14. LASNES, 14 FEVRIER 1983
Les faits
Plancenoit : le 14 février 1983, vers 19 heures, Madame Geneviève Van Lidth de Jeugde, gérante de l’imprimerie Boreux à Ixelles, rentre à son domicile à Plancenoit (Lasnes). Au passage, elle s’arrête à Waterloo devant un grand magasin pour y effectuer quelques achats. Elle stationne son véhicule Golf à proximité. Elle reprend ensuite son itinéraire de retour pour s’arrêter devant son domicile.
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A peine descendue, elle est accostée par un individu sortant d’une Peugeot 504 qui pointe en sa direction une arme de poing de gros calibre en s’adressant à elle calmement :
« Madame, vous n’avez pas intérêt à bouger, laissez vos clefs sur la voiture ».
Mme Van Lidth précisa à la police de Lasne que son agresseur était de type méditerranéen, âgé entre 30 et 40 ans, de corpulence athlétique, mesurant approximativement un mètre quatre vingt et possédant des cheveux abondants noirs bouclés et coupés courts, s’exprimant sans accent particulier, « en excellent français ».
Un autre auteur reste au volant de la Peugeot 504.
Geneviève Van Lindt de Jeugde préfère obéir. L’homme s’installe au volant, fait une marche arrière pour quitter l’emplacement du parking, et redémarre. Il est immédiatement suivi de la Peugeot. C’est cette 504 qui a servi trois jours plutôt au braquage du Delhaize de Genval. Au moment du vol les deux voitures sont parties en directions opposées. Elle sera retrouvée incendiée le 9 juin 1983 dans le bois de la Hourpes à Anderlues. La victime ira directement porter plainte à la police communale de Lasnes.
Lasnes.
Les auteurs : Michel Cocu et les Borains
Michel Cocu avouera avoir participé à ce vol et désignera Kaci Bouaroudj comme étant l’homme au pistolet. Né le 13 mai 1951, ancien policier communal à Boussu, il est le principal membre de la filière boraine et fit de nombreux aveux concernant les attaques de Hal, Genval et Nivelles. Il se rétracta par la suite. Acquitté par la cour d'Assises du Hainaut.
Boussu ? Une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut,’une localité située à une dizaine de kilomètres de Mons et de la frontière française où siège l’administration communale. Boussu se situe dans le Borinage, région anciennement réputée pour son bassin minier.
Confrontée aux membres de la filière Boraine un an plus tard, la victime affirmera que Bouaroudj pouvait correspondre à son agresseur mais sans certitude formelle.
Né le 16 Février 1942, tenancier de bar, d’origine algérienne, il est Indicateur de la BSR de Mons. Membre de la filière boraine, il est acquitté par les Assises de Mons.
Bon nombre le regrettent…
L'expertise du Ruger ? Certaines expertises donnent le Ruger "négatif", mais que fait-on avec les six ou sept experts dont certains n'ont rien avoir avec Dery et qui ont estimé l'arme "positive" ? Les premières expertises donnaient le Ruger "positif"et « Cocu & Co » se sont alors sentis coincés et forcés avouer. Ce qui est encore plus troublant dans ces aveux, c'est que Cocu reconnait le vol d'une voiture des TBW avec Bouaroudj Kaci.
Ensuite, certains "Borains" avouent. Des policiers ont témoigné que dans les aveux, des détails donnés ne pouvaient être connus que des auteurs. Cocu déclare que Mme Van Lidth s'est arrêtée à Plancenoit avant d'aller chez elle, chose quelle avait oubliée de déclarer. Confronté à ce propos, elle se remémora qu’ elle s'était arrêtée effectivement à Plancenoit -Village pour acheter un cadeau à son mari parce que c'était Saint Valentin. Elle l'avait complètement oublié. Les enquêteurs n'ont pas réussi à convaincre les jurés…
Les enquêteurs ont aussi relevé d’étranges similitudes entre le portrait robot d’un agresseur de Wavre et Michel Cocu, l’ancien agent de police de Boussu interpellé en octobre 1983 dans le volet borain de l’enquête sur les tueries du Brabant.
En mars 1983, enfin, Mme Claudine Jansens, employée dans un magasin ‘Club’ situé au 7 de la rue Victor Allard, à Uccle, a découvert dans un porte-document abandonné dans le magasin, une bien curieuse lettre dont tout indique qu’elle a été écrite par Michel Cocu. Il y est question des faits commis à Genval, Uccle, Hal, Nivelles et Anderlues. La lettre contient un passage relatif à Christelle Cocu et à Jacqueline Géva, la maîtresse de Michel Cocu. Elle affirme que les tueurs du Brabant sont le fait d’une mystérieuse organisation dénommée VDO, organisation à laquelle appartiendrait Adriano Vittorio, financée par Léon Degrelle pour commettre du terrorisme en Belgique, sous le couvert de hold-up !
Une phrase de Michel Cocu aux enquêteurs en 1983:
« Quand vous arriverez plus haut, on vous empêchera de continuer. Si je suis condamné, je parlerai »
“Les Tueurs” G.Dupont, P.Ponsaers
Jean-Claude Estiévenart, qui n’a jamais avoué, est convaincu que Cocu connaît une part de la vérité sur les tueries du Brabant mais qu’il s’en est retiré quand les cadavres ont commencé à devenir trop nombreux. Estiévenart a toujours prétendu que son nom avait été cité par Cocu par esprit de vengeance, pour une sombre histoire de fille. Adriano Vittorio et Michel Cocu disent aussi que certains détails apparemment anodins ont été adroitement glissés dans leurs aveux pour en accroître la vraisemblance. Ils affirment aussi que d’autres précisions leur ont été suggérées par les enquêteurs au cours des nombreuses journées d’interrogatoire.
Interview du José Mendez, frère de Juan
Michel Cocu, un des "Borains" est-il devenu l'un des plus grands suspects dans le dossier tueurs du Brabant wallon parce qu'il a eu la malchance que Christian Amory connaisse les Borains ?
"C'est très possible. Avec son profil psychologique, je ne vois pas Cocu dans la tuerie d'Alost. J'ai une sœur médecin, elle travaille dans un hôpital où Cocu a été soigné. Il a failli tomber dans les pommes quand il a appris que Tonio était son frère. Il pensait qu'elle allait lui faire une piqûre mortelle. Tout ça pour dire qu'il n'est pas la terreur de la Belgique. On constate autour des Borains la même manipulation qu'autour de mon frère. Et quand vous mettez tout bout-à-bout, vous trouvez dans le dossier des tueurs du Brabant wallon le même profil psychologique que derrière l'assassinat de mon frère."
Tueries du Brabant: les enquêteurs chez les Gitans Perquisitions dans l'axe de la filière boraine
HAQUIN,RENE
Mardi 8 juin 1999
Une bonne soixantaine d'enquêteurs de la cellule d'enquête «tueries du Brabant» ont déclenché lundi matin des perquisitions spectaculaires dans trois bâtiments et dans des campements attenants, chaussée de l'Espérance, entre Quaregnon et La Bouverie, dans le Hainaut. Les fouilles de bâtiments, de caravanes et de voitures dans ce milieu gitan semi-sédentarisé ont suscité remous et énervement, sans conséquences significatives. Ces devoirs étaient planifiés dans le cadre des enquêtes de routine qui visent à vérifier le millier d'informations récoltées et analysées par la cellule d'enquête de Jumet à la suite de la diffusion de 2 séries de portraits-robots de suspects. L'axe de la filière boraine reste intéressant, a précisé le juge d'instruction Jean-Claude Lacroix, en rappelant qu'on se pose toujours des questions liées aux soupçons qui ont pesé sur les membres de la filière boraine acquittés en 1988 par la cour d'assises de Mons. On se souvient que, récemment, Michel Cocu, présenté comme le chef de la filière mais acquitté en 1988, reprochait aux enquêteurs de Jumet de continuer à le harceler. Michel Cocu peut toujours être interrogé sur des faits qui n'ont pas été examinés par la cour d'assises, a commenté le juge Lacroix, évoquant notamment l'attaque contre l'armurerie Dekaise à Wavre en 1982, l'assassinat du taximan Angelou en janvier 1983 et les tueries dans les magasins Delhaize en 1985. Me Moerman, l'avocat de Cocu, réagit: Un homme a été acquitté. Je trouve indécent que son nom revienne sur les lèvres d'un juge. En marge des perquisitions de lundi dans les campements de Quaregnon, certains ont évoqué le nom de Robert Becker, dit «Baloo», un Gitan domicilié au début des années 80 dans un campement de Jemappes, qui fut arrêté sur dénonciation de Cocu au lendemain de la tuerie chez les bijoutiers Szymusik à Anderlues, en décembre 1983. «Baloo» produisit un alibi: ce soir-là, il prenait un verre avec un policier dans un café de Flénu. Désigné par des témoins pour s'être trouvé sur les lieux d'autres tueries, il fut aussi mis hors de cause par la justice...Les perquisitions se sont terminées par la saisie de quelques objets, dont des pièces d'armement qui sont à l'analyse, et par l'interrogatoire à Jumet de deux personnes qui ont été laissées en liberté.
R. Hq. Source : Le Soir
Estiévenaert et Bouaroudj. Filière boraine.
Jean-Luc Peteau
Jean-Luc Peteau est un individu qui fut suspecté d’avoir volé sous la menace d’une arme le 14 février 1983 la Golf à Plancenoit. La victime estimera que la physionomie de Jean-Luc Petteau pouvait correspondre à son agresseur. Dans un premier temps, la victime a cru reconnaître Peteau. Par la suite, confrontée aux Borains, elle estima que la physionomie de Bouroudj correspondait à celle de l'agresseur. Mme Van Lindt a eu très peur lors de l'agression et je pense que c'était difficile de pouvoir identifier formellement l'individu.
L’utilisation du véhicule
La Golf sera utilisée pour l’attaque du Delhaize de Beersel et pour le braquage de la bijouterie d’Anderlues. Elle sera retrouvée incendiée le 9 juin 1983 dans le bois de la Hourpes à Anderlues.
15. Uccle, 25 février 1983
Les faits
Uccle, 25 février 1983. Attaque d'un supermarché Delhaize. Un blessé et un butin de 15 000 euros.
Deux individus cagoulés sortent d'une GTI et braquent le supermarché Delhaize du Fort Jaco situé Chaussée de Waterloo à Uccle. Ils se font ouvrir le coffre-fort et s'emparent de l’argent. Les témoins parlent d'un homme de 1m90 et d'un autre imitant l'accent arabe et qui portait aussi une matraque. Que disent les témoins ici ? Pas de masques mais des cagoules. Il semble que c'est la première fois qu'un homme de grande taille soit signalé .Ils semblent également avoir eu uniquement besoin d'argent.
En sortant du magasin, les auteurs tirent et blessent un homme qui voulait donner l'alerte, 'une personne âgée et sans histoire.
Jean-Louis Dramaix
Dramaix, Jean-Louis , né le 9 juillet 1945, est un individu qui fut accusé par certains membres de la filière boraine d'avoir participé à l'attaque du Delhaize d'Uccle. Il fut placé sous mandat d'arrêt pour cette attaque avant d'être disculpé. Arreté le 23 nov 1983. N'aurait-il pas un air de ressemblance avec un certain Christian Amory?
Dramaix était grutier et monteur et travaillait en 1976 dans les environs de Anderlues. A un moment, il a démenagé à Forest (chaussée de bruxelles 157). Il est signalé dans le Borinage après encore. Il est important parce qu’il est le seul des borains habitant la région de Bruxelles
Jean-Louis Dramaix
Christian Amory
C'est en effet confirmé par Christian Amory dans des P.V. Quand a-t-on découvert fortuitement les plans de chantage contre le « Quick », Amory est entendu :
« Les plans de chantage contre les grands magasins n'ont pas été découverts fortuitement.............. c'est moi qui en ait parlé...... avant personne n'en savait rien....donc..... maintenant pour ce qui concerne ce que je pourrai garder sous la pédale...... je le garde pour moi.... petit exemple.....un jour entendu dans le bureau de monsieur le JI lacroix afin d'ètre confronté avec bouhouche pour l'achat d'un gp, et bouchouche n'acceptant pas de venir....le juge m'a invité à discuter à baton rompus de ce que je pensais de l'affaire.... j'étais détenu et deux membres de la cellule de jumet étaient présent.... arrivé à un certain stade.... le juge m'a dis " Mais vous ètes fou............. je ne peux pas le faire, mais si vous persistez... j'agirais sur le juge de fond que pour vous faire enfermer jusqu'a la fin de vos jours.....car vous ètes fou...... alors.....hein.... a présent que je vous ai fais cette révélation que bien sur vous ne connaissiez pas....et que personne ne pourra ou ne voudra venir certifier (quoique maintenant ils sont pensionnés... cet état de chose....ben alors.....on ferme sa gueule... »
De deux choses l'une: soit, ce qu'il cachait risquait de l'impliquer... mais, il a tout de même parlé de la préparation des attentats sur les « Quick », donc... soit, il risquait sa propre vie...
Adriano Vittorio
Vittorio a été interrogé sur l'attaque, le 25 février 1983, du Delhaize de Fort Jaco, chaussée de Waterloo, à Uccle. Kaçi B. parle de repérages des lieux qu'ils auraient effectués en 1982, l'année précédente, en allant prendre un verre en face du Delhaize. Vittorio, dit Kaçi B., s'est même absenté quelque temps.