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 Crédit commercial et financier (CCF)

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michel
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MessageSujet: Crédit commercial et financier (CCF)   Jeu 12 Nov 2009 - 19:53

Groupe financier qui fit l’objet d’une enquête suite à une faillite frauduleuse (affaire Van Wijk). Karel De Lombaerde (WNP) fut administrateur du CCF.

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michel
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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Jeu 12 Nov 2009 - 19:56

Tribunal correctionnel de Bruxelles

VAN DAMME,GUIDO
Samedi 6 mai 1989
Tribunal correctionnel de Bruxelles

Eviter la prescription dans un krach

Les «ordres venus d'en haut» à la 49e chambre correctionnelle étaient nets: en finir, en quatre ou cinq audiences ce mois-ci, avec l'impressionnant tas de cartons relatifs aux suites pénales du fameux krach Van W., un dossier de faux et usage de faux portant sur des centaines de millions, et dont la révélation s'est faite en sorte d'appendice d'enquête au cours du procès de M. Vanden Boeynants, ancien Premier ministre. Les faits remontent à 1982, mais, grâce aux ficelles de la procédure (le mot est de Me Leo Delwaide, un des défenseurs), on situe aujourd'hui la date fatidique de la prescription au 3 octobre 1989.

Une partie de l'iceberg? Assurément, et le parquet avoue qu'il aurait pu amener beaucoup plus de monde sur les bancs des prévenus, s'il n'avait pas dû lui-même tenir compte de ces difficultés d'enquête et de la menace de la prescription - par manque de substitut pour traiter ce dossier.

Trois prévenus sur le banc. Richard Van Wijck (50 ans), héritier d'une immense fortune, administrateur de la SA Credithold et de la SA CCF (Crédit commercial et financier). Giorgio Gherardi (42 ans), membre de la noblesse italienne, administrateur des deux mêmes sociétés. Pierre Laurent enfin (61 ans), industriel, administrateur des deux mêmes sociétés.

Que leur reproche-t-on? Précisons d'abord qu'en 1983 la SA CCF fut mise en faillite d'office, et que l'ordonnance rendue par le tribunal de commerce de Bruxelles faisait état d'un passif de 606.640.000 francs. La SA Credithold subit le même sort, le tribunal retenant de plus contre elle le fait d'avoir exercé des activités bancaires sans autorisation. Ce sont les suites pénales de ce krach que le tribunal examine aujourd'hui, coulées en forme de préventions comme faux en écritures, faux contrat de prêt, appropriation indue de bénéfices, banqueroute frauduleuse, détournements d'argent et fraudes fiscales.

Fin de la semaine prochaine, le procureur du Roi, M. Jean-François Godbille consacrera près de deux audiences à ses réquisitions. Mais dès ce vendredi, l'instruction d'audience menée par le président, M. Nys, a permis de cerner les préventions essentielles. On reproche d'abord aux prévenus d'avoir, par cette SA Credithold dont le siège social «au sens juridique» était fixé à Luxembourg tandis que le siège réel était établi avenue Franklin Roosevelt à Bruxelles, pratiqué le système du back to back. En traduction: un quidam dépose de l'argent sale (fiscalement parlant) dans une institution bancaire sise au Luxembourg, laquelle accordera un prêt d'argent propre de la même valeur au quidam, via une banque belge.

On reproche aussi d'avoir menti sur la raison sociale véritable: non, ce ne serait pas une institution dont la majeure partie des activités aurait consisté à accorder des prêts personnels à des fonctionnaires européens, car une grande partie de l'argent réaecolté serait passé à des «filiales amies». On reproche également aux intéressés d'avoir utilisé les traites de leurs emprunteurs plusieurs fois dans des institutions différentes afin de s'assurer de substantielles lignes de crédit dans les banques. Quand ce n'était pas le dépôt en banque d'une traite... déjà remboursée! D'où la constitution d'un bon nombre de parties civiles.

Des combats

d'arrière-garde

Ce début d'instruction d'audience sera poursuivi mercredi prochain. Le début de la matinée de vendredi avait d'abord été le théâtre de quelques combats d'arrière-garde. Me Patrick Mandoux, un des défenseurs de Giorgio Gherardi, souhaita que le tribunal se déclare incompétent ou que, à tout le moins, il accepte de surseoir à statuer, étant donné que la Cour de cassation doit rendre le 31 mai un arrêt faisant un sort à un recours introduit par Richard Van Wijck et son épouse Mme Spolding en qualité de partie civile. Car M. Van Wijck entend porter ici la double casquette puisqu'il entend rejeter les responsabilités vers ses coprévenus. Suspension d'audience, puis on repart à l'assaut des dossiers: le tribunal a décidé de joindre l'incident au fond.

A noter particulièrement la troisième prévention. Il y est question d'un prêt de plus de 350.000 francs qui serait un faux dont le but serait de masquer la commission versée à un certain Albert Lambert, «chargé d'intervenir auprès d'un journaliste». En clair: le groupe a tenté, vainement d'ailleurs faut-il le préciser, d'acheter le silence du magazine Pour sur certaines enquêtes gênantes pour l'extrême droite. C'était avant l'incendie...

Ce ne sont probablement pas les dernières salves retardatrices de la défense. Des préventions n'ont été sauvées que bien artificiellement de la prescription, et les défenseurs de MM. Van Wijck et Laurent (Mes Xavier Magnée, Leo Delwaide, Philippe Depage et Dominique Silance) en reparleront à coup sûr au cours des plaidoiries.

Quant à la défense de Gherardi elle a déjà annoncé la couleur en signalant qu'elle mettra en cause l'application des traités d'extradition en ce qui concerne leur client. Il est vrai qu'au procès du Heysel, le président Verlynde avait évacué ce problème de l'extradition en considérant tout simplement qu'étant présents à l'audience, les hooligans comparaissaient sans doute volontairement. Or, M. Gherardi était bien présent, ce vendredi matin.

GUIDO VAN DAMME.

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michel
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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Jeu 12 Nov 2009 - 20:19

Tribunal correctionnel de Bruxelles

VAN DAMME,GUIDO
Jeudi 11 mai 1989
Tribunal correctionnel de Bruxelles

Richissime, Van Wijck servait

de vache à lait pour la droite

La vérité vient souvent par les femmes, même quand leurs propos sont répercutés par le très sérieux président M. Nijs, de la 49e chambre correctionnelle de Bruxelles, qui a poursuivi mercredi matin l'affaire du krach Van Wijck et Co. Qu'a déclaré l'épouse de l'héritier terrible de l'empire Lever au juge d'instruction Collin, le 17 février 1982? Mon mari est un homme bon, honnête, mais particulièrement naïf et influençable. Il ne sait pas gérer son patrimoine...

Cette dame, partie civile au procès, ne sera pas démentie, puisque l'amplitude du passif Van Wijck oscille, selon les experts, entre 500 et 700 millions.

Mais qui sont les bénéficiaires éventuels des placements désastreux ou des imprudences de M. Van Wijck? En ordre d'importance, la publication Spécial-L'Eventail qui venait de se grossir comme boeuf dans une opération de fusion dont Van Wijck estimait qu'elle était de haut prestige. La société CCF aujourd'hui en faillite avait ses fidèles. Ceux du club des Nations. Ceux du Cepic, et M. Paul Vanden Boeynants qui recevra 250.000 F dans son escarcelle électorale.

Sans doute la lecture de toutes les dépositions au juge Collin pouvait-elle paraître fastidieuse: elle a superbement éclairé la mécanique de toute l'affaire.

La distribution d'abord. Au sommet? Richard Van Wijck, très fortuné il y a quinze ans, ruiné aujourd'hui. Sa chaumière limbourgeoise vaut plus de 100 millions. Il a des biens aux Pays-Bas.

A l'étage, Giorgio Gherardi, Italien, moins fortuné de naissance mais très adroit dans le maniement des vases communicants. Qu'importe finalement si la vache à lait s'est tarie, pourvu qu'on garde un appartement à Nice, sa Jaguar, ses cartes de crédit, toutes au nom de sociétés au bord de la faillite dont on est l'administrateur, en partage avec un bailleur de fonds qui rêve et veut reconstruire le monde politique à sa manière.

Au rez-de-chaussée, un homme de terrain malheureux, Pierre Laurent. C'est lui qui va, bien avant l'intervention de la justice, réclamer la convocation d'un conseil d'administration pour mettre les points sur les i. Car il laisse, lui, dans cette aventure, un joli portefeuille de contrats de prêts européens que son père lui avait légué. Or le nouveau grand patron qu'il s'est choisi n'hésitera pas (lui qui, en principe, voit les affaires de si loin...) à se rendre à Paris pour tenter de refiler le beau dossier européen à un groupe arabe aux dents longues. Il a voulu sauver les meubles. En a-t-il fait trop? Attendons le réquisitoire.

Le scénario est à présent bien décrit. Les activités para-bancaires menées par le groupe Van Wijck auraient servi, en fait, à blanchir de l'argent, via un pied-à-terre juridique au Luxembourg. Combien de dossiers? On estime qu'il y en a eu un demi-millier.

Le P-DG Van Wick, lui, voit cela de très loin. Il ne contrôle pas les frais généraux énormes de son associé italien. Il organise des chasses dans son domaine limbourgeois. Beaucoup de banquiers s'y rendent. Certains même semblent avoir oublié de surveiller leurs lignes de crédit. Aujourd'hui, on se trouve devant un trou de 600 millions et plus. Un trou béant, au fond duquel marinent quelques bouts de rêves extrémistes.

G. V. D.

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billbalantines



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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Jeu 12 Nov 2009 - 21:58

michel a écrit:
Tribunal correctionnel de Bruxelles

VAN DAMME,GUIDO
Samedi 6 mai 1989
Tribunal correctionnel de Bruxelles

Eviter la prescription dans un krach

Les «ordres venus d'en haut» à la 49e chambre correctionnelle étaient nets: en finir, en quatre ou cinq audiences ce mois-ci, avec l'impressionnant tas de cartons relatifs aux suites pénales du fameux krach Van Wijck, un dossier de faux et usage de faux portant sur des centaines de millions, et dont la révélation s'est faite en sorte d'appendice d'enquête au cours du procès de M. Vanden Boeynants, ancien Premier ministre. Les faits remontent à 1982, mais, grâce aux ficelles de la procédure (le mot est de Me Leo Delwaide, un des défenseurs), on situe aujourd'hui la date fatidique de la prescription au 3 octobre 1989.

Une partie de l'iceberg? Assurément, et le parquet avoue qu'il aurait pu amener beaucoup plus de monde sur les bancs des prévenus, s'il n'avait pas dû lui-même tenir compte de ces difficultés d'enquête et de la menace de la prescription - par manque de substitut pour traiter ce dossier.

Trois prévenus sur le banc. Richard Van Wijck (50 ans), héritier d'une immense fortune, administrateur de la SA Credithold et de la SA CCF (Crédit commercial et financier). Giorgio Gherardi (42 ans), membre de la noblesse italienne, administrateur des deux mêmes sociétés. Pierre Laurent enfin (61 ans), industriel, administrateur des deux mêmes sociétés.

Que leur reproche-t-on? Précisons d'abord qu'en 1983 la SA CCF fut mise en faillite d'office, et que l'ordonnance rendue par le tribunal de commerce de Bruxelles faisait état d'un passif de 606.640.000 francs. La SA Credithold subit le même sort, le tribunal retenant de plus contre elle le fait d'avoir exercé des activités bancaires sans autorisation. Ce sont les suites pénales de ce krach que le tribunal examine aujourd'hui, coulées en forme de préventions comme faux en écritures, faux contrat de prêt, appropriation indue de bénéfices, banqueroute frauduleuse, détournements d'argent et fraudes fiscales.

Fin de la semaine prochaine, le procureur du Roi, M. Jean-François Godbille consacrera près de deux audiences à ses réquisitions. Mais dès ce vendredi, l'instruction d'audience menée par le président, M. Nys, a permis de cerner les préventions essentielles. On reproche d'abord aux prévenus d'avoir, par cette SA Credithold dont le siège social «au sens juridique» était fixé à Luxembourg tandis que le siège réel était établi avenue Franklin Roosevelt à Bruxelles, pratiqué le système du back to back. En traduction: un quidam dépose de l'argent sale (fiscalement parlant) dans une institution bancaire sise au Luxembourg, laquelle accordera un prêt d'argent propre de la même valeur au quidam, via une banque belge.

On reproche aussi d'avoir menti sur la raison sociale véritable: non, ce ne serait pas une institution dont la majeure partie des activités aurait consisté à accorder des prêts personnels à des fonctionnaires européens, car une grande partie de l'argent réaecolté serait passé à des «filiales amies». On reproche également aux intéressés d'avoir utilisé les traites de leurs emprunteurs plusieurs fois dans des institutions différentes afin de s'assurer de substantielles lignes de crédit dans les banques. Quand ce n'était pas le dépôt en banque d'une traite... déjà remboursée! D'où la constitution d'un bon nombre de parties civiles.

Des combats

d'arrière-garde

Ce début d'instruction d'audience sera poursuivi mercredi prochain. Le début de la matinée de vendredi avait d'abord été le théâtre de quelques combats d'arrière-garde. Me Patrick Mandoux, un des défenseurs de Giorgio Gherardi, souhaita que le tribunal se déclare incompétent ou que, à tout le moins, il accepte de surseoir à statuer, étant donné que la Cour de cassation doit rendre le 31 mai un arrêt faisant un sort à un recours introduit par Richard Van Wijck et son épouse Mme Spolding en qualité de partie civile. Car M. Van Wijck entend porter ici la double casquette puisqu'il entend rejeter les responsabilités vers ses coprévenus. Suspension d'audience, puis on repart à l'assaut des dossiers: le tribunal a décidé de joindre l'incident au fond.

A noter particulièrement la troisième prévention. Il y est question d'un prêt de plus de 350.000 francs qui serait un faux dont le but serait de masquer la commission versée à un certain Albert Lambert, «chargé d'intervenir auprès d'un journaliste». En clair: le groupe a tenté, vainement d'ailleurs faut-il le préciser, d'acheter le silence du magazine Pour sur certaines enquêtes gênantes pour l'extrême droite. C'était avant l'incendie...

Ce ne sont probablement pas les dernières salves retardatrices de la défense. Des préventions n'ont été sauvées que bien artificiellement de la prescription, et les défenseurs de MM. Van Wijck et Laurent (Mes Xavier Magnée, Leo Delwaide, Philippe Depage et Dominique Silance) en reparleront à coup sûr au cours des plaidoiries.

Quant à la défense de Gherardi elle a déjà annoncé la couleur en signalant qu'elle mettra en cause l'application des traités d'extradition en ce qui concerne leur client. Il est vrai qu'au procès du Heysel, le président Verlynde avait évacué ce problème de l'extradition en considérant tout simplement qu'étant présents à l'audience, les hooligans comparaissaient sans doute volontairement. Or, M. Gherardi était bien présent, ce vendredi matin.

GUIDO VAN DAMME.


Je ne retiendrai qu'un paragraphe. Il mérite d'être creusé à double titre.

A noter particulièrement la troisième prévention. Il y est question d'un prêt de plus de 350.000 francs qui serait un faux dont le but serait de masquer la commission versée à un certain Albert Lambert, «chargé d'intervenir auprès d'un journaliste». En clair: le groupe a tenté, vainement d'ailleurs faut-il le préciser, d'acheter le silence du magazine Pour sur certaines enquêtes gênantes pour l'extrême droite. C'était avant l'incendie...

1. Pression sur le journal POUR venant de cette mouvance est avéré donc ! Pour quels dossiers?
2. Un certain Albert LAMBERT...comme intermédiaire. Tiens ce nom me dit quelque chose... N'est-ce pas un ancien candidat de Forces Nouvelles à Liège (Bultot pourrait nous renseigner)? ; N'est-ce pas le nom qui revient dans le livre de Postal comme étant celui qui suit la voiture des tueurs du Colruyt de Nivelles à hauteur du diable amoureux. L"épisode de la fameuse voiture type gendarmerie avec bande orange? Homonymie? Qui est ce Lambert? J'imagine que la réponse ne sera pas simple à trouver mais la (les) question(s) mérite(nt) d'être posées.
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m verdeyen



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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Jeu 12 Nov 2009 - 22:50

Bon, à examiner : délai mis par KBL à déposer plainte et petites banques existant dans la régin liégeoise !
Implications Van Wijk dans les financements frauduleux des labos et des escroqueries aux mutuelles et liens avec l' ami Cools.
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michel
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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Ven 13 Nov 2009 - 9:55

Tribunal correctionnel de Bruxelles

VAN DAMME,GUIDO
Vendredi 12 mai 1989
Tribunal correctionnel de Bruxelles

Bilan enjolivé ou faux bilan?

Les experts ont souvent plus de succès en correctionnelle qu'en assises. Il y avait, jeudi matin, devant la 49e chambre, une pointe d'admiration pour le travail réalisé par l'expert-comptable et reviseur d'entreprises Ghyoot, qui est venu éclairer l'instruction de l'affaire Van Wijck. Sur ce gouffre de 600 millions, M. Ghyoot a projeté quelques éclairages curieux.

La toute première impression qu'on en retient, c'est que toutes les préventions du parquet n'ont pas, au départ, la même force. Il ne sera sans doute pas difficile de prouver des imprudences de gestion. Un trou de 600 millions ne se creuse pas naturellement... mais!

Mais la prévention de faux dans les comptes en s'appuyant sur le fait que les bénéfices auraient été anticipés de 10 millions a fort peu résisté à l'examen. L'expert explique:

- On prête 100.000 francs à quelqu'un, qui remboursera ce principal de 100.000 francs, plus les intérêts de 40.000 francs, au total 140.000 francs en x mois. L'emprunteur va, par exemple, rembourser 8.000 francs par mois. Le système utilisé par les prévenus consistait à enregistrer dans leur comptabilité ce remboursement du premier mois comme représentant 1.000 francs du principal et 7.000 francs d'intérêts. Au fil du temps, la part du principal augmentait, celle des intérêts diminuait, le client payant toujours la même somme de 8.000 francs.

Belle différence pour cette société, puisqu'elle se fait d'abord payer ses intérêts avant de rembourser le principal, même si le client ne s'en aperçoit pas. C'est une technique audacieuse, voire illicite de comptabilité, mais ce n'est pas un faux pour autant. Bien entendu, cela permet d'afficher de plantureux bénéfices dans les premières années et de faire impression dans les grandes banques. Mais peut-on reprocher aux marchands des quatre saisons de glisser leurs plus beaux fruits à l'étalage?

Sans doute tout n'est-il pas aussi innocent, et, au total, l'expert a estimé que le bilan incriminé ne reflétait pas une image fidèle de la société. De nombreux crédits difficiles ou douteux auraient exigé des provisions.

- Il aurait fallu un contrôle plus approfondi des banques. Mais voilà... on ne peut tout contrôler. Et puis, il y a la «caution morale».

Image de marque

Nous y voilà! Toujours la fameuse réputation de Richard Van Wijck, héritier de l'empire Lever. Et sans doute est-ce une des explications du style assez dur affiché par le parquet en cette affaire. Le combat qui se livre ici par le procureur Jean-François Godbille est dirigé contre une certaine prostitution financière. Avec des réminiscences du procès de Feluy. Certains auraient tendance à faire le trottoir des banques, comme d'autres arpentent les trottoirs des quartiers chauds. D'un côté, on affiche un tortil ou une réputation d'héritier. De l'autre, on montre son anatomie.

Quand, de surcroît, on se met à prêter main forte à des mécanismes de fraude fiscale (l'expression est de l'expert Ghyoot), le parquet voit rouge, en plus.

Le président Nys mène son instruction avec une détermination souriante. Il l'achèvera probablement ce vendredi. Fin de la semaine prochaine, on entendra enfin ce réquisitoire qui risque de ne pas être triste.

GUIDO VAN DAMME.

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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Sam 14 Nov 2009 - 10:53

PROCES VAN WIJCK: LA SURETE EN CAUSE

VAN DAMME,GUIDO
Samedi 13 mai 1989
Tribunal correctionnel de Bruxelles

Procès Van Wijck: la Sûreté en cause

Une des têtes de l'hydre qui préoccupe tant de monde de ce pays, nous voulons parler de la Sûreté du Royaume a surgi vendredi matin dans les travées de la 49e chambre correctionnelle qui en est à sa troisième audience dans l'affaire du krach Van -Wijck et consorts. Un vent favorable avait déposé sur le bureau de Me Xavier Magnée, défenseur du premier prévenu, un rapport interne- de la Sûreté du Royaume concernant le sieur Richard Van Wijck. En guise de preuve du sérieux de son travail, l'auteur de cette note avait joint une photocopie d'un procès verbal d'une audition chez le juge d'instruction.

La fuite, dans toute son horreur. Une violation caractérisée du secret professionnel qui vient entacher l'instruction de cette affaire. A vous faire casser un jugement comme une coupe de Val-Saint-Lambert...

Le président M. Nys a tellement bien perçu le danger qu'il demande à l'avocat de Van Wijck s'il désire déposer des conclusions. Me Magnée, qui donne l'impression d'avoir encore d'autres munitions importantes dans son sac, veut sans doute opérer un tir groupé en plaidoirie: il demande seulement au président d'acter l'incident et de joindre ce document aux autres. Le procureur du Roi, M. Jean-François Godbille intervient:

- Moi aussi, j'ai reçu ce document. Et mon office a immédiatement ouvert une information distincte pour une éventuelle double violation de secret professionnel...

- Trop tard, dit Me Magnée, avec le sourire de celui qui abat un carré d'as sur la table de jeu, je ne suis pas certain que vous auriez évoqué cette instruction si je n'avais pas révélé l'incident au tribunal...

Vrai sans doute, mais un peu dur. Car enfin, on ne peut tout de même pas demander au représentant du Parquet de ranimer d'initiative ce méchant feu des guerres de police. On verra cela plus tard, en même temps que le paquet concernant l'extradition de Giorgio Gherardi, second prévenu. En même temps aussi que les problèmes de prescription. Cela fait une belle brochette d'épées au-dessus de la tête présidentielle. Mais M. Nijs en a vu bien d'autres...

Ajoutons enfin, pour ne pas laisser le lecteur dans l'incertitude de ce polar judiciaire, qu'un vent favorable nous permet d'écrire que Me José Saels, conseil de M. de Bonvoisin, s'est trouvé au milieu de cette tornade de vents policiers, et que c'est lui qui a porté le document litigieux de la Sûreté au procureur du Roi. Solidarité du Cercle des Nations oblige...

Des PME de la finance

L'instruction d'audience de ce vendredi s'est concentrée sur le troisième prévenu, M. Pierre Laurent, qui a pris de nombreux risques personnels pour que naisse le fameux projet d'aménagement Ecuyer (espace situé principalement sur les anciens locaux rédactionnels et les imprimeries- de La Libre Belgique). L'accusation entend démontrer, outre tout ce qui lui est reproché dans la gestion du Crédit commercial et financier, qu'il aurait outrepassé son mandat et en aurait- bénéficié.

Le côté mauvais roman policier est réveillé par la lecture de certaines pièces. Curieux d'entendre qu'untel, qui n'est pas prévenu, aurait reçu une récompense de 300.000 F pour être intervenu- auprès du secrétaire d'Etat à la Région bruxelloise de l'époque pour pouvoir débloquer enfin l'autorisation de bâtir du projet l'Ecuyer. Que tel autre, militant de droite, a reçu 250.000 F pour tenter d'acheter un journaliste de gauche. Et de savoir qu'au terme de toutes ces tergiversations, le projet se réalisera tout de même, sous la houlette de la très socialiste Prévoyance sociale, pour la coquette somme initiale de 850 millions.

Suite de ce feuilleton politico-financier en fin de semaine prochaine. Les débats ne pourront être clos avant le début du mois prochain.

GUIDO VAN DAMME.

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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Lun 16 Nov 2009 - 12:18

AFFAIRE VAN WIJCK: DEBOIRES D'UN RESTAURATEUR BRUXELLOIS



VAN DAMME,GUIDO

Jeudi 18 mai 1989
Tribunal correctionnel de Bruxelles
Affaire Van Wijck: déboires
d'un restaurateur bruxellois
Mercredi matin, à la 49e chambre correctionnelle qui étudie les onze gros cartons de l'affaire Van Wijck et consorts, on a entendu les parties civiles, c'est-à-dire les victimes. Me Roger Le Clercq défendait les intérêts d'un sympathique restaurateur de la rue des Boucher qui a été véritablement ruiné dans cette aventure. Le cas est exemplaire et mérite d'être rapporté en ses détails.

Courageux homme que ce Martin! Deux fois dans sa vie, il a construit une affaire de restauration florissante. Deux fois aussi, il a dû mettre les pouces. La première fois ce fut au Zaïre: le pouvoir nationalisa purement et simplement son entreprise. La seconde fois, il fut victime de ces personnes qui sont traduites en justice aujourd'hui.
Il y a CCF et CCF...
M. Sylvain Martin est d'origine française. Quand son conseiller en matières financières (un ancien de la Banque Copine) lui a proposé de placer les deux à trois millions de bénéfices qu'il a réalisés dans son restaurant de la rue des Bouchers à la CCF, organisme financier belge dont MM. Van Wijck et Gherardi sont administrateurs, M. Martin trouve l'idée bonne. Etant Français, il pense à la CCF de son pays, qui est une institution connue, solide, sérieuse.
Victime de la déconfiture de la Banque Copine, où il avait également investi quelques biens, M. Martin se voit contraint d'aller retirer son argent à la CCF bruxelloise. On lui dit que ce retrait n'est pas possible, mais qu'on peut sans difficulté recevoir un prêt de 2,5 millions de francs, contre signature d'une traite de 3,623 millions, principal et intérêts. M. Martin accepte, et le jour même de la signature de ce contrat de prêt, la traite qui porte la signature de M.Martin se retrouve à la Banque de Benelux où les dirigeants de la CCF s'en servent à l'appui d'une demande d'augmentation de crédit.
Quand les affaires tourneront mal pour CCF, la Banque de Benelux va réclamer le produit de cette traite à M. Martin, le traduisant devant le tribunal de commerce, lequel ne semble connaître que la rigueur cambière et n'a que faire des relations entre M. Martin et la CCF. M. Martin, qui a effectué d'autres dépôts à la CCF, se voit donc spolié aujourd'hui des 6,5 millions de crédit à la CCF auxquels il faut ajouter les 2,5 millions que lui réclame la Banque de Benelux...
Une bonne journée
pour Van Wijck
En début d'audience, on est revenu sur l'incident de la violation possible du secret de l'instruction. Le procureur du Roi émet des réserves. Ou bien le document déposé la veille par Me Magnée est un faux visant à compromettre la Sûreté du royaume dans cette affaire, ou bien il est authentique, mais alors, il est possible que l'information ouverte débouchera sur une instruction et probablement plusieurs poursuites.
- Tant qu'il n'est pas prouvé que c'est un faux, réplique Me Magnée, il faut considérer le document comme étant vrai. Et pour ce motif, j'ai déposé plainte ce matin même au nom de M. Van Wijck auprès du Procureur, avec constitution de partie civile.
Autre point marqué par M. Van Wijck: il n'est pas impossible que le procureur renonce à l'une des préventions importantes retenues contre Richard Van Wijck relative à un détournement d'actif. Après une seconde audition de l'expert Marc Ghyoot, il appert en effet qu'en ce point précis au moins, M. Van Wijck est davantage une victime qu'un escroc. On le saura au cours du réquisitoire, en cette fin de semaine.
GUIDO VAN DAMME.

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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Mar 17 Nov 2009 - 18:50

Tribunal correctionnel de Bruxelles

VAN DAMME,GUIDO
Vendredi 19 mai 1989
Tribunal correctionnel de Bruxelles

Les effets pervers d'une loi fiscale?

Dès l'introduction de son réquisitoire consacré au fameux gouffre à millions dont on débat devant la 49e chambre correctionnelle, le procureur Jean-François Godbille a regretté qu'on ait parlé partout de l'«affaire Van Wijck», alors qu'il serait plus exact d'évoquer l'«affaire Gherardi». En un raccourci saisissant de la trilogie qui occupe les bancs de la prévention, le procureur a dit que Giorgio Gherardi était le maître d'oeuvre de toute cette machination, que Pierre Laurent était l'exécuteur des oeuvres, et que Richard Van -Wijck en était la caution.

L'instruction d'audience menée d'un bout à l'autre par le président J. Nys a sans doute permis d'éloigner pour un moment la prévention de «détournement d'actif» à charge de Van Wijck. Il semble bien que l'accusation renoncera à cette prévention ce vendredi. Mais ceci ne donnait que plus de force aux reproches de M. Godbille:

- Vous vous êtes, M. Van -Wijck, laissé encadrer par de mauvais associés. Ce n'est pas tant cela que je vous reproche. Mais vous avez refusé de voir la réalité, et quand vous en avez été conscient, vous avez persisté, permettant au mal de s'étendre grâce à votre caution. Vous avez sans doute été victime de votre vanité...

Pourquoi a-t-on toujours parlé d'«affaire Van Wijck» alors qu'il aurait effectivement mieux convenu de parler d'«affaire Gherardi? D'abord, parce que l'homme était plus connu, en raison de ses activités dans des milieux qui passent (parfois abusivement) pour appartenir à l'extrême droite. Ensuite, parce qu'il avait un «format financier» beaucoup plus important que les autres. Il faudra voir - et c'est tout l'objet de ce procès - quel est son degré de responsabilité au pénal dans la déconfiture de ces petites sociétés de prêt et autres dont il assumait la co-gestion ou la présidence, ce qui concerne une masse déficitaire qu'on peut évaluer à environ 600 millions.

Ceci est indépendant d'un autre trou de 700 millions dans la caisse personnelle de Richard Van Wijck, qui explique en partie le fait que l'héritier de l'empire Lever, sa femme et ses enfants se soient à leur tour constitués partie civile au procès. Mais point d'amalgame: que la fortune personnelle de M. Van Wijck ait arrosé, via l'une de ses sociétés, le Cercle des Nations de 256 millions, celui de la Cambre de 40 millions, ou se soit engloutie dans l'aventure de Special-L'Eventail ne concerne que M. Van Wijck lui-même. Il est sévèrement puni déjà pour avoir cédé à ses fantasmes politiques. Cela ne concerne point la justice.

Sauf... si on ne parvient pas à bien dessiner la frontière entre les portefeuilles, et que des épargnants imprudents aient eux aussi pu alimenter contre leur gré ou leur savoir ces gouffres aux illusions. C'est là une part du réquisitoire qui sera exposé ce vendredi.

Pressions

et dépressions fiscales

Jeudi, M. Godbille, grands tableaux didactiques à l'appui, a donné un cours magistral d'«économie criminelle». Il a analysé le dernier bilan de la société CCF faillie, reprochant globalement à ce document qui fut présenté au tribunal de commerce de n'être qu'un tableau budgétaire alors qu'il aurait convenu qu'il soit un tableau comptable. Ce document qui est qualifié de «faux» ne reflète pas la situation exacte de la société. Le procureur du Roi a fait ensuite une analyse précise de l'organigramme des sociétés du groupe Gherardi, du groupe Van Wijck, s'intéressant surtout aux siphons structurels ou occasionnels qui ont abouti à un endettement général qui mit la société mère CCF sur les genoux.

M. Godbille ne déterre pas la hache de guerre contre les petits épargnants qui s'étaient adressés imprudemment à ces firmes, car c'était en des années où la pression fiscale était très forte. A un autre moment, M. Godbille reconnaît que le retrait subit de capitaux auprès de Credithold (fille de la CCF) pourrait avoir été en rapport avec les arrêtés royaux Monory-De Clercq qui favorisaient le retour au bercail de la plus parfaite légalité des petits capitaux prodigues.

Voilà des considérations que la défense ne manquera pas d'exploiter: car nous sommes au pénal, et si l'on peut prouver que ces fluctuations de la politique fiscale peuvent avoir eu un effet direct sur l'attitude des banques qui, d'une super-générosité à l'égard de Crédithold passent soudain au resserrement des lignes de crédit, la part du «dol» pourrait se trouver diminuée...

Mais l'un ne justifie sans doute pas l'autre, et M. Godbille va s'attaquer à présent aux préventions de faux, usages de faux, escroqueries et autres mauvaises manières qui auraient été imaginées par les prévenus pour tenir leur tête hors de l'eau.

GUIDO VAN DAMME.

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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Mer 18 Nov 2009 - 10:24

STOP A LA MAFIA FINANCIERE DANS L'AFFAIRE GHERARDI

VAN DAMME,GUIDO
Samedi 20 mai 1989
Correctionnelle de Bruxelles

Stop à la mafia

financière dans

l'affaire Gherardi

Il y a eu des moments pathétiques dans le réquisitoire du procureur Jean-François Godbille, devant la 49e chambre correctionnelle qui consacre de nombreuses audiences à l'affaire du gouffre à millions qu'on appelle désormais l'«affaire Gherardi et consorts».

«Vous comprendrez que je me bats contre la prescription. C'est mon devoir de défendre la société contre ces hold-up en col blanc. Il faut que l'on sache qu'il n'y a pas d'avenir pour ces pratiques mafieuses en Belgique...»

Le procureur du Roi fut précis dans les peines qu'il souhaite voir infliger. Bien que les faits soient bien anciens déjà, il réclame trois ans de prison ferme contre Ghiorgio Gherardi, le «capitaine» de ce vaisseau pirate de la finance, dix-huit mois de prison pour Pierre Laurent, le «quartier-maître», et un an de prison avec sursis partiel pour Richard Van Wijck «cet amiral en inspection occasionnelle».

Un réquisitoire qui pourrait faire date. Sur le plan technique, il a tiré un maximum des informations dont il disposait, étant entendu qu'on n'a pu voir qu'une partie de l'iceberg, et que des documents comptables importants ont été soustraits à la justice.

Techniquement, la démonstration de M. Godbille était lumineuse. Le mécanisme de cette banqueroute frauduleuse a été bien expliqué, encore que ce ne fut guère aisé puisque le plus souvent le juge d'instruction s'est trouvé non pas devant des faux matériels, mais des faux intellectuels plus difficiles à débusquer. Par moment, lorsqu'on évoquait la «pression fiscale» ou les effets de la loi Monory-De Clercq, le discours du procureur évoquait en nos mémoires les propos du ministre Paul Hatry, jadis. Démasqués, les «habillages» du bilan qu'on alla soumettre un jour au président Duplat. Dévoilées, toutes les combines qui permettaient, via toute une série de sociétés amies, d'évacuer des millions vers des cieux fiscalement plus cléments.

La menace

de prescription

M. Godbille se bat dos contre la muraille de la prescription. La date fatidique, celle au-delà de laquelle il faudrait donner congé à tout le monde - les faits étant prescrits - est le 3 octobre 1989. C'est le sixième anniversaire du jour où un certain Lambert (une «balance» de la droite, dira le procureur) écrit à la curatelle de Crédithold pour faire état d'un prêt bidon aux époux Pieters devant récompenser en fait ses démarches auprès de Garot, directeur de Pour visant à épargner Richard Van Wijck dans une campagne de presse.

Ce vendredi, le procureur a pu dénicher encore un devoir d'instruction daté du 5 novembre 1986, ce qui lui fait penser qu'il pourrait gagner encore un mois: la date fatale se trouverait refoulée au 5 novembre 1989. On joue sur les semaines, très serré. En effet, s'il est pratiquement acquis que le tribunal correctionnel rendra son jugement avant les vacances judiciaires, on peut estimer certain que les parties iront en appel. Ce qui laisserait deux bons mois à la cour d'appel pour organiser ses débats et rendre son arrêt.

Faiblesses

dans le réquisitoire

La défense a fait la moue, pour ce mois grappillé par M. Godbille, qui se dit fort allergique aux crimes impunis, et particulièrement ceux-ci qui attentent à l'épargne. Mais le président Nys a tranché:

- C'est de bonne guerre! Et chacun, ici, aura le droit de s'exprimer.

Le réquisitoire comportait des faiblesses, et le procureur fut le premier à en convenir. Qu'il n'ait pas eu accès à la comptabilité d'une des sociétés en faillite parce que le prévenu Gherardi est allé la ravir un jour en Hollande est dommageable, mais sans doute n'y peut-il rien.

En revanche, que de flèches décochées contre des tas de personnes parfois aussi suspectes que celles qui comparaissent ici, mais qui n'ont finalement pas été poursuivies par manque de temps et pour éviter que tout ait été finalement prescrit. Certes, le parquet est maître de ses poursuites. Mais les défenseurs des prévenus ne manqueront pas de refiler à quelques-uns de ces absents dont le procureur a dit tant de mal, bon nombre de reproches qui leur sont faits.

Difficile de se battre

contre des fantômes...

Et la liste en est longue. Il y a ce chimiste tunisien, «homme à tout faire» de Gherardi. Un comptable, qui fut prévenu dans le procès Baro. Un collègue du prévenu Laurent, qui eut l'intelligence de collaborer au maximum avec la justice. L'ex-beau-frère d'un prévenu, et puis encore cet ex-chef d'un mouvement d'extrême droite, la «balance», dont le procureur dira qu'il ne fut qu'un «maître-chanteur». Difficile de se battre contre des fantômes. Plus difficile encore d'empêcher, dès la semaine prochaine, ces fantômes de servir de boucs émissaires à la défense.

Mercredi prochain, on entendra Me Xavier Magnée, futur bâtonnier, conseil de Richard Van Wijck.

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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Mer 18 Nov 2009 - 10:34

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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Sam 21 Nov 2009 - 19:52

AFFAIRE GHERARDI: LA PEUR D'UN JUGEMENT EQUITABLE ?

VAN DAMME,GUIDO
Jeudi 1er juin 1989
Tribunal correctionnel de Bruxelles

Affaire Gherardi: la peur

d'un jugement équitable?

M. J. Nys, qui préside actuellement cette 49e chambre correctionnelle de Bruxelles où l'on examine des préventions de banqueroute frauduleuse, de faux et d'escroqueries mises à charge de MM. Richard Van Wijck, Giorgio Gherardi et Pierre Laurent (des millions engouffrés souvent dans des largesses à l'égard d'associations de droite à extrême droite), veut en terminer cette semaine avec les débats. Il ne mesure pas le temps de parole accordé à la défense, mais il multiplie ses audiences: on siégera matin et après-midi. Et cette véritable course contre la montre s'explique par la volonté du tribunal d'agir en sorte que justice se fasse (il y a de malheureuses parties civiles qui attendent leur argent...) et que cette énorme machination financière n'aille enterrer ses plus de six cents millions dans les sables de la prescription.

D'aucuns ont pris le risque de plaider toutes sortes d'arguments qui évitent de traiter le fond des préventions. Dangereux! Certains avocats du procès du Heysel regrettent aujourd'hui d'avoir consommé leur temps de parole en de brillantes démonstrations sur les vices de l'extradition des hooligans, au lieu de démontrer que leur client n'était sans doute pas le plus méchant de la bande: ils se trouveraient peut-être aujourd'hui dans le camp des acquittés.

Absence de dol

La défense de Richard Van -Wijck n'a pas résisté à cette tentation. Mercredi dernier déjà, par l'intervention de Me Xavier Magnée, elle a demandé au tribunal de constater la nullité des poursuites contre Richard Van Wijck, poursuites viciées par la violation du secret professionnel. On sait qu'un «vent favorable» a déposé aux endroits stratégiques de ce procès une note intérieure de la Sû-re-té de l'Etat à laquelle était jointe un procès-verbal de la très secrète instruction du juge Collin. Un membre de la Sûreté a écrit au tribunal pour démentir qu'il y ait eu violation du secret de l'instruction. Cela ne veut point dire charrette, et le procureur du Roi M. Jean-François Godbille l'a bien fait comprendre:

Ce n'est toujours que le témoignage écrit d'un membre de cette organisation de police. Il en est d'autres. L'information du parquet est en cours. Attendons...

Me Leo Delwaide avait donné quelques coups de boutoir à l'affaire Pieters, la seule qui permette de tenir ensemble les ficelles de ce dossier et qui puisse faire éviter la prescription à l'ensemble. On se rappellera que le parquet dit avoir débusqué un «faux prêt» de l'organisation financière à laquelle appartiennent les prévenus, accordé aux époux Pieters-Smulders et dont le but était de rémunérer les services d'un ancien membre de l'extrême droite chargé de faire taire Jean-Claude Garrot au moment où il devait publier des révélations politiques sur Richard Van Wijck. Joli exercice de droit:

Pour qu'il y ait usage de faux dans le chef du faussaire, il faut que l'usage soit prévu et voulu par le faussaire. En réclamant le remboursement de ce prêt aux Pieters, le curateur a fait du faux (à supposer qu'on puisse le qualifier comme tel) un usage radicalement opposé à la volonté du faussaire...

Mais les démonstrations de Me Delwaide n'ont pas eu la même vigueur. Bien entendu, il sied de plaider l'absence d'intention frauduleuse et de combattre toutes les préventions techniques de ce dossier, au profit d'un Richard Van Wijck qui a perdu sa fortune dans l'aventure. On reste néanmoins sur un sentiment de malaise. Ce n'est pas parce qu'un mécène a payé toute la construction d'une chapelle, ses orgues et son bénitier, qu'il ne puisse jamais, au grand jamais, être soupçonné d'y avoir dérobé un chandelier. Surtout s'il a fini par considérer que cette chapelle était autant la sienne que celle du curé.

Écuyer d'honneur

Fourmi laborieuse de toute cette aventure, et victime lui-même, puisqu'il y a laissé le joli portefeuille qu'il avait hérité de son père, Pierre Laurent assiste, effondré, à toutes ces audiences. Moralement, l'homme est d'autant plus atteint par cette aventure qu'il était celui qui ne prenait jamais de jour de congé et faisait tourner la boutique pendant que d'autres partaient en Jaguar avec équipage charmant vers Monaco ou ailleurs...

Il devra encore répondre de plusieurs préventions. S'il ne fut coupable, il fut sans doute trop docile, ses défenseurs en parleront ce jeudi. Mais, dès l'audience de mercredi, Me Philippe Depage a démonté une des préventions les plus graves qui étaient portées contre lui: celle d'avoir détourné à son profit personnel le projet immobilier appelé Ecuyer (à l'emplacement, entre autres terrains, des anciennes installations de La Libre Belgique).

Une plaidoirie séduisante par sa clarté. En imposant une chronologie très stricte à une série de documents, d'actes et d'interventions de Pierre Laurent dans ce projet immobilier qui lui tenait tant à coeur, tout le travail impressionniste de l'instruction s'effondre. Ce n'était donc que l'effet produit par des documents collationnés trop hâtivement, ou selon un schéma préétabli. Et il paraît bien difficile de soutenir encore que Pierre Laurent aurait essayé de détourner un actif...

Mais la démonstration restera-t-elle au même niveau de conviction pour la suite? On le saura dans quelques heures.

GUIDO VAN DAMME.

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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Lun 23 Nov 2009 - 12:38

Tribunal correctionnel de Bruxelles



VAN DAMME,GUIDO

Vendredi 2 juin 1989
Tribunal correctionnel de Bruxelles
Affaire Gherardi: le danger
des boîtes à surprises...
Qui trop embrasse mal étreint. A la suite d'un incident survenu en fin de dixième audience de ce procès du fameux krach Van -Wijck et consorts (des centaines de millions dans les sables d'une faillite frauduleuse), Me Albert Clerens, défenseur de Giorgio Gherardi, pourrait bien l'avoir appris à ses dépens.

On sait que la défense s'était émue parce que des cartons entiers de documents confiés à l'expert Ghyot n'auraient pas été retrouvés dans la salle des pièces à conviction. Ils ont refait surface, et la défense du prévenu italien a farfouillé con amore dans les pièces comptables de la société CCF en faillite. C'est ainsi que Me Clerens a retrouvé le compte courant de Richard Van Wijck.
Euréka!
Sur ce compte courant, on trouve dans la période suspecte du «faux prêt» accordé aux époux Pieters (une somme d'argent destinée à acheter par l'intermédiaire d'un ex-leader de l'extrême droite, le silence de Jean-Claude Garot de l'hebdomadaire Pour sur les liens entre Van Wijck et les extrémistes) une sortie de 250.000 francs.
- Vous voyez, dit Me Clerens! Ces 250.000 francs de l'affaire Garot ont été payés par M. Van Wijck lui-même! Le prêt aux Pieters n'est donc plus un faux, et la prévention doit tomber. Or, comme cette prévention est la seule qui permette à l'ensemble de la cause d'échapper à la prescription, le tribunal doit constater que tout est prescrit.
C'était compter sans Me Xavier Magnée, qui n'entend pas gagner la prescription par n'importe quel moyen. Le défenseur de Richard Van -Wijck fait une réplique cinglante:
- Il n'existe aucune pièce justificative pour cette sortie de 250.000 francs du compte de mon client. Richard Van Wijck s'est toujours refusé à se soumettre aux exigences de ce maître chanteur de l'extrême droite. Je dois donc constater, si ce que dit Me Clerens est exact, que les associés de mon client au sein de CCF ont débité son compte courant de la somme litigieuse contre la volonté de M. Van Wijck qui ne vérifiait rien...
Le diable sorti de la boîte comptable a taquiné le nez de celui-là même qui l'avait amené au prétoire. Mais les choses eussent peut-être été beaucoup plus simples si le tribunal avait pris l'initiative de convoquer comme témoins ces époux Pieters. Au lieu de perdre du temps, on en aurait sans doute gagné.
Extradition
Ce pataquès exclu, la plaidoirie de Me Clerens aura sans doute redoré le blason de Giogio Gherardi. Il serait vraiment abusif de soutenir dorénavant que l'intéressé aurait tenté de se soustraire à la justice belge. Quant au fond de l'affaire, Me Clerens a bien montré que son client ne mérite sans doute pas tous les reproches qu'on lui fait.
Ce sont les banques (et la GB en particulier) qui exigeaient de lui du «papier» en garantie. Pour dix millions de crédit, elles exigeaient des traites clients pour une valeur de quinze millions. Jusqu'à l'arrivée de Richard Van Wijck. Ce jour-là, plus besoin de papier en garantie. La seule signature de Van Wijck valait au CCF une ligne de crédit de cinquante millions. Il est vrai que tout cela se situe à une époque où le loyer de l'argent était si élevé que les banques se faisaient insistantes pour placer leurs sous.
Superbe exercice de droit de Me Anne De Potter, plaidant qu'on ne satisfait pas au traité d'extradition avec la Suisse en ce qui concerne Giogio Gherardi. Elle aussi a sa boîte à surprises, mais elle est plus heureuse que son aîné puisque le procureur du Roi, M. Jean-François Godbille, a demandé communication des pièces nouvelles que contenait sa boîte à Pandore. Il s'agit d'une lettre toute récente des autorités suisses demandant en cette affaire le respect du traité d'extradition, et le jugement définitif du tribunal de Luxembourg sur la faillite Credithold. Ça, c'est du plus sérieux!
Au total, une audience qui interdira au futur de classer M. Gherardi parmi la faune ordinaire des requins de la finance. Il fut lui aussi une victime de banquiers qui n'ont pas osé se constituer partie civile, tant leur rôle en tout ceci aura été ambigu.
Et voilà Benoît!
L'audience fut reprise jeudi après-midi, pour permettre à Me Philippe Depage de terminer sa plaidoirie pour Pierre Laurent, le stakhanoviste malheureux de l'entreprise. Avec succès, puisque une prévention d'escroquerie a été virtuellement abandonnée par l'accusation, tant le rôle des banques fut sujet à critiques. Un exemple. Il est prouvé que dans plusieurs cas, CCF a averti la banque qui avait reçu une traite client en garantie, que ledit client avait remboursé son prêt, principal et intérêt. La banque n'a pas restitué le document, et, au moment de la faillite, faisant un usage manifestement abusif de la rigueur cambiaire, elle a exigé sur base de la traite non restituée un deuxième remboursement du prêt. Il eût été assez abusif de continuer d'en faire le reproche à Pierre Laurent. Encore le tribunal devra-t-il se prononcer sur le fait de savoir si le prévenu avait le droit de se dessaisir de la traite...
Le procureur s'est beaucoup intéressé à une entrée mensuelle de 50.000 francs sur le compte de Pierre Laurent, à charge d'une société filiale de CCF. Etait-ce un salaire? Non, dira le prévenu. C'était une manière imaginée par Gherardi pour me dédommager d'une somme que me devait M. Benoît de Bonvoisin, somme toujours impayée..
- Tiens, tiens, fort intéressant dit M. Godbille.
Il ne nous étonnerait pas que certaines pièces de ce dossier se retrouvent dans dix jours en chambre du conseil, où le procureur a rendez-vous avec M. Benoît de Bonvoisin pour une autre affaire.
Répliques et fin des débats ce vendredi.
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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Lun 30 Nov 2009 - 13:10

Correctionnel de Bruxelles



VAN DAMME,GUIDO

Samedi 3 juin 1989
Correctionnel de Bruxelles
Autopsie
d'une faillite:
orgueil et prétention
Au terme des débats que la 49e chambre correctionnelle, présidée par M. J. Nys, a consacrés au fameux krach Van Wijck et consorts (Richard Van Wijck, Giorgio Gherardi et Pierre Laurent), la conclusion générale formulée par la défense rejoint celle du juge d'instruction M. Collin: cette faillite fut celle de l'orgueil et de la prétention.

Ce sont, en affaires, deux vices qui peuvent avoir des conséquences lourdes. Dans le cas présent, on a pu estimer le passif à plus de 700 millions. Mais il faut remarquer tout de suite - et c'est capital pour les prévenus - qu'aucun d'eux ne s'est trouvé dans la situation de l'escroc ordinaire qui va, sans vergogne, puiser volontairement l'argent dans la poche de son voisin. Ce qui signifie que, finalement, après avoir entendu ces deux sons de cloche, on a l'impression que cette affaire aurait pu normalement trouver sa place devant une chambre civile plutôt que pénale.
On a aussi tenté de politiser l'affaire. Richard Van Wijck n'était-il pas le bailleur de fonds des extrémistes de droite? Quand on a entendu au cours de ce procès les propos méprisants de Richard Van Wijck «pour cette bande d'excités», on se dit que la prescription devrait jouer au moins sur ce chapitre. Les Chevaliers du Rouvre et autres fredaines extrémistes, c'est, pour lui, du passé lointain déjà.
Creuser son trou
Rien de pulpeux à l'origine. On trouve une association qui va exploiter le bon portefeuille de prêts personnels aux fonctionnaires européens qu'apporte Pierre Laurent, l'aîné, le sage, mais aussi le peu écouté. Alors, le trou béant se trouve être la conjonction de toute une série de facteurs.
1. On a voulu moderniser, être à la page. Donc, au lieu des modestes bureaux de M. Pierre, on achète un immeuble de prestige, avenue Franklin Roosevelt.
2. On a voulu diversifier les activités. Hélas! dès que l'on quitte le terrain où, parfaitement à l'aise, on faisait d'honnêtes bénéfices, voilà qu'on s'expose à toutes sortes de désillusions coûteuses. Et deux d'entre elles seront ruineuses.
3. Mauvais calcul de Giorgio Gerardhi lorsqu'il s'aventure dans le secteur des assurances. Avec l'une de ses filiales, il achètera un portefeuille d'assurances maritimes où se trouvent beaucoup de vieux bateaux qui sombrent (au réel comme au figuré) à une cadence désespérée. La profession l'oblige à augmenter son capital: il va forer des trous ailleurs pour y parvenir.
4. Mauvais calcul de Richard Van Wijck, dont les fantasmes politiques de droite engloutissent d'abord sa fortune personnelle puis celle du groupe lorsqu'il se prend les doigts dans les engrenages d'une presse incertaine. Il va perdre un nombre considérable de millions dans l'aventure de Spécial-L'Éventail.
5. La cheville ouvrière du groupe, Pierre Laurent, qui se veut être un indépendant, va se trouver en fait dans une relation de subordination. Il sera l'exécutant. Il réagira, mais trop tard.
6. La folie des grandeurs qui a atteint cette PME financière est malheureusement encouragée par les banques qui ont ouvert des lignes de crédit inconsidérées. Pour elles, ce n'était qu'un épisode de marché. Les taux d'intérêt étant alors fort élevés, les banques pratiquaient du forcing pour placer leurs sous. Elles exigeront des traites en garantie, et elles les écouleront avec un certain cynisme, sachant que chacun de leurs procès sera gagné devant un tribunal de commerce fort attaché aux principes de la rigueur cambiaire. Mais, au moindre mauvais vent, on étranglera cette petite entreprise de financement.
Arrière-garde
Les problèmes que cette faillite frauduleuse ont posés au tribunal ne sont pas simples. M. Nys se trouve d'abord confronté à une série de démarches qui tendent à l'empêcher de se prononcer sur le fond.
1. La prescription. Oui, les faits datent, et, si la seule prévention de faux dans un dossier de tentatives de corruption d'un journaliste de gauche s'effondre, la seule qui relie l'ensemble du dossier au temps limite de la prescription, il n'y a plus qu'à renvoyer chacun chez soi, avec le sentiment amer que des gens ont subi un grave préjudice sans avoir obtenu de réparation pénale.
2. L'extradition. Elle ne concerne que Ghiorgio Gherardi. Si les conditions fixées par le traité entre la Suisse et la Belgique n'ont effectivement pas été respectées, il ne reste plus qu'à donner au prévenu italien son billet d'avion pour Genève.
3. Violation du secret de l'instruction. La production d'un document de la Sûreté concernant Richard Van Wijck, assorti d'un P.-V. d'une audition chez le juge d'instruction, fit l'effet d'une bombe. Non désamorcée avant la fin des débats, ou bien cette bombe fera sauter toutes les préventions, ou bien elle s'enfoncera comme un vieux pétard mouillé.
4. L'instruction a elle-même innové, mais a ainsi amené le tribunal à devoir travailler le dos au mur de la prescription. En effet, en permettant à la défense de prendre connaissance du premier rapport de l'expert Ghyoot, M. Collin aura sans doute été un des pionniers de l'instruction contradictoire. La défense aura eu tendance à abuser de cette générosité.
Au pénal, les trois prévenus ont sollicité la suspension du prononcé. Le jugement sera rendu le 28 juin.
Avant de se mettre en délibération, le tribunal a encore entendu une réplique du procureur, M. Jean-François Godbille.
Le juste est le but, dont le droit n'est qu'un moyen. Je me battrai jusqu'au bout contre la prescription.
Le procureur repasse une dernière fois toutes les préventions en revue. Puis il ajoute:
Qu'on ne me dise pas, M. Van Wijck, que vous ignoriez les crédits que vos sociétés accordaient à M. de Bonvoisin.
Rideau. Le bon acteur est celui qui, après la dernière scène, s'arrange pour faire connaître au public le titre de sa prochaine pièce.
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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Lun 30 Nov 2009 - 13:46

de l'info concret sur les liens entre Gherardi et Banco Ambrosiano ou autres elements du reseau "P2"?
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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Ven 4 Déc 2009 - 10:14

LA PRESCRIPTION SE PROFILE A L'HORIZON POUR LE KRACH AUX SIX CENTS MILLIONS...

VAN DAMME,GUIDO
Jeudi 29 juin 1989
Tribunal correctionnel de Bruxelles

La prescription se profile à l'horizon

pour le krach aux six cents millions...

Joli succès pour le procureur Jean-François Godbille: à part une utilisation dite abusive d'une carte American Express et quelques broutilles, le tribunal correctionnel de Bruxelles présidé par M. J. Nys a estimé établies toutes les préventions mises à charge des trois prévenus du fameux krach aux six cents millions.

Richard Van Wijck a été condamné à 15 mois de prison avec sursis, Pierre Laurent à 18 mois de prison avec sursis et Giorgio Gherardi (désigné par le jugement comme le véritable machinateur de toutes les magouilles) à trois ans de prison, également avec sursis. Il a été fait droit à toutes les demandes des nombreuses parties civiles.

Giorgio Gherardi brillait par son absence. Craignait-il une arrestation immédiate?

La lecture du jugement a pris toute la matinée de mercredi. Le président Nys a d'abord déblayé toute une série d'obstacles juridiques. D'un revers de la main, il a écarté la demande de surséance, les objections formulées contre l'application de l'extradition en ce qui concerne Gherardi, et surtout la thèse de la prescription.

On sait que l'ensemble des nombreuses préventions, reliées entre elles par l'unité d'intention, n'échappent à la prescription que par un des dossiers de la cause: le faux prêt accordé à un couple qui servait de prête-nom, prêt qui était en réalité destiné à acheter le silence d'un ancien leader de l'extrême droite qui se faisait fort de faire taire l'hebdomadaire Pour dans une campagne dirigée contre Richard Van Wijck. La prévention de faux a été retenue, et la date de la prescription est ainsi refoulée au 7 novembre 1989.

Van Wijck est dit responsable de la présentation des faux bilans, ou bilans enjolivés, le tribunal refusant qu'un administrateur tente de refouler la responsabilité sur des comptables exécutants. Gherardi est dit coupable de détournement d'actif d'une société en déconfiture, et Pierre Laurent est dit coupable d'avoir détourné le projet immobilier Ecuyer à son profit. Tous trois sont déclarés coupables de banqueroute frauduleuse et de banqueroute simple.

Comme tout le monde a plaidé le nez penché sur les calendriers de la prescription, le président Nys s'est dispensé du ridicule de rappeler aux condamnés qu'ils avaient quinze jours pour interjeter appel. En clair: si le parquet désire réellement gagner cette bataille de criminalité en col blanc, il faudra faire en sorte que l'arrêt de la cour d'appel intervienne avant le 7 novembre. Des devoirs de vacances en perspective!

G. V. D.

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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Lun 7 Déc 2009 - 13:00

Pourquoi pas d'antenne mafieuse
sur la capitale de l'Europe?...
Deux témoignages, lundi après-midi, pour la commission parlementaire d'enquête sur le banditisme et le terrorisme: d'une part, le ras-le-bol de l'adjudant prépensionné Dussart (BSR de Wavre), qui rend des magistrats et des officiers supérieurs de la gendarmerie responsables du blocage de ses enquêtes et les accuse d'avoir ensuite «cassé» ses équipiers; d'autre part, la remarquable analyse du substitut bruxellois Jean-François Godbille (magistrat de la section financière, coordinateur des dossiers des négriers), qui, à partir du tissu financier, jette un autre regard sur la grande criminalité. Les questions qu'il soulève émergent de l'examen de plus de deux cents dossiers et d'informations complémentaires cueillies dans la presse, qui donnent à penser que la Justice belge a peut-être aujourd'hui à lutter contre les ramifications d'une vaste organisation mafieuse cherchant à la neutraliser.

«J'ai constaté dans certains dossiers financiers que des criminels de droit commun agissaient avec plus de facilité que dans d'autres affaires, dit M. Godbille. J'ai cherché les liens, dans des dossiers comme ceux de la faillite du Crédit commercial et financier, dans les dossiers des négriers, dans le dossier du blanchiment de l'argent de Patrick Haemers et bien d'autres. J'ai fait un travail intitulé «dossier amalgames» dans lequel, à travers des liens contractuels, de parenté entre des personnes dont les noms reviennent dans bien des affaires, j'ai essayé de décrypter un marché, de décrire un tissu social et économique avant de pouvoir dresser sur cette trame une carte de la criminalité et d'en rechercher les mobiles. La criminalité financière rapporte plus que la criminalité de droit commun, elle joue avec les frontières, avec la fluidité de l'argent, elle court moins de risques quand on connaît les pauvres moyens dont la Justice dispose. Quand on sait que l'argent de la drogue représente 10 % du produit brut mondial, qu'il arrive dans des circuits financiers à l'époque où Bruxelles en devient la capitale européenne, quand on sait que 95 % de nos dossiers financiers sont aussi des dossiers de criminalité, nous nous posons des questions.
«J'ai constaté, dans l'affaire improprement appelée Van Wijck,- qu'il existait d'importantes ramifications avec l'Italie, la banque Ambrosiano, des milieux criminels en Belgique. J'ai dit au procès de M. Gherardi qu'il avait importé des méthodes mafieuses chez nous, qu'il était arrivé avec un panel dont certains noms nous étaient connus. Nous aurions pu avoir cinquante prévenus, nous nous sommes limités à trois personnalités déterminantes de l'organisation, pour ne pas courir le risque d'arriver au délai de prescription. Un certain Albert Lambert, président de Forces nouvelles, qui était intervenu chez Garot (Pour) pour que certaines informations ne soient pas publiées, connaissait Gherardi qui menait, lui, à de troubles liens avec Karel de Lombaerde (WNP). En essayant de comprendre l'économie souterraine, on découvre toujours une série de personnes dans un milieu relativement important mais aussi relativement canalisé, ce qui est plutôt rassurant. Je ne cherche pas les tueurs du Brabant ni l'assassin de M. Mendez, mais je trouve des choses...»
Benoît de Bonvoisin
et la Sûreté
M. Godbille parle de personnages honorables mouillés par imprudence, des risques pris par des enquêteurs, de manipulations, de campagnes de dénigrement. Il cite l'exemple du baron Benoît de Bonvoisin:
«On ne lui reproche que des délits financiers. Il est présumé innocent. La note de 1981 de la Sûreté permettait d'autres imputations auxquelles j'oppose ici un démenti formel. Les ministres Gol et Moureaux aussi, je pense, ont dit qu'il y avait des inexactitudes. Il est normal de le dire. M. de Bonvoisin a porté plainte. Il y voit une cabale de fonctionnaires contre lui. S'agit-il d'informations simplement inexactes ou y a-t-il intention malfaisante? Des fonctionnaires de la Sû-re-té ont-ils voulu nuire à un homme qui envisageait une carrière politique? Je ne peux pas répondre: l'affaire est à l'instruction.»
Tout le monde, ajoute-t-il en allusion au sobriquet de baron noir dont certains affublent Benoît de Bonvoisin depuis huit ans, n'est pas aussi noir qu'on le dit. «N'essayons pas de jouer le jeu de nos adversaires», conclut-il.
Il n'est pas inutile de préciser ici que, dans le cadre du dossier de l'incendie de Pour, dont nous avons reparlé il y a un mois, Benoît de Bonvoisin n'a jamais été cité que par Jean-Claude Garot, au lendemain de l'incendie, et qu'il n'a jamais été judiciairement impliqué.
Le substitut Godbille donne des exemples d'infiltration des systèmes, le PIO privé dans l'armée, le groupe G à la gendarmerie, des membres du Front de la jeunesse à la PJ. Il rappelle les rumeurs fantaisistes de coups d'État en coulisse de dossiers délicats et se demande si des réseaux mafieux n'ont pas réussi à piéger des milieux financiers, politiques, avant de retourner leurs armes contre le pouvoir judiciaire en essayant d'y semer la défiance.
Nous reviendrons sur l'analyse de M. Godbille qui a fait certains rapprochements aussi avec la loge italienne P 2 et les réseaux du SAC (Service d'action civique) français.
Coup d'État
de l'Opus Dei?
Comme nous reviendrons sur la déclaration écoeurée de l'adjudant Dussart et sur son appel aux députés pour qu'ils réhabilitent ses coéquipiers de la gendarmerie de Wavre, injustement traités, selon lui, pour avoir, dans les enquêtes sur l'attaque de l'armurerie Dekaise, en 1982, à Wavre, puis sur la pendaison du chef du WNP Paul Latinus, cherché à vérifier des informations reçues dans l'anonymat.
M. Dussart parle de fuites au parquet de Nivelles, d'enquêtes bloquées quand elles prenaient la direction de l'extrême droite ou de fonctionnaires de la Sûreté. Il parle de rapports disparus à la BSR de Bruxelles ou détruits à la Sûreté. Il met en cause le procureur Deprêtre et des officiers supérieurs de la gendarmerie. Ce sont les raisons qui l'ont poussé, lui et ses équipiers, à piéger un important rapport de synthèse (affaire Dekaise) en 1983 et à garder une vingtaine d'apostilles non exécutées (affaire Latinus) dans ce dossier classé sur insistance du parquet général.
M. Dussart parle aussi de deux membres de la noblesse qui, sous le couvert de l'anonymat, l'ont informé, fin 1985 et début 1986, d'un projet de coup d'État qu'aurait fomenté un groupe de neuf membres de l'Opus Dei. Il a surveillé une douzaine de fois le prieuré de Dongelberg (près de Jodoigne), propriété où se tiennent des réunions de l'Opus Dei. Ajoutons - pure coïncidence sans doute - mais c'est dans le chemin creux qui mène au château qu'a été découverte la voiture abandonnée d'un Allemand impliqué dans le dossier Patrick Haemers...
Tout se tiendrait-il donc?
RENÉ HAQUIN.

_________________
"Ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve."
( Dr. Robert RENDU)
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jc1243401



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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Lun 7 Déc 2009 - 13:52

Ouf, c'est Godbille qui le dit. Si ça avait été Bouten ... !!
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K



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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Jeu 25 Juil 2013 - 16:11

le bon voisin pag152

Citation :
..les déclarations de Francis  D. lues au proces de Richard van Wijck selon lequel le front était chargé d'infilter la PJ;


c'est donc pour cela que Calmette qui habitait probablement déjà à cet époque tout près de la maison d'édition de van Wijck au drève de nivelles (voir godbille)


Calmette situé comme Barman ds le café de la PJ de bruxxellles à deux pas du palais à relire , où ,.

magneto chez asco et magneto ici et magneto là pour les victimes cela s'appelle polyvalence ?
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HERVE



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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Ven 1 Aoû 2014 - 15:30


On retrouve une trace de Crédit Commercial et Financier (CCF) et de Giorgio Gherardi (Dandolo) au Panama ...

http://ohuiginn.net/panama/company/id/78827

http://ohuiginn.net/panama/company/id/63920

CREDIT COMMERCIAL ET FINANCIER, S.A.

Directors

•GIORGIO GHERARDI
•HENRI XUEREF  
•THEO VAN HELVOORT (google)

(THEO VAN HELVOORT était le bras droit de Richard van Wijck)

Subscribers

•ALCIBIADES SAUCEDO
•RUBEN QUIROS

Agent

•RODRIGO ZUNIGA

Date Registered

1980-12-02


GIORGIO GHERARDI

Director

•THAMES FINANCIAL LIMITED CORP.
•CREDIT COMMERCIAL ET FINANCIER, S.A.
•WORLD MOVIE PRODUCTION S.A.
•FUTURES INVESTMENTS S.A.- -.-


HENRI XUEREF

Director

•CREDIT HOLDING COMPANY, S.A.
•THAMES FINANCIAL LIMITED CORP.
•CREDIT COMMERCIAL ET FINANCIER, S.A.


THEO VAN HELVOORT

Director

•CREDIT COMMERCIAL ET FINANCIER, S.A.

_ _


http://www.tenboome.webruimtehosting.net/phpBB3/viewtopic.php?f=9&t=1923

Theo VAN HELVOORT, beheerder vennootschappen. Nederlander, die in Luxemburg woont. Heeft belangen in CREDITHOLD (zie SEGI).

SEGI, ' Societe Européenne de Gestion Industrielle". Werd gesticht op 6 april 1976 en was gevestigd in de privé-club "L'Intimité" op de Louisalaan te Brussel. Het gebouw is eigendom van de gebroeders de Marcken de Mercken. Ontmoetingsplaats voor ultra-rechtse personen. SEGI was een mantelorganisatie van CREDITHOLD uit Luxemburg en van het Zwitserse CREDITO COMMERCIALE.
(bronnen: Belgisch staatsblad, Trends van 1515176 en Knack van januari 77).

BERNARD de MARCKEN de MERKEN, beheerder vennootschappen. Gemeenteraadslid voor de P.S.C. te Etterbeek. Medewerker aan het ultra-rechtse blad N.E.M. (Nouvelle Europe Magazine). Lid van CEPIC, rechtse fractie van de P.S.C.

Pour information (tiré d'un document sur les avions renifleurs) :




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sinope



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Date d'inscription : 06/10/2015

MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Sam 10 Oct 2015 - 15:57

Est ce que le president Nys a un lien de parenté avec les victime du Delhaize de Overjise , Dirk Nys et Elsie Nys?????
Dur à savoir probablement ....
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K



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Date d'inscription : 15/02/2009

MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Sam 10 Oct 2015 - 22:06

non ,il suffit d'aller à la commémoration à Alost et de le demander à sa famille

mais c'est pas le moment là je pense

c'est trop tard

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K



Nombre de messages : 7282
Date d'inscription : 15/02/2009

MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Sam 10 Oct 2015 - 22:09

Citation :
magneto chez asco et magneto ici et magneto là pour les victimes cela s'appelle polyvalence ?

donc personne a saisi le jeu de nom
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totor



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Date d'inscription : 11/11/2012

MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Dim 11 Oct 2015 - 20:27

K a écrit:
Citation :
magneto chez asco et magneto ici et magneto là pour les victimes cela s'appelle polyvalence ?

donc personne a saisi le jeu de nom

comme souvent avec vous, devinettes sans intérêt qui font perdre du temps
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K



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Date d'inscription : 15/02/2009

MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Lun 12 Oct 2015 - 8:18

surtout pour ceux qui sont là pour nous égarer et interrompre une discussion interessante comme celle des 25 témoins de Wavre qui n'était pas a sa place soi -disant puis après aucune réaction con-structif de votre part pour avancer la recherche de ce qui c'est passer devant la porte de Dekaise.

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MessageSujet: Re: Crédit commercial et financier (CCF)   Aujourd'hui à 2:54

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