les tueries du Brabant

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 LLB, 30/1/2012

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michel
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MessageSujet: LLB, 30/1/2012   Lun 30 Jan 2012 - 11:03

Tueries du Brabant : la lumière quand même avant fin 2015 ?
Philippe Mac Kay

Mis en ligne le 30/01/2012

Privée de son chef d’enquête, la cellule BW en est – déjà – à son sixième juge d’instruction. Elle compte toujours huit enquêteurs à temps plein.
Éclairage
Sixième juge d’instruction à hériter du dossier des tueries du Brabant après Guy Wezel, Jean-Michel Schlicker, Freddy Troch, Jean-Claude Lacroix et Jean-Paul Raynal, Martine Michel a perdu, il y a quelques jours, son chef d’enquête Eddy Vos.

Avec quelles conséquences ? Elle risque fort, quelle qu’en soit l’issue, d’être aussi la dernière responsable d’enquête de l’affaire la plus sanglante qu’ait connue le pays.

De mars 1982 à novembre 1985, dix-huit braquages ont fait 28 morts. Le dernier d’entre eux, celui du Delhaize d’Alost, a fait à lui seul huit victimes. Cette tuerie marquera la fin des activités imputées à une bande jamais identifiée.

Le procès dit "de la filière boraine", en 1987, devant la cour d’assises du Hainaut, aura été celui d’un constat d’échec : en aveux partiels puis rétractés, tous ceux qui y comparaissaient ont été acquittés en janvier 1988. Venant de Termonde et confiée au juge d’instruction Jean-Claude Lacroix, à Charleroi, l’enquête était passée entre les mains de Jean-Paul Raynal, aux côtés de qui se trouve depuis 2009 la juge d’instruction Martine Michel.

En mars dernier, Jean-Paul Raynal a pourtant quitté ce dossier. Non sans amertume, dit-on, en ajoutant que "pour lui, les tueries, c’était un peu comme son enfant". Et aussi que c’est contraint, sinon forcé, qu’il a renoncé à rester co-titulaire du dossier, en collaboration "aussi chaleureuse que possible", sourit-on, avec Martine Michel. Pour l’en convaincre, c’est un argument juridique qui a été invoqué, celui de "la double saisine" : le fait que deux juges d’instruction soient saisis du même dossier aurait pu susciter un vice de procédure, jusqu’à mettre en péril la validité de l’enquête.

Rideau, donc, sur la participation de Jean-Paul Raynal dans un dossier qui lui a tenu à cœur et, si on ose dire, "aux tripes" pendant longtemps. Il est vrai aussi que, devenu président du tribunal de première instance de Charleroi, il a dû gérer un paquebot qui a de fâcheuses tendances à prendre l’eau.

En manque de magistrats, Jean-Paul Raynal cultive, avec une certaine forme de coquetterie, des rapports conflictuels répétitifs avec le premier président de la cour d’appel de Mons, Jean-Louis Franeau. Cela n’aide guère à l’obtention de magistrats de compléments dont Charleroi a pourtant le plus urgent besoin, noyé qu’il est sous les audiences consacrées aux affaires politico-judiciaires.

Si salutaires qu’aient été les instructions menées par France Baeckeland, il leur faut une issue, malaisée à caser dans l’organigramme carolorégien, sauf à prendre le risque réel d’alourdir l’ensemble de l’arriéré judiciaire. Jean-Paul Raynal a donc beaucoup à faire avec une gestion quotidiennement lourde. En plus de son dossier traditionnel.

Cela dit, existait-il une autre solution ? Il se dit que Martine Michel aurait tout aussi bien pu renoncer en faveur de Jean-Paul Raynal à exercer la direction d’un dossier qui totalise aujourd’hui 1 200 000 pages. Son cabinet d’instruction "traditionnel" ne lui laisse guère de répit. Elle y truste, sans avoir l’occasion de souffler, les dossiers de grande truanderie depuis plusieurs années. On ajoute, non sans sourire, qu’elle assume une solide réputation de porte-poisse; ses semaines de permanence ont pour effet quasi automatique de nourrir la chronique criminelle, avec, pour finalité régulière, la cour d’assises du Hainaut.

Vive, énergique, femme à poigne, elle a voulu, à son arrivée dans le circuit de ce dossier, le "booster" et tenter de lui donner une autre lecture. Elle a trouvé, à la direction de l’enquête, un binôme composé de Gilles Quinet et d’Eddy Vos.

Gilles Quinet est un "ancien" de la PJ carolorégienne. Il exerce à Charleroi depuis plus de 25 ans, il a travaillé sur les premiers pas de l’enquête. Quand Jean-Pierre Doraene, le directeur judiciaire de Charleroi, a quitté ses fonctions, c’est Gilles Quinet qui lui a succédé. C’est dire si ce policier obstiné est un des piliers de Martine Michel. L’autre, c’était donc Eddy Vos avec quinze ans de pratique du même dossier. Huit enquêteurs y travaillent toujours à temps plein à la police judiciaire fédérale. Dans les locaux du Palais de justice, une autre cellule, de cinq ou six personnes, a pris en charge l’archivage et le classement. Un effectif qui gagnerait à être plus étoffé, dit-on, mais les moyens sont réduits. Jean-Paul Raynal, en manque de personnel dans différents secteurs de son palais, ne trouve guère de possibilité d’en détacher encore à l’usage exclusif du dossier des tueries du Brabant.

En mars, la nouvelle ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, viendra à la Cellule BW pour une visite qu’on espère aller au-delà de la simple courtoisie de circonstance.

Cela dit, existe-t-il du dossier une autre vision, plus récente ? Pendant longtemps, dit-on, on a orienté le travail d’enquête sur les mobiles possibles des tueurs. Aujourd’hui, on en est davantage à chercher "qui" plutôt qu’à tenter de trouver "pourquoi". Une profileuse privée, coûteuse, avait été engagée, et elle avait apporté des lumières significatives au dossier, affirme-ton. Mais elle a dû limiter son travail à la période 1982-1983 des attaques. Elle n’a pas pu les apporter aux trois dernières attaques, les plus sanglantes, celles des Delhaize de Braine-l’Alleud, Overijse et Alost. Question de crédits, explique-t-on. La justice a ses limites et si Martine Michel est autorisée à engager une commission rogatoire, elle ne peut aller au-delà de 2 500 euros.

Est-ce à dire que les tueries du Brabant ne seront pas élucidées pour cause de budget ? Ce serait exagéré. Il reste des possibilités de relance, des fenêtres : des indicateurs, l’ADN qui parlerait, des armes

Et le départ d’Eddy Vos ? Va-t-il avoir des conséquences dommageables pour le dossier ? Le nier complètement serait faire croire qu’il n’y a pas exercé le rôle qui était le sien. Eddy Vos, comme il le dit lui-même, n’est plus chef d’enquête, mais il reste disponible, à l’heure où il a choisi une autre orientation. Pour les tueries du Brabant, il est quelque chose comme un consultant extérieur, lourd de son expérience.

Le 9 novembre 2015, le dossier sera clos ou définitivement résolu. Résolu, cela entendrait qu’on en ait découvert les véritables auteurs, qu’ils aient été jugés, et que l’arrêt soit définitif. "On devrait pouvoir y arriver, avec peut-être un petit peu de chance", se répète-t-on à Charleroi. Comme pour s’en convaincre ?

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"Ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve."
( Dr. Robert RENDU)
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Feu Follet

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MessageSujet: Re: LLB, 30/1/2012   Lun 30 Jan 2012 - 14:57

Enfin un mot de la presse francophone qui, s'il n'apporte rien de vraiment neuf, a au moins le mérite de faire un bilan historique de l'enquête.

Au fait, que devient le beau gosse dans tout ça ?

cheers
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LLB, 30/1/2012
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