volée à l'Escadron spécial d'intervention de la gendarmerie.

Chiffre plein de mystère en ce dossier. On voudrait bien savoir ce qui a permis aux gendarmes de l'équipe Goffinon de prétendre que l'arme retrouvée dans les mains de la veuve Mendez était frappée d'un chiffre commençant par 92. L'expert Dery, lui ne s'en souvient plus: c'est le «noir absolu» dans sa mémoire. L'expert Jean-Claude Hardy, professeur à l'École royale militaire et expert en métaux est formel: les travaux sophistiqués qu'il a faits sur cette arme limée ont permis de révéler les deux derniers chiffres de la numérotation (79) mais pas les premiers. Et les rapports d'expertise des «sommités de la police scientifique allemande» ignorent également notre fantôme, le mythe du «92».

Or, il faut savoir que les armes HK de l'ESI étaient tous de la série commençant par «92», et c'est en se basant sur le fait que l'arme de la filière hypothétique Bouhouche-Mendez portait le même début de numérotation, que l'enquête se serait orientée vers l'ancien gendarme Madani. Alors, qui a inventé ce préalable? Est-ce la preuve d'une présomption de culpabilité au départ? Pour en avoir le coeur net, le président Mafféi a décidé d'ordonner un nouveau devoir d'enquête. Douze ans plus tard. On peut toujours rêver... C'est cela, la fameuse déperdition des preuves dont la défense de Beijer s'est plainte en début de procès.

Pour le surplus, les jurés ont eu droit à un tableau tout à fait lamentable de ce qu'était la gendarmerie en ces temps de crise. Comme les autres corps de police, d'ailleurs, ni plus ni moins. Mais on perçoit l'erreur fondamentale qui fut de confier à des gendarmes des dossiers sur d'anciens gendarmes. Très courageusement, le sous-officier Guy Artiges qui était chargé de certaines perquisitions relatives au vol, se plaint d'avoir été freiné dans son travail.

- On m'ordonnait de perquisitionner chez des gendarmes qui avaient déplu sur le plan disciplinaire ou autre. Mais on m'a interdit de perquisitionner chez celui qui avait utilisé en dernier la voiture de service qui servira aux voleurs, quelqu'un qui avait cependant déjà été dans le collimateur pour d'autres faits. Pourquoi? Parce qu'il était officier!

Quant à l'officier supérieur qui a édicté cette défense, il y a belle lurette qu'il a quitté la gendarmerie pour rejoindre le privé.

On entend les proches du maître d'oeuvre Goffinon. Jean-Pierre Tinant, qui parlera lui aussi sans nuances de la découverte du chiffre «92» sur l'arme, qui fera état des premières déclarations accusatrices d'une amie de Mendez en ignorant superbement ses rétractations ultérieures, et qui parle d'erreur involontaire lorsqu'un témoin se trompe grossièrement sur la marque du véhicule ayant servi au vol.

On entend aussi une nouvelle fois M. Goffinon. Les épreuves de santé ont manifestement effacé des pans de mémoire. On n'a pas envie de tirer sur l'ambulance, même si elle ne cesse de déraper.

GUIDO VAN DAMME

Une question s'impose. Minus peut-il demander à BR si il connait le nom de l'officier chez qui on n'a pas pu perquisitionner alors qu'il était le dernier utilisateur de la voiture qui a servi au vol?
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minus



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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Lun 21 Déc 2009 - 17:22

billbalantines a écrit:
... Une question s'impose. Minus peut-il demander à BR si il connait le nom de l'officier chez qui on n'a pas pu perquisitionner alors qu'il était le dernier utilisateur de la voiture qui a servi au vol?
BR me fait dire qu'il n'en sait rien et que cela ne l'intéresse pas puisqu'il sait comment cela s'est passé et que cet officier quel qu'il soit n'entre pas en ligne de compte.
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michel
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Mer 23 Déc 2009 - 13:04

SUR UN DOSSIER MINEUR,LE MEGA-PROCES A PEUT-ETRE BOUSCULE EN UNE MATINEE BOUHOUCHE-BEIER NE SONT-ILS PAS DEMASQUES

VAN DAMME,GUIDO
Jeudi 20 octobre 1994
Sur un dossier mineur, le méga-procès a peut-être basculé en une matinée

Bouhouche - Beijer ne se sont-ils pas démasqués?

Piégés par leur verve et leur humour, les accusés ont fourni les éléments de l'association de malfaiteurs.

Après les hors-d'oeuvres d'enquêtes que constituaient le vol des armes chez l'ingénieur de la FN Juan Mendez, les locations de box et garages servant de caches d'armes, le vol d'armes à l'Escadron spécial de gendarmerie (tous dossiers dont la défense s'est fort bien tirée) cette fin de semaine est consacrée à un dernier appendice de ce procès de grande criminalité, avant d'attaquer les grands morceaux à partir de la semaine prochaine. A savoir les préventions d'assassinat sur Mendez, Zwarts et Ahmad Ali Saïd. Il s'agissait mercredi de la location d'un entrepôt dans la rue de la Buanderie à Anderlecht, local devant servir de base logistique pour d'autres projets criminels.

Pour l'avocat général Pierre Morlet la suite du méga-procès intenté à Madani Bouhouche, Robert Beijer, Christian Amory et Chang Wai Ling a dû sembler bien compromise jusqu'à hier. D'abord, on avait réussi à faire surtout le procès de la Sûreté de l'Etat, celui de la gendarmerie, et il semblait de plus en plus clair que les accusés avaient été dès le début victimes d'une présomption de culpabilité, sinon les victimes d'ancien collègues gendarmes. Allait-on voir s'effilocher ainsi tous les chapitres suivants pour aboutir aux acquittements les plus spectaculaires de l'histoire judiciaire? Après ce qu'on a entendu mercredi, on peut en douter.

LES PIÈGES DE L'HUMOUR

C'était la première fois que Madani Bouhouche consentait à parler de cet entrepôt. Il semble que la location se soit faite à l'intervention de Juan Mendez lui-même, à la demande d'amis péruviens qui auraient formé le projet d'imprimer désormais leurs faux dollars en Belgique. Un premier nez rouge tombe, et c'est celui de Bouhouche, qui dit: «On avait l'intention de sucrer ces faux dollars». Location? 90.000 F déboursés. Qu'à cela ne tienne, puisque les Péruviens auraient, selon Madani, avancé près de 400.000 FB.

Mais les enquêteurs ont appris par Amory, qui est le «candide» de cette aventure criminelle, que Beijer et Bouhouche aurait aussi formé le projet d'extorquer de l'argent dans les magasins de grande surface, en menaçant d'y mettre le feu ou d'empoisonner des produits.

«Tout cela est de la farce» dira Bouhouche. C'est un malentendu. Et si nous en avons parlé à Amory ou Chang, c'est pour les mettre à l'épreuve «et faire monter la sauce».

C'est vrai que la bande ne manquait pas d'humour en travaillant. Elle en a manifesté même pendant le procès. Quand Beijer s'en va guider le commissaire Beneux vers la cache de Sart-Dames-Avelines, Amory criera dans le couloir: «Bob, dis-lui que tu refuses de parler sans la présence de Goffinon!». Et quand Chang lit mercredi matin l'article de René Haquin sur la «piste» Julien Lahaut, il se dresse et proclame: «En tout cas, Lahaut, ce n'était pas moi. Car j'avais cinq ans en 1950!» Et puis soudain les traits d'esprit dérapent, pour faire place à quelque chose de plus effrayant. Bouhouche a-t-il menacé Chang? Voyons! «Si on a des menaces à faire, quoi de plus simple qu'un accident de tir!». Puis, toujours dans «l'éducation de Chang» au sein de l'agence: «Il suffit de montrer une arme et de tirer un coup en l'air pour que les gendarmes se mettent à l'abri pendant cinq ou six heures!»

Et de bon mot en mot grinçant, les quatre mettent ainsi en place eux mêmes les éléments constitutifs de l'association de malfaiteurs: une hiérarchie, une organisation, une division du travail, un objectif criminel. Comme le dira Amory: «La partie théorique était en place, et théoriquement, tous les problèmes étaient résolus. Il y manquait des éléments encore...»

SORTIE PAR LES ÉGOUTS

Début d'exécution? Dans l'entrepôt, Beijer a commencé, avec l'aide du «troupier Chang» à creuser un tunnel devant mener aux égouts. On ne sait jamais. «En cas d'évacuation pour une rançon (sic!) cela peut être efficace». Au troisième jour, quand le trou de 60 x 60 cm a deux mètres de profondeur, Chang arrête les frais. C'est leur côté «grand guignol», parce qu'à l'époque, toutes les gazettes avaient relaté les exploits des émules de Spagghiari lors du casse de la rue Haute. La fuite par le sous-sol était à la mode...

On est loin des activités normales d'une officine de détectives privés.

GUIDO VAN DAMME

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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Jeu 24 Déc 2009 - 5:07

Et l'officier qui a interdit la perquisition chez le gendarme qui a utilisé en dernier la voiture, c'était qui? De plus Minus sait bien qui a utilisé la voiture en dernier mais il ne répond jamais rien d'utile. Et leur tunnel, c'était d'un pathétiquement con. Bien que..iIs avaient bien jugé la gendarmerie..Peut être..
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   Jeu 24 Déc 2009 - 11:24

Spagghiari a du creuser plusieures centaines de métres semble-t-il
divers equipes ont abandonnées en court de route.
le tunnel de tsang abandonnée est une blague belge d'adolescents qui n'a que couté 100000Bfr.
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MessageSujet: Re: Le procès Bouhouche-Beijer   

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Le procès Bouhouche-Beijer
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