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 Affaire Laurence Mathues

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michel
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MessageSujet: Affaire Laurence Mathues   Mer 3 Aoû 2016 - 15:27

Je lance ce nouveau sujet dans "autres grandes affaires criminelles" car je n'aime pas que les jeunes filles se fassent assassiner.
Laurence Mathues est une jeune fille, jobiste à Walibi, qui fut assassinée le 28 août 1992. Le dossier se trouve au Parquet de Namur (pas celui de Nivelles??) mais plus aucun enquêteur sur cette affaire.

LES INVESTIGATIONS CONTINUENT POUR METTRE UN NOM SUR LE CADAVRE DE FERNELMONT.S'AGIT-IL DU CORPS D'UNE WAVRIENNE DISPARUE...?

CHEVALIER,SYLVIE; VANDENDRIES,JEAN

Page 17

Samedi 12 septembre 1992

Les investigations continuent pour mettre un nom sur le cadavre de Fernelmont. S'agit-il du corps d'une jeune Wavrienne disparue le 28 août?

Quand la vie se fait aussi noire qu'un polar...

Après la «confusion» de Tamines et une nouvelle identification, probable mais pas certaine, un autre doute pour les enquêteurs: la cause de la mort.

Simenon lui-même, dans ses jours de folle inspiration, n'aurait sans doute pas imaginé le scénario de ce drame. Bien sûr, ici, tout le charme du polar est rompu par la sinistre réalité des faits. Namuroise, Brabançonne... mais quelle identité cache donc le cadavre découvert mardi soir, à Franc-Warêt (Fernelmont)?

Lundi en fin de journée, un cycliste de Noville-les-Bois aperçoit, par hasard, sur le bas-côté de la nationale qui relie Franc-Warêt à Leuze, un jeans. Un jeans ou un corps habillé de jeans? Pour en avoir le coeur net, le lendemain, il retourne sur place et fait la macabre découverte.

Première autopsie et première identification. Il s'agit, explique-t-on de source judiciaire, d'une jeune toxicomane de 17 ans et demi, habitant Tamines. Tout concorde. La mort semble avoir été provoquée par une surdose. La taille, la stature du cadavre, les vêtements et certains bijoux; la belle-mère de la jeune fille en est certaine, c'est elle. Le corps est donc rendu à la famille et, alors que l'on prépare les funérailles, c'est le coup de théâtre.

Allô? Papa... J'ai entendu mon nom... Mais ce n'est pas moi, je ne suis pas morte. Viens me chercher, je suis à la gare de Charleroi. Pour ces habitants de Sambreville, c'est l'incrédulité, puis la joie. Pour une autre famille se prépare un drame.

LAURENCE, VICTIME PRÉSUMÉE,

N'ÉTAIT PAS TOXICOMANE

Une autopsie plus approfondie s'impose. En fin de journée, jeudi, on croit pouvoir affirmer, sans beaucoup de chance de se tromper, qu'il s'agit de Laurence Mathues, née le 16 avril 1976, une jeune Wavrienne disparue de son domicile depuis le 28 août. Elle n'a, de son côté, rien à voir avec le milieu de la drogue. Ses parents inquiets avaient insisté la semaine dernière pour que soit largement diffusée sa photo.

D'heure en heure, cette deuxième piste semble se confirmer. Mais restent des interrogations.

La maman - à laquelle il était exclu de montrer les restes mortels - aurait reconnu des bijoux que portaient sa fille, mais il y a des traces d'eczéma sur lesquelles on s'interroge. Jobiste à Walibi, elle ne souffrait pas de cette maladie... Une analyse de la dentition n'était pas terminée, vendredi en fin de journée.

La cause de la mort? Tout le monde aurait juré qu'il s'agissait d'une overdose. Mais il semble que des analyses d'urine se soient révélées négatives. Il faut rappeler que la thèse de l'empoisonnement n'est pas à négliger. Bien évidemment, on attend avec impatience les résultats de l'analyse sanguine.

CONSTERNATION À WALIBI

OÙ ELLE ÉTAIT JOBISTE

Chagrin à Walibi où la jeune fille avait été engagée pour le mois d'août, comme des centaines d'autres étudiants. Le parc d'attractions wavrien comprend un personnel fixe de quelque 150 unités auquel s'ajoutent des «saisonniers» engagés de fin mars à fin septembre ainsi que des étudiants pour un des 3 mois de juillet, août et septembre.

Cette jeune fille de seize ans et demi, grande et mince, aux cheveux châtain clair légèrement ondulés, aux yeux verts, avait été engagée pour le mois d'août. Le vendredi 28, elle ne devait prendre son service qu'à midi, mais son père la déposa à l'entrée du parc en tout début de journée. Elle se rendit comme chaque jour à la «Croissanterie» qui est ouverte du matin au soir en pleine période estivale. Elle y était estimée de ses «chefs» qui appréciaient sa tenue et son comportement corrects.

Je vais faire un saut jusqu'à Bruxelles, déclara-t-elle à ses «collègues» qui ne prêtèrent pas une attention spéciale à ces propos compréhensibles dans la mesure où elle n'aurait effectivement dû commencer son «job» qu'à midi.

On ne devait plus la revoir. Sur le coup, on put peut-être mettre cette absence en corrélation avec une autre sur laquelle la direction avait passé l'éponge, tout en l'avertissant qu'il ne fallait pas qu'une telle attitude se reproduise. Les enquêteurs pourraient-ils tenir une piste sérieuse en cette absence injustifiée et inattendue?

Il n'est pas interdit de poser la question puisque, sérieuse pierre d'achoppement pour les enquêteurs, la jeune fille obtenait de bons résultats scolaires en humanités et, il faut le souligner, n'était pas du tout connue comme toxicomane.

SYLVIE CHEVALIER

et JEAN VANDENDRIES


Source : Le Soir

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Feu Follet



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MessageSujet: Re: Affaire Laurence Mathues   Mer 3 Aoû 2016 - 20:25

Michel, seriez-vous en train de nous dire que l'affaire est tout bonnement prescrite ?

Par ailleurs, quelles sont les pistes analysées depuis 1992 ? J'avoue ne pas très bien me souvenir de cette affaire.
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michel
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MessageSujet: Re: Affaire Laurence Mathues   Mer 3 Aoû 2016 - 20:39

Feu Follet a écrit:
Michel, seriez-vous en train de nous dire que l'affaire est tout bonnement prescrite ?

Par ailleurs, quelles sont les pistes analysées depuis 1992 ?  J'avoue ne pas très bien me souvenir de cette affaire.

Non pas prescrite mais abandonnée. Je publierai d'autres infos. En espérant un témoignage (qui en général ne vient jamais cfr tueries et champi)....

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Feu Follet



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MessageSujet: Re: Affaire Laurence Mathues   Mer 3 Aoû 2016 - 21:09

Autre question de candide: je sais que le Parquet a "l'opportunité" des poursuites, mais la famille a-t-elle tout abandonné ? Ne s'est-elle pas constituée partie civile ?
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michel
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MessageSujet: Re: Affaire Laurence Mathues   Mer 3 Aoû 2016 - 21:31

Feu Follet a écrit:
Autre question de candide: je sais que le Parquet a "l'opportunité" des poursuites, mais la famille a-t-elle tout abandonné ?  Ne s'est-elle pas constituée partie civile ?

Le père a fait des pieds et des mains. Mais que faire devant l'inertie de la Justice?

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Feu Follet



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MessageSujet: Re: Affaire Laurence Mathues   Mer 3 Aoû 2016 - 21:53

Pour l'instant, je n'ai pas trouvé grand chose sur le net en rapport avec cette affaire. On en trouve plus sur Carine Dellaert, morte la même année en Flandre. Pourtant a priori, la thèse du suicide évoquée au début de l'affaire pour Laurence semble invraisemblable. Et là encore, il semble qu'on n'ait pas épargné grand chose au papa...
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frederic lavachery



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MessageSujet: Re: Affaire Laurence Mathues   Mer 3 Aoû 2016 - 22:25

23 août

-  Les noms des enfants restés disparus en Belgique sont égrenés et rappelés aux mémoires : Gevrije Cavas, 6 ans - Elizabeth Brichet, 12 ans - Katrien Decuyper, 15 ans - Inge Breugelmans, 14 ans - Loubna Benaïssa, 9 ans - Laurence Mathues, 16 ans - Kim et Ken Heyman, 11 et 8 ans - Sylvie Carlin, 19 ans - Liam Van den Branden, 2 ans - Vinciane Closset, 17 ans Carola Titze, 16 ans.


Citation tirée de ce document de l'asbl Julie et Mélissa :

Chronique d’une enquête étouffée (1)
PREMIERE PARTIE : L’ERE CONNEROTTE

le 31 mars 2003 - Version imprimable de cet article et de son forum

Pour tous ceux qui cherchent encore à comprendre, nous proposons cette lecture chronologique des principaux événements de l’affaire Dutroux et Cie. Ce travail simple et synthétique est principalement basé sur l’information qu’au fil des mois et des années, depuis août 96 jusqu’à nos jours, nous avons tous reçue au travers du prisme de la presse écrite. Cette proposition de lecture se veut, dès lors et avant tout, proposition de réflexion.image 161 x 48 - 1.2 ko

"A bon lecteur, salut !"

Août 1996

9 août

Disparition de Laeticia Delhez, à Bertrix. Une enquête est ouverte au parquet de Neufchâteau, sous l’égide du procureur du Roi Bourlet. Le juge d’instruction désigné est Jean-Marc Connerotte.

13 août

En soirée, le procureur communique à la presse de ne plus diffuser aucune information relative à cette disparition dans l’intérêt de l’enquête. Le black-out sera totalement respecté jusqu’aux retrouvailles de Sabine et Laeticia, puisque ce 13 août, Dutroux, Lelièvre et Martin ont déjà été interpellés et interrogés sur l’enlèvement de Laeticia et que des perquisitions sont déjà menées dans ses différentes maisons et notamment à Marcinelle.

15 août

-  Sabine Dardenne, enlevée le 28 mai à Kain, et Laeticia Delhez, enlevée le 9 août à Bertrix, sont retrouvées ensemble, séquestrées dans un minuscule réduit au sous-sol d’un immeuble de Marcinelle. A ce moment, on ne connaît pas encore l’identité des ravisseurs. Deux jours plus tard la Dernière Heure notera : "On pourrait écrire que tout est bien qui finit bien, si on ne se rendait pas compte que la Belgique est devenue un pays où les pédophiles sont organisés... aussi bien que les truands".

16 août

-  Le rapport du Centre pour l’Egalité des chances de mars 96 provoque de nouveaux commentaires, suite aux retrouvailles de Sabine et Laeticia. Celui-ci stipule en effet que "notre pays n’échappe pas au grave problème des réseaux de prostitution et pornographie enfantine mais que l’on ne dispose d’aucun moyen concret pour le quantifier".

Nos observations : à l’heure actuelle (2003), il n’y a toujours aucun moyen mis en place pour ce faire en Belgique. Manque de volonté ou indifférence persistante ?
-  On apprend que les ravisseurs (la présomption d’innocence n’aura aucun cours dans ces jours-là) de Sabine et Laeticia ont été arrêtés sur base de la piste de "la camionnette blanche" : il s’agit de Dutroux, Martin et Lelièvre. Erronément, la presse parle de deux témoignages spontanés faits à la gendarmerie concernant ce véhicule suspect, vu à Bertrix le jour de l’enlèvement de Laeticia.

Nos observations : Point de spontanéité du tout, en effet, dans le chef de ces deux témoins. Mais un travail minutieux et extraordinairement rapide de la gendarmerie qui les conduira jusqu’à ces deux témoins potentiels. Les limiers auraient-ils brusquement retrouvé leur sens de l’intuition ? La rapidité de l’arrestation de Dutroux est tout aussi surprenante : des perquisitions sont effectuées illico dans les six maisons de Dutroux et Martin.
-  Dans son ensemble, la presse écrit déjà que "Sabine et Laeticia auraient été victimes d’un réseau de pédophiles".

Nos observations : A l’heure actuelle, on continue de se demander quels étaient les éléments d’information qui pouvaient lui permettre de parler si tôt de réseau de pédophiles !
-  Dans cette presse officielle, on peut encore lire, sous la plume de J.-F. Deliège, que c’est "grâce à quelques cheveux de Laeticia et des traces de sang retrouvées dans la camionnette blanche de Dutroux" que l’on a pu retrouver les deux jeunes filles et arrêter leurs ravisseurs.

Nos observations : Cette version des faits est plutôt ahurissante, sachant qu’aucun laboratoire scientifique n’est à même de produire une comparaison d’identité sur base de cheveux et de sang dans un délai aussi bref. Pour rappel également : à ce moment, des cheveux de Julie et Mélissa, en possession des enquêteurs de Liège depuis plusieurs mois, n’avaient toujours pas été analysés pour pouvoir éventuellement être comparés. Le procureur du Roi proclame aux journalistes : "Vous êtes une bonne presse. Il faut que la population le sache". Un avis qui évoluera beaucoup au fil des années de cette enquête.
17 août

-  Le Soir écrit : "Une perverse filière se dessine dans l’ombre de Dutroux", avant d’expliquer que six suspects sont maintenant écroués : Dutroux, Martin, Lelièvre, Michel Nihoul, un proche de Nihoul et un Grec dont on ne sait encore rien à ce moment. On annonce déjà d’autres arrestations.
Quant à Nihoul, il déclare tout son mépris vis-à-vis de Dutroux, expliquant que celui-ci lui avait même dit "qu’il voulait construire des cages pour y mettre des gamines". Nihoul assure déjà qu’il est indicateur de police, mais, selon Jean-Claude Vantroyen, journaliste du Soir, "son nom n’apparaît pas dans les informateurs répertoriés".

-  On apprend que deux jours avant la libération de Sabine et Laeticia de la cache de Marcinelle, la gendarmerie avait déjà perquisitionné la maison de Dutroux de fond en comble, en vain... !

Nos observations : Il s’agira en fait de la troisième perquisition du gendarme Michaux chez Dutroux ! Deux échecs dans l’enquête Julie et Mélissa, en décembre 95 + un échec, le 13 août 96, dans l’enquête Laeticia = trois occasions manquées par le même Michaux de retrouver des enfants disparues. Sans l’insistance du duo Bourlet-Connerotte, qui feront recommencer la perquisition par un autre groupe d’enquêteurs, Sabine et Laeticia étaient sans doute, elles aussi, condamnées par Michaux. Certaines négligences ne sont-elles donc pas coupables par "excellence" ? Toujours est-il que le gendarme en question n’a finalement jamais été inquiété pour son étrange comportement.
-  Julie et Mélissa sont retrouvées mortes à Sars-la-Buissière, dans le jardin de l’épouse de Dutroux.

19 août

-  Deux jours après la découverte des corps de Julie et Mélissa, la presse unanime titre : "Nous sommes tous en deuil". "Ce samedi, écrit La Meuse, restera comme un jour de honte qui témoignera que notre culture, nos religions, notre civilisation n’ont pas su conjurer la barbarie." Et de poursuivre : "Aujourd’hui ce ne sera plus jamais comme avant dans notre pays. image 161 x 48 - 1.2 ko Il y aura l’AVANT et l’APRÈS Julie et Mélissa. Ce que l’on croyait exister uniquement dans les films d’horreur les plus noirs, dans l’imaginaire délirant ou dans les lointains pays, est arrivé chez nous, à notre porte. On a enlevé au moins quatre de nos filles, non pas pour une quelconque rançon, mais simplement pour satisfaire les désirs pervers de désaxés. Incroyable mais vrai ! Vu cet épouvantable drame, l’opinion publique ne pourra plus se contenter de sempiternelles excuses. Comment un homme déjà condamné pour des viols et des séquestrations semblables, a-t-il pu exercer en pleine quiétude ces horribles méfaits ? Il va falloir réagir – et très fort encore ! – contre ce groupe d’individus si l’on ne veut pas que demain aucun parent n’ose encore laisser aller son enfant seul à vélo ou cherchez un pain chez le boulanger…"

-  La description des retrouvailles de Julie et Mélissa, telle que donnée par les journaux ne laisse pas non plus sans surprendre : "Les sondages ( ? !) entamés sur base de plusieurs témoignages, à Marcinelle et à Sars, ont apporté les résultats craints. Dès les premières heures de l’après-midi, les enquêteurs avaient découvert les restes de deux adolescentes."

Nos observations : Vocabulaire mal choisi ou étrange malentendu : Julie et Mélissa n’avaient que 8 ans !
"On s’est peu de temps interrogé sur l’identité des victimes. Même si des informations contradictoires affluaient. Effectivement, sur base des aveux de Lelièvre, les enquêteurs recherchaient An et Eefje, les deux jeunes Limbourgeoises. Mais, on le sait, les enquêteurs ont découvert les corps des deux petites Liégeoises, Julie et Mélissa. En annonçant la nouvelle officiellement, le procureur Bourlet était évidemment sous le choc. Il annonçait ainsi que les filles avaient été mises sous terre en mars ou en avril", poursuivent les journalistes.

Nos observations : Sur quelles bases se prononçaient-ils ainsi, sachant que Dutroux n’avait pas encore parlé des circonstances du décès de Julie et Mélissa, et que les autopsies n’ont jamais pu déterminer de date de décès ?
Et la presse de poursuivre encore : "Pour un motif futile, affolant, Dutroux avait confié les deux gamines à Lelièvre qui a laissé dépérir les deux adolescentes. Selon le procureur, l’une a péri ainsi, privée de nourriture et de moindre soin. L’autre, plus horrible encore, aurait péri après sa mise en terre."

Nos observations : Même remarque que précédemment à laquelle nous ajouterons notre sentiment d’incompréhension totale concernant cette information de décès après mise en terre que rien dans les autopsies n’a jamais étayée. L’enquête révèlera plus tard que cette possibilité a existé, non pour Julie et Mélissa, mais bien pour An et Eefje, ainsi que le complice de Dutroux, Bernard Weinstein. Une telle indication dans les circonstances de décès des enfants n’est pourtant pas sans importance…
"Elles reposaient l’une et l’autre à trois mètres, sous l’argile, depuis le printemps dernier", nous indique encore la presse.

Nos observations : Notre question reste encore actuellement et demeurera : qui a décrété, à ce moment-là, que cette époque fut celle de la mort de Julie et Mélissa, et sur quelles bases, étant donné que les autopsies et les analyses scientifiques ont échoué à préciser le moment de leur décès et que Dutroux et Martin ne donneront que beaucoup plus tard dans l’enquête leur version des choses concernant les dates de décès de Julie et Mélissa ?
Autre précision journalistique : "L’une et l’autre, emballées, avaient conservé leurs traits qui ne laissaient aucun doute sur leur identité."

Nos observations : A ce propos, le commissaire Lamoque, en charge du dossier Julie et Mélissa depuis le 26 juin 1995, confirmera aux parents qu’il les a immédiatement reconnues à leurs visages tels que sur les affiches de disparition ! Plus de quatre mois sous terre, sans dégradation du temps ? !, s’étonneront les parents. On leur répondra : Oui, car protégées par des sacs plastiques (éventrés) dans une terre argileuse. Le hic, c’est que la même réponse sera donnée au papa d’An Marchal, étonné de retrouver le visage d’An également peu abîmé après un séjour sous terre de plus d’un an ! Le hic, c’est que la composition de la terre où An et Eefje seront retrouvées est sablonneuse et non argileuse. Quant au complice Weinstein, il sera retrouvé dans la même terre argileuse que Julie et Mélissa (même endroit mais plus profond), en état trop piteux pour être immédiatement reconnaissable. Apparemment, la terre possède encore bien des secrets…
"Leurs corps sont, pour l’heure, soumis à autopsie médicale", termine le journaliste. "D’ores et déjà, on sait que leurs geoliers ne se sont privés avec leurs prisonnières Julie et Mélissa…"

Nos observations : D’ores et déjà, en effet ! Reste à comprendre comment la presse était d’ores et déjà au courant de ce que l’on ne permettra de savoir aux parents de Julie et Mélissa que plusieurs mois plus tard, lors de leur lecture des rapports d’autopsie, et surtout pourquoi le juge Langlois, qui succèdera au juge Connerotte, estimera nécessaire de faire procéder à un rapport d’analyse contradictoire sur les sévices subis par Julie et Mélissa. Trois ans plus tard ! ? Quant à l’identification des enfants par les parents eux-mêmes, elle leur sera refusée par le Procureur général Thily et la juge Doutrèwe en charge de leur dossier.
-  A Grâce-Hollogne, des centaines de personnes se massent devant le domicile des Russo, jusqu’à quatre heures du matin, pour y déposer une fleur au pied de la porte.

-  Autres gros titres du jour dans la presse belge : "L’enquête aboutit trop tard pour sauver Julie et Mélissa" - "La révolte" - "L’effroyable vérité" - "Tout un pays derrière deux familles" - "Julie et Mélissa : chronique d’épouvante"

image 161 x 48 - 1.2 ko Presse française : "L’horreur absolue" - "Le calvaire sexuel des jeunes captives"

-  On apprend que Melchior Wathelet, ancien ministre de la Justice, est responsable de la mise en liberté sous conditions de Marc Dutroux, malgré une condamnation de 13 ans de prison pour faits d’enlèvements, séquestrations et viols de mineures déjà commis en 1985.< /br> Par contre, on apprend aussi que le procureur Georges Demanet (tant décrié par le péjiste Zicot, arrêté plus tard par le juge Connerotte pour association de malfaiteurs dans le cadre du dossier de Neufchâteau) avait, pour sa part, été très clair en concluant "qu’une telle décision de libération conditionnelle irait à l’encontre des impératifs de sécurité publique et serait de nature à discréditer la justice".

-  Perquisition chez un cinquième suspect : le Hollandais Casper Flier que l’on présente comme le supposé trait d’union entre Dutroux et Nihoul. On apprend qu’il s’agit d’un repris de justice déjà condamné pour faits de drogue, ex-co-détenu de Michel Lelièvre, proche de Nihoul, intime de Bouty. La 23e brigade s’occupe d’enquêter sur la nébuleuse de sociétés impliquant Michel Nihoul.

Nos observations : Au bout de sept ans d’enquête, il semble qu’elle ait malheureusement négligé les sociétés en rapport avec la célèbre AUDI FBD 444 de Nihoul, dont Dutroux aurait en charge la réparation au moment précis de l’enlèvement de Laeticia. La société à laquelle appartenait ce véhicule - alibi bien confortable - nous ramène en effet à d’autres nébuleuses sociétés et affaires scandaleuses non-élucidées à ce jour en Belgique.
-  Georges Kellens, criminologue à l’ULG, déclare qu’il "ne connaît pas d’affaire aussi dramatique".

-  De son lieu de vacances en Italie, Melchior Wathelet, responsable de la libération anticipée de Dutroux, sort de son mutisme pour déclarer "qu’il a pris ses responsabilités".

-  A Sars-la-Buissière, au même endroit que Julie et Mélissa, a été retrouvé le corps de Bernard Weinstein présenté comme un complice de Dutroux et sur lequel on commence à entendre les premiers commentaires : "Discret, serviable, il semblait mener une double vie", lancent les gens de son voisinage, à Jumet rue Daubresse. "Il chipotait avec les voitures la journée. On se doutait que ce n’était pas régulier, mais comme il ne faisait d’ennuis à personne… Le Soir, il partait et on ne l’entendait jamais rentrer…"

Nos observations : On n’en sait toujours pas plus aujourd’hui sur la vie nocturne de Bernard Weinstein.
-  L’affaire du camion volé par Divers et Rochow puis entreposé dans un hangar loué à Dutroux par Pinon (l’indicateur du péjiste Zicot) est évoquée. On ne sait plus rien, en effet, de Weinstein depuis cette affaire de séquestration pour un camion, survenue dans la nuit du 4 au 5 novembre 95. Officiellement, il est en cavale. Dutroux, son complice dans la séquestration des voleurs de camion, sera quant à lui arrêté et emprisonné du 6 décembre 95 au 20 mars 96. Quant à Michelle Martin, l’épouse de Dutroux, elle est présentée comme une mystique qu’il fallait parfois mettre à la porte de l’église tant elle y priait du matin au soir. A Waterloo, où elle a vécu auprès de sa mère, on pense que sa descente aux enfers a dû commencer avant Marc Dutroux, avec son ancien compagnon, un taulard avec qui elle a un enfant.

Nos observations : Paroles en l’air d’un voisin ou oubli de Neufchâteau car aucune trace de cette période de sa vie, ni de cet enfant, dans l’enquête de moralité réalisée par le juge Langlois à Neufchâteau. On sait également qu’elle avait déjà été condamnée, elle aussi, pour complicité dans les faits d’enlèvements, viols et séquestrations de mineures d’âge, perpétrés par Dutroux en 85.
20 août

-  Les premiers éléments d’un rapport ’Othello’ sont divulguées : on y apprend que des "aménagements" avaient été effectués par Dutroux dans sa cave pour y loger des enfants.

-  Des milliers de personnes défilent au funérarium de Grâce-Hollogne.image 161 x 48 - 1.2 ko Les funérailles de Julie et Mélissa sont prévues pour le jeudi 22 août. La RTBF a déjà prévu de les retransmettre en direct. Les commerces baissent leurs volets en signe de deuil. Les communes ouvrent des livres de condoléances un peu partout dans le pays. Presse et télévisions du monde entier se mettent à affluer. Le Palais royal émet un communiqué de circonstance.

-  Une piste tchèque se dessine pour An et Eefje. Outre les aveux des inculpés sur leurs nombreux voyages dans ce pays, on dévoile brusquement l’ampleur du commerce de vidéos pornographiques et pédopornographiques qu’ont atteint, depuis quelques années, les pays de l’Est. Un responsable d’Interpol Tchéquie admet l’existence dans son pays de réseaux pédophiles qui fournissent en photos et films des réseaux internationaux. Il est reconnu que la plupart des trafiquants de ce pays ont des liens avec les USA, le Canada ou… la Belgique

-  Après avoir vu les parents de Julie et Mélissa, le ministre de la Justice Stefan De Clerck, rend visite aux parents d’An et Eefje.

-  Certains éditeurs s’engagent à soutenir les parents de Julie et Mélissa dans leur lutte pour la protection des enfants.

-  La presse dans son ensemble commence vraiment à s’emballer, éditant révélations sur révélations.

Nos observations : Quelques années plus tard, les mêmes parleront "du train fou de Neufchâteau", rejetant toute la responsabilité de cet emballement sur le juge Connerotte et le procureur Bourlet, sans jamais se remettre un tant soit peu en cause. On écrit notamment à l’époque, dans ces mêmes journaux, que le dossier Dutroux pourrait être lié à la disparition de cinq fillettes en Afrique du Sud (sources et information jamais confirmées ni recoupées). On y parle déjà de réseau international de pédophilie et de rites sataniques.
21 août

-  Les étranges activités de la secte Celestian Church of Christ (C.C.C.) d’Anny Bouty sont évoquées. C’est elle qui en a élaboré les statuts et c’est elle que l’on obtient au bout du fil lorsque l’on compose le numéro de la C.C.C. La Sûreté de l’Etat affirme s’occuper de la surveillance de cette asbl, laquelle a des contacts internationaux et dont le siège central est installé à Londres. Elle est en place depuis janvier 1995. La Sûreté assure qu’à l’heure actuelle, rien ne permet de dire que cette secte serait liée à des enlèvements d’enfants. L’enquête de Neufchâteau démontrera que de nombreux contacts téléphoniques en provenance des maisons de Dutroux ont pourtant abouti à la C.C.C.

-  "Une affaire au centre du monde", titrent à nouveau les journaux du groupe Sudpresse, expliquant que "rarement une affaire aura déclenché une telle onde de choc. Onde ressentie un peu partout en Europe, comme en témoigne la frénésie qui s’est emparée des médias étrangers". On apprend notamment par cette même presse que l’Angleterre, l’Amérique du Nord comme du Sud, l’Afrique du Sud s’intéressent de près à l’affaire. L’Asie n’est pas en reste non plus, puisque l’on rencontre même des journalistes asiatiques à Neufchâteau, ces jours-là.

22 août

Funérailles nationales pour Julie et Mélissa. image 161 x 48 - 1.2 ko Des milliers de véhicules se parent de crêpes noirs en signe de deuil. Les détenus de toutes les prisons du royaume diffusent des communiqués pour s’associer à la douleur des parents. Le gouvernement fédéral présente ses condoléances aux familles, demandant que toutes les administrations publiques et parapubliques, ainsi que tous ceux qui en ont la possibilité observent un moment de silence pour exprimer leur solidarité.

La Dernière Heure fait sa Une d’une lettre ouverte aux parents de Julie et Mélissa, qu’elle titre "Nos enfants". Pour sa première page, La Wallonie, plus pudiquement, laissera parler l’image.

Les funérailles ont lieu à midi, à la basilique St Martin de Liège. Des gens attendent sur le parvis depuis 6 heures du matin. Parmi les personnalités, ont tenu à être présents Anne Thily, Stephan De Clerck, Herman De Croo, Michel Lebrun, Jean-Marie Happart, Roger Lallemand, Paul Boland, Michel Firket, Edouard Close, Marie-France Botte, Claude Lelièvre, Alain Van der Biest, Jacky Morael, Guy Lukowski, Michel Bouffioux, Marie-Noëlle Bouzet, maman d’Elizabeth Brichet.

Nos observations : De manière erronée, la presse notera que les parents ont souhaité que ces personnalités ne soient pas filmées à l’intérieur de la basilique. En réalité, leur seule demande sera d’être prioritairement entourés de leurs familles, leurs amis et de tous les citoyens qui, bénévolement, les ont vraiment aidés dans leurs recherches de Julie et Mélissa, pendant ces 14 mois d’absence.
Le cortège funèbre se compose de deux véhicules d’incendie suivis d’une quinzaine de voitures noires, puis de deux corbillards, croulant tous sous les gerbes de fleurs.

23 août

-  Les noms des enfants restés disparus en Belgique sont égrenés et rappelés aux mémoires : Gevrije Cavas, 6 ans - Elizabeth Brichet, 12 ans - Katrien Decuyper, 15 ans - Inge Breugelmans, 14 ans - Loubna Benaïssa, 9 ans - Laurence Mathues, 16 ans - Kim et Ken Heyman, 11 et 8 ans - Sylvie Carlin, 19 ans - Liam Van den Branden, 2 ans - Vinciane Closset, 17 ans Carola Titze, 16 ans.

-  On annonce une audience de 815 000 téléspectateurs pour la RTBF et 806 000 pour la BRT, lors de la retransmission des funérailles de Julie et Mélissa, ce jeudi 22 août.

-  L’opération Othello de la gendarmerie sur les activités de Dutroux est dévoilée. Cette opération est présentée comme une enquête parallèle de la gendarmerie menée à l’insu des magistrats.

-  Marie-France Botte parle de protections.

-  L’avocat de Nihoul, Clément de Cléty, explique que "Lelièvre servait d’indicateur à Michel Nihoul qui informait la gendarmerie". La gendarmerie ne confirme ni ne dément.

Nos observations : A l’orée du procès, en dernière séance de Chambre du conseil, cet automne 2002, ce point a à nouveau été abordé sans que l’on n’obtienne plus de clarté du côté de la gendarmerie.
24 août

L’arrestation de l’inspecteur de la police judiciaire de Charleroi, Georges Zicot, par Neufchâteau fait sensation. Question des journalistes : "est-ce lui le protecteur de Dutroux". On parle d’un premier domino dans la chaîne des protecteurs.

25 août

-  Le procureur du Roi Bourlet annonce, outre l’arrestation de Zicot, celles de Gérard Pinon, informateur, et de Philippe Dehaan, attaché au service fraudes de la Royale Belge, pour association de malfaiteurs.

-  La gendarmerie rétorque publiquement à l’accusation d’enquête parallèle (opération Othello) que "l’autorité judiciaire liégeoise (la juge d’instruction Doutrèwe) a été mise au courant. Cette autorité y ayant donné suite en prescrivant un devoir judiciaire subséquent".

Nos observations : il s’agit d’une demande d’interpellation d’un monsieur P. travaillant à Bierset (à côté de Grâce-Hollogne), lequel avait été remarqué comme se rendant chez Dutroux à Marcinelle, durant les observations POSA de la gendarmerie. Difficile de penser, en effet, que la juge ait fait procéder à cette interpellation sans raison. La seule raison ne pouvant être que cette relation avec le suspect Dutroux. Ce qui démontrerait, par déduction logique, qu’elle devait effectivement être au courant ou absolument aveugle et indifférente au point de ne pas connaître l’objet même de ses propres demandes de devoirs d’enquête.
26 août

-  Sous la plume d’Alain Guillaume, dans Le Soir, on apprend "qu’un représentant d’Interpol Bratislava affirme qu’une dizaine de jeunes filles tchèques d’environ 18 ans ont répondu aux invitations de Dutroux pour tourner des films pornographiques". La trace de Dutroux a été retrouvée en Tchéquie, Hongrie, Autriche, mais toujours pas de trace d’An et Eefje.

-  A Jumet, des chiens venus de Hollande fouillent les lieux. A Ostende, des perquisitions sont effectuées dans des boxes pour voitures utilisés par Dutroux et Cie.

-  De Clerck déclare en conférence de presse que "tout est fait pour que les enquêteurs disposent de tous les moyens nécessaires. La vérité doit être faite, ajoute-t-il, toute la vérité. Rien qui soit de nature à freiner le travail de Neufchâteau ne sera toléré."

-  Un dixième mandat d’arrêt est décerné par Neufchâteau à Pierre Rochow pour association de malfaiteurs, dans le cadre de trafic de véhicules liés à Dutroux. "Un volet qui devrait permettre aux enquêteurs de s’intéresser plus directement aux protections de Dutroux", commente la presse.

Nos observations : Ce volet sera dessaisi avec beaucoup d’empressement pour le faire sombrer plus facilement dans l’oubli général.
-  Anne Thily s’active à remettre un rapport sur les dysfonctionnements de l’enquête liégeoise dans la disparition de Julie et Mélissa, concernant notammant les contradictions entre la version de la juge Doutrèwe et celle de la gendarmerie.image 161 x 48 - 1.2 ko Concernant les dysfonctionnements carolos, le ministre de la Justice a demandé un rapport à Jacques Velu de la Cour de Cassation. "En outre, il a formulé une explication concernant la promotion accordée, en janvier 96, au péjiste Zicot : il se serait agi d’une promotion automatique du ’Comité régulateur de la PJ’ à laquelle s’était opposé – en vain – le procureur Demanet, car une instruction était déjà ouverte à Bruxelles depuis 94, sur les agissements du péjiste, mais n’étant pas encore inculpé, il n’y aurait eu aucune raison de bloquer son avancement", écrit J.-F. Deliège dans La Libre Belgique.

Le procureur Demanet, pour sa part, parle d’"agissements mafieux". On commence à parler de la criminalité organisée qui sévit dans la région de Charleroi.

Toujours selon J.-F. Deliège, "on se trouve en présence d’une série d’individus faisant partie de bandes organisées qui travaillent séparément mais qui sont liées entre elles par la présence de quelques personnes en différents endroits de la structure contrôlée par deux ou trois individus". Un des patrons de cette nébuleuse serait le bras droit de Mauro De Santis, témoin clé dans l’assassinat d’André Cools (volet des titres volés). Dans ce même volet, Silvio De Benedictis avait dénoncé Richard Taxquet, policier de Grâce-Hollogne, comme fournisseur de faux papiers. Le nom de Zicot y était d’ailleurs réapparu plusieurs fois comme étant le protecteur de De Santis, personnage principal de cette structure. Quant au réseau Dutroux-Nihoul, "il se greffe à la périphérie de ce système sans que des liens formels puissent être démontrés en l’état actuel des choses", ajoute Deliège. "Selon certains, c’est aussi dans cette mouvance qu’il faudrait chercher les commanditaires du meurtre de l’inspecteur Simon Poncelet, commis en février 96", termine le journaliste.

Les amis de Zicot répliquent que la haine du procureur Demanet à l’encontre du péjiste provient du fait que celui-ci avait découvert que le fils Demanet roulait en Porsche 911 volée. Quant à Zicot lui-même, il déclare "qu’en procédant à son arrestation, les enquêteurs de Neufchâteau viennent d’allumer la mèche d’une bombe qu’ils ne parviendraient jamais plus à éteindre…" ( ? !)

-  Le procureur Marchandise, nommé à Charleroi en octobre 95, répond brièvement à la question de sa responsabilité dans la révocationde lalibération conditionnelle de Marc Dutroux. Celui-ci, en effet, a été arrêté en décembre 95 pour séquestrations et vols commis en novembre 95, maisMarchandise"n’apas estimésetrouverdevantuncasderécidivespécifique"."Enoutre,ajouteMarchandise,onpeutsedemander si la révocation de la conditionnelle de Dutroux aurait changé quelque chose au sort de Julie et Mélissa."

Nos observations : Réponse qui fait bien peu de cas des enfants enlevées par Dutroux, dès sa sortie de prison en mars 96, soit Sabine et Laeticia !
-  Les chiffres d’audience de la RTBF sur son débat "Enfants volés, enfances violées", enregistrent un score jamais atteint pour un débat : 800 000 téléspectacteurs, c’est-à-dire 50% de parts du marché.

-  De Croo, président du VLD, déclare : "La confiance ne reviendra dans notre pays que si des affaires comme celle-ci sont éclaircies".

Nos observations : En 1999, interpellé par le Comité de soutien aux parents de Julie et Mélissa, venu déposer au Parlement les 53 441 signatures récoltées par son manifeste intitulé Pour en finir avec l’intolérable, M. De Croo, actuel Président de la Chambre, manifesta un profond scepticisme à l’égard de la persistance d’une certaine méfiance à l’égard de la Justice. Il ajouta même que la confiance en cette institution était pour lui essentielle et qu’il la lui conserverait "tant qu’il n’y a pas de preuve qu’elle fait mal son travail"… Nous avions, à l’époque, consacré un article à cette rencontre dans notre journal "N’oubliez pas !"
27 août

-  Sur indications de Dutroux, les enquêteurs font effectivement des fouilles à Jumet, dans le quartier du chalet de Weinstein. Un radar de sol anglais a détecté quelque chose d’anormal sur ce terrain, mais les fouilles ont été stoppées en fin de soirée. Les pires rumeurs circulent concernant le sort d’An et Eefje.

-  Au même moment, on apprend que les perquisitions effectuées à Ostende visaient plus précisément Flier, l’ami de Nihoul et Bouty. C’est lui, en effet, qui gérait la fortune du vieux couple Talmasse, propriétaires des entrepôts fouillés à Ostende. On a retrouvé dans ces perquisitions, plusieurs sacs poubelles de vêtements d’enfants. On se demande si, parmi ces vêtements, il s’en trouve qui auraient appartenu aux enfants disparus.

Nos observations : A l’heure actuelle, on peut encore se le demander.
28 août

Les fouilles continuent à Jumet.

29 août

-  Bourlet et Connerotte se déplacent désormais en véhicules blindés.
-  Des pluies diluviennes interrompent les fouilles de Jumet. image 161 x 48 - 1.2 ko
-  Martin avoue que c’est elle qui était chargée de s’occuper de Julie et Mélissa, pendant l’incarcération de Dutroux.
-  Le Congrès de Stockholm sur l’exploitation sexuelle des enfants s’engage à criminaliser davantage, d’ici l’an 2000, ces activités illicites commises à l’encontre des mineurs d’âge.

Nos observations : On est en 2003, on n’a rien vu venir…
30 août

Les travaux reprennent à Jumet. Toujours en vain…

31 août

10 000 personnes à la marche silencieuses en souvenir de Julie et Mélissa pour l’édification de la petite stèle en leur souvenir près du pont de l’autoroute, à proximité du lieu de leur disparition

Septembre 1996

1er septembre

-  Reprise des recherches ce matin à Jumet et Marcinelle. Le radar de sol anglais a localisé plusieurs sites suspects
-  Un policier de Ciney se souvient avoir arrêté Lelièvre au volant d’une camionnette blanche appartenant au Hollandais Casper Flier (compagnon de Bouty)

2 septembre

Rentrée des classes.

3 septembre

-  Liège, par son bourgmestre Jean-Maurice Dehousse, rend hommage à Julie et Mélissa par une minute de silence.
-  Découverte à Jumet des corps de An et Eefje.

4 septembre

-  Arrestation d’Annie Bouty (ex-avocate et ex-compagne de Nihoul) suite à plusieurs interpellations dans le prolongement de l’arrestation de Nihoul. On annonce dans la DH, que suite à cette interpellation et aux perquisitions qui en ont découlé, les deux prochains jours seront décisifs.

-  A l’instigation de Marie-France Botte, le Palais Royal reçoit les familles de Julie et Mélissa et d’An et Eefje. image 161 x 48 - 1.2 ko

-  Georges Demanet, Procureur général de Mons, prend un congé exceptionnel de deux mois.

-  On recherche toujours un avocat pour Marc Dutroux.

5 septembre

-  Les recherches de Neufchâteau s’orientent à Ixelles, 35 rue du Conseil, au domicile d’un certain Corvillain, à deux pas de chez Loubna, disparue le 2 août 92. Recherches également à Keumiée, sur le terrain de Bruno Tagliaferro, mystérieusement décédé la nuit du 4 au 5 novembre 95. Roland Corvillain a été arrêté le 2 juillet 96 pour viol et attentat à la pudeur sur enfant de moins de 12 ans. Des voisins et des proches auraient vu Marc Dutroux et M. Nihoul se rendre chez Corvillain.

D’autres témoins affirment avoir reconnu Dutroux et Lelièvre à De Haan, le 10 juillet, jour où la jeune Allemande Carola Titze avait disparu pour être retrouvée morte quelques jours plus tard, près du SunPark.

-  Interrogatoire d’Annie Bouty concernant les activités financières de Nihoul, lequel aurait réalisé des affaires douteuses avec un homme d’affaires belge résidant à l’étranger, et dont le nom est apparu dans deux dossiers judiciaires importants en Belgique. On rappelle que Bouty elle-même n’est pas inconnue de la justice, puisqu’elle avait été arrêtée en 83 pour faux témoignage, dans l’affaire du Centre Médical de l’Est. Annie Bouty a également été condamnée pour escroquerie en 89 et 94.

-  L’enquête se dirige également vers le meurtre de Laurence Vojtcziyk, disparue le 16 mars 96, du magasin GEL 2000 à Charleroi et retrouvée décédée, ligotée et bâillonnée comme An et Eefje.

-  Jean-Frédérick Deliège se demande dans La Libre Belgique si "Marc Dutroux n’est pas aussi un tueur à la solde du milieu criminel carolorégien ?" JF Deliège estime que "la question des protections de Dutroux à Charleroi ne se pose plus car celui-ci est inquiété dans bien trop de dossiers à la fois pour que ce soit une coïncidence."

-  On apprend que des liens ont pu exister entre le réseau Dutroux-Nihoul (sous la plume de Gilbert Dupont dans la Dernière Heure, notamment) et le réseau CRIES (gros scandale pédophile des années 80). Le réseau CRIES est décrit comme un réseau organisé parfaitement structuré (fourniture de matériel pédophile, K7, photos, …) et dont faisait notamment partie un haut fonctionnaire de l’UNICEF. Parmi les photos d’enfants, un tout petit bébé, malheureusement jamais identifié, ainsi que d’autres enfants de moins de 5 ans. Cinq personnes avaient été arrêtées et condamnées, puis libérées les unes après les autres, au fil des années.

-  Me Darge prend la défense de Martin. Me Van Aelst de Bruxelles, approché pour la défense de Dutroux, refuse.

-  Fabienne Jaupart, veuve de Bruno Tagliaferro, dénonce à la presse que son mari a été assassiné parce qu’il connaissait les trafics de Dutroux. Elle dit qu’une liste de noms accompagnant ceux de Dutroux et de Weinstein, a été enterrée avec son mari.

14 & 15 septembre

-  Quatorze familles d’enfants disparus réunies image 161 x 48 - 1.2 ko pour une conférence de presse sur les dysfonctionnements des enquêtes qui les concernent.

-  L’Opération Obélix - nom de code donné par la PJ aux recherches sur la bande Dutroux & Co - commence.

-  Un témoignage capital a récemment été recueilli à propos du rapt de Loubna Benaïssa, en 1992 : une personne ressemblant à Nihoul aurait en effet été vue lors de l’enlèvement.

-  Inculpation de Nihoul par le juge Connerotte dans les faits d’enlèvements de Laeticia mais aussi de Julie et Mélissa.

-  Emission "Mise au point" sur la RTBF : les parents face aux politiques dénoncent leur passivité.

16 septembre

Fouilles chez le père de Dutroux à Tirlemont.

17 septembre

-  Fouilles à Anthée, dans une propriété fréquentée par Michel Lelièvre.
-  Démenti du propriétaire d’un yacht suisse concernant un témoignage qui le met en relation avec l’enlèvement de Julie et Mélissa.
-  Constitution de parties civiles de la famille Benaïssa à Neufchâteau.

18 septembre

-  Fouilles à Jumet : Michelle Martin est amenée sur place.
-  Nihoul comparaît en Chambre des mises à Liège.
-  Les journalistes remarquent le délai exceptionnellement court entre la dernière chambre du conseil à Neufchâteau et la CMA à Liège pour Nihoul (moins d’une semaine).

19 septembre

-  La gendarmerie apprend que l’enquête sur l’enquête de Thily est très critique. De Clerck le confirme à la tribune : "la volonté de mettre la juge d’instruction à l’écart a existé". image 161 x 48 - 1.2 ko Par contre, le rapport VELU ne donne aucun élément permettant de penser que Dutroux a bénéficié d’une protection à Charleroi. Les accusations de Thily ont été transmises à la police des polices, le Comité P. La gendarmerie se défend (assez mal selon l’article).

-  Interrogatoire de Nihoul par le péjiste bruxellois Marnette (toute une nuit). Dutroux dit qu’il connaît Lelièvre depuis un an et demi. Nihoul dit qu’il n’a rencontré Dutroux que 4 fois, qu’il n’a pris part à aucun trafic de drogue, etc. Concernant ses relations haut-placées, Nihoul nie tout en bloc.

-  Focant, un pédophile originaire de Comblain-au-Pont, est entendu longuement par les enquêteurs de Neufchâteau à propos de ses possibles liens "sinon avec Michel Nihoul, du moins avec des suspects gravitant dans le dossier Nihoul-Dutroux".

-  Suite de l’opération Zoulou de la PJ commencée la semaine précédente et visant à déterminer de quelles protections policières bénéficierait Marc Dutroux dans son trafic de voitures volées.

-  Confirmation du mandat d’arrêt de Nihoul par la CMA. La presse rappelle que Nihoul est depuis une semaine inculpé pour l’enlèvement de Julie et Mélissa Selon son avocate Me Virginie Baranyanka, "Nihoul ne participait à des partouzes que de manière passive".

-  Reportage TV concernant Philippe Maystadt, ministre des Finances, et Nihoul lors d’une inauguration bière. Le ministre Maystadt s’explique.

21 & 22 septembre

-  Souper spaghetti

-  Réception à Neufchâteau des parents d’enfants disparus (14 familles) à 15 heures, pour leur présenter la cellule d’enquête et en expliquer le fonctionnement.

-  Le même jour, le juge Connerotte se marie.

23 septembre

-  Nihoul dément l’information selon laquelle il existerait une K7 de Dutroux en compagnie de personnalités politiques.

-  Herman De Croo demande une explication à la gendarmerie : il veut que "le chantage d’exhibition des dossiers de Van Keer cesse immédiatement. Cette situation est en train de menacer notre Etat de droit. Si Van Keer ment, il doit être sanctionné".

-  Bourlet se déclare "satisfait de la gendarmerie". Il conteste le rapport Velu en ce qui concerne les non protections à Charleroi. Bourlet dit que c’est lui qui a le dossier et qu’on dit le contraire de ce qu’il contient. image 161 x 48 - 1.2 koIl fait allusion à un rapport du procureur du Roi de Charleroi Marchandise, qui serait très clair sur la protection de Dutroux à Charleroi. Il se demande également "pourquoi la gendarmerie, si efficace et rapide à Neufchâteau, aurait commis des erreurs ailleurs".

-  On épluche les comptes de Dutroux à Neufchâteau : 404 000 frs sur son compte en septembre 95. Provenance ?

-  Het Nieuwsblad révèle que Julie et Mélissa ainsi que An et Eefje et deux autres filles disparues, auraient été identifiées sur certaines cassettes, ajoutant que c’est dans le but de retrouver deux autres disparues qu’il y aurait eu des fouilles partout. Toujours selon Het Nieuwsblad, huit adultes auraient été identifiés, dont un homme politique important. Mais Neufchâteau a démenti.

-  La Dernière Heure sort une infographie sur les mouvements financiers de Dutroux.

-  Fouilles à Houssu à Carnières avec le policier anglais John Benett.

24 septembre

-  Nihoul se pourvoit en Cassation contre son maintien en détention.

-  Marleen Decockere rejoint Nihoul derrière les barreaux. Elle est soupçonnée d’être complice de Nihoul dans un trafic de drogue notamment.

-  Bourlet est convoqué chez Thily pour audition On raconte qu’il s’y est fait taper sur les doigts.

-  Actuellement en prison : Decockere – Nihoul – Bouty ; Dutroux – Martin – Lelièvre ; Diako – Th. Dehaan (libéré très discrètement par la chambre du conseil, le 12 septembre) ; Rochow (libéré suite à une erreur de procédure) ; Zicot – Thirault – Pinon

-  Selon la Dernière Heure, Marleen Decockere avait pourtant pris ses distances avec Nihoul. Elle fut trésorière de JMB-Radio en 85, puis de la Sprl DCN (radio et société de M. Nihoul). Nihoul et Marleen DECOCKERE ont vécu six mois ensemble… au château de Faulx-les-Tombes. Puis Marleen deviendra membre du Conseil d’Administration du Dolo (Club privé bruxellois). Elle contractera ensuite une maladie incurable (sclérose en plaque) finalement.

Nos observations : Maladie dont elle guérira cependant de manière pour le moins miraculeuse.
25 septembre

-  Conférence de presse de la PJ (dont les péjistes JP Doraene et Pierre Delilez) en front commun syndical :  image 161 x 48 - 1.2 ko ils dénoncent l’enquête parallèle de la gendarmerie. La PJ se demande si l’informateur de la gendarmerie n’était pas Weinstein.

-  Plusieurs magistrats (Leys – Dehaan – Van Espen) dénoncent leur manque de moyens dans les graves affaires judiciaires concernant notamment SOBELAIR, la mafia russe, … à cause de la mobilisation à Neufchâteau de la 3e SRC (brigade financière).

26 septembre

Julien Pierre dépose contre le juge Connerotte une requête en suspicion légitime pour avoir participé à un souper spaghetti organisé par l’asbl Marc et Corinne, en faveur des familles d’enfants disparus.

27 septembre

-  Menaces d’un certain Ph. ALAOUI (de Charleville-Mézières) contre Bourlet. Exécution d’un mandat d’arrêt international par le juge Langlois de Neufchâteau contre Alaoui.

Nos observations : C’est la première fois que l’on entend parler de ce juge.
-  Un sondage ( !) publié dans Het Laatste Nieuws donne 97% de confiance de la population belge à Bourlet.

-  Les rapports Velu et Thily ainsi que le rapport du Comité P sont communiqués au ministre de la Justice.

-  La chambre du conseil à Neufchâteau libère l’inculpé Thirault (charges insuffisantes). Elle libère également Pinon, Zicot et Decockere, non par manque de charges, mais parce que les conditions exigées par les lois réglant la détention préventive ne sont pas respectées (eu égard à l’état de santé de Decockere, par ex).

-  Le Vif-l’Express fait un portrait de Thierry Dehaan (l’assureur), arrêté puis libéré par la chambre du conseil, le 12 septembre, à Neufchâteau, expliquant que son arrestation était liée à l’affaire d’un camion volé entreposé dans un hangar de Pinon loué à Dutroux, mais aussi au fait que son chemin avait plusieurs fois croisé celui de Nihoul. Les enquêteurs devaient encore vérifier la nature des liens Nihoul-Dehaan puisque le dossier renseignait Nihoul comme informateur rémunéré par la Royale Belge, conclut le Vif.

Nos observations : A notre connaissance, cette vérification n’a jamais eu lieu.
-  Le Palais et le 1er Ministre se fendent d’un communiqué de presse pour expliquer la nature de leurs contacts en août 96.
-  Découverte de la cache de Charbonnier à Trazegnies, semblable à celle de Dutroux.
-  VTM fait le calcul des biens de Dutroux accumulés sur quatre ans : 8 millions et demi.

Nos observations : Difficile de savoir exactement sur quelles bases VTM avait effectué ces calculs.
28 & 29 septembre

Manifestation à Anvers en soutien au procureur Bourlet et au juge Connerotte.

30 septembre

-  Pétition de soutien au juge Connerotte d’un comité de citoyens "dans le but de traduire les craintes d’un peuple qui a plus que jamais besoin de retrouver un peu de dignité et qui a accordé sa confiance à des hommes qui lui ont prouvé leur mérite".

-  Selon la chaîne VTM, Dutroux était multimillionnaire. Il possédait des comptes dans plusieurs banques de Charleroi ainsi que des titres de sociétés de bourse. Chose confirmée par Pierre Riga.

Nos observations : Il s’agit de l’agent de change ayant assassiné le jeune Nicolas Vanderstukken en juin 99.
Pierre Riga se souvenait, en effet, que la dernière opération boursière de Dutroux en ses bureaux de Charleroi datait du 22 mars 96.

Nos observations : date à laquelle Dutroux affirme n’avoir cessé de veiller Julie et Mélissa, mourantes, à sa sortie de prison le 20 mars 96.
-  Le gendarme Vanesse de Dinant est arrêté et inculpé d’association de malfaiteurs, notamment dans un trafic de stupéfiants et de voitures avec Lelièvre, Dutroux et Nihoul à Bruxelles, ainsi qu dans d’autres arrondissements judiciaires. On soupçonne surtout Vanesse d’avoir bloqué l’information policière concernant un trafic d’XTC auquel Nihoul, Lelièvre et Dutroux furent mêlés.

Nos observations : Le gendarme Vanesse décédera peu après, laissant, avec sa disparition, planer tous les doutes et tous les mystères sur ce point.
On apprend que Michel Nihoul et Michel Lelièvre étaient ses informateurs. Mais aussi que durant cet été 96, le gendarme Vanesse avait déjà été écarté de la BSR par ses supérieurs.

-  La presse écrit encore qu’en ce qui concerne Dutroux, "on sait désormais qu’il a bel et bien rendu service à la bande des braqueurs de fourgons auxquels il fournissait des véhicules. image 161 x 48 - 1.2 ko La justice travaille sur l’hypothèse d’une vase association de type mafieuse polycriminelle : hold-ups, fourgons, drogue, voitures, camions, rapts d’enfants, K7 pédophiles,…"

-  L’enquête sur la disparition de Loubna Benaïssa repart de zéro sur ordre du juge Connerotte. L’enquête est confiée à la gendarmerie de Bxl.

Octobre 1996

1er octobre

-  L’hebdomadaire Télémoustique parle d’une destruction d’informations ayant eu lieu au BCR de la gendarmerie.
-  Les avocats de Nihoul se joignent à la requête en suspicion légitime contre le juge Connerotte.

2 octobre

-  Julien Pierre avertit le Parquet général concernant certaines menaces de mort qui auraient été proférées à son encontre.
-  La Dernière Heure informe que Julien Pierre aurait produit sa requête contre le juge Connerotte contre le gré de son client.

3 octobre

-  A nouveau un millier d’Anversois manifestent en soutien au juge Connerotte et au procureur du Roi Bourlet.

-  La Meuse relate certains voyages de Dutroux en Slovaquie : en compagnie de Diakostavrianos, en avril 94 ; en compagnie de Michel Lelièvre, en juillet 95 (± 15 jours après l’enlèvement de Julie et Mélissa). Il reviendra fin juillet accompagné de deux jeunes Slovaques, Eva et Yanka, mineures d’âges (droguées, violées et filmées à leur insu).

-  Michel Vanderelst, ex-avocat, lié à la bande HAEMERS dans les années 80, tout récemment sorti de prison, se manifeste dans l’enquête de Neufchâteau comme témoin-alibi de Nihoul pour le 9 août 1996, date de l’enlèvement de Laeticia. "C’est un alibi en béton", assène Vanderelst à cette époque. Il se rétractera pourtant un an plus tard.

-  L’affaire "Othello" (enquête parallèle de la gendarmerie sur Dutroux, surveillé depuis 93) est expliquée et abondamment commentée par la presse.

-  Marie-Noëlle Bouzet annonce à La Libre Belgique image 161 x 48 - 1.2 ko l’intention des parents d’enfants disparus d’organiser une marche silencieuse à Bruxelles.

-  Jean-Denis Lejeune est invité par Anne-Marie Lizin (députée socialiste) aux USA pour la visite du NCMEC (National Center for Missing and Exploited Children).

4 octobre

-  Claude Eerdekens relance la question d’une enquête sur l’enquête Cools après les enquêtes sur l’enquête de la disparition de Julie et Mélissa.

-  Les premières informations sur le passé sulfureux de Nihoul (Faux-les-Tombes, club privé Dolo, club les Attrébates) commencent à être diffusées.

6 octobre

-  La date et l’heure de la marche des parents d’enfants disparus à Bruxelles sont confirmées : dimanche 20 octobre à 14h.

-  Le Comité de soutien Julie et Mélissa demande une commission d’enquête parlementaire pour que soient éclaircies les causes de l’échec de l’enquête liégeoise sur leur disparition.

-  Jean-Luc Dehaene (1er Ministre) fait son mea culpa : "nous n’avons pas été suffisamment préoccupés par les disparitions d’enfants en Belgique".

-  Les premières fouilles de Jumet, dans une galerie de mines près des étangs Caluwaert, débutent sur base d’indications de Michèle Martin. Le commandant Dewinne (de la DIV, Disaster Identification Victims) précise qu’elles se poursuivront 24 heures sur 24 jusqu’au finish.

-  Chaque jour dans les rues, dans une localité différente, des centaines de personnes manifestent spontanément leur soutien au juge Connerotte.

7 octobre

-  Le communiqué de presse officiel des parents d’enfants disparus pour appeler à une Marche à Bruxelles, le 20 octobre, est établi. Il propose cette marche à tous ceux qui souhaitent manifester leur soutien à la cause des enfants "afin de revendiquer une concrétisation urgente de l’engagement de la Belgique à appliquer la Convention internationale des Droits de l’enfant". Autrement dit, de poser comme priorité légale le respect des droits de l’enfant.

-  Les journaux commentent et re-commentent la demande de dessaisissement du juge Connerotte par Julien Pierre, faisant le décompte des jours avant la décision de la Cour de Cassation. La tension médiatique et publique monte.

8 octobre

-  On apprend que Dutroux possédait un registre de commerce pour "commerce de véhicules, travaux de démolition, ouvrages d’art et… transport de marchandises de moins de 500 kg".

-  Par ailleurs, Magda De Galand (ministre des Affaires sociales) se voit interpellée au Parlement par le député Alain Destexhe à propos des allocations sociales perçues par Dutroux pour incapacité de travail. On compte, en effet, que depuis sa sortie de prison, Dutroux a perçu indûment plus d’1,2 millions d’allocations, y compris durant sa période de prison de décemble 95 à mars 96. Magda De Galand répond que l’Ordre des médecins a été saisi pour examiner les éventuels certificats de complaisance qui auraient été délivrés à Dutroux, car "les Wallons ne se montrent habituellement pas laxistes en cette matière", a-t-elle ajouté.

10 octobre

-  Au Parlement, les politiques s’échauffent sur les questions de constitution d’enquêtes parlementaires Cools, Tueries du Brabant et Dutroux.

-  Le journaliste Michel Bouffioux diffuse dans le Télémoustique, une lettre inédite d’un gendarme de la BSR de Seraing chargé de l’enquête sur la disparition de Julie et Mélissa, dans laquelle il pose la question "ceux qui m’ont empêché de travailler n’éprouveront-ils jamais de la honte ?"

Nos observations :Aucune réponse ne sera jamais apportée à la question de savoir à qui il faisait allusion.
11 octobre

La sénatrice Anne-Marie Lizin affirme dans une interview donnée à Ciné Télé Revue que le NCMEC (Centre américain pour enfants disparus) a reçu l’information "qu’un certain nombre de K7 saisies lors de l’arrestation de Marc Dutroux reproduisaient des viols d’enfants devant des spectateurs identifiables". "Une partie de ces personnages seraient de hauts magistrats ou hautes personnalités belges", soutient le NCMEC.

Nos observations : L’enquête en Belgique n’a rien démontré à ce sujet depuis lors.
13 octobre

-  Des milliers de personnes manifestent leur soutien à Connerotte et Bourlet à Bruxelles, Anvers et Neufchâteau. Une pétition de 300 000 signatures circule en leur faveur.

-  L’Avocat général Mazy déclare : "Connerotte et Bourlet : deux dangers ! On aurait dû leur tenir les rênes plus tôt". "Ce qui se cache derrière tout ça", ajoute-t-il, "c’est l’orgueil fou de deux personnes qui s’estiment au-dessus des lois. On a affaire à deux cowboys de l’appareil judiciaire qu’il aurait fallu remettre au pas de façon disciplinaire."

Nos observations : Cet avocat général Mazy sera cité plus tard comme référence de Me Clément de Cléty, dans la défense de son client Nihoul, devant la Chambre du conseil de Neufchâteau.
Mais de l’autre côté, celui de la population, 2000 personnes s’amassent sur les marches du Palais de justice bruxellois pour y déposer leurs 300 000 signatures de soutien aux deux "cowboys".

-  Quant à Michel Nihoul, il avoue avoir participé à des orgies sexuelles, sans mineurs d’âge toutefois. Il révèle en outre quelques grands noms ayant également participé à ces orgies.

-  En toute discrétion, le ministre de la Justice De Clerck reçoit Michel Bourlet. Le contenu de leur entretien demeurera ignoré. Sous la plume de J.-F. Deliège (attaché, à l’époque, à La Libre Belgique), une rumeur circule selon laquelle, lors de cet entretien avec le ministre, Bourlet aurait menacé de démissionner de la magistrature en cas de dessaisissement. J.-F. Deliège ajoute dans le même article qu’en ce qui concerne Nihoul, ses dernières déclarations concernant des orgies sexuelles en compagnie "non pas de magistrats et de politiques, mais de membres de l’establishment financier, ressemblent à un message menaçant adressé à ceux-ci". "En effet, ajoute JF Deliège, "ces réseaux sont loin d’être une vue de l’esprit", expliquant dans le détail, à partir d’un témoignage qu’il aurait directement reçu que "de très jeunes filles ont déjà été impliquées dans le scandale des ballets roses (Eurosystem) et qu’elles continueraient, à l’heure actuelle, leur métier de call-girls en participant très régulièrement à des soirées spéciales où l’on retrouvait parfois de très jeunes personnes". Deliège ajoute encore que "selon ce témoignage, ces soirées accueillent des membres de la haute noblesse, des capitaines d’industrie, des professeurs d’université et des avocats. La plupart de ces soirées ayant lieu dans une zone huppée du Brabant wallon et parfois sur un yacht amarré à la Côte d’Azur". "Fantasme ou réalité, ce témoignage pourrait en tous cas recouper certaines déclarations de Nihoul". "D’autre part, termine-t-il, des déclarations que nous a faites une autre personne jettent un éclairage particulier sur ce monde de la prostitution de luxe. En effet, selon ce témoin, il existerait des liens très étroits entre certains réseaux de call-girls de haut vol, fréquentant des milieux très aisés, et des pourvoyeurs d’enfants, les clients étant parfois les mêmes. Les relations qu’entretiennent ces call-girls dans de très hautes sphères pourraient expliquer les protections dont bénéficient incontestablement plusieurs réseaux de pédophilie en Belgique."

Nos observations : Jean-Frédérick Deliège sera le premier journaliste à évoquer cette thèse qu’il attribuera plus tard à d’autres confrères, après avoir lui-même fait un virage à 180° par rapport à ses convictions de départ.
14 octobre

-  La Cour de Cassation décide de dessaisir le juge Connerotte mais pas le parquet de Neufchâteau. image 161 x 48 - 1.2 ko Une décision dont la presse écrit qu’elle "restera gravée dans l’histoire de la Belgique". (la libre Belgique du 15.10.96) Pourtant, la population gronde sa colère devant le Palais de justice de Bruxelles. Nabela Benaïssa demande un appel au calme. Gino Russo déclare que cette décision revient pour lui "à cracher sur la tombe de nos enfants".Quantà Paul Marchal, il déclare que "désormais", il n’a "plus confiance".

Nos observations : L’injustice aura lieu, en dépit de tout bon sens, au nom de la raison et de l’Etat de droit, un Etat de droit qui ne prend décidément pas en compte l’intérêt supérieur de l’enfant, en général mais, d’abord et avant tout, les intérêts supérieurs de l’Etat (lesquels se confondent avec les intérêts financiers qui le soutiennent ou le corrompent hélas). Mais Nabela Benaïssa, encore très jeune et tout fraîchement arrivée, comme partie civile, dans l’enquête de Neufchâteau, ne comprendra pas l’importance des enjeux de cette décision historique. La suite de cette enquête et ses conséquences démontreront pourtant que ce jour-là, l’espoir de parvenir à la vérité sur les enlèvements criminels d’enfants en Belgique est perdu. La tentative de division des parents d’enfants disparus vient de remporter son premier succès.
-  Le même jour, la presse présente sous son meilleur jour, le juge Jacques Langlois, successeur controversé du juge Connerotte

A SUIVRE : Deuxième partie - L’ère Langlois

Forum : 16 message(s)

Le 1er avril 2005 : > Chronique d’une enquête étouffée (1)
Le 4 avril 2003 : > Chronique d’une enquête étouffée , par Jean-Marie Lacrosse, unité d’anthropologie et de sociologie de l’UCL.

Le 15 mars 2003 : > Chronique d’une enquête étouffée , par BL

Le 10 mars 2003 : > Chronique d’une enquête étouffée , par Maguy Moons

Le 21 février 2003 : > Chronique d’une enquête étouffée , par Jean-Marie FLAMANT

Le 13 février 2003 : > Chronique d’une enquête étouffée , par anne marie ruiz

Le 11 février 2003 : > Chronique d’une enquête étouffée , par Andrée Claeys

Le 7 février 2003 : > Chronique d’une enquête étouffée , par Yvan LENAERS

Le 6 février 2003 : > Chronique d’une enquête étouffée , par Patricia van der Smissen

Le 5 février 2003 : > Chronique d’une enquête étouffée

> > Chronique d’une enquête étouffée (10 mars) , par Marcel Denamur
> > > Chronique d’une enquête étouffée (4 décembre) , par Denis D’HERDT de HOVES
Le 5 février 2003 : > Mémoire : N’oubliez pas , par Carine t’Kint

Le 5 février 2003 : > Chronique d’une enquête étouffée , par ARNOULD JM

> > Chronique d’une enquête étouffée (5 février) , par Aimé Bille - gendarme écarté injustement des enquêtes de Neufchâteau
> > Chronique d’une enquête étouffée (6 février) , par Ch. Nyst
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frederic lavachery



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MessageSujet: Re: Affaire Laurence Mathues   Mer 3 Aoû 2016 - 22:32

extraits du dossier Dutroux :

-------
100.619 L148 AUDITION LECOCQ Josette
19/08 Mère de THIRAULT Claude
BSR WAVRE DUTROUX deux fois chez elle en 92 (07 et 09)
Fille de son mari a été entendue suite à la disparition de MATHUES Laurence
Fille = BENEDETTI Aurore
Disparition = 137/92 JI MAROTTE
THIRAULT a habité rue des Gris 33
THIRAULT a fait travaux de terrassement Rt. de Philippeville vers 94-95
THIRAULT est parti avec MARTIN en TCHECOSLOVAQUIE ou POLOGNE pour
rechercher DUTROUX
THIRAULT a hébergé à MONTIGNIES/SAMBRE un nord-africain qui sortiat de prison



100.527 L301 AUDITION THIRAULT Claude
19/08 XX Possible que DUTROUX connait MATHUES Laurence via lien entre celle-ci et
BENEDETTI Aurore
BENEDETTI Aurore = demi-soeur de THIRAULT (L148)
Doss NI.31.102.151/92 et NA2.32.05.100259/92
MATHUES disparue le 28/08/92 - retrouvée morte le 08/09/92 à FERNELMONT
THIRAULT est déjà allé à AQUALIBI avec DUTROUX
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------

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frederic lavachery



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MessageSujet: Re: Affaire Laurence Mathues   Mer 3 Aoû 2016 - 22:45

sur le site http://dondevamos.canalblog.com/archives/2013/06/24/27503065.html, où l'on trouve tout et n'importe quoi, il y a ceci :

Thirault, nous explique Martin, lui a parlé d'une cache qu'aurait aménagé la "bande de Courcelles", cela pour " y dissimuler des filles, jeunes, avant de les expédier à l'étranger. Je me souviens qu’il m'avait parlé du Maroc notamment comme pays destinataire. Quand il a parlé de cette bande de Courcelles il m'a bien dit que son "chef" était un gros qui trafiquait aussi dans le trafic des voitures volées de grosse cylindrée ".

dutroux cache pilules contraceptivesAccessoirement, Thirault était un indic de la police de Charleroi, dont certains éléments fricotaient de près avec le trafic de voiture, à l'instar de Zicot, qui s'est aussi retrouvé dans l'enuête sur Dutroux. D'ailleurs, c'est Thirault qui a averti les gendarmes que Dutroux avait aménagé une cache dans sa maison de Marcinelle pour "y loger des enfants en attente d'être expédiées à l'étranger", ce qui a entraîné la découverte de Sabine et Laëtitia dans la cache.

Au sujet de Thirault, Dutroux a écrit dans une lettre à un avocat partie dans une autre affaire de jeune fille tuée, Laurence Mathues, que "ce personnage a commencé par bénéficier des plus hautes protections judiciaires dans les juridictions du Hainaut. C'est de cette façon que lui et ses très nombreux complices ont évité d'être condamnés pour les très nombreux vols connus, qu'ils ont commis dans les années 1990 à 1993, notamment". "En 1993, Thirault Claude s'était lui-même vanté, alors en présence de mon épouse et de moi-même, qu'il était utilisé par l'Allemand dans un réseau qui séquestrait des enfants à la corse, notamment dans un tunnel... Informations qui ont initié les fouilles au charbonnage de Jumet (fouilles reprises ensuite à cause de Raemaekers et Cie).», ou encore: «Qui est le blond venu avec mon épouse à Marcinelle? Bref, tout concorde pour être interpellé par les activités et les complicités de Thirault Claude, y compris pour ce qui est arrivée à Laurence Mathues».
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frederic lavachery



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MessageSujet: Re: Affaire Laurence Mathues   Mer 3 Aoû 2016 - 22:49

sur le site http://www.radicalparty.org/fr/content/lhomme-qui-d%C3%A9non%C3%A7ait-dutroux-nous-parle :


Inculpé tout un temps dans ce dossier, Thirault, un ancien locataire de Dutroux, a passé 36 jours en prison. Il a finalement été blanchi par la chambre du conseil. Nous l'avons rencontré.
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