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 Mathot, Guy

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michel
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MessageSujet: Mathot, Guy   Mer 5 Mai 2010 - 13:25


Guy Mathot (Saint-Séverin-en-Condroz, le 26 avril 1941 - Liège, le 21 février 2005) est un homme politique belge de langue française, membre du Parti socialiste.
Biographie [modifier]

Après avoir obtenu un diplôme de Licencié en sciences biologiques (groupe des sciences botaniques) de l'Université de Liège, Guy Mathot se tourna vers la politique. Il restera surtout connu pour son implication dans l' affaire Agusta, où il fût soupçonné de détournements et de corruption. .
Parcours politique [modifier]

1968-1972 : Secrétaire national du Parti socialiste.
1970 : Bourgmestre de Seraing
1971 : Député
1977 : Ministre des Travaux publics et des Affaires wallonnes dans le gouvernement Tindemans
1980 : Ministre de l'Éducation nationale
1980 : Ministre de l'Intérieur et du Budget
1981 : vice-Premier Ministre et Ministre du Budget
1987 : Sénateur provincial
1988 : député fédéral
1991 : Sénateur
1992 : Ministre des Affaires intérieures, des pouvoirs locaux et des travaux subsidiés dans le gouvernement wallon de Guy Spitaels.
1994 : Levée de son immunité et démission de ses mandats politiques, après sa mise en cause dans le dossier Agusta. Il est inculpé la même année de corruption passive.
1998 : Blanchi par la justice de toutes les accusations portées contre lui
2000 : Redevient Bourgmestre de Seraing.
2003 : Elu à la présidence de la fédération liégeoise du PS
2005 : S'éteint au Centre hospitalier régional de la Citadelle (CHR, Liège) le 21 février 2005 après une longue maladie.


Source : Wikipédia

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"Ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve."
( Dr. Robert RENDU)
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michel
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MessageSujet: Re: Mathot, Guy   Mer 5 Mai 2010 - 13:26

Je vois de recevoir ceci, traduction d'un article en néerlandais :

L'intrusion de Moureaux

André Cools a fait espionner Guy Mathot par des officiers militaires à la retraite

G. Temmerman

Un soir, au début des années 80, une voiture quitte Bruxelles pour Liège, en route pour une étrange aventure. Au volant, Philippe Moureaux, l'actuel homme fort du PS bruxellois, à l'époque chef de cabinet du ministre PS Guy Spitaels. A bord, trois officiers de l'armée pensionnés, les conseillers militaires les plus importants du parti socialiste wallon, connus sous le nom de "socquettes rouges". Il s'agit du général-aviateur Guy Sokay, du commandant de l'armée Henri D'Hondt et du colonel d'aviation Mike Viseur. Normalement, leur tâche est de veiller à ce que le flux de commandements arrive sans interruption à l'industrie wallonne de l'aviation. Ce soir-là ils ont prévu de commettre un cambriolage.

Le but du voyage est une maison du Sart-Tilman, sur les hauteurs de Liège, plus précisément située sur la Route du Condroz. C'est là qu'habite Georges Cywie, un homme d'affaires totalement inconnu du grand public à l'époque. Il fait déjà nuit quand ils arrivent à destination. Ils descendent de la voiture et tentent de déchiffrer le nom sur la sonnette. Les lumières du jardin s'allument brusquement. Un homme furieux crie "Et alors les rigolos, vous avez fini votre cinéma ?" Les quatre "visiteurs" s'enfuient vers leur véhicule et foncent vers Bruxelles comme quatre garnements qui se sont fait attraper.

Quelques temps après, Moureaux retourne à la villa de Cywie, accompagné cette fois d'Eliane Van Vreckom, l'amie du ministre PS Guy Mathot. Il semble que Van Vreckom dispose d'une clef de la maison. Cette fois ils ont plus de chance : les propriétaires sont absents. Moureaux et Van Vreckom fouillent la maison mais doivent s'en retourner les mains vides. Que cherchait Moureaux ? Et pourquoi prenait-il de tels risques, allant jusqu'à comettre une véritable intrusion ?

Bien des années plus tard, Moureaux a expliqué son curieux comportement à la cellule Cools, qui, sous la présidence de Véronique Ancia, enquêtait sur l'assassinat du ministre liégeois. "Je me souviens d'une conversation avec André Cools, qui me racontait que Guy Mathot, ministre des Travaux publics à l'époque, était dans le pétrin suite à des menaces de son amie Van Vreckom. Après cela j'ai parlé avec elle, en présence du général Sokay. Van Vreckom nous dit qu'il existait une cassette compromettante pour Vanden Boeynants et son entourage. D'après elle, cette cassette se trouvait dans une villa des environs de Liège, plus précisément au Sart-Tilman. Nous nous sommes rendus sur place. Van Vreckom possédait la clef. Il n'y avait personne dans la maison, mais nous n'avons trouvé ni cassette, ni documents."

Georges Cywie, surnommé Rastapopoulos en référence au bandit dans Tintin, est lobbyiste et marchand d'armes. Il ne veut pas l'admettre. "Je n'ai jamais vendu la moindre balle, ni révolver ni canon" a affirmé celui qui a conclu des dizaines de contrats d'armements avec l'armée belge. Il est spécialisé en matériel électronique et de pointe, comme des systèmes de radars et de communication, et a travaillé depuis le début des années 70 comme représentant du top des entreprises d'armement israéliennes.

Dès le tout début de sa carrière, Cywie a pu compter sur le soutien de Vanden Boeynants. Celui-ci est intervenu pour la première fois en sa faveur en 1973, lorsque Cywie fut appelé sous les drapeaux. Cywie cherchait-il à échapper à son "devoir patriotique" ? Toujours est-il qu'il fut absent pendant plusieurs jours et que le commandant du Petit Château aurait dû le considérer comme déserteur. Alfred Leroy, qui commandait à l'époque le centre de recrutement et de sélection de l'armée, déclara à la justice que "normalement Cywie aurait dû être incarcéré". Si cela ne s'est pas produit, c'est grâce aux interventions du ministre de la Défense. "Je sais qu'à l'époque, Henri-François Van Aal, ministre de la culture française, est intervenu afin que Cywie puisse sortir" a-t-il déclaré. "Comme le règlement militaire le prévoit, il aurait dû être enfermé".

René Leroy a expliqué à la cellule Cools le coup de téléphone qu'il avait reçu du colonel René Lambinet, attaché militaire au cabinet du ministre de la Défense, qui lui demandait de permettre à Cywie de quitter le Petit Château. Cywie semblait avoir un rendez-vous avec Georges Algoet, chef de cabinet de Vanden Boeynants. Leroy : "Déjà à l'époque, Cywie était directeur d'une entreprise d'appareils électroniques. Il avait mené plusieurs négociations avec le cabinet. Par après, Cywie m'a raconté qu'il avait obtenu une commande de la Défense pour des radars sur des bateaux de la force navale à Ostende. Il précisait que, pour avoir le contrat, il avait dû donner 2 millions à Aelgoet. Cette commission secrète était destinée à VDB. Aelgoet l'avait exigée."

Lorsque la déclaration de Leroy a été rendue publique pour la première fois dans le Morgen du 18 juin 1998, Cywie a réagi par un droit de réponse et a accusé le journal de calomnie, atteinte à son honneur et non-respect du secret professionnel. "En fait, je n'ai jamais été l'objet de poursuites sur le plan des obligations militaires et je n'ai jamais non plus versé 2 millions", a fait savoir Cywie. Mais il a néanmoins confirmé notre article "Etant donné que je dispose de la double nationalité française et belge, je me suis d'abord vu obligé d'accomplir mon devoir militaire en France. La Belgique n'a pas tenu compte de ma double nationalité et les autorités militaires m'ont informé que je devais également accomplir mon service militaire en Belgique. Je l'ai donc fait à Saive et à Bierset, entre octobre 1974 et juin 1976. Je n'ai donc jamais, au grand jamais, été considéré comme déserteur."

Dans son droit de réponse, Cywie affirme que : "les premiers contacts que j'ai eus avec les forces armées devaient dater d'une période qui suivait mon service militaire." Auparavant, Cywie avait affirmé exactement le contraire à l'hebdomadaire Knack. "J'avais des relations extraordinaires avec l'armée belge" déclarait-il dans une interview. "En 1972-73, j'avais déjà livré à la marine belge un système de communication israélien." De même, pendant son audition par la cellule Cools, il situait ses premiers contacts avec le ministère de la Défense avant le début de son service militaire. "Le premier contrat que j'ai obtenu du ministère de la Défense date de 1972, sous le ministre Vanden Boeynants", déclare Cywie. Il s'agissait d'un contrat de simulateurs pour la force navale, pour un montant de 80 à 85 millions de francs. Dans le cadre de ce contrat, j'étais souvent en rapport avec le chef de cabinet adjoint Aelgoet et avec le commandant Lambinet, le représentant, au cabinet, de la force navale. C'est le seul contrat que j'aie obtenu sous le ministre Vanden Boeynants.

Il était difficile pour Cywie de nier ses relations avec Algoet, le chef de cabinet de VDB. "En novembre 1979, j'ai acheté un appartement à Anzère en Suisse avec Georges Aelgoet", a-t-il déclaré à l'hebdo Knack. "Rien de plus. Au début de ma carrière, Aelgoet m'a toujours soutenu et est ainsi devenu l'un de mes amis les plus intimes. Il est décédé en 1981. Depuis, c'est sa fille qui est copropriétaire de l'appartement". Rien de plus ? Cywie tait pudiquement le fait que Cécile Aelgoet, la fille de Georges, a également travaillé au cabinet VDB. En outre, il ressort de l'enquête judiciaire sur l'affaire Agusta que Cécile Aelgoet était co-titulaire, avec Varda Skowron, la femme de Cywie, d'un compte à la banque lausannoise Anker. D'après Skowron, le compte était ouvert au nom de "Algoet et Cywie". Toujours selon ses déclarations, elle aurait ouvert ce compte avant d'épouser Cywie en 1969. Le changement de nom serait intervenu après. Skowron : "Aelgoet est le nom de Cécile Aelgoet, une amie à moi avec qui je suis copropriétaire d'un chalet dans le Valais." Le chalet en question, à ne pas confondre avec l'appartement d'Anzère que Monsieur Cywie aurait soi-disant acheté avec Georges Aelgoet, Mme Cywie l'aurait reçu en héritage de ses parents.

Avant qu'il commence son service militaire, Cywie était déjà le patron de la firme Eurotronics, une maison qui importait du matériel électronique depuis Israël et les Etats-Unis. En 1975, lorsque cette société est tombée en faillite, pendant son service militaire, Cywie a immédiatement démarré MCA-Tronics. Au départ, il livrait des composants électroniques à des entreprises telles que Burroughs, Philips, MBLE et Bell Téléphone. Cywie s'est assez rapidement concentré sur des commandes de l'armée et il est devenu le représentant en Belgique des plus grandes entreprises d'armement comme Elbit, Tadiran, IMI, BATS et Israël Aircraft Industries (IAI).

Confronté à l'histoire de l'étrange cambriolage de sa maison par Moureaux et Van Vreckom, Cywie a failli tomber de sa chaise. "C'est trop dingue" a-t-il répondu. Pourtant, Mike Viseur et Van Vreckom avaient entretemps confirmé les dires de Moureaux. (Guy Sokay et Henri D'Hondt n'ont pu être interrogés, ils sont décédés). "Pur mensonge, une manipulation pour me mettre dans une position fâcheuse" fulmine Cywie. "Je persiste à dire que Van Vreckom n'a jamais mis un pied dans ma maison."

Mais sur ce point aussi, Cywie a été formellement démenti, et par rien moins que sa propre secrétaire, Martine Bailleul. Elle situait l'amitié entre Cywie et Van Vreckom entre 1976 et 1980. "A l'époque, les bureaux de Cywie se trouvaient encore à son domicile privé, route du Condroz. Mon bureau se trouvait dans une pièce à côté de la cuisine. J'étais la seule employée à ce moment-là. Un jour que madame Cywie était en voyage en Israël, j'entre dans la cuisine pour me préparer un café. Je fus surprise d'y trouver une jeune femme blonde, plutôt jolie, que je n'avais jamais vue. Je me suis excusée, j'ai refermé la porte et suis retournée dans mon bureau. Peu après, la jeune femme est venue m'apporter un café. Nous n'avons rien dit. Plus tard Cywie est parti en sa compagnie. Le même jour, ou le lendemain, Cywie vint me trouver. Il avait l'air embarrassé. Je n'aurais pas du voir la jeune femme. Il m'expliqua qu'elle était la petite amie de Mathot et qu'elle travaillait comme hôtesse. Je ne sais plus s'il a cité son nom. Je peux vous dire qu'à ce moment-là, je croyais qu'il s'agissait d'une hôtesse de l'air. Ce n'est qu'après que j'ai appris qu'il s'agissait d'une toute autre fonction."

Mathot l'avait dénichée dans un luxueux sauna privé à Maastricht, où elle officiait comme prostituée. D'après Van Vreckom, Cywie entamait au même moment une relation avec l'amie de Van Vreckom, Christine, une brugeoise. "J'ai rencontré Cywie par l'entremise de Christine. J'ai été invitée à un barbecue chez lui, dans la banlieue résidentielle de Liège. Sa femme était en Israël. Cywie a appris que j'avais une relation avec Mathot, sénateur à l'époque. Il m'a demandé de le mettre en contact avec Mathot, parce qu'il voulait faire commerce de composants électroniques."

Ca n'a pas duré longtemps avant que Cools se préoccupe de l'influence de Cywie sur Van Vreckom et donc sur Mathot, son poulain. En 1977, Mathot devint ministre pour la première fois, il reçut le portefeuille de Travaux publics et des Affaires wallonnes dans un gouvernement VDB. A cette époque, Mathot était sous l'emprise de VDB et de ses amis tels Charly De Pauw, le promoteur immobilier, et Aldo Vastapane, le roi du taxfree-shop. Les deux hommes étaient plus à l'aise dans le milieu international des marchands d'armes que ce qu'on pourrait imaginer à première vue. De Pauw ne cachait pas, par exemple, qu'il était un très bon ami de marchands d'armes arabes, actifs au niveau planétaire, comme Adnan Khashoggi et Akram Ojieh.

Dès le moment où Cools s'est aperçu de l'influence néfaste de Cywie, il a envoyé ses espions pour surveiller Cywie de plus près. A cet effet, le parrain liégeois fit appel à deux officiers de l'armée à la retraite : Henri D'Hondt et Michel Viseur, tous deux fidèles du PS. Via le commandant D'Hondt, Cools chargea le colonel-aviateur Michel "Mike" Viseur de surveiller l'affaire. Comme couverture officielle, Viseur fut nommé comme expert scientifique pour les questions d'aviation auprès de Mathot. En réalité, il travaillait comme détective privé pour Cools.

C'est ainsi que Viseur apprit en 1978 de D'Hondt que Van Vreckom était utilisée par Cywie pour lobbyer auprès de Mathot à propos de commandes de l'armée. Le ministre Mathot était membre du comité économique et social du cabinet restreint et avait donc son mot à dire en ces matières. Un jour, Viseur apprit que Cywie et Van Vreckom allaient se rencontrer lors d'un déjeuner dans un restaurant portugais des alentours de la gare du Midi. Viseur : "J'y ai en effet vu Van Vreckom, que je connaissais, et Cywie, que D'Hondt m'avait précisément décrit. Ils étaient installés face à face à une petite table. Je me suis installé dans les environs et j'ai pu entendre des bribes de leur conversation. Cywie se vantait. Il parlait de ses relations avec le cabinet des Affaires économiques, notamment avec un certain Jacobs à qui il pouvait tout demander (il s'agit de Jacques Jacobs, chef du BCCB, le service des Affaires Economiques qui s'occupait des propositions de compensations économiques dans le cadre de commandes de l'armée, GT). Il était aussi question de fusées HawkElip. (La modernisation de ce matériel était une décision de VDB en 1979, GT). J'ai cru comprendre que Van Vreckom devait intervenir auprès de Mathot à propos de ce dossier." Viseur a encore compris qu'on parlait de SAIT, actif également dans la production d'armes, et de Georges Aelvoet, qui fut décrit par Viseur comme "celui qui faisait le sale boulot pour VDB."

Au cours d'une confrontation avec Cywie devant la cellule Cools, Viseur s'en est tenu à sa version des faits. "Certaines expressions de cette conversation me sont restées en mémoire", affirme Viseur. "Je dis conversation, mais il s'agissait davantage d'un monologue. Cywie parlait surtout de contrats militaires. J'ai entendu qu'il parlait de la force navale, d'appareils de télécommunication, et que le nom de SAIT a été cité plusieurs fois. Il disait aussi que le programme Elip était très important pour l'industrie wallonne. Il a cité le nom de différentes personnes, entre autres celui d'un officier de la force navale dont j'ai oublié le nom, qui faisait à l'époque partie du cabinet du ministre de la Défense Vanden Boeynants, un officier qui avait été déplacé à sa demande. (Dans cette description, on reconnaît le colonel René Lambinet, déjà cité, GT). J'ai également retenu le nom d'Aelgoet, que Cywie décrivait comme un très bon ami qu'il avait rencontré en Espagne et avec qui il avait d'excellentes relations. Il a également cité le nom d'un certain Jacobs, un haut fonctionnaire au ministère des Affaires économiques, et a ajouté que, suite à une maladie, ce monsieur n'était plus le même qu'avant. Je ne pourrais quand même pas inventer ce genre de détails. J'ai quitté le restaurant avant les personnes que j'espionnais afin de ne pas attirer leur attention, ce qui fait que je n'ai pas pu suivre toute la conversation."

Viseur a expliqué à la justice que Cywie connaissait déjà Van Vreckom lorsqu'elle officiait dans le sauna de Maastricht où Mathot l'avait rencontrée, "parce que Cywie faisait appel à ses services lors de "soirées spéciales". J'ai rapporté ce que j'avais appris au restaurant portugais à D'Hondt, qui à son tour a informé Cools. Quelques jours plus tard, D'Hondt m'a proposé de l'accompagner, ainsi que Philippe Moureaux, à Liège, afin d'y opérer une reconnaissance de la villa de Cywie. Cette excursion était organisée à la demande de Cools." Viseur a décrit comment Moureaux, D'Hondt, Sokay et lui-même s'étaient rendus un soir, à bord de la voiture de Moureaux, dans la banlieue liégeoise, à une villa du Sart-Tilman dont D'Hondt avait l'adresse. Quand ils ont voulu lire le nom sur la sonnette, ils ont été mis en fuite par une voix d'homme. En 1994, Viseur a déclaré à la cellule Cools qu'il ne savait toujours pas pourquoi ils avaient procédé à ce repérage.

Tout ce qui précède n'est apparu au grand jour que lors de l'enquête sur le meurtre d'André Cools, plus particulièrement grâce aux déclarations de Moureaux, qui, à partir de décembre 1992 – d'abord comme témoin anonyme – envoya l'enquête en direction de Cywie, Mathot et, finalement, vers son plus grand rival politique, Guy Spitaels. Suite aux déclarations de Moureaux et son fidèkle Carol Gluza, la tête du syndicat socialiste de Liège, l'enquête a connu un nouveau virage avec l'arrestation de Cywie pour suspicion de corruption active. A ce moment de l'enquête, le juge d'instruction Véronique Ancia se basait encore sur l'hypothèse – qui s'avéra fausse par après – qu'il existait un lien entre le meurtre de Cools et la corruption autour des hélicoptères Agusta.

Au salon de la force aérienne du Bourget en France, Cywie avait été approché en 1981 par Agusta, qui voulait qu'il devienne leur représentant officiel pour la Belgique. Le groupe italien était candidat à la livraison d'hélicoptères aux forces armées belges. Cywie déclara que : "Agusta s'était séparé de son représentant précédent, André Delhamende, et voulait le remplacer par quelqu'un qui était bien introduit dans l'industrie belge. De nouvelles opportunités s'ouvraient à moi dans le secteur de l'aviation".

Aux yeux du juge d'instruction Ancia, Cywie correspondait parfaitement au profil d'un suspect. Il était clair qu'il avait encaissé une forte commission sur la vente des Agusta, mais on n'en trouvait qu'une toute petite partie sur son compte en banque belge. Ce n'est qu'à un stade beaucoup plus avancé de l'enquête que la justice a pu découvrir que la plus grosse partie de cette commission avait été placée au Luxembourg sur un compte bien camouflé derrière une société off-shore. Le lobbyeur liégeois disposait en outre d'excellents contacts dans le monde politique belge. C'est ainsi qu'est né le soupçon de pots-de-vin distribués par Cywie.

Cywie a été pendant longtemps le premier et seul suspect d'Ancia. Pour sauver sa peau, il mit la justice liégeoise sur la piste d'une série de politiciens, dont Willy Claes et d'autres socialistes flamands, qui n'ont intéressé Ancia qu'en 1995. En 1993, la justice était surtout intéressée par une piste qui conduisait vers Mathot. Dans l'hypothèse d'un lien entre le meurtre de Cools et l'affaire Agusta, l'argent ne serait jamais arrivé sur le compte de Cools et sa fédération PS liégeoise, mais il aurait été détourné par d'autres bonzes du parti. Cools aurait menacé de révéler le scandale. Ceux qui avaient volé l'argent à l'insu de Cools avaient donc une très bonne raison de le faire disparaître.

Les enquêteurs ont découvert que feu André Cools ne boudait pas non plus les pots-de-vin. Quand Cywie a tenté d'approcher le parrain liégeois au sujet des contrats Agusta, il a été rapidement mis en contact avec Jean Dubois, un colonel à la retraite et fidèle de Cools. Dubois était responsable du financement occulte du PS liégeois. Cywie déclarait qu'il avait reçu en septembre 1988, quelques mois avant la signature des contrats, une visite de Dubois. "Il exigeait 15 millions de francs pour le PS liégeois" explique Cywie. "Quand je lui ai demandé comment il arrivait à ce montant, il m'a répondu sans sourciller : parce que c'est un peu plus que ce que les autres offrent". Les bonnes relations de Dubois avec le groupe français Aérospatiale étaient un secret de polichinelle. Ce groupe était le plus gros concurrent d'Agusta en matière de contrats d'hélicoptères.

D'après ce qu'il dit, Cywie n'a pas donné suite à la proposition de Dubois et il a commencé, via un intermédiaire, des négociations parallèles avec Mathot. Celui-ci demanda encore plus, à savoir une commission secrète de 2,5 %, soit environ 160 millions de francs. La justice n'est jamais parvenue à savoir si et combien Agusta aurait éventuellement versé au PS liégeois, mais pendant quelques mois Mathot était le suspect parfait. Il trainait derrière lui une carrière semi-criminelle. En outre, tant Cywie que Mathot niaient s'être connus avant 1988, une affirmation qui est renvoyée au rang de balivernes par des témoins comme Moureaux, Viseur et Van Vreckom. La justice a demandé la levée de l'immunité parlementaire de Mathot, Coëme et Spitaels. Ce qui eût pour seul résultat que Mathot a dû démissionner comme ministre wallon des affaires intérieures en janvier 1994. Au contraire des deux autres Guy qui ont été contraints le même jour à la démission, la justice n'a jamais pu consolider ses accusations à propos de Mathot. Il n'a donc pas été renvoyé en cassation et n'a donc jamais du s'expliquer devant un tribunal, malgré son rôle plus que suspect dans l'affaire Agusta.

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dim



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MessageSujet: Re: Mathot, Guy   Mer 5 Mai 2010 - 13:36

bien michel! bon article
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Henry



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MessageSujet: Re: Mathot, Guy   Mer 5 Mai 2010 - 13:51

Superbe texte, Michel, quelle en est l'origine ? Un livre ? Un article ?
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AC30



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MessageSujet: Re: Mathot, Guy   Jeu 6 Mai 2010 - 14:38

Bon, je n'ai rien contre ceci, mais quand même. j'envoie un article à une personne pour traduction et je vois que cet article arrive sur l'autre site, marrant quand même!!
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AC30



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MessageSujet: Re: Mathot, Guy   Jeu 6 Mai 2010 - 14:40

Et pour répondre à la question d'henry. Il s'agit d'un article qui aurait du sortir dans la presse flamande il y a un moment, mais qui n'est jamais sorti. Le journaliste me l'a transmis, mais ne m'a pas dit pourquoi l'article n'avait pas été publié.
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billbalantines



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MessageSujet: Re: Mathot, Guy   Jeu 6 Mai 2010 - 22:25

AC30 a écrit:
Et pour répondre à la question d'henry. Il s'agit d'un article qui aurait du sortir dans la presse flamande il y a un moment, mais qui n'est jamais sorti. Le journaliste me l'a transmis, mais ne m'a pas dit pourquoi l'article n'avait pas été publié.

Georges Timmerman possède la même info que moi sur la fameuse expédition à la villa liégeoise... rappelez-vous le ministre socialiste de l'Intérieur.
Vous avez la réponse complète maintenant. Avec une inexactitude dans la principale info de l'article.
Cet article ne sera pas publié par la presse car son contenu est explosif.
Cywie n'est pas n'importe qui vous l'aurez compris à la lecture de l'article.
Et son rôle a sans été capital dans les affaires sombres des dernières années.
Par Timmerman, j'ai appris par contre le rôle clé d'ALGOET. Voilà le lien avec le dossier des TBW !!! ALGOET est l'homme des sales besognes de VDB.
Hors l'hypothèse 1 des TBW, c'est l'entourage de VDB les commanditaires.
On avance... non?
La cellule TBW elle ne pourra pas avancer face à ce mur du silence.
Important de savoir qui donne cet article à AC30 et pourquoi maintenant?
Toujours été persuadé que les flamands gardaient cela sous le coude pour les négociations définitives. Ici, il y a de quoi flinguer politiquement MOUREAUX !
Et ce personnage n'est pas rien dans le contexte institutionnel actuel. Il sera de toutes les négociations sur la réforme de l'Etat.
J'attends impatiemment la suite...
Michel, créez SVP un nouveau fil 'INFOS importantes pour la Presse'. Chacun y déposera ce qu'il estime utile de transmettre. Les journalistes feront le tri !
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jc1243401



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MessageSujet: Re: Mathot, Guy   Jeu 6 Mai 2010 - 23:55

Questions

1. l'article ci-dessus est signé G. Temmerman. Ne s'agit-il pas plutôt de Georges Timmerman, ex - " De Morgen " ?

2. AC30 pourrait-sans doute nous dire pourquoi cet article n'a pas paru ( à moins que AC30 ne soit protégé par le secret des sources ) ?

@ Billy : S'il avait fallu " flinguer " Moureaux, cela aurait été fait depuis belle lurette.
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billbalantines



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MessageSujet: Re: Mathot, Guy   Ven 7 Mai 2010 - 22:50

jc1243401 a écrit:
Questions

1. l'article ci-dessus est signé G. Temmerman. Ne s'agit-il pas plutôt de Georges Timmerman, ex - " De Morgen " ?

2. AC30 pourrait-sans doute nous dire pourquoi cet article n'a pas paru ( à moins que AC30 ne soit protégé par le secret des sources ) ?

@ Billy : S'il avait fallu " flinguer " Moureaux, cela aurait été fait depuis belle lurette.

1. C'est le journaliste du Morgen.
2. Censure probable. Trop dangereux sauf si preuves bétonnées. Et puis le scandale risque de ne pas s'arrêter à Moureaux. Raison d'Etat?
3. Moureaux a donné des gages. Il se tait. Mais si on l'implique..., il risque d'avoir moins de scrupules.
4. Dans l'épisode de la villa, une erreur de 'traduction'? Pas une menace de Van Vreckom mais une menace 'sur Van Vreckom'. C'est Cools qui demande de l'aide à Moureaux pour sortir Mathot et Vanvreckom du merdier dans lequel ils se sont fourrés.
Et la cassette? Celle qui n'a jamais existé selon les 'investigateurs' d'Etat?
Que pense BR de tout ceci lui qui a toujours dit que ces histoires de 'complot' étaient du bidon?
Moureaux mouille sa chemise pour des clous? Un ministre 'cambrioleur', c'est vrai que c'est banal...
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lagloupette02



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MessageSujet: Re: Mathot, Guy   Sam 8 Mai 2010 - 10:30

Voici le texte d'origine : "

“Ik herinner me een gesprek met André Cools”, bekende Moureaux, “die me vertelde dat Guy Mathot, destijds minister van Openbare Werken, helemaal in de war was als gevolg van de dreigementen van zijn vriendin Van Vrekom."

S'il s'agissait de menaces sur Van Vrekom, il aurait, à mon avis, écrit op.

Quant au journaliste, en effet, il s'agit de Timmermans, et pas Temmermans comme je l'ai erronément mentionné.

Et enfin, le nom de Van Vrekom s'écrit sans c, contrairement à ce que j'ai bêtement copié de l'article, dans lequel d'ailleurs j'ai relevé encore au moins une incohérence que j'ai corrigée en traduisant.

Puisque je suis ici, j'ai en effet transmis ce doc. à Michel, je n'aurais pas dû le faire, il s'agit d'une erreur de ma part. J'ai d'ailleurs envoyé un mot d'excuses à AC30 dès que je m'en suis aperçue. Voilà pour clore le chapitre de ce fâcheux incident.
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billbalantines



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MessageSujet: Re: Mathot, Guy   Dim 9 Mai 2010 - 1:15

lagloupette02 a écrit:
Voici le texte d'origine : "

“Ik herinner me een gesprek met André Cools”, bekende Moureaux, “die me vertelde dat Guy Mathot, destijds minister van Openbare Werken, helemaal in de war was als gevolg van de dreigementen van zijn vriendin Van Vrekom."

S'il s'agissait de menaces sur Van Vrekom, il aurait, à mon avis, écrit op.

Quant au journaliste, en effet, il s'agit de Timmermans, et pas Temmermans comme je l'ai erronément mentionné.

Et enfin, le nom de Van Vrekom s'écrit sans c, contrairement à ce que j'ai bêtement copié de l'article, dans lequel d'ailleurs j'ai relevé encore au moins une incohérence que j'ai corrigée en traduisant.

Puisque je suis ici, j'ai en effet transmis ce doc. à Michel, je n'aurais pas dû le faire, il s'agit d'une erreur de ma part. J'ai d'ailleurs envoyé un mot d'excuses à AC30 dès que je m'en suis aperçue. Voilà pour clore le chapitre de ce fâcheux incident.

Inexactitude dans l'article? Brouillage de pistes? Je vais m'assurer des propos exacts de Moureaux.
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luanda



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MessageSujet: Re: Mathot, Guy   Dim 21 Sep 2014 - 20:22

Il réclame 2,750 millions d'euros


BRUXELLES La 4e chambre du tribunal civil de Bruxelles a entendu une dernière fois, vendredi, toutes les parties au procès qui oppose l'homme d'affaires Georges Cywie (57 ans) et la société de consultance MCA Tronix, dont il est le gérant, à l'Etat belge et aux sociétés Agusta SPA et Agusta Elis SRL, dont M.Cywie fut le consultant. Les demandeurs réclament 2,750 millions d'euros à l'Etat et à Agusta.

L'affaire avait été plaidée le printemps dernier mais, dans un jugement incidentel prononcé l'été dernier, le juge avait relevé que certaines pièces déposées par les conseils de M. Cywie et de sa société étaient en langue anglaise et qu'aucune traduction ne les accompagnait. Le tribunal avait donc reconvoqué toutes les parties pour que des traductions en bonne et due forme soient déposées avec l'accord de tous. C'est chose faite depuis vendredi et l'affaire est à nouveau en délibéré. Le jugement interviendra dans un délai d'un mois au moins.

Le noeud du dossier soumis au tribunal concerne l'affaire Agusta, du nom de cette firme aéronautique italienne qui a corrompu l'ancien vice-Premier ministre Willy Claes, condamné avec d'autres mandataires du SP lors du procès devant la Cour de cassation en 1998.

En 1993, Georges Cywie, consultant pour des marchés aéronautiques notamment, avait été lui aussi inculpé de corruption et placé sous mandat d'arrêt pendant quelques semaines. Il sera à nouveau arrêté plus tard et purgera un total de 3 mois de prison. Bénificiant du non- lieu, il ne fut toutefois pas poursuivi devant la Cour de cassation puisque considéré innocent aux yeux de la justice. Cywie réclame réparation à l'Etat et à Agusta qu'il désigne comme civilement responsables du pacte de corruption et autres faux en écriture commis par leurs organes, sans lesquels il n'aurait jamais été mis en cause. s

© La Dernière Heure 2004
http://www.dhnet.be/actu/faits/georges-cywie-contre-l-etat-belge-51b7cb95e4b0de6db98ea1f1

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