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 Commission bis tueries : auditions Schlicker et de Prelle

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billbalantines



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MessageSujet: Commission bis tueries : auditions Schlicker et de Prelle   Mer 23 Mai 2007 - 23:25

Voici le premier article de René Haquin sur les deux premières auditons. Celles de Schlicker qui a commencé l'instruction à Nivelles et celle d'un adjoint du procureur Deprêtre qui n'était pas sur la même longueur d'onde que le Procureur. Je souligne certains passages en bleu qui me paraissent intéressants.

Mercredi 5 février 1997 N° 30
Page 16

La commission parlementaire d'enquête « bis » entame ses auditions
Tueurs : la piste politico-terroriste...

Par HAQUIN,RENE
Photo de MARTON,RUDOLF

Illustration
Illustration

Des indices sur l'extrême droite, des gendarmes, des hommes de la Sûreté. Volontairement négligés ?

De 1982 au dessaisissement de Nivelles en janvier 1987, le procureur du Roi de Nivelles s'en tint à la thèse des « prédateurs » pour expliquer les tueries du Brabant. Il parlait de banditisme d'un nouveau genre. Pas de terrorisme. En 1990, cette question resta au coeur des conclusions de la première commission parlementaire qui ne put se défaire de l'impression que ces crimes dissimulent d'autres mobiles.

Huit ans plus tard, la piste politico-terroriste transpire dans toutes les questions des commissaires qui, hier, ont entendu l'ancien juge d'instruction nivellois Jean-Michel Schlicker et le substitut Yves de Prelle de la Nieppe.

Des indices menant à une piste politique, à l'extrême droite, à d'anciens gendarmes, étaient apparus dans des dossiers de Nivelles dès 1984 : dans l'enquête sur le « suicide » de Latinus, le chef de la milice néo-nazie WNP, puis en 1986, après l'assassinat de Mendez.

Des liaisons ? Deux exemples.

La description des agresseurs qui volent la Peugeot 504 de Raymond Dewee à Watermael (janvier 1983) correspond à celle des auteurs de l'attaque du Delhaize de Genval (février 1983). Latinus connaissait Dewee et un autre fonctionnaire du ministère de la Culture, qui fréquenta un membre du WNP retrouvé suicidé par la suite. L'enquête ordonnée par apostille du juge Schlicker (octobre 1985) ne fut jamais exécutée.

Selon Bultot, les armes volées chez l'armurier Dekaise en 1982 sont convoyées jusqu'au café De Pomp à Diegem par Bruno Van Deuren, truand d'extrême droite retrouvé abattu à Ostende. C'est de ce café, lieu de rendez-vous de l'extrême droite, qu'étaient partis en 1981 les motards qui incendièrent l'hebdomadaire « Pour ». Et c'est près de ce café qu'on retrouve en 1982 le combi du policier de la Sabena Zwarts disparu avec sa cargaison d'or.

- Vous enquêtez sur des cercles de « practical shooting », sur l'extrême droite, sur des gendarmes (Beijer, Bouhouche, Amory, Lekeu), sur la Sûreté. Vous connaissez les rapports de 1983 et 1985 des enquêteurs de la BSR de Wavre (Dussart, Bihay, Balfroid) qui mènent sur d'autres pistes que celle des prédateurs. En 1985 vous signez des apostilles qui ne seront pas exécutées. Vous ne joignez à l'époque aucun de ces éléments au dossier des tueries du Brabant. Ils ne seront joints que plus tard, par le juge Lacroix de Charleroi. Avez-vous fait l'instruction en toute indépendance ? Ou le procureur de Nivelles vous dominait-il ?

Devant la première commission, le juge Schlicker avait d'abord refusé d'évoquer des pressions (décembre 1988), puis en mai 1989, il avait parlé de harcèlements. Il n'en dit plus rien :

- Je n'allais pas tout mélanger. Les apostilles non exécutées, je ne m'en suis plus souvenu. Le procureur et moi avions deux thèses opposées. La sienne : c'était du banditisme. Pour moi, il y avait des indices de terrorisme. Mais j'ai travaillé en toute indépendance. Pressé de questions, le juge Schlicker finit par ajouter : Quand j'ai abandonné l'enquête Mendez, j'étais détruit physiquement. Depuis, j'ai tout fait pour oublier. Je ne me suis plus posé de question. Aujourd'hui, c'est dans un souci de collaboration que je viens...
Le substitut Yves de Prelle fut en charge des dossiers des tueries de 1983 à janvier 1987. Il confirme sa déposition d'avril 1989 devant la première commission parlementaire : je la communiquerais ultérieurement car elle vaut la peine...
- Comme d'autres, j'ai été dominé par le procureur Deprêtre. J'avais un rôle effacé : préposé à la rédaction des rapports à transmettre au parquet général.

Evoquant la filière boraine, il parle de la volonté inavouée de trouver à tout prix des coupables, mais énumère aussi les nombreux indices qui menaient vers une filière politico-criminelle. Cette filière n'a jamais été exploitée. C'est peut-être dû à la personnalité des dirigeants de l'enquête. Il en fut exclusivement question à la dernière réunion de la cellule, en janvier 1987, la seule fois où le procureur Deprêtre était absent.

Quand l'enquête se dirigea vers des gendarmes et des membres de la Sûreté, Schlicker fut convoqué par le procureur général de l'époque Van Honste qui lui fit comprendre que son enquête risquait de fragiliser la Sûreté. Après, nous avons été frappés par le revirement du juge Schlicker, laissant ses enquêteurs de Wavre déroutés.

C'était l'explication déjà donnée en 1989 pour les apostilles restées non exécutées...

En écho au juge Schlicker selon lequel le procureur Deprêtre ne faisait que suivre le dossier sans faire pression, le substitut parle d'une version enjolivée. J'ai eu moi aussi de graves problèmes relationnels avec ma hiérarchie. M. Schlicker avait, lui, maigri de 15 kilos. Evidemment, l'eau a coulé depuis...

Ce mercredi, audition du procureur de Nivelles Jean Deprêtre.

RENÉ HAQUIN

Commentaire:
C'est pas mal pour un début de commission, non?
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undercover

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MessageSujet: Re: Commission bis tueries : auditions Schlicker et de Prelle   Jeu 24 Mai 2007 - 0:05

Citation :
Ou le procureur de Nivelles vous dominait-il ?
Oui, sans aucun doute.
Maintenant retournons les cartes...
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auliffe
Invité



MessageSujet: Re: Commission bis tueries : auditions Schlicker et de Prelle   Jeu 24 Mai 2007 - 18:40

"Latinus connaissait Dewee et un autre fonctionnaire du ministère de la Culture, qui fréquenta un membre du WNP retrouvé suicidé par la suite"

Quelqu'un connaît-il l'identité de ce membre du WNP, décrit comme

chauffagiste dans le rapport de la 2 ème commission ?

Est-ce lui qui fait le lien possible avec le dossier Mendez ?
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billbalantines



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MessageSujet: Re: Commission bis tueries : auditions Schlicker et de Prelle   Jeu 24 Mai 2007 - 22:43

Quand l'enquête se dirigea vers des gendarmes et des membres de la Sûreté, Schlicker fut convoqué par le procureur général de l'époque Van Honste qui lui fit comprendre que son enquête risquait de fragiliser la Sûreté Après, nous avons été frappés par le revirement du juge Schlicker, laissant ses enquêteurs de Wavre déroutés.

C'était l'explication déjà donnée en 1989 pour les apostilles restées non exécutées...
(audition ancien substitut de Nivelles de Prelle de la Nieppe)

Là, on touche le fond. Voilà un juge d'instruction sous influence dès le départ. cyclops Et certains s'étonnent que l'enquête s'est enlisée.
pale
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undercover

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MessageSujet: Re: Commission bis tueries : auditions Schlicker et de Prelle   Jeu 24 Mai 2007 - 22:45

Un juge d'instruction est officiellement indépendant....et officieusement il fait ce que le PR demande dans la majorité des cas. Very Happy Very Happy
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Anonymou
Invité



MessageSujet: Re: Commission bis tueries : auditions Schlicker et de Prelle   Jeu 24 Mai 2007 - 22:47

billbalantines a écrit:
Quand l'enquête se dirigea vers des gendarmes et des membres de la Sûreté, Schlicker fut convoqué par le procureur général de l'époque Van Honste qui lui fit comprendre que son enquête risquait de fragiliser la Sûreté Après, nous avons été frappés par le revirement du juge Schlicker, laissant ses enquêteurs de Wavre déroutés.

C'était l'explication déjà donnée en 1989 pour les apostilles restées non exécutées...
(audition ancien substitut de Nivelles de Prelle de la Nieppe)

Là, on touche le fond. Voilà un juge d'instruction sous influence dès le départ. cyclops Et certains s'étonnent que l'enquête s'est enlisée.
pale


Tiens il serait intéressant de demander aux enquêteurs de Wavre de répondre!
Ils nous lisent ,non?
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billbalantines



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Date d'inscription : 23/03/2007

MessageSujet: Re: Commission bis tueries : auditions Schlicker et de Prelle   Jeu 24 Mai 2007 - 22:59

Manneken Bis a écrit:
billbalantines a écrit:
Quand l'enquête se dirigea vers des gendarmes et des membres de la Sûreté, Schlicker fut convoqué par le procureur général de l'époque Van Honste qui lui fit comprendre que son enquête risquait de fragiliser la Sûreté Après, nous avons été frappés par le revirement du juge Schlicker, laissant ses enquêteurs de Wavre déroutés.

C'était l'explication déjà donnée en 1989 pour les apostilles restées non exécutées...
(audition ancien substitut de Nivelles de Prelle de la Nieppe)

Là, on touche le fond. Voilà un juge d'instruction sous influence dès le départ. cyclops Et certains s'étonnent que l'enquête s'est enlisée.
pale


Tiens il serait intéressant de demander aux enquêteurs de Wavre de répondre!
Ils nous lisent ,non?

Si Franz Balfroid avait la bonne idée de nous rejoindre. Il pourrait nous en apprendre je pense... notamment sur le volet Dekaise et la fameuse poursuite dans Overijse où à un moment la voiture s'est volatilisée... pour réapparaître bien plus tard où on l'a retrouvée.
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HERVE



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Date d'inscription : 08/12/2009

MessageSujet: Re: Commission bis tueries : auditions Schlicker et de Prelle   Dim 7 Fév 2016 - 16:28




http://www.lavenir.net/cnt/39329348

TRIBUNAL CORRECTIONNEL

Yves de Prelle part en retraite

mardi 25 janvier 2011 06h00 - Jean VANDENDRIES - L Avenir





Le palais de justice perd une figure très «vieille France», qui avait ramé à contre-courant devant la commission d'enquête sur les tueries du Brabant.

Le plus fin lettré de la maison de justice de Nivelles tire sa révérence. Ce premier substitut du procureur du roi (depuis 1988) est atteint par la limite d'âge. Il va pouvoir se consacrer à l'entretien de ses propriétés de Nivelles, des Cévennes et de la Provence ainsi qu'à l'éducation de Jean-Baptiste, son petit-fils qu'il arrive à sa cantatrice de mère de devoir abandonner bien malgré elle. L'homme de loi met alors le cap sur la butte Montmartre où il se transforme en baby-sitter.

Fin lettré? Voilà qui lui joua un mauvais tour lorsqu'il brigua la place de procureur du roi. L'avis du barreau, via son bâtonnier, ne lui fut guère favorable. «Il parle un langage inaccessible aux justiciables.» L'intéressé, reconnaît, sourire aux lèvres : «Il m'arrivait de faire des citations latines ou grecques, de m'exprimer en allemand, en espagnol ou en anglais . Mais je donnais les traductions.» Perfide, il commente. «Tous les avocats n'appréciaient pas. Sans doute ne comprenaient-ils pas...»

Élégant dans sa mise et ses propos, il fait les délices des fins esprits du palais. Des palais, plutôt. «L'ancien palais de la place Albert Ier, c'est celui des bas-fonds, qui est bouffé par les acariens et le vert-de-gris. L'autre (NDLR, celui dans lequel il vient de terminer sa carrière tout en étudiant le chinois), c'est celui de la Haute.» Comprenez celui qui est construit sur les hauteurs de la rue Clarisse.

Magistrat-dirigeant du parquet de police de l'arrondissement judiciaire de Nivelles depuis le 1er mai 2000, Yves de Prelle de la Nieppe jette un regard professionnel sur le mode de vie des Brabançons wallons.

«On constate une diminution du nombre des grands excès de vitesse. Mais qu'est-ce qu'on peut ingurgiter comme boissons alcoolisées du côté de Wavre! À Nivelles, ce sont surtout des cas sociaux.» Une de ses premières autopsies l'a marqué, celle d'un homme pendu à une branche d'arbre. À ses côtés, un vélo. Il ne restait que quelques lambeaux de chair. «À notre grand étonnement, il portait une chaussette blanche intacte. À y regarder de plus près, on découvrit une myriade de vers qui avaient colonisé le bas de la jambe. Il m'a été impossible d'avaler les pâtes à la grecque commandées par l'équipe du juge d'instruction Alfred Joris.» Un autre gros morceau qui, passez-nous l'expression, lui resta sur l'estomac, c'est l'enquête sur les tueries du Brabant. «La piste des Borains? Pas crédible. Celle de prédateurs? Encore moins. Les deux commissions d'enquête parlementaire devant lesquelles je me suis présenté ont confirmé mes dires, une entreprise de démolition de l'État belge, la seule hypothèse de travail, que des Français, Hollandais et Anglais ont d'ailleurs avalisée.» Je ne me suis certes pas attiré la sympathie agissante de mes pairs ni de mes supérieurs, mais j'avais tenu à rendre compte de ma volonté largement éprouvée de toujours faire primer les valeurs d'honneur, de vérité et d'intégrité sur toutes les autres considérations telles qu'une confortable loyauté corporatiste.»



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