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 Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)

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SiscoF



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MessageSujet: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Lun 11 Oct 2010 - 7:44

Bonjour,

J'ai lu beaucoup de choses sur le forum concernant "Gladio" et je ne trouve pas ça clair, j'ai même lu parfois n'importe quoi.
Il y a des articles intéressants mais il est difficile de discerner clairement ce qu'était Gladio et les cellules Stay-Behind en Belgique, leur rôle et leurs actions supposées, et tout n'est pas objectif.

Je me permets donc, sans prétention aucune*, de redéfinir brièvement ce qu'étaient les cellules Stay-Behind de l'OTAN et le réseau italien Gladio.

==> Cellules Stay-Behind :

Réseaux clandestins coordonnés par l'OTAN implantés en Europe de l'Ouest dès le début et tout au long de la guerre froide visant à résister à une éventuelle invasion soviétique.

Même si c'est l'OTAN qui les coordonne, elles ont principalement été mises en place par la CIA, les Etats-Unis restant le principal belligérant de la guerre froide. Ceux-ci voulaient bénéficier d'une résistance déjà implantée, organisée et armée avant un conflit, car il aurait été très difficile de la mettre en place une fois celui-ci commencé, sans oublier les dégâts qu'il aurait occasionné.

Elles visent à recruter un certain groupe de personnes ((ex)militaires, (ex)résistants non-communistes, gendarmes & policiers, mais aussi des civils en fonction de leur compétences, de leur position/fonction et de leurs contacts) afin de les former aux différentes techniques de base qui leur serait utile en cas de "réveil" (communication, sabotage, etc.) pour qu'ils deviennent opérationnels en fonction de leur rôle.

Les personnes recrutées étaient formées et encadrées par des militaires et des membres de services de renseignement et le réseau était géré par les services de renseignement du pays hôte.

D'un point de vue moins évident, ces cellules auraient également eu pour but d'influencer la politique du pays hôte afin d'éviter une montée communiste, socialiste ou toute autre politique trop à gauche favorisant une invasion soviétique et compliquant la lutte contre l'URSS, etc.

==> Gladio :

Gladio désigne le réseau Stay-Behind italien uniquement. Il remplit le même rôle que les cellules Stay-Behind dans les autres pays et répond donc à la définition générale.

A l'exception qu'en Italie, Gladio semble avoir été plus qu'une cellule dormante puisqu'apparemment active à un certain niveau. En effet, il aurait pris part à la "Stratégie de la Tension". Cette stratégie de la tension des années de plomb italiennes visait à renforcer la politique (surtout la politique sécuritaire) de l'Etat, le rendre plus fort, essentiellement dans le cadre de la lutte contre le communisme.
Dans quelle mesure ?

Gladio étant un réseau lui-même coordonné par l'OTAN, probablement par le biais de services de renseignement intérieurs d'Italie.
Dans le cas d'un réveil (ou activation) de la cellule dormante, ce sont les services de renseignement extérieurs des pays intéressés dans le cadre de ce réseau (Guerre froide / Résistance anti-soviétique / Lutte anti-communiste & socialiste / etc.) qui seraient venus en jeu, à savoir ici ceux des Etats-Unis puisque ce sont les Etats-Unis qui ont leurs intérêts dans le réseau Stay-Behind. Les bras armé clandestin des Etats-Unis à l'extérieur de ses frontière étant la CIA.

Evidemment, Gladio étant un réseau clandestin, son action doit l'être aussi et cela implique (entre autres) de "faire porter le chapeau" à quelqu'un d'autre. C'est très commun et c'est ce que l'on appelle un "False Flag". Cela consiste à mener une opération en utilisant les marques de reconnaissance de l'ennemi, pour l'accuser et ainsi provoquer des conséquences favorables aux réels instigateurs.
Par ennemi on peut comprendre beaucoup de choses : communistes, extrême-gauche, extrême-droite, banditisme, terrorisme, ... Mais PAS l'Etat, le gouvernement, les services secrets ou autres ...

Les intérêts découlant de ce genre d'actions n'étant pas directement décelables ou tout du moins difficiles à lier.

En Italie, différents attentats sous fausse bannière ont été attribués* à Gladio.
*Des membres officiels de services de renseignement italiens et américains ont confirmé les agissements de Gladio dans le cadre de la stratégie de la tension par le biais de groupuscules extrémistes ou ont été inculpés par la justice malgré l'absence de condamnation judiciaire, fortement critiquée par le gouvernement et le peuple italien.

1°) Attentat de la Piazza Fontana - 12 Décembre 1969 : L'explosion d'une bombe fait 16 morts une centaine de blessés.
L'extrême-gauche est immédiatement désignée comme responsable. L'anarchiste Guiseppe Pinelli est arrêté par la police et meurt défenestré quelques jours plus tard. Le commissaire Luigi Calabresi e
st accusé d'être responsable, initialement par l'extrême-gauche, mais il meurt assassiné 2 ans plus tard.
En 1980 le terroriste néo-fasciste Vincenzo Vinciguerra déclare au juge que l'attentat visait à la proclamation de l'état d'urgence et à pousser l'Italie vers un régime autoritaire.
En 1989, le néo-fasciste Stefano Delle Chiaie est arrêté afin d'être jugé pour sa responsabilité dans cet attentat mais est acquitté.
En 1997, 3 militants néo-fascistes du Mouvement Politique Ordre Nouveau sont mis en examen.
En 1998, un Officier de la US Navy est mis en examen pour sa responsabilité dans l'attentat ainsi que pour espionnage politique et militaire.
Le juge ouvrira également une enquête contre le responsable italien du service de renseignement de l'OTAN ainsi que contre le collaborateur de justice, agent supposé de la CIA ou de Gladio.
En 2004 la Cour d'Appel de Milan annule les condamnations des 3 accusés d'Ordre Nouveau, le collaborateur de justice (agent supposé CIA/Gladio) bénéficiant d'une immunité pour sa participation aux enquêtes.

L'objectif de cet attentat aurait donc été d'instaurer un Etat autoritaire, sécuritaire et d'empêcher le Parti Communiste et dans une moindre mesure le Parti Socialiste italiens d'accéder au pouvoir.

2°) Attentat de la Gare de Bologne - 2 Août 1980 : L'explosion d'une bombe laissée dans une salle d'attente fait 85 morts et blesse plus de 200 personnes.
Les médias indiquent qu'il s'agit probablement d'un attentat mené par les Brigades Rouges (groupe terroriste d'extrême-gauche).
L'enquête (qui dura près de 15 ans) s'oriente néanmoins vers l'extrême-droite.
En 1995, la cour condamna les exécuteurs matériels (2 néo-nazis) à la prison à perpétuité et le grand-maître de la loge maçonnique P2 ainsi que 2 Officiers du service de renseignement italien (SISMI) pour obstruction à la justice.
Le Chef du SISMI fut notamment accusé d'avoir placé une valise d'explosifs sur le train Taranto-Milan en 1981, similaire à celle de Bologne afin d'égarer les pistes.

L'implication de membres du SISMI et du grand-maître de la loge P2 ainsi que l'utilisation de matériel appartenant à Gladio indiquent la participation directe ou indirecte du réseau à l'attentat, toujours dans le cadre de la stratégie de la tension.

On peut se poser la question de savoir si c'était l'ensemble du réseau qui agissait délibérément ou si certains membres hors de contrôle du réseau ont agit sur leur propre initiative par mouvance idéologique ou autre.

==> Stay-Behind en Turquie :

La cellule Stay-Behind en Turquie, dénommée "Contre-Guerilla" a infiltré le groupe terroriste ultranationaliste "Loups Gris".

Une source tangible, l'ancien Premier Ministre turc Bület Ecevit - ayant appris l'existence des cellules en 1974 - affirme que "Contre-Guerilla" (la cellule Stay-Behind turque) est responsable du massacre de la place Taksim à Istanbul, le 1er Mai 1997 lorsque des snipers tirèrent sur une foule de manifestants, faisant 38 morts et des centaines de blessés.

D'autres soupçons se portent sur la responsabilité de l'organisation dans différents actes terroristes (massacres, etc.) au cours des années 1970 et 1980, toujours dans le cadre de la stratégie de la tension.
Différentes sources s'accordent sur ce fait, en mêlant tour à tour le groupe terroriste "Ergenekon" et/ou impliquant la manipulation de la CIA.

==> Stay-Behind en Belgique :

A noter que suite aux événements survenus en Italie, la Belgique a créé le Comité R chargé de contrôler les services de renseignement, notamment afin d'éviter que des événements similaires à ceux survenus en Italie suite à Gladio ne se répètent chez nous bounce

Deux cellules Stay-Behind sont mises en place en 1949.
La première dépend de la Sûreté de l'Etat, service de renseignement intérieur civil, et chargé des réseaux de communication entre la Belgique et ses alliés.
La seconde dépend du SDRA 8 du SGR (Service Général de Renseignement militaire intérieur & extérieur) et chargé de l'organisation de l'action militaire.

Le SDRA 8 était une section du SGR dédié à la cellule Stay-Behind, dépendant donc de l'OTAN. Il était composé principalement d'Officiers retraités et réservistes encadrés par des Officiers actifs (principalement Para-Commandos).
Son rôle était identique au reste du réseau Stay-Behind en Europe : Préparer les cellules dormantes en cas d'invasion soviétique sur le territoire.
Malgré des moyens et un financement limités, le SDRA 8 contre-espionnait au sein de l'armée et de la société civile et a mené différentes opérations, surtout au Zaïre et en FBA (Forces Belges en Allemagne). Détails inconnus.

A noter que le SDRA 8, bien que faisant partie d'un organisme officiel (SGR), était une unité secrète, qui n'était même pas connue du Ministère de la Défense.
Par conséquent, la Belgique mis en place une Commission Parlementaire afin de faire la lumière sur le réseau Stay-Behind en Belgique.
Suite aux révélations sur Gladio et les attentats en Italie (ou avant ?), les Tueries du Brabant Wallon furent soupçonnées d'avoir été perpétrées par des membres liés au réseau Stay-Behind belge, mêlant éléments d'extrême-droite.

Les conclusions du rapport sénatorial de 1991 sur les activités du réseau belge expriment que "du fait même de la nature de celui-ci, des activités criminelles ne sont pas vraisemblables".
Aucun des anciens membres du SDRA 8 n'a été inculpé de délit contre l'Etat et les militaires en activité dans le SDRA 8 sont restés en activité.

Là je me permets une réflexion.
==> Même si le SDRA 8 en tant que tel n'est pas lié aux TBW, peut-on pour autant exclure que certains de ses membres - probablement régis par une idéologie d'extrême-droite, le réseau Stay-Behind et à fortiori ses membres étant par nature même anticommunistes - n'y aient rien à voir ? La CIA de monsieur Bouten n'a pas forcément son rôle à jouer, pour ceux qui discréditeraient immédiatement "le grand complot".

Agissant de leur propre initiative (groupe restreint - exécutants = Agents et/ou Officiers - commanditaires = Agents et/ou Officiers du SDRA 8 ou autre ?), ils ont reçu une bonne formation, ont peut-être accès à différents contacts (armes véhicules, caches, planques, ...), et si jamais ils étaient découverts ou soupçonnés, seraient protégés à cause de leur appartenance au réseau. Peut-être même qu'ils bénéficient d'une protection dès le début de leurs actes, si un membre du réseau a une influence suffisante (police/gendarmerie, justice, ...) quelconque (position/fonction, chantage, intérêts communs, ...).

Si on suit cette hypothèse, peut-être que des noms connus cités dans l'affaire étaient liés de près ou de loin au SDRA 8. Mendez par exemple ? Commercial à la FN (armes), anticommuniste, ... + Se rend compte que ses armes ont été utilisées dans les tueries, éliminé, ...
Ne pas oublier que les cellules Stay-Behind recrutaient des civils de tous horizons en fonction de leur profils et leur position, de leurs qualifications, de leurs contacts, ... Et dans le renseignement un "Agent" ne fait pas partie du service, c'est une personne extérieure travaillant clandestinement avec/pour celui-ci, encadrée et traitée (ou manipulée) par les Officiers Traitants faisant eux, partie du service.

Même si elle n'a pas beaucoup de valeur, on peut également citer la parole de Paul Latinus (WNP), qui affirme avoir été recruté par une "organisation étrangère" visant à lutter "par tous les moyens" contre le communisme soviétique et formé par un Officier de l'OTAN. Suicidé plus tard avec le câble de son téléphone.

Les documents concernant les réseaux Stay-Behind (en Belgique ou ailleurs) et ce compris la liste de leur membres, sont conservés secrets par l'OTAN (même pas sûr que les enquêteurs de la CBW y aient eu accès).


Je me permettrai d'éditer ce post si jamais des modifications ou ajouts se font ressentir.

Très cordialement,

Patrick


Dernière édition par SiscoF le Lun 11 Oct 2010 - 20:46, édité 1 fois
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michel-j



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Lun 11 Oct 2010 - 8:25

cheers


Dernière édition par michel-j le Lun 11 Oct 2010 - 18:52, édité 1 fois
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Trisch
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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Lun 11 Oct 2010 - 11:47

Merci à Patrick pour cette synthèse.

_________________
Trisch
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HERVE



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Lun 11 Oct 2010 - 12:51

Il est possible que l'information soit déjà ailleurs sur le site (qui est très riche) mais je vous conseille les livres et les interviews de Daniele Ganser

Par exemple :

http://www.dailymotion.com/video/x8exom_les-armes-secretes-de-l-otan-1-2_news

Je n'ai pas assez de temps actuellement pour faire des synthèses aussi brillantes que SiscoF (à supposer que j'en sois capable) mais je suis très heureux que d'autres le fassent.

Au sujet de l'attentat de la guerre de Bologne, cela me fait penser à Elio Ciolini ... un personnage que je trouve important de mieux connaître.
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Henry



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Lun 11 Oct 2010 - 13:23

Tout en me joignant aux félicitations envers Patrick et en mettant en exergue son esprit de synthèse et même de pondérateur, je vous conseile également la lecture du livre de Jean-François Brozzu-Gentile, intitulé "L'Affaire Gladio" et dont le sous- titre est " Les résaux secrets Américains au coeur du terrorisme en Europe".
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michel-j



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Lun 11 Oct 2010 - 14:23

cheers
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SiscoF



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Lun 11 Oct 2010 - 20:15

Merci à tous.

Il y a encore beaucoup à dire sur les Stay-Behind en Belgique, la responsabilité de Gladio dans la stratégie de la tension en Italie, et l'implication des services américains (CIA) et britanniques (SIS/MI6) dans le réseau. Je renvoie d'ailleurs aux posts existants reprenant quelques articles intéressants et les réflexions de [certains] membres.
Le problème avec cette optique est que beaucoup de sources déforment les faits à leur sauce pour alimenter et argumenter leur propre idéologie.

Au niveau de la bibliographie je recommande également pour la Belgique : "Georges 923 : un agent du gladio belge parle, témoignage" de Michel Van Ussel aux éditions "La Longue Vue", en 1991.
A lire avec des pincettes, du recul et rester objectif mais intéressant tout de même.

Sur les Stay-Behind en général il y a également : "Les Armées secrètes de l'OTAN; Réseaux Stay Behind, Gladio et Terrorisme en Europe de l'Ouest", de Daniele Ganser aux éditions Demi-Lune, 2007.

Cordialement,
Patrick


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VicarInAspic



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Lun 11 Oct 2010 - 20:27

Henry a écrit:
Tout en me joignant aux félicitations envers Patrick et en mettant en exergue son esprit de synthèse et même de pondérateur, je vous conseile également la lecture du livre de Jean-François Brozzu-Gentile, intitulé "L'Affaire Gladio" et dont le sous- titre est " Les résaux secrets Américains au coeur du terrorisme en Europe".

..et nous voilà à nouveau au point zero: les TBW du 'terrorisme' ou pas? Opération politique ou banditisme absurde?
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michel
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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Lun 11 Oct 2010 - 21:44

VicarInAspic a écrit:
Henry a écrit:
Tout en me joignant aux félicitations envers Patrick et en mettant en exergue son esprit de synthèse et même de pondérateur, je vous conseile également la lecture du livre de Jean-François Brozzu-Gentile, intitulé "L'Affaire Gladio" et dont le sous- titre est " Les résaux secrets Américains au coeur du terrorisme en Europe".

..et nous voilà à nouveau au point zero: les TBW du 'terrorisme' ou pas? Opération politique ou banditisme absurde?

Et oui, nous en sommes là. Et seule l'arrestation des auteurs pourrait apporter un élément de réponse. Et encore, ils peuvent raconter ce qu'ils veulent...

_________________
"Ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve."
( Dr. Robert RENDU)
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Marlair Jean-Claude



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MessageSujet: La longue vue   Lun 11 Oct 2010 - 22:14

Siscof,

Je connais l'Editeur de " La Longue Vue " qui a produit mon bouquin sur le Rwanda. Un gars super !
Et je vous assure qu'il a pris des risques ENORMES avec les TBW. Il y a laissé sa Maison si on veut dire bref...

Bouquins intéressants, comme vous dites, mais en lisant, si possible avec un certain détachement.
Comme vous le faites finalement dans votre exposé sur le Gladio.
Le malheur, car c'est bien de cela qu'il s'agit, c'est que cela mène très loin et que pour aller TRES loin en TRES peu de temps, la justice a besoin d'un " climat " favorable. Et celui-ci NE peut être induit QUE par les tenants du Pouvoir. Et là, on n'est pas sortis du dédale !

Cordialement
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billbalantines



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Lun 11 Oct 2010 - 22:19

SiscoF a écrit:
Merci à tous.

Il y a encore beaucoup à dire sur les Stay-Behind en Belgique, la responsabilité de Gladio dans la stratégie de la tension en Italie, et l'implication des services américains (CIA) et britanniques (SIS/MI6) dans le réseau. Je renvoie d'ailleurs aux posts existants reprenant quelques articles intéressants et les réflexions de [certains] membres.
Le problème avec cette optique est que beaucoup de sources déforment les faits à leur sauce pour alimenter et argumenter leur propre idéologie.

Au niveau de la bibliographie je recommande également pour la Belgique : "Georges 923 : un agent du gladio belge parle, témoignage" de Michel Van Ussel aux éditions "La Longue Vue", en 1991.
A lire avec des pincettes, du recul et rester objectif mais intéressant tout de même.

Sur les Stay-Behind en général il y a également : "Les Armées secrètes de l'OTAN; Réseaux Stay Behind, Gladio et Terrorisme en Europe de l'Ouest", de Daniele Ganser aux éditions Demi-Lune, 2007.

Cordialement,
Patrick

J'ai appris de source sûre que certaines sources de financement de 'Gladio' auraient pu être privées (des sociétés et des institutions financières) et que l'une des hypothèses est que certains secteurs ont voulu 'rentabiliser' leur investissement en récupérant des pans entiers du réseau pour leur propre compte...
Imaginons ce que cela aurait pu donner.
Telle compagnie active au Congo qui 'récupère' des informations, ordonne des missions etc... en s'appuyant sur la logistique de la toile d'araignée constituée à travers l'Europe...
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SiscoF



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Lun 11 Oct 2010 - 23:12

Jean-Claude, j'en prends bonne note, je vais d'ailleurs jeter un oeil de plus près à votre bibliographie ! Smile

Billbalantines, vous me faites penser qu'une 3e cellule Stay-Behind belge avait été mise en place pour favoriser l'exfiltration du gouvernement belge vers la colonie congolaise en cas d'invasion soviétique, entre 1954 et 1960 (jusqu'à son indépendance). Rappelons que le SDRA 8 était encore actif au Zaïre après 1960, mais je ne connais pas les détails.

Quant aux sources de financement privées des cellules Stay-Behind, j'ai eu vent de la même chose mais cela concernait un autre pays que la Belgique. Ca ne veut pas dire pour autant que notre pays n'était pas concerné. L'hypothèse de "récupération" que vous avancez est tout à fait envisageable, les institutions finançant ce genre de choses y ayant toujours un intérêt.

On peut également envisager un financement "occulte" issu d'activités criminelles, même si aucun élément concret ne pointe en cette direction. Je me renseignerai auprès de mes sources.

Néanmoins, les cellules étant encadrées par les services de renseignement qui sont plutôt doués pour le "financement occulte" (surtout via le trafic d'armes), on peut se poser la question, pourquoi les cellules Stay-Behind n'auraient-elles pas bénéficier de cet argent ? De plus, les cellules belges semblent avoir été bien active malgré un financement "officiel" faible, ce qui expliquerait d'autres sources de moyens.
De toute façon, les documents sur les cellules sont conservés secrets et cela comprend leur budget (et leur liste de membres ...).
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HERVE



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Mar 12 Oct 2010 - 12:33

Pour une approche générale (fichiers "audio") :

http://www.danieleganser.ch/assets/files/Inhalte/Interviews/Radiointerviews/espace2.mp3

http://www.danieleganser.ch/assets/files/Inhalte/Interviews/Radiointerviews/07_11_27_EntrevueCISMGanser.mp3
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HERVE



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Mar 12 Oct 2010 - 14:05

S'il y a des erreurs ci-dessous, n'hésitez pas à contacter l'auteur (Daniele Ganser) :

http://www.danieleganser.ch/Terrorism_in_Western_Europe_1211543948.html

BELGIUM

Socialist defense minister Guy Coeme in the evening of November 7, 1990
revealed to a stunned national television audience that a NATO linked secret army
had existed in Belgium during the Cold War. He added, “I want to know whether
there exists a link between the activities of this secret network, and the wave of
crime and terror which our country suffered from during the past years.”76

Thereafter, a detailed parliamentary investigation of the Belgian Senate found
that the Belgian secret army had consisted of two branches, known as SDRA8 and
STC/Mob. SDRA8 was the military branch located within the Belgian military secret
service Service Général du Renseignement (SGR) under the direction of the Defense
Ministry. The members of SDRA8 were military men, trained in unorthodox warfare,
combat and sabotage, parachute jumping, and maritime operations. In case of a
Soviet occupation of the country, SDRA8 agents would have been in charge of
accompanying the government abroad, establishing liaisons with the secret agents in
Belgium, and fighting the enemy. STC/Mob was located within the civilian secret
service, Sûreté de L’Etat (Sûreté), under the direction of the ministry of justice. The
members of the civilian STC/Mob were technicians trained to operate a radio station
with the task of collecting intelligence under conditions of enemy occupation which
could be useful to the government in exile.77

The Belgian senators also found that the secret NATO armies had carried out
international exercises at regular intervals. They found,

One must note two points regarding these exercises. First of all, we are dealing here
with an international network that could evacuate clandestinely a person from Norway
to Italy. This implies a very close collaboration and strict co-ordination on an
international level between a series of secret services.
78

The operations, according to the findings of the Belgian investigation, were
carried out very professionally. The investigation noted,

What is also astonishing is the perfect technical infrastructure which the stay-behind was
equipped with: The persons and the material were moved on or intercepted by sea, by air,
by parachute. Their arrival zones were marked and controlled. The persons were housed in
secure buildings.
79

While the Belgian Senators were able to clarify the stay-behind dimension of the
secret army, they faced insurmountable obstacles with respect to the terror investigation
that Defense Minister Coeme had urged them to carry out. Between 1983 and 1985,
Belgium had suffered from the so-called Brabant massacres in the area around
Brussels which left twenty-eight people dead, many more injured, and a country in
shock. In one of the attacks, three armed men with hoods over their heads had
entered a supermarket and with pump-action shotguns opened fire at point blank
range. In the ensuing massacre, eight people died and seven more were injured. The
terrorists showed no mercy, killing one entire family at the supermarket checkout,
while a father and his nine year-old daughter who tried to flee were killed in their car.

The money taken in the raid amounted to a meager couple of thousand pounds,
found later in a canal in an unopened sack. In another attack on a food store, the
terrorists first killed a couple and then, instead of fleeing, recklessly waited for the
police to arrive who ran right into the ambush. The Brabant terrorists were never
identified or caught.

In order to clarify whether members of the Belgian secret army had been
involved in the brutal Brabant massacres, the senators ordered M. Raes (director of
the Sûreté from 1977 to 1990 and chief of STC/Mob) and Lieutenant Colonel
Bernard Legrand (chief of the Belgian military secret service, and chief of SDRA8)
to provide them with the list of names, or at least the birth dates of the secret
soldiers. Both refused to cooperate. This was illegal, for both Justice Minister Wathelet,
the superior of Raes, and Defense Minister Coeme, the superior of Legrand, had
explicitly and imperatively ordered their subordinates to cooperate, who furthermore
were bound by the constitution to answer to the legislative branch.

Legrand declared,

Whatever the Minister says, there remain very good reasons not to reveal the names of
the clandestines…I will remain firm …When I read the articles in the press, I can not
believe that one can be so intensively interested in such problems, while there are so many
other important things.
80

The Senators were baffled and kept up the pressure for three more months. In
the end, they could not gain access to the names of the secret soldiers, nor could
they identify the men behind the Brabant terror. Legrand celebrated his victory with
an encoded statement in the leading Belgian daily, Le Soir:

‘Give us the names!’ ‘Never!’ reply the ‘Gladiators.’ The hour of truth [l’heure du
choc] has come. This is Brussels calling. Dear friends in Operation Stay Behind, section
SDRA8 assures you of its very high esteem and thanks you for your devotion to your
country. They guarantee that the pressures and threats will be empty and that undertakings
will be honored. Adolphe is looking well!
81



76 Quoted in Jan devWillems, Gladio (Brussels: Editions EPO, 1991), 13.
77 “Belgian stay-behind 1991 Report.”
78 “Belgian stay-behind 1991 Report,” 47.
79 “Belgian stay-behind 1991 Report,” 47.
80 “Belgian stay-behind 1991 Report,” 53.
81 “Belgian stay-behind 1991 Report,” 54. Compare also: Boris Johnson, Secret war over identities of Gladio agents. In British daily The Daily Telegraph, March 29, 1991.

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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Mar 12 Oct 2010 - 14:58

Un travail synthétique. Avec combien de gladiateurs, Ganser a-t-il parlé ? La réponse est "0"
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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Mar 12 Oct 2010 - 18:27

Peut-importe le nom ! Gladio, Rosa de Venti, Le Plan..... Est-ce qu'il existait une branche 'action' du STBH en Belgique ? La version officielle est: non ! Dans ce cas-là on parle de "autres réseaux" "réseaux parallèles" etc... Comme pour le PIO, comme pour le WNP. Des structures officieuses pour lesquels les services officiels et la politique n'étaient pas sensé être responsable. Pour lesquels on n'assumait pas la responsabilité, mais qu'on avait initier et qu'on soutenait activement. Après on parlera de dysfonctionements au sein du STBH, de bavures, d'actions de quelques individus.... Est-ce crédible ?

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dislairelucien



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Mar 12 Oct 2010 - 18:41

Marlair Jean-Claude a écrit:
Siscof,

Je connais l'Editeur de " La Longue Vue " qui a produit mon bouquin sur le Rwanda. Un gars super !
Et je vous assure qu'il a pris des risques ENORMES avec les TBW. Il y a laissé sa Maison si on veut dire bref...

Bouquins intéressants, comme vous dites, mais en lisant, si possible avec un certain détachement.
Comme vous le faites finalement dans votre exposé sur le Gladio.
Le malheur, car c'est bien de cela qu'il s'agit, c'est que cela mène très loin et que pour aller TRES loin en TRES peu de temps, la justice a besoin d'un " climat " favorable. Et celui-ci NE peut être induit QUE par les tenants du Pouvoir. Et là, on n'est pas sortis du dédale !

Cordialement

Si je puis me permettre.
Expliquez-vous :"il y a laissé sa Maison si on veut dire bref "
??? "M "majuscule, je suppose il s'agit de sa Maison d'édition? Pas de son privé.
Ne nous dites pas qu'il a fait faillite en publiant votre bouquin
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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Mar 12 Oct 2010 - 18:48


Et si on parlerait du GLADIO, en majuscules, monsieur Dislaire ?
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SiscoF



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Mar 12 Oct 2010 - 18:48

HERVE a écrit:
S'il y a des erreurs ci-dessous, n'hésitez pas à contacter l'auteur (Daniele Ganser) :

http://www.danieleganser.ch/Terrorism_in_Western_Europe_1211543948.html

Merci HERVE, je vais faire une traduction rapide des passages nouveaux pour les membres intéressés qui auraient du mal avec l'anglais.

Citation :

BELGIUM

Socialist defense minister Guy Coeme in the evening of November 7, 1990
revealed to a stunned national television audience that a NATO linked secret army
had existed in Belgium during the Cold War. He added, “I want to know whether
there exists a link between the activities of this secret network, and the wave of
crime and terror which our country suffered from during the past years.”76

Le Ministre socialiste de la Défense Guy Coeme a révélé dans la soirée du 7 Novembre 1990 lors d'une émission/interview/reportage de la télévision nationale qu'une armée secrète reliée à l'OTAN (= réseau Stay-Behind) avait existé en Belgique durant la Guerre Froide. Il a ajouté "Je veux savoir s'il existe des liens entre les activités de ce réseau clandestin et la vague de crime et de terreur dont notre pays a souffert au cours de ces dernières années".

Citation :

Thereafter, a detailed parliamentary investigation of the Belgian Senate found
that the Belgian secret army had consisted of two branches, known as SDRA8 and
STC/Mob. SDRA8 was the military branch located within the Belgian military secret
service Service Général du Renseignement (SGR) under the direction of the Defense
Ministry. The members of SDRA8 were military men, trained in unorthodox warfare,
combat and sabotage, parachute jumping, and maritime operations. In case of a
Soviet occupation of the country, SDRA8 agents would have been in charge of
accompanying the government abroad, establishing liaisons with the secret agents in
Belgium, and fighting the enemy. STC/Mob was located within the civilian secret
service, Sûreté de L’Etat (Sûreté), under the direction of the ministry of justice. The
members of the civilian STC/Mob were technicians trained to operate a radio station
with the task of collecting intelligence under conditions of enemy occupation which
could be useful to the government in exile.77

The Belgian senators also found that the secret NATO armies had carried out
international exercises at regular intervals. They found,

One must note two points regarding these exercises. First of all, we are dealing here
with an international network that could evacuate clandestinely a person from Norway
to Italy. This implies a very close collaboration and strict co-ordination on an
international level between a series of secret services.
78

The operations, according to the findings of the Belgian investigation, were
carried out very professionally. The investigation noted,

What is also astonishing is the perfect technical infrastructure which the stay-behind was
equipped with: The persons and the material were moved on or intercepted by sea, by air,
by parachute. Their arrival zones were marked and controlled. The persons were housed in
secure buildings.
79

Description des cellules Stay-Behind en Belgique et de leur rôle (voir post initial), avec un peu plus de détails sur l'entraînement de ses agents (parachutisme, combat, sabotage, opérations maritimes, ...).

Les sénateurs ont également découvert que les cellules (ici dénommées "armées secrètes de l'OTAN") avaient effectué des exercices internationaux à intervalle régulière et que ceux-ci ont été effectués très professionnellement, ils ont trouvé étonnant la parfaite infrastructure technique dont était équipée le réseau, permettant un déplacement ou une interception des personnes et du matériel via mer, air et parachute. Les zones d'arrivées étaient marquées et contrôlées. Les personnes étaient logées dans des buildings sécurisés.

Citation :

While the Belgian Senators were able to clarify the stay-behind dimension of the
secret army, they faced insurmountable obstacles with respect to the terror investigation
that Defense Minister Coeme had urged them to carry out. Between 1983 and 1985,
Belgium had suffered from the so-called Brabant massacres in the area around
Brussels which left twenty-eight people dead, many more injured, and a country in
shock. In one of the attacks, three armed men with hoods over their heads had
entered a supermarket and with pump-action shotguns opened fire at point blank
range. In the ensuing massacre, eight people died and seven more were injured. The
terrorists showed no mercy, killing one entire family at the supermarket checkout,
while a father and his nine year-old daughter who tried to flee were killed in their car.

The money taken in the raid amounted to a meager couple of thousand pounds,
found later in a canal in an unopened sack. In another attack on a food store, the
terrorists first killed a couple and then, instead of fleeing, recklessly waited for the
police to arrive who ran right into the ambush. The Brabant terrorists were never
identified or caught.

Tandis que les Sénateurs belges pouvaient clarifier la dimension du Stay-Behind, ils ont fait face à d'insurmontables obstacles en ce qui concerne l'enquête "de terreur" pour laquelle le Ministre de la Défense Coeme les avait invité à effectuer.
Description des TBW.

Citation :

In order to clarify whether members of the Belgian secret army had been
involved in the brutal Brabant massacres, the senators ordered M. Raes (director of
the Sûreté from 1977 to 1990 and chief of STC/Mob) and Lieutenant Colonel
Bernard Legrand (chief of the Belgian military secret service, and chief of SDRA8)
to provide them with the list of names, or at least the birth dates of the secret
soldiers. Both refused to cooperate. This was illegal, for both Justice Minister Wathelet,
the superior of Raes, and Defense Minister Coeme, the superior of Legrand, had
explicitly and imperatively ordered their subordinates to cooperate, who furthermore
were bound by the constitution to answer to the legislative branch.

Passage très intéressant :

En vue de clarifier si des membres du réseau Stay-Behind ont été impliqués dans les massacres brutaux du Brabant (TBW), les sénateurs ont ordonné à M. Raes, directeur de la Sûreté de l'Etat de 1977 à 1990 et chef du STC/Mob (Stay-Behind) et au Lieutenant-Colonel Bernard Legrand, chef du SGR et du SDRA8 de leur fournir une liste des noms ou du moins des dates de naissances des membres du réseau (agents secrets / soldats secrets).
Chacun d'entre eux a refusé de coopérer.
Cela a été jugé illégal par le Ministre de la Justice Wathelet, supérieur de Raes [la Sûreté de l'Etat dépendant du Ministère de la Justice] et par le Ministre de la Défense Coeme, supérieur de Legrand, qui avaient explicitement et impérativement ordonné à leur subordonnés de coopérer, qui ont en outre été limités par la Constitution pour répondre à la "branche législative"*
*Désolé j'ai plus de mal à traduire ce passage.

==> Sans suite ?

Citation :

Legrand declared,

Whatever the Minister says, there remain very good reasons not to reveal the names of
the clandestines…I will remain firm …When I read the articles in the press, I can not
believe that one can be so intensively interested in such problems, while there are so many
other important things.
80

The Senators were baffled and kept up the pressure for three more months. In
the end, they could not gain access to the names of the secret soldiers, nor could
they identify the men behind the Brabant terror. Legrand celebrated his victory with
an encoded statement in the leading Belgian daily, Le Soir:

‘Give us the names!’ ‘Never!’ reply the ‘Gladiators.’ The hour of truth [l’heure du
choc] has come. This is Brussels calling. Dear friends in Operation Stay Behind, section
SDRA8 assures you of its very high esteem and thanks you for your devotion to your
country. They guarantee that the pressures and threats will be empty and that undertakings
will be honored. Adolphe is looking well!
81

Passage très intéressant aussi.

Legrand (Lieutenant-Colonel chef du SGR et du SDRA8) a déclaré :

"Peu importe ce que dit le Ministre, il persiste encore d'excellentes raisons pour ne pas révéler le noms des clandestins (comprendre les agents du réseau Stay-Behind) ... Je resterai ferme ... Quand je lis les articles dans la presse, je n'arrive pas à croire qu'on puisse être si intensivement intéressé par de tels problèmes, tandis qu'il y a tant d'autres choses importantes."

Les Sénateurs ont été déroutés et on maintenu la pression pendant 3 mois supplémentaires. Au final, ils n'ont pas eu gain d'accès aux noms des agents secrets, ni pu identifier les hommes qui étaient derrière les tueries du Brabant. Legrand célébra sa victoire avec un rapport encodé dans le principal journal belge, Le Soir :

"Donnez nous les noms !" "Jamais !", répondent les Gladiateurs. "L'heure du choc est arrivée. C'est Bruxelles qui appelle. Cher amis en opérations Stay-Behind, la section SDRA8 vous assure de sa très haute estime et vous remercie de votre dévotion à votre pays. Ils vous garantissent que la pression et les menaces seront sans suite et que les initiatives seront honorées. Adolphe a l'air en forme !

...

Cordialement,
Patrick
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SiscoF



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Mar 12 Oct 2010 - 19:13

titu a écrit:
Peut-importe le nom ! Gladio, Rosa de Venti, Le Plan..... Est-ce qu'il existait une branche 'action' du STBH en Belgique ? La version officielle est: non ! Dans ce cas-là on parle de "autres réseaux" "réseaux parallèles" etc... Comme pour le PIO, comme pour le WNP. Des structures officieuses pour lesquels les services officiels et la politique n'étaient pas sensé être responsable. Pour lesquels on n'assumait pas la responsabilité, mais qu'on avait initier et qu'on soutenait activement. Après on parlera de dysfonctionements au sein du STBH, de bavures, d'actions de quelques individus.... Est-ce crédible ?

Oui, le réseau Stay-Behind était (bien) présent en Belgique. La branche action de ce réseau était assurée par le SDRA8, section militaire secrète dédiée au Stay-Behind faisant partie du SGR (aujourd'hui SGRS), le service de renseignement ("services secrets") de l'Armée belge.
Même la version officielle est "oui".

Je vous invite à relire le post principal et la traduction que j'ai effectué.

D'une manière générale, la branche "action" des services de renseignement ou tout simplement la division du renseignement humain, utilise et manipule différents groupuscules extrémistes, terroristes, criminels, etc. pour parvenir à leurs fins pour accomplir différents objectifs qu'ils ne peuvent faire eux-mêmes.
Il y a toujours des branches sous-jacentes officieuses reliées à chaque service secret et manipulées par ce dernier.
En ce qui concerne le Stay-Behind européen, ça a été le cas en Italie avec Gladio et l'extrême-droite, de même en Turquie avec Contre-Guerilla et les Loups Gris.

Les personnes reliées au service par le biais de ces groupuscules sont néanmoins tout autant dans le secret que les membres directs du service puisque révéler leur identité et/ou leurs activités reviendrait à admettre l'existence d'une réseau qui n'est pas censé exister, en pleine guerre froide.

Si on suit la thèse du Stay-Behind pour les TBW, ont peut dégager plusieurs choses :

• Le Stay-Behind est un réseau de lutte anti-communiste et anti-soviétique, en pleine guerre froide.

Ces 2 principes flirtent avec l'extrême-droite et il est donc plus que probable qu'une partie des membres militaires de la cellules le soient, de même que les personnes recrutées directement ou indirectement.

• Si on envisage une responsabilité du réseau dans les TBW :

1) C'est une initiative officielle ordonnée par l'OTAN, le réseau est donc entièrement impliqué.

Tout est coordonné par les services et on peut même y voir l'intervention des services américains (CIA), les TBW sont dès lors considérés comme une nécessité absolue dans le cadre de la guerre froidre et l'ensemble des opérations est soutenue.

2) C'est une initiative personnelle de l'ensemble de la cellule belge, sans en référer à l'OTAN.

L'organisation des événements est coordonnée par le SDRA8.

3) C'est une initiative isolée d'un nombre limité d'individus appartenant* à la cellule, guidés par une idéologie qui leur est propre.
*Militaires du SDRA8 (SGR) ou civils recrutés

4) C'est l'oeuvre d'un groupe d'individus extrémistes, terroristes et/ou criminels (WNP, etc.) initialement utilisé et manipulé par la cellule, dont les membres sont devenus hors de contrôles pour le SDRA8.

Dans les 4 cas il est inenvisageable de révéler l'identité des auteurs car cela reviendrait à révéler l'existence d'un réseau clandestin anti-soviétique en pleine guerre froide, et provoquerait une importante crise internationale, mais aussi nationale puisque grosso modo le gouvernement assassine 28 de ses citoyens.

Je vous invite à relire mon premier post à ce sujet. En ce qui concerne le rapport avec des civils recrutés qui auraient eu un rôle à jouer dans les TBW j'y fait une réflexion sur Mendez, qui n'est peut-être qu'un exemple parmi d'autres.
Mendez avait un bon profil pour être recruté et il a affirmé croire qu'une de ses armes avait été utilisées en 85, il avait peur, il a été éliminé. Risque de révéler ? Petite réunion surprise ? ...

Evidemment ce n'est qu'une réflexion hypothétique dans le cadre de la théorie Stay-Behind.
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Jean Marchenoir



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Mar 12 Oct 2010 - 19:40

Bonjour. Rien de neuf ni de déjà su dans tt ceci (et qq erreurs en sus), que pouvez-vous apporter de neuf et d'insu? Merci.
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SiscoF



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Mar 12 Oct 2010 - 19:50

Jean Marchenoir a écrit:
Bonjour. Rien de neuf ni de déjà su dans tt ceci (et qq erreurs en sus), que pouvez-vous apporter de neuf et d'insu. Merci.

Bonjour,

Je ne peux rien apporter de neuf (je ne l'ai jamais prétendu), je veux simplement remettre les choses dans l'ordre et donner une définition claire des cellules Stay-Behind et éventuellement en quoi elles pourraient pourraient avoir un lien avec les TBW, car je trouve - même s'il contient des articles intéressant - le post initial peu clair, trop embrouillé entre les tirailles et les déviations de certains membres, lui aussi contenant pas mal d'erreurs. N'en déplaisent aux intervenants bien sûr ! La plupart d'entre eux sont remplis de bonnes intentions et participent positivement au forum.

Quelles erreurs avez-vous décelée ? Peut-être pourriez-vous les corriger dans l'intérêt du forum ?

Merci
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Jean Marchenoir



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Mar 12 Oct 2010 - 19:58

Répondant à votre question, je dirais qu'essentiellement le fait de caler la réflexion dans le cadre de structures officielles ou semi officielles et donc de rester vague sur la réalité des réseaux agissant décale la possibilité de comprendre la réalité des hommes et des manettes qui meuvent les parties du réseau afin qu'elles agissent. C'est à dire que l'on ne peut, de fait, impliquer ni la tête ni les bras ni jambes tout en pouvant également tout impliquer. Seraient dès lors responsables... autant les chefs des deux services de renseignement que les ministres de la justice, de la défense etc... jusqu'aux petites mains, sans doute extérieures. Si vous me suivez. D'autre part, je ne vous suis pas sur votre qualification au point 4 du WNP. Faute de preuves, vous comprendrez que je ne désire pas risquer de corrompre les recherches par des considérations hypothétiques. Bien à vous.
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Jean Marchenoir



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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Mar 12 Oct 2010 - 20:50

Pour être plus précis, je pense que les quatre orientations que vous proposez, sans être ni exhaustives ni toutes envisageables séparément, pourraient tout aussi bien être envisagées ensemble, le tout dépendant de niveau (responsabilités, liaisons, moment donné) à partir duquel vous observez le réseau et sa mise en action. Par ex. le point 1: je n'imagine pas un haut responsable de l'OTAN programmer un carnage lors d'une réunion stratégique, mais il peut s'avérer exact que les circonstances pour que celui-ci soit effectué soient organisées. Ensuite, je pense qu'il y a des étapes. Que tout n'est pas contigü à ce qui est nommé sous le générique TBW. Que la fin ressemble plus à un nettoyage (par ex Mendez).
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Marlair Jean-Claude



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MessageSujet: Réseaux   Mar 12 Oct 2010 - 21:42

Jean Marchenoir,

" Je n'imagine pas un haut responsable de l'OTAN programmer un carnage lors d'une réunion stratégique... " dites-vous.
Bien entendu, cela NE se passe PAS ainsi ! A l'échelon national NON PLUS !
Un Haut responsable NE donne PAS d'ordres en l'occurrence. Il définit un but à atteindre, par ex: créer un climat d'insécurité propice à... Et à partir de là, tout devient possible. Une autorité dépassée par des serviteurs trop zélés, criminels et sûrs de leur bon droit, ayant grillé des bornes pas très bien définies, et c'est l'immense dérapage !
Et une fois que l'autorité comprend qu'elle est dépassée sur ses propres flancs, elle N'a PLUS le choix: il faut couvrir !
C'est ainsi que se fabriquent les secrets d'Etat et que l'omerta s'active.

Les TBW NE seraient dans ce schéma QU'un immonde dérapage, un bête dérapage !
Lamentable !!!

Très cordialement.
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MessageSujet: Re: Stay-Behind (OTAN & CIA) / Gladio (Italie)   Aujourd'hui à 9:45

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