les tueries du Brabant

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 Vos, Eddy

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billbalantines



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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 25 Juin 2007 - 16:18

undercover a écrit:
billbalantines a écrit:


une institution 'de marque' se laisse-t-elle 'déstabiliser'? Un peu de gestion prévisionnelle aurait permis de prévoir ce qui allait se passer en laissant 'certains individus' se servir de leur institution à leur profit. Comment concevoir que des gendarmes puissent sortir 'de la documentation' de premier plan sans réagir fermement...? qu'est devenu le gendarme BCR M.? Il s'est retrouvé plus tard à la CBW à Nivelles !!! (l'enquête la plus importante du pays) avant d'être 'découvert' et muté en brigade à B. Normal pour une institution de 'marque'? Pathétique si l'on écarte la thèse du 'complot'.

Exact. C'est un des enquéteurs qui était à la cellule et qui a été viré.
Qui l'a muté à cet endroit ? Qui a signé le modèle B ?

excellente question. Je n'ai pas la réponse. Mais elle pourrait avoir un intérêt par la suite. Vous avez la réponse. En MP si vous ne souhaitez pas la divulguer sur le forum.


Dernière édition par le Lun 25 Juin 2007 - 17:49, édité 1 fois
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undercover



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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 25 Juin 2007 - 16:30

IL y en a d'autres qui ont été remerciés. Qui les avait mis là ?
Suite à ces dysfonctionnements, y a t il eu une enquete...sur les enqueteurs?

Quand je vois que des experts, des flics, des magistrats, etc...sont membres d'associations suspectes, on pourrait faire l'effort de vérifier préalablement les enquêteurs ?

Détourner des micro fiches, c'est pas piquer un pain au chocolat, y a t il eu poursuites judiciaires ou et disciplinaires ? Very Happy Very Happy Very Happy
Surement qu'il a nié et qu'on lui dit, alors c'est bon pour une fois, méchant gamin... Very Happy Very Happy Very Happy

Mais ce qui est intéressant, c'est qu'il est toujours dans des unités sensibles...alors que ses supérieurs avaient connaissance des faits. C'est dingue... Very Happy Very Happy Very Happy Cela doit etre du au hasard ? Où une histoire de c...caché ?

scratch scratch scratch Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy
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Anonymou
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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 25 Juin 2007 - 17:09

Eve a écrit:
monsieur BEIJER , ma question est tres directe et tres dure : pensez vous que vous pourriez tuer pour defendre un ideal ou une cause qui vous semble juste ??? je ne parle evidement pas en periode de guerre ou pour defendre votre peau ?? Ignorez ma question si elle vous semble déplacée .
Oui !
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Anonymou
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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 25 Juin 2007 - 17:11

Eve a écrit:
pourrait on transferer ma question dans le fil gran banditisme qui me semble plus approprie ??? MERCI
Non, je ne pense pas que votre question doit se trouver dans le fil du grand banditisme.
Parce que précisément, ces gens ne tuent pas pour un idéal. A moins que l'on ne considère le profit et l'enrichissement personnel, comme un idéal.
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Anonymou
Invité



MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 25 Juin 2007 - 17:11

Robert Beijer a écrit:
Eve a écrit:
monsieur BEIJER , ma question est tres directe et tres dure : pensez vous que vous pourriez tuer pour defendre un ideal ou une cause qui vous semble juste ??? je ne parle evidement pas en periode de guerre ou pour defendre votre peau ?? Ignorez ma question si elle vous semble déplacée .
Oui !
Parce que si c'est pas moi qui le fait, c'est l'autre qui me troue la peau
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Anonymou
Invité



MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 25 Juin 2007 - 17:13

undercover a écrit:
Vous parlez toujours de complot....
Non, c'est vous qui ramenez presque tout à des complots. Mais au fait, c'est exact, vous n'en parlez pas vraiment, vous sous-entendez...
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Anonymou
Invité



MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 25 Juin 2007 - 17:15

Bobby a écrit:
Robert Beijer a écrit:
Eve a écrit:
monsieur BEIJER , ma question est tres directe et tres dure : pensez vous que vous pourriez tuer pour defendre un ideal ou une cause qui vous semble juste ??? je ne parle evidement pas en periode de guerre ou pour defendre votre peau ?? Ignorez ma question si elle vous semble déplacée .
Oui !
Parce que si c'est pas moi qui le fait, c'est l'autre qui me troue la peau
Non, cela c'est simplement de la légitime défense. Même la loi en fait une cause d'excuse.
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Anonymou
Invité



MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 25 Juin 2007 - 17:47

Bobby a écrit:
Ne me dites pas qu'Aldo Moro, c'est vous !
Non, mais cela aurait pu l'être!
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billbalantines



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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 25 Juin 2007 - 18:06

Robert Beijer a écrit:
Eve a écrit:
monsieur BEIJER , ma question est tres directe et tres dure : pensez vous que vous pourriez tuer pour defendre un ideal ou une cause qui vous semble juste ??? je ne parle evidement pas en periode de guerre ou pour defendre votre peau ?? Ignorez ma question si elle vous semble déplacée .
Oui !

Là, on touche à la philosophie...et je préfère personnellement celle de Brassens car pour 'enlever une vie' faut être foutrement certain de sa cause pour estimer qu'elle en vaille la peine... et cela s'appelle souvent du 'fanatisme'. Je hais autant Pol Pot que Hitler. Pour eux, une vie c'est une mouche que l'on écrase. Pour moi une vie humaine, cela se respecte. Point. Même pour un Dutroux.
On met hors d'état de nuire, OK mais on ne 'tue' pas par facilité car entrer dans ce système fait de moi 'un assassin' quelqu'en soit le motif. Le pire salaud est celui qui se retranche derrière les ordres pour justifier son acte. Ma réponse : 'le mépris'. Tout homme est et garde une parcelle d'humanité, elle mérite d'être respectée et cultivée. C'est ce qui distingue l'homme de l'animal. La possibilité d'amendement et de réhabilitation existe. On peut regretter un acte. On peut relire l'Histoire avec d'autres yeux. C'est la raison pour laquelle, je serais prêt à discuter avec ceux qui ont pu à un moment 'dérailler'. La décision de 'tuer' serait sans effet si elle n'était le résultat d'une chaîne de micro-responsabilités. Le 'chef' qui ordonne de son bureau 'de neutraliser' X ; le sous chef qui interprète l'ordre d'un point de vue opérationnel (= tuer souvent) et qui transmet au sous-sous chef jusqu'au 'tueur', executeur testamentaire du commanditaire qui sera sans doute en train de diner avec ses enfants en famille au moment où une autre vie sera 'effacée'. Voilà où mène une vision cynique du monde. Et ensuite les mêmes iront pleurer et réconforter la veuve et les orphelins. A dégueuler.
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Henry



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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 25 Juin 2007 - 18:38

Peut-être que les gars qui ont tué 16 personnes en 1985 servaient eux aussi un idéal, ils ont peut-être même été décorés.
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billbalantines



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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 25 Juin 2007 - 18:59



Et si justement, je l'ai fait... dans les UDA
J'avais une ligne rouge sous mon nom et j'avais pas le degré de sécurité voulu pour surveiller les sites missiles (exempté de garde 24/24). J'ai passé mon service à la cuisine d'abord...ensuite après avoir 'léché' les bottes des officiers, j'ai pu accéder au labo photo dont personne ne s'occupait, puis servir au mess officiers, puis faire le mur pour aller souvent draguer au solarium local (en allemagne), un service inoubliable. La ligne rouge...mes copains de chambrée croyait que j'étais pistonné... il a fallu que je leur explique que c'était 'l'étoile jaune' du SGR. A l'époque, la gendarmerie fichait bien les gauchistes et les pacifistes..., j'ai gardé un bon souvenir de Tratsaert, c'était celui qui jouait le 'gentil' dans la bande.
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undercover



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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 25 Juin 2007 - 20:41

Que de souvenirs...
Vous etiez à Spich ?
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billbalantines



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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 25 Juin 2007 - 21:49

undercover a écrit:
Que de souvenirs...
Vous etiez à Spich ?

Non. Plus au nord...
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Anonymou
Invité



MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Mar 26 Juin 2007 - 12:33

billbalantines a écrit:
Robert Beijer a écrit:
Eve a écrit:
monsieur BEIJER , ma question est tres directe et tres dure : pensez vous que vous pourriez tuer pour defendre un ideal ou une cause qui vous semble juste ??? je ne parle evidement pas en periode de guerre ou pour defendre votre peau ?? Ignorez ma question si elle vous semble déplacée .
Oui !
Là, on touche à la philosophie...et je préfère personnellement celle de Brassens car pour 'enlever une vie' faut être foutrement certain de sa cause pour estimer qu'elle en vaille la peine... et cela s'appelle souvent du 'fanatisme'. Je hais autant Pol Pot que Hitler. Pour eux, une vie c'est une mouche que l'on écrase. Pour moi une vie humaine, cela se respecte. Point. Même pour un Dutroux.
On met hors d'état de nuire, OK mais on ne 'tue' pas par facilité car entrer dans ce système fait de moi 'un assassin' quelqu'en soit le motif. Le pire salaud est celui qui se retranche derrière les ordres pour justifier son acte. Ma réponse : 'le mépris'. Tout homme est et garde une parcelle d'humanité, elle mérite d'être respectée et cultivée. C'est ce qui distingue l'homme de l'animal. La possibilité d'amendement et de réhabilitation existe. On peut regretter un acte. On peut relire l'Histoire avec d'autres yeux. C'est la raison pour laquelle, je serais prêt à discuter avec ceux qui ont pu à un moment 'dérailler'. La décision de 'tuer' serait sans effet si elle n'était le résultat d'une chaîne de micro-responsabilités. Le 'chef' qui ordonne de son bureau 'de neutraliser' X ; le sous chef qui interprète l'ordre d'un point de vue opérationnel (= tuer souvent) et qui transmet au sous-sous chef jusqu'au 'tueur', executeur testamentaire du commanditaire qui sera sans doute en train de diner avec ses enfants en famille au moment où une autre vie sera 'effacée'. Voilà où mène une vision cynique du monde. Et ensuite les mêmes iront pleurer et réconforter la veuve et les orphelins. A dégueuler.
Je suis assez d'accord avec votre point de vue. Mais c'est celui d'un rêveur. Du reste, Brassens que vous citez, était aussi un rêveur. Et il peut chanter et tout critiquer en toute liberté, car d'autres sont morts pour cela. 1789 ou autres, ne se sont pas fait la fleur à la bouche, mais la baïonnette au canon. L'évolution (qu'on peut critiquer) du monde à ce jour ne s'est fait qu'à travers le sang, la mort, les guerres et au nom de toutes sortes de causes. Si vous pouvez prétendre arrêter cette déferlante inévitable, allez-y et tout le monde applaudira des deux mains. Chaque être humain, en son fort intérieur, aspire à la paix et la sécurité. Mais cela n'arrive pas ainsi car ce n'est pas la nature du monde. Donc, tout cela a un prix. Entre "manger" et "être mangé", je choisis de manger.
Mais cela ne nous écarte-t-il pas trop du sujet VOS, Eddy?
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undercover



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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Mar 26 Juin 2007 - 12:42

J'aime vous lire sur certains sujets.
Je partage votre avis sur ce point. Il n'y a pas de place pour l'état d'âme dans certaines missions.
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billbalantines



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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Mar 26 Juin 2007 - 13:10

undercover a écrit:
J'aime vous lire sur certains sujets.
Je partage votre avis sur ce point. Il n'y a pas de place pour l'état d'âme dans certaines missions.

Bon, puisqu'on est entre missionnaires, je vous concède que sur ce terrain vous avez entièrement raison. Plutôt être autour du chaudron que dedans.
On peut aussi choisir une autre 'position' clown éducateur par exemple, ou pompiers comme semblait le conseiller Bob à Under dans un autre 'post', si l'on préfère sauver des vies...

Pour revenir à un cadrage plus sérieux. Puisqu'on parlait de 1789, c'est un domaine que j'ai un peu étudié. Sachez que peu savaient sans doute comment tout cela se terminerait en commençant... Et qui tirerait les marrons du chaudron.... En l'occurence, un bonaparte d'abord..., qui devint 'empereur', ah le pouvoir, cela monte vite à la tête.
Mais je concède que tout cela nous éloigne d'Eddy... Vos (j'ai failli écrire Merckx) ; un fil 'philo' peut être, ne serait-ce finalement pas plus profitable à tous?
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michel
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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Dim 26 Juil 2009 - 20:31

Interview d'eddy vos pour le magazine humo en juillet 2007 (source : www.bendevannijvel.com)

Hoe zou het eigenlijk zijn met ... het onderzoek naar de Bende van Nijvel.

Een kwarteeuw na de eerste misdaden van de Bende van Nijvel loopt het gerechtelijk onderzoek nog altijd. Jaren speurwerk heeft een dossier van 2.5 miljoen pagina's opgeleverd, maar dat is ook alles. Er is nog geen altijd geen halve dader opgepakt, men is zelfs nog geen kwart verdachte op het spoor. Politieman Eddy Vos, al elf jaar in het Bende-onderzoek, maakt samen met Humo de rekening: hij wordt er niet echt vrolijk van, en wij al evenmin.

De afgelopen jaren haalde de Bende van Nijvel alleen nog de pers als er weer eens een nieuwe of ongebruikte politietechniek op het enorme dossier werd losgelaten: DNA-onderzoek, leugendetectors, Franse en Canadese profilers, Harry 'de neus' Jongen, grafologie, hypnose, ... Om het jaar was er wel een 'veelbelovend' nieuw spoor of een 'hoopgevende' aanpak.

Maar een doorbraak kwam er nooit van. In 2007 was er weer Danièle Zucker, jarenlang hoofd van het psychiatrisch crisiscentrum van het Sint-Pietersziekenhuis in Brussel. Mevrouw Zucker volgde een opleiding bij de American Group Inc., een commercieel kantoor in de Verenigde Staten dat is opgezet rond een aantal ex-FBI-agenten. Ze zijn er gespecialiseerd in het bestuderen en begrijpen van 'criminelen, geweld en gewelddadig gedrag' en verdienen hun geld met profiles. Ze stellen profielen op van de daders van niet-opgeloste misdaden. Sinds begin 2007 doet Zucker hetzelfde voor de Bende van Nijvel.

Maar of dat allemaal nog veel zin heeft? Op dit moment is de verjaring van de Bendefeiten opgeschoven tot 2015. Als er tegen die tijd nog altijd geen daders gevonden en veroordeeld zijn, zal men vermoedelijk naar een laatste redmiddel moeten grijpen, een soort Waarheidscommissie, naar Zuid-Afrikaans model, die zich over de 2.5 miljoen pagina's zou buigen. Niet om het recht alsnog te doen zegevieren, maar om tenminste voor de geschiedenis te reconstrueren wie en wat de Bende van Nijvel was, en waarom.

Eddy Vos, gerechtelijk commissaris en hoofd onderzoek Cel Waals Brabant, kijkt als een kever die net in een pot kattenpis is gevallen als Humo hem het idee serveert. Maar garanderen dat de klus tegen 2015 toch nog geklaard zal zijn, dat doet hij liever niet.
Hoe ver staat het op dit moment met het onderzoek?
"Er is nog altijd niemand aangehouden, dus dan weet je hoever het staat. Uiteraard heeft het jarenlange speurwerk wel iets opgeleverd. We weten nu veel beter wat er toen precies is gebeurd en waar we voor staan. We hebben bepaalde dossiers ook kunnen uitsluiten als vertrekbasis, de affaire van de Roze Balletten bijvoorbeeld. De tweede parlementaire onderzoekscommissie was overigens al tot dezelfde conclusie gekomen."

"De Cel Waals Brabant bestaat nu al vele jaren uit twee secties. De sectie banditisme, geleid door Lionel Ruth, zoekt de Bende in de onderwereld. Ruth heeft al goed vijftienhonderd kandidaten naast de robotfoto's gelegd. In totaal hebben we zeker al vijfduizend mensen van dichtbij bekeken, maar die hoge cijfers haal je snel. Alleen al het milieu van de schuttersclubs doorlichten levert een massa Bendekandidaten op."

"En dan is er nog een sectie terrorisme, waar ik zelf deel van uitmaak. Wij hebben profielen opgesteld van de drie daders die bij elke Bendemisdaad opduiken: 'de reus', 'de killer' en 'de oude'. De killer is bijvoorbeeld begonnen als meeloper, maar bij de overval op de Delhaize in Aalst in 1985 ging hij tekeer als een gestoorde. Hij schoot niet alleen op wie hem voor de voeten liep, maar ging echt op jacht naar slachtoffers. Je zou dus denken dat 't hem niet te doen was op de poen, maar om zoveel mogelijk doden. Maar is dat terrorisme? Met een machinepistool maai je nog veel meer mensen neer, in veel minder tijd."

"Ik spreek ook tegen dat geld geen rol zou hebben gespeeld bij de overvallen. Omdat de Bende in Aalst 'maar' 700.000 frank heeft buitgemaakt, zouden het geen 'gewone' bandieten zijn. Wanneer dan wel? Als ze 7 miljoen frank hadden meegenomen? Dat is toch onzin. De overvallers namen de tijd om de kassa's van de supermarkt leeg te maken en het geld van klanten mee te pikken. In Overijse, waar ze vijf mensen hebben afgeknald, hebben ze in hun vlucht zelfs een vrouw de handtas van haar schouders gerukt."

"Aan de andere kant: als je in '82 en '83 een serie overvallen en moorden hebt en dan twee jaar niks, tot diezelfde daders in '85 plotseling weer opduiken met dezelfde wapens en met nog meer geweld, dan hoef je geen politieman te zijn om te beseffen dat je weleens te maken zou kunnen hebben met wat men de Strategie van de Spanning is gaan noemen: extreem, politiek geïnspireerd geweld, bedoeld om een ruk naar rechts uit te lokken."

Het is zeven jaar geleden sinds het laatste interview met Humo. Toen zat u duidelijk op het terroristische spoor. U en de toen voor het dossier bevoegde magistraten hielden ons met nadruk voor dat extreem-rechts achter de Bende zat.
"De vraag of we de misdaden van de Bende nu terrorisme of banditisme moeten noemen, houdt ons niet langer bezig. Als Madani Bouhouche toegeeft dat hij de wapens van de Groep Diane heeft gestolen om de rijkswacht te treffen, is hij dan een bandiet of terrorist? En doet het ertoe? Misschien hebben wij in het begin een grote denkfout gemaakt door alle feiten onder dezelfde paraplu te willen stoppen."

U bent er te lang van uitgegaan dat alle Bendefeiten een gemeenschappelijk motief hadden?
"Inderdaad. Je onderzocht bijvoorbeeld de moord José Vandeneynde, de conciërge van restaurant Auberge du Chevalier in Beersel, maar ondertussen hield je ook alle andere misdaden van de Bende in het achterhoofd. En dus zocht je uitsluitend naar een dadergroep die voor al die feiten in aanmerking komt. Maar of banditisme of terrorisme: die tegenstelling was te simplistisch. Bij bepaalde misdaden lijkt het te gaan om terrorisme, andere hebben de kenmerken van wraakacties, en soms was het zonder meer om het geld te doen."

"Waarom gebruikte de Bende bij de ene overval extreem geweld en bij de andere helemaal niet? Vergelijk de hold-up op de Delhaize van Fort Jaco in Ukkel op 25 februari 1983, waar niet geschoten werd om te doden, met die in de Delhaize van Aalst, waar acht mensen werden afgemaakt. Had de Bende in Ukkel een ander motief dan twee jaar later in Aalst? Of was het gedragspatroon van één of meerdere daders veranderd?"
Gezocht: patronen

Misschien waren het gewoon niet dezelfde daders? Om dat uit te vissen moet Danièle Zucker nu opnieuw profielen maken.
"Ik hoop dat mevrouw Zucker op die vragen een antwoord zal vinden, ja. Zij bekijkt de zaak als niet-politieman. Ze heeft vooral aandacht voor de automatismen van de daders, de tics die een mens niet onder controle heeft. Zo is bij haast elke Bendemisdaad het telefoonsnoer uitgerukt. Zit daar een patroon in? Wij hebben zelf al geprobeerd om dergelijke patronen uit te tekenen, en dan zie je dat elk Bendelid een eigen rol heeft bij al die overvallen."

Eigenlijk heeft u die profielen dus al: uit uw eigen analyses en die van de Franse en Canadese profilers die een paar jaar geleden werden ingehuurd. Waarom het nog eens overdoen?
"Dat waren analyses! Nu hebben we een echte profiling besteld. De opinie van die vroegere profilers was ook niet zuiver, want gebaseerd op onze uitleg over de feiten, en niet op de vaststellingen uit het dossier. Nu neemt de profiler echt het dossier door, tenminste toch de relevante delen ervan."

In Italië had je in de jaren tachtig in Rome de Banda della Magliana, een criminele organisatie die samenwerkte met extreem-rechts, de geheime diensten en de zakenwereld. Die bende beheerde een depot met wapens die zowel bij criminele affaires als politieke aanslagen werden gebruikt.
"Ik hoop dat deze nieuwe profiling ons iets wijzer zal maken over de samenstelling van de Bende. Hadden we te maken met een 'kleine' en een 'grote' bende? Werden de overvallen steeds door dezelfde mensen gepleegd, of bestond er een door onbekenden beheerde opslagplaats waar ingehuurde gangsters wapens konden gaan ophalen en die na gedane zaken weer konden deponeren? Als uit profiling blijkt dat een bepaald wapen telkens opnieuw door dezelfde dader werd bediend, dan bestond zo'n gemeenschappelijk depot vermoedelijk niet en gingen de Bendeleden telkens met hun eigen wapens aan de slag."

Tijdens het proces tegen de gewezen rijkswachters Madani Bouhouche en Robert Beijer in de jaren negentig is gebleken dat Bouhouche een logistiek wonder was. Hij beschikte over garageboxen, postbussen, flats, wapens, auto's, de knowhow om hinderlijke speurders op een dwaalspoor te brengen en de juiste connecties in het gangstermilieu. De man had alles in voorraad wat een Bende van Nijvel nodig had. Is er ooit een beter kandidaat voor de Bende geweest?
"Op aanbeveling van de tweede Bendecommissie is het gerechtelijk onderzoek naar Bouhouche en Beijer doorgelicht, maar er is tot nog toe geen enkel concreet element boven water gekomen dat die twee in verband brengt met de Bende. Het is bijvoorbeeld larie dat - zoals ik onlangs nog een politicus hoorde beweren - er in het kanaal van Ronquières wapens zouden zijn gevonden die werden gestolen bij Juan Mendez, de vermoorde FN-ingenieur en vriend van Bouhouche. Maar het spoor-Bouhouche blijft zeer, zeer interessant, en wordt nog altijd druk onderzocht."

Bob Beijer, de vroegere maat van Bouhouche, staat te springen van enthousiasme om het gerecht te helpen. Hij wil het dossier ontvetten, alles eruit halen wat niet met de Bende te maken heeft. Bent u geïnteresseerd?
"Wij zijn niet betrokken bij het verhaal rond Beijer. Die man wil hier voordeel uit halen en dat is zijn recht, maar ik vraag mij af wat hij ons nog kan bijbrengen. Uiteraard zijn wij wel geïnteresseerd in alles wat ons onderzoek voorruit kan helpen. Stel bijvoorbeeld dat Beijer wil vertellen waar de resten van de vermoorde geldkoerier Francis Zwarts begraven liggen, dan zouden wij graag willen weten met welk wapen die man vermoord is. Wij zijn geïnteresseerd in elke moord met een wapen waarvan het kaliber overeenkomt met de wapens die de Bende gebruikte. Bijzonder spijtig in dat verband: de wapens die de burgers moesten inleveren in het kader van de nieuwe wapenwet worden vernietigd zonder dat er eerst een proefschot mee wordt gelost. Vergezocht? Je weet maar nooit."

U hebt de afgelopen jaren erg veel wetenschappelijk onderzoek laten uitvoeren in dit dossier. Wat heeft dat u eigenlijk geleerd?
"Bitter weinig. We hebben een paar fragmenten van vingerafdrukken en één DNA-profiel van een Bendelid, gevonden op de sigarettenpeuken uit de Mercedes van taxichauffeur Constantin Angelou. Op basis van een door een dader gebruikt hoedje is ook een bloedgroep geïdentificeerd. Dat is het ongeveer. Er zijn nog tientallen andere voorwerpen gevonden: wapens, gestolen cheques, een jas in het kanaal van Ronquières ... We hebben alles laten analyseren door professor Jean-Jacques Cassiman, de DNA-expert, maar alleen die sigarettenpeuken hebben iets opgeleverd. En dan waren er nog de notities van een schietcursus, aangetroffen tussen de cheques die gestolen waren in de Delhaize van Overijse. Grafologisch onderzoek heeft aangetoond dat die notities van de hand waren van Claudine Falkenburg, een vriendin van de vroegere gevangenisdirecteur Jean Bultot."

Dat kan toch een spoor zijn?
"Of net niet. Misschien wilden de daders juist dat we op die manier naar Bultot gingen kijken. In dit dossier is alles mogelijk. Alles wat niet waar lijkt, kan toch waar zijn. En omgekeerd."

Zijn al die wetenschappelijke technieken de laatste strohalm?
"We hebben getuigen verhoord onder hypnose, maar sommige mensen vonden het nodig dat zonder meer af te schieten. Ze wisten niet eens hoe je 'hypnose' schrijft. Je moet openstaan voor nieuwe methodes, dan zie je wel of het iets oplevert."

Meestal is dat bitter weinig, zei u zelf. Toch wil de overheid nog altijd investeren in het onderzoek, zo'n profiling als die van mevrouw Zucker kost een hoop geld.
"Het prijskaartje interesseert me niet. Het Bende-dossier wordt om de haverklap opgevoerd als het ultieme bewijs dat de Belgische justitie rot is. De dag dat het onderzoek wordt stopgezet, zal iedereen roepen dat het allemaal niet meer was dan een doofpot-operatie en dat de daders allang bekend zijn. We hebben dus het recht niet om een streep te trekken onder dit dossier, onder geen enkel geval van zware criminaliteit overigens. Als iemand zijn kind heeft verloren en de moordenaar wordt niet gevonden, dan mag zo'n dossier niet in de kast verdwijnen. Eén van de positieve kanten van het Bende-onderzoek is dat de verjaringstermijn voor zware misdaden verlengd is van twintig tot dertig jaar."

Maar nogmaals, ondanks alle inspanningen van de overheid hebt u nog steeds niet veel in handen.
"Harde bewijzen zijn er niet gevonden, nee. Nog niet. Maar wat ons al jaren hoop geeft, is dat er ergens nog tientallen voorwerpen moeten rondslingeren die te maken hebben met de Bende: wapens, kogelvrije vesten, dingen die vaak moeilijk te vernietigen zijn. Het is mogelijk dat iemand weet waar ze liggen en dat die iemand ooit zal praten."

U verwacht dat toeval de zaak alsnog tot een goed einde zal brengen?
"Eén voorwerp, ergens bij een grootvader op zolder, kan een doorbraak zijn. Of een wetswijziging. Een wet op de spijtoptanten is ongetwijfeld heilzaam voor ons onderzoek. Als het in Nederland kan, waarom bij ons dan niet? Het zou ook niet slecht zijn als het achterhouden van informatie strafbaar zou worden gemaakt. Maar de politiek zal niet naar ons luisteren. Weet u, het is bijzonder frustrerend om na vijfentwintig jaar nog altijd bezig te zijn met een onderzoek waarvan je je afvraagt of het wel kan worden opgehelderd. Of beter gezegd, of het wel zal worden opgehelderd."

Wij luisteren.
"Ik weet het niet. Ik hoop het. Het is mijn job om elke dag opnieuw in dit dossier te graven, maar soms moet ik mezelf in de arm knijpen: 'Verdomme jongen, dit is vijfentwintig jaar geleden gebeurd!' Dat kan echt lastig zijn, maar je moet. Anders kun je niet werken."

U klinkt niet erg enthousiast. Is zo'n houding goed voor het onderzoek?
"Die houding is veel beter dan tomeloze gedrevenheid. Ik ben ook gedreven, maar ik zit hier niet te jubelen. Dat kan ook moeilijk."

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"Ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve."
( Dr. Robert RENDU)
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michel
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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Dim 26 Juil 2009 - 20:33

suite :

Het grote zwijgen

Is een van de redenen van het failliet van dit onderzoek niet dat zo ongeveer iedereen zich ermee bemoeid heeft? In de loop der jaren hebben dubieuze heerschappen de grootste onzin verkocht om de zaak nog meer in het honderd te sturen.
"Nee. Ik heb geen problemen met de pers, dankzij de pers bestaat de Cel Waals Brabant nog. En mensen die praten, kun je tenminste betrappen op leugens. Het grote probleem in dit dossier is juist dat iedereen zwijgt. Met een verdachte die zwijgt, kun je geen kant op."

Hoe moeilijk is het om een onderzoek te voeren waarin je voortdurend tegen je collega's en ex-collega's aanbotst? En dan hebben we het niet alleen over verdachten als Bouhouche en Beijer, Christian Amory en Martial Lekeu, maar ook over speurders als Serge Klingels, Jacques Carré en Jan De Wachter. Allemaal lijken ze een stuk van een puzzel in handen te hebben.
"Ik heb de rol van een aantal mensen zeer duidelijk uitgetekend, maar ik kan onmogelijk verklaringen afleggen over de inhoud van het dossier. Uiteraard hebben jullie gelijk, het is niet gemakkelijk als er collega's in je onderzoeksveld komen. Maar het wordt pas erg als je ook de dienst viseert waar die mensen werken. Met harde bewijzen kun je overal aankloppen. Maar als je alleen over een hypothese beschikt, wordt het een stuk lastiger."

Het is ook onze indruk dat er, vooral in het begin, heel wat manipulatie in dit onderzoek is geweest. Dat er dwaalsporen werden gelegd, leugens werden verspreid, geknoeid werd met bewijsmateriaal.
"Bof ... Nee. Ik zie dat niet gebeuren in België. En trouwens, elke verdachte manipuleert."

Maar niet elke verdachte heeft de mogelijkheden die Madani Bouhouche had. De eerste twee jaar werkte hij zelf mee aan het Bende-onderzoek en had hij toegang tot de bewijsstukken. Hij liep binnen en buiten bij bijvoorbeeld ballistisch expert Claude Dery, die zijn bewijzen in confituurpotten bewaarde.
"Ja, maar na 1996 hebben we alle in beslag genomen stukken opnieuw laten onderzoeken. Het ballistisch onderzoek is integraal overgedaan in het Duitse Wiesbaden, en de foto's van de vindplaatsen zijn opnieuw bekeken. In de buurt van de Derscheid-kliniek in Brussel waren bijvoorbeeld de bankkaarten teruggevonden van slachtoffers van de overval op wapenhandel Dekaise in Waver, in september 1982, en ook een stuk T-shirt met bloedvlekken. Na analyse bleek het te gaan om bloed van wild. Dat T-shirt heeft dus waarschijnlijk niets te maken met de overval. Als er geknoeid was met bewijsstukken, zou dat bij die nieuwe onderzoeken zeker duidelijk zijn geworden. Dat was niet het geval."

Jullie hebben geen serieuze materiële elementen of harde bewijzen, maar u moet in die elf jaar onderzoek voor uzelf toch hypothesen geformuleerd hebben.
"Ik heb een algemene kennis van het dossier en een meer doorgedreven kennis van deelgebieden waar ik zelf intensief aan heb meegewerkt. Als ik dat allemaal bij elkaar gooi, kan ik inderdaad een heel stevige hypothese formuleren. Maar daar mag ik pas na de verjaring van de feiten in het openbaar over spreken. Jullie mogen aandringen tot morgenochtend, ik zeg niets. Mijn werk heeft me één ding duidelijk gemaakt. Over de Bende bestaan er tal van 'zekerheden', dingen waarvan iedereen denkt en zegt: 'zo is het gelopen.' Maar als je die 'waarheden' dan van naderbij gaat bekijken, zie je plotseling dat ze helemaal niet zo waar zijn. Dat krijg je als mensen zich ermee bemoeien die het onderzoek niet kennen. Maar ja, wie kan een dossier van 2,5 miljoen pagina's eigenlijk nog kennen?"

Is het eigenlijk fijn werken in het Bende-dossier?
"Allang niet meer. Vroeger zaten we met tachtig mensen in de Cel Waals Brabant, nu nog hooguit met tien. Ik zou er de brui aan kunnen geven, dat hebben wel meer collega's gedaan, en ik begrijp die mensen zelfs. Maar ik wil het bijltje er niet bij neergooien, dat zou niet van veel loyaliteit getuigen. Ik heb er wel aan gedacht parttime te gaan werken, maar dat bleek niet mogelijk. En misschien terecht, wat je maar half doet, die je vermoedelijk niet goed. Je kunt het Bende-onderzoek een beetje vergelijken met Molokai, het lepra-eiland van Pater Damiaan: er wordt veel over gepraat, maar niemand wil er wonen. Ik bedoel maar, het is moeilijk en frustrerend werd.

"In elk ander gerechtelijk onderzoek kun je als politieman zeggen: 'Deze informatie is dubieus, dit spoor leidt nergens naar.' In het Bende-dossier kun je dat niet. Je moet op ieder spoor werken, ook al weet je dat het nergens toe leidt. Want als je het laat liggen, kan dat worden geïnterpreteerd als het ultieme bewijs dat het onderzoek toch een doofpotoperatie is. En als je er dan op zit te werken, roepen ze allemaal: 'Aha, dit is de oplossing, want anders zouden ze er hun tijd niet aan verspillen!' Dat is een van de redenen waarom het dossier 2,5 miljoen pagina's dik is. Die pagina's zijn niet allemaal even interessant, hoor."

Jullie zitten daar als kluizenaars tussen de oude papieren.
"Het is meer dan dat, hé. We hebben veel contacten met de pers en met magistraten, ik beschouw een aantal magistraten zelf als vrienden. Je hebt wel wat vrijheid. En je komt zo'n beetje overal. Maar het is wel een delicate job. Nogmaals, je stapt op een andere manier bij iemand binnen met harde bewijzen in de hand dan als je alleen maar een hypothese in je zak hebt zitten."

Ze lachen u dus allemaal uit als u langskomt, want ze weten dat u toch nooit harde bewijzen hebt?
"Toch niet, niemand vindt het echt gezellig als wij langskomen. Niemand wil graag dat zijn naam wordt genoemd in verband met de Bende van Nijvel."

De laatste der Mohikanen

Hoe kijkt de buitenwereld naar u? Met een houding van: 'Christus, wat een sukkels! Is die zaak nu nog niet opgelost?'
"Dat is nog vriendelijk uitgedrukt. Beleefde mensen zeggen dat we te stom zijn. Niet zo beleefde mensen zeggen dat we de zaak zitten te rekken tot ons pensioen. En misschien hebben ze een punt, we zijn vijfentwintig jaar bezig en we staan nergens. Maar ondertussen hebben we wel het volledige Belgische en Noord-Franse misdaadmilieu van de jaren zeventig en tachtig in kaart gebracht."

Zult u het als een persoonlijke nederlaag ervaren als de daders nooit worden gevonden?
"Nee."

Waarom niet? U hebt er een flink deel van uw leven in geïnvesteerd.
"Een te groot deel. Het is een harde vaststelling, maar er zijn nu eenmaal interessantere en aangenamere dingen in het leven dan op spoken jagen. Er zijn er die denken dat ik blijf zitten omdat ik een dubbele wedde krijg. Was het maar waar. Mijn enige financiële voordeel is dat mijn reiskosten van en naar Charleroi worden terugbetaald, min de kilometers die ik normaal had moeten afleggen om naar mijn officiële standplaats in Brussel te gaan. Maar voor die verplaatsing had ik al een gratis abonnement. Ach, ik wind er geen doekjes om, mijn carrière is samen met de feiten begraven. Hier is geen eer meer aan te behalen."

Onzin. Als jullie de klus klaren, halen jullie zelfs de eeuwigheid.
"Dat betwijfel ik. Zelfs al lossen we de zaak op, dan nog zal de reactie zijn: 'Dat jullie dat niet onmiddellijk gezien hebben, dat snappen wij dus niet, hé' en 'We hebben het altijd gezegd, maar jullie hebben nooit willen luisteren'. Kijk naar de zaak-Dutroux. Toen de meisjes net waren bevrijd, kregen de betrokken politiemensen een standbeeld, maar na een paar uur zei iedereen weer: 'Dat jullie ze niet eerder hebben gevonden!' Dat zal ook bij ons gebeuren."

Vroeger werden jullie beschouwd als godenkinderen, politiemannen die met hun kont in de boter waren gevallen. Veel collega's waren jaloers op jullie.
"Er waren er die ervan uitgingen dat de Cel Waals Brabant de Club Med is, ja. Maar we hebben vaak genoeg om vrijwilligers gevraagd, en ik heb ze nooit gezien. Nu hebben we geen vrijwilligers meer nodig. Wij zijn de laatsten der Mohikanen. Ik hoop alleen dat de steun van de politiek niet zal wegvallen, want dan is het helemaal gedaan."

En wat gaat er met dat enorme dossier gebeuren na 2015 als de daders niet worden gevonden?
"Dat weet ik niet. Te grabbel gooien? Integraal op het internet zetten?"

Of de vuilnisbak in?
"Ik denk het ... Ik denk het ... Misschien wordt het straks wel Nationaal Erfgoed."

Het idee van een Waarheidscommissie ziet u niet zitten? Als de daders tegen 2015 nog niet gevonden zijn, zou u daar uw 'stevige hypothese' kwijt kunnen.
"Ik heb niet gezegd dat mijn hypothese ook klopt, hé."

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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Dim 26 Juil 2009 - 20:40

Voici la traduction de lagloupette02 (que je remercie une fois de plus vivement!) :

Qu'en serait-il de l'enquête sur les tueurs du Brabant wallon ?

Source : Raf Sauviller & Hilde Geens – Humo – Juillet 2007

Un quart de siècle après les premiers crimes des tueurs du Brabant wallon, l'enquête est toujours en cours. Des années de recherches ont produit un dossier de 2,5 million de pages, mais c'est tout. On n'a toujours pas arrêté le moindre auteur, on n'est pas sur la piste du plus petit malfaiteur. Eddy Vos, qui enquête depuis onze ans déjà, fait ses comptes avec Humo : ça ne le réjouit pas, et nous pas davantage.

Ces dernières années, on ne parle plus guère des tueurs du Brabant wallon que lorsqu'une nouvelle technique policière est utilisée dans cet énorme dossier : examen d'ADN, détecteur de mensonges, profileurs français ou canadiens, Harry Jongen "le nez", la graphologie, l'hypnose… Chaque année on a eu droit à une nouvelle piste "très prometteuse" ou à une approche "porteuse d'espoir".

Mais jamais de véritable avancée. En 2007, Danièle Zucker apparaît. Pendant des années, cette dame était chef du service psychiatrique de crise à l'hôpital St Pierre à Bruxelles. Elle a suivi une formation auprès de l'American Group Inc., une entreprise américaine où travaillent plusieurs anciens agents du FBI. Ils sont spécialisés dans l'étude et la compréhension de "criminels, de la violence et des comportements violents" et gagnent leur vie grâce à des profilages. Ils établissent des profils d'auteurs de crimes non-élucidés. Depuis 2007, Zucker fait la même chose pour les tueurs du Brabant wallon.

Mais cela a-t-il encore beaucoup de sens ? Actuellement, la prescription des faits est prévue pour 2015. Si d'ici-là on n'a toujours pas trouvé les coupables, il est probable qu'il sera fait appel à un dernier moyen, une sorte de Commission de la Vérité, copiée du le modèle Sud-Africain, qui examinerait les 2,5 millions de pages. Non pas pour que la justice triomphe, mais pour établir, au moins pour l'histoire, qui étaient les tueurs du Brabant wallon, ce qu'ils étaient et pourquoi ils ont agi.

Eddy Vos, commissaire à la police judiciaire et chef de la cellule d'enquête Brabant wallon, nous regarde avec des yeux ronds quand nous lui proposons une interview. Il préfère ne pas garantir que l'affaire sera résolue d'ici à 2015.

Où en sommes-nous dans cette enquête ?

Personne n'a encore été arrêté, cela vous dit immédiatement où nous en sommes. Bien-sûr, ces années d'enquêtes ont donné un résultat. Nous savons bien mieux ce qui s'est vraiment passé et devant quoi nous nous trouvons. Nous avons également pu exclure certains dossiers comme point de départ, les affaires des ballets roses par exemple. La deuxième commission d'enquête parlementaire était déjà arrivée à la même conclusion.

La Cellule Brabant wallon est composée depuis des années de deux sections. La section banditisme, dirigée par Lionel Ruth, recherche la bande dans le milieu. Ruth a déjà comparé quelque 1500 candidats aux portraits robot. Au total nous avons déjà examiné de près au moins 5000 personnes, mais on y arrive vite. Rien que l'examen du milieu des clubs de tir amène déjà une masse de candidats possibles.

Il y a également une section terrorisme, dont je fais moi-même partie. Nous avons établi le profil des trois individus qui apparaissent lors de chaque attaque des tueurs : "le géant", "le tueur" et "le vieux". Le tueur, par exemple, a commencé comme suiveur, mais lors de l'attaque du Delhaize d'Alost il a perdu les pédales. Il n'a pas tiré uniquement sur ceux qui se trouvaient dans son chemin, mais est véritablement parti à la chasse aux victimes. On pourrait donc penser qu'il n'était pas là pour l'argent, mais pour faire le plus de morts possible. S'agit-il de terrorisme ? Avec un pistolet mitrailleur on abat encore beaucoup plus de monde en bien moins de temps.

Je conteste le fait que l'argent n'aurait joué aucun rôle dans ces hold-up. Parce que les tueurs n'auraient ramassé "que" 700.000 francs à Alost, il ne s'agirait pas de bandits ordinaires ? Mais à partir de quel montant parle-t-on de banditisme ? Auraient-ils dû emporter 7 millions ? Ca n'a pas de sens. Les malfrats ont pris le temps de vider les caisses du supermarché et de voler l'argent des clients. A Overijse, où ils ont tué cinq personnes, ils ont même arraché le sac à main d'une dame en s'enfuyant.

D'autre part : quand on a des hold-up et des meurtres en 1982 et 1983, et puis rien pendant 2 ans, jusqu'à ce que tout à coup, en 1985, les mêmes auteurs réapparaissent avec les mêmes armes et plus de violence encore, on n'a pas besoin d'être policier pour comprendre qu'on pourrait avoir affaire à ce qu'on a appelé une stratégie de la tension : une violence extrême, inspirée par le politique, visant à provoquer un mouvement vers la droite.

La dernière interview d'Humo a eu lieu il y a six ans. A l'époque vous teniez clairement une piste terroriste. Vous-même et les magistrats de l'époque insistiez sur le fait que derrière les tueurs se cachait l'extrême droite.

La question de savoir si nous devons appeler les méfaits de la bande "terrorisme" ou "banditisme" ne nous préoccupe plus. Quand Madani Bouhouche admet qu'il a volé les armes de la brigade Diane pour toucher la gendarmerie, est-il un bandit ou un terroriste ? Et cela change-t-il quelque chose ? Peut-être avons-nous commis dès le début une grossière erreur en voulant mettre tout dans le même sac.

Pensez-vous que vous avez considéré pendant trop longtemps que tous les crimes des tueurs avaient le même motif ?

En effet. On enquêtait par exemple sur le meurtre de José Vandeneynde, le concierge du restaurant l'Auberge des Chevaliers à Beersel, tout en gardant présents à l'esprit tous les autres crimes des tueurs. Et donc, les recherches s'orientaient exclusivement vers un groupe qui entrait en ligne de compte pour tous ces faits. Mais l'opposition entre terrorisme et banditisme était trop simpliste. Certains faits semblent relever du terrorisme, d'autres ressemblent plutôt à une vengeance, et quelques fois il ne s'agissait que d'argent.

Pourquoi, lors de certains hold-up les tueurs étaient-ils tellement violents et à d'autres moments pas ? Comparez le hold-up du Delhaize du Fort Jaco à Uccle le 25 février 1983, où on n'a pas tiré pour tuer, avec celui du Delhaize d'Alost, où on a abattu huit personnes. Les auteurs d'Uccle avaient-ils une autre motivation que ceux qui ont agi deux ans plus tard à Alost ? Ou bien le comportement de l'un ou de plusieurs des auteurs avait-il changé ?

Peut-être ne s'agissait-il pas des mêmes auteurs, tout simplement. Pour le vérifier, Danièle Zucker doit à nouveau établir des profils ?

J'espère que Mme Zucker trouvera des réponses à ces questions. Elle regarde cette affaire comme non-policier. Elle accorde surtout de l'importance aux automatismes des auteurs, les tics qu'on ne contrôle pas. C'est ainsi que lors de chaque attaque, les fils du téléphone sont arrachés. Est-ce un comportement stéréotypé ? Nous avons nous-mêmes déjà essayé d'en dresser le profil. On constate alors que chacun des membres a son propre rôle lors des attaques.

En fait, ces profils vous les avez déjà : d'après vos propres travaux et ceux des profileurs français et canadiens dont les services ont été loués il y a quelques années. Pourquoi recommencer encore une fois ?

Il s'agissait d'analyses ! Maintenant nous avons commandé un vrai profilage. L'opinion des profileurs précédents n'était pas neutre, parce qu'elle était basée sur nos explications, et pas sur les constations du dossier. Actuellement, le profileur reprend tout le dossier, du moins les parties pertinentes.

Dans les années 80, en Italie, sévissait à Rome la Banda della Magliana, qui collaborait avec l'extrême-droite, les services secrets et le monde des affaires. Cette bande s'occupait d'un dépôt d'armes qui ont été utilisées dans des affaires tant politiques que criminelles.

J'espère que ce nouveau profilage nous donnera des renseignements quant à la composition de la bande. Avions-nous affaire à une "petite" ou une "grande" organisation ? Les attaques étaient-elles toujours le fait des mêmes personnes, ou existait-il une cache où des tueurs à gages pouvaient aller chercher des armes et les ramener après avoir fait leur affaire ? Si le profilage montre que la même arme était utilisée chaque fois par la même personne, une telle cache n'existait probablement pas et les tueurs du Brabant wallon se servaient chaque fois de leur propre arme.

Dans les années nonante, lors du procès contre les anciens gendarmes Madani Bouhouche et Robert Beijer, il est apparu que Bouhouche était un génie de la logistique. Il disposait de boxes de garage, de boîtes postales, d'appartements, d'armes, de voitures, du know-how pour égarer des enquêteurs dérangeants, et de bonnes relations dans le milieu des gangsters. Il avait en réserve tout ce dont les tueurs du Brabant wallon avaient besoin. Il y a-t-il jamais eu meilleur candidat pour les tueurs du Brabant wallon ?

Sur recommandation de la deuxième commission d'enquête sur les tueurs du Brabant wallon, un enquêteur judiciaire a passé au peigne fin le dossier Bouhouche et Beijer. Mais jusqu'à présent, aucun élément concret n'a établi de lien entre ces deux-là et les tueurs du Brabant wallon. Par exemple, c'est de la baliverne que – comme je l'ai entendu affirmer par un politicien récemment – dans le canal de Ronquières on a retrouvé des armes qui auraient pu être volées chez Juan Mendez, l'ingénieur de la FN assassiné, ami de Bouhouche. Mais la piste Bouhouche reste très très intéressante, et on enquête encore très activement à ce sujet.

Bob Beijer, l'ancien ami de Bouhouche, trépigne d'enthousiasme à l'idée d'aider la justice. Il veut dégraisser le dossier, en sortir tout ce qui n'a rien à voir avec les tueurs. Etes-vous intéressé ?

Nous ne sommes pas concernés par l'histoire autour de Beijer. Cet homme veut en tirer parti, et c'est son droit, mais je me demande ce qu'il peut encore nous apporter. Bien entendu, nous sommes intéressés par tout ce qui peut aider notre enquête. Imaginez que Beijer veuille dire où se trouvent les restes du transporteur de fonds assassiné Francis Zwarts. Nous aimerions bien sûr savoir avec quelle arme il a été assassiné. Ce qui est très dommage à ce propos : les armes que les citoyens ont dû rentrer suite à la nouvelle loi sur les armes sont détruites sans aucune vérification. Je cherche peut-être un peu loin ? Sait-on jamais ?


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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Dim 26 Juil 2009 - 20:41

Ces dernières années vous avez fait effectuer beaucoup d'analyses scientifiques dans ce dossier. Qu'est-ce que cela vous a apporté ?

Très peu. Nous avons quelques fragments d'empreintes digitales et un profil ADN d'un membre de la bande, trouvé sur un mégot de cigarette dans la Mercedes du chauffeur de taxi Constantin Angelou. Sur base d'un chapeau utilisé par l'un des auteurs, on a aussi pu identifier un groupe sanguin. C'est à peu près tout. Des dizaines d'objets ont encore été trouvés : des armes, des chèques volés, un manteau dans le canal de Ronquières… Nous avons tout fait analyser par le professeur JeanJacques Cassiman, l'expert en ADN, mais il n'y a que les mégots qui aient donné quelque chose. Il y également les notes d'un cours de tir, retrouvé entre les chèques volés du Delhaize d'Overijse. Des analyses graphologiques ont montré que les notes provenaient de Claudine Falkenburg, une amie de l'ex-directeur de prison Jean Bultot.

Cela peut quand-même constituer une piste ?

Ou justement pas. Peut-être les auteurs voulaient-ils juste nous envoyer vers Bultot. Dans ce dossier, tout est possible. Tout ce qui ne semble pas vrai peut justement bien l'être. Et inversement.

Toutes ces techniques scientifiques constituent-elles le dernier espoir ?

Nous avons entendu des témoins sous hypnose, mais certaines personnes ont trouvé qu'il fallait ne pas en tenir compte, sans plus. Ils ne savaient même pas comment s'écrit "hypnose". Il faut être ouvert aux nouvelles méthodes, on voit bien alors si cela donne quelque chose ou non.

Généralement, les résultats sont maigres, disiez-vous. Malgré cela, les autorités veulent quand-même encore investir dans l'enquête. Un profilage comme celui de Mme Zucker coûte beaucoup d'argent.

Le prix ne m'intéresse pas. Le dossier des tueurs est utilisé comme l'ultime preuve que la justice belge est pourrie. Le jour où on arrêtera l'enquête, tout le monde criera qu'il s'agit d'une opération d'étouffement, et que les auteurs sont connus depuis longtemps. Nous n'avons donc pas le droit de tirer un trait sous ce dossier, d'autant plus qu'il s'agit de grande criminalité. Quand quelqu'un perd son enfant et qu'on ne retrouve pas son meurtrier, le dossier ne peut pas disparaître sans plus. L'un des bons côtés de l'enquête sur les tueurs est que la prescription est passée de vingt à trente ans pour les crimes graves.

Mais encore une fois, malgré tous les efforts des autorités, vous n'avez toujours pas grand-chose en main.

Des preuves intangibles n'ont pas été trouvées, non. Pas encore. Mais ce qui nous donne de l'espoir depuis des années, c'est que quelque part doivent encore traîner des dizaines d'objets qui ont un rapport avec les tueurs du Brabant wallon : des armes, des gilets pare-balles, des objets qui sont souvent difficiles à faire disparaître. Il est possible que quelqu'un sache où ils se trouvent et que ce quelqu'un parlera un jour.

Vous attendez-vous à ce que le hasard mène encore cette affaire à bon terme ?

Un objet, quelque part dans le grenier d'un grand-père, peut constituer une avancée. Ou un changement de loi. Une loi sur les repentis serait indubitablement salutaire pour notre enquête. Si c'est possible aux Pays-Bas, pourquoi pas chez nous ? Ce ne serait pas mal non plus si la rétention d'information était punissable. Mais le politique ne nous écoutera pas. Vous savez, c'est particulièrement frustrant d'être encore occupé, 25 ans plus tard, par une enquête dont on se demande si elle pourra jamais être élucidée.

Je ne sais pas. J'espère. C'est mon job de creuser chaque jour à nouveau dans cette enquête. Parfois je dois me pincer "Mon vieux, tout cela s'est passé il y a 25 ans !" C'est parfois très embêtant, mais il le faut. Sinon on ne peut plus travailler.

Vous n'avez pas l'air fort enthousiaste. Est-ce la bonne attitude pour le dossier ?

Cela vaut mieux qu'un enthousiasme excessif. Je suis passionné, mais je ne jubile pas. Ce serait difficile.

L'une des raisons de la faillite de l'enquête ne serait-ce pas le fait qu'un peu tout le monde s'en est mêlé ? Au fil des années des personnages douteux ont répandu les pires idioties pour saboter l'enquête.

Non, je n'ai pas de problème avec la presse. Grâce à elle, la cellule Brabant wallon existe toujours. Et celui qui parle, on peut au moins l'attraper sur des mensonges. Le plus grand problème dans toute cette affaire, c'est que tout le monde se tait, justement. On ne peut rien faire avec un suspect qui se tait.

Quelle est la difficulté de mener une enquête dans laquelle on se heurte sans cesse à ses collègues et ex-collègues ? Nous ne parlons pas ici de suspects tels Bouhouche et Beijer, Christian Amaury et Martial Lekeu, mais aussi d'enquêteurs tels Serge Klingels, Jacques Carré et Jan De Wachter. Ils semblent tous posséder une pièce d'un puzzle.

J'ai décrit très précisément le rôle de certaines personnes, mais je ne peux pas donner d'explication pour le contenu du dossier. Vous avez raison, ce n'est pas facile quand des collègues entrent dans votre champ d'investigation. Cela devient vraiment grave lorsque vous visez également le service où ces personnes travaillent. Avec des preuves tangibles, tout le monde vous reçoit à bras ouverts. Ca devient nettement plus difficile quand on ne dispose que d'hypothèses.

Nous avons l'impression que, surtout au début, il y a eu beaucoup de manipulations dans ce dossier. Qu'on a donné des fausses pistes, répandu des mensonges, abîmé des preuves.

Bof… Non. Je ne crois pas que cela arrive en Belgique. Du reste, tout suspect manipule.

Tous les suspects n'ont pas les possibilités de Madani Bouhouche. Les deux premières années il a participé à l'enquête. Il avait ainsi accès au dossier. Il était comme chez lui par exemple chez l'expert balistique Claude Dery, qui conservait ses preuves dans des pots à confiture.

Oui, mais après 1996 nous avons fait examiner à nouveau toutes les pièces saisies. L'enquête balistique a été totalement reprise à zéro par Wiesbaden, et les photos des lieux où les balles avaient été trouvées ont été réexaminées. Par exemple, dans les environs de la clinique Derscheid à Bruxelles, on a trouvé les cartes de banque des victimes de l'attaque de l'armurerie Dekaize à Wavre, en septembre 1982, ainsi qu'un morceau de T-shirt maculé de taches de sang. Après analyse, il est apparu qu'il s'agissait de sang de gibier. Ce T-shirt n'a donc sans doute rien à voir avec les tueries. Si on avait détruit des pièces à conviction, cela serait sûrement apparu lors de cette nouvelle enquête. Ca n'a pas été le cas.

Vous n'avez pas d'éléments matériels probants ni de preuves irréfutables, mais en onze années d'enquête vous devez quand-même avoir formulé vos propres hypothèse.

J'ai une connaissance générale du dossier, et une connaissance plus approfondie des parties que j'ai traitées moi-même. Si je rassemble le tout, je peux en effet établir une hypothèse très sérieuse. Mais je ne pourrai en parler publiquement qu'après la prescription. Vous pouvez insister jusqu'à demain matin, je ne dirai rien. Mon travail m'a appris une chose. Il existe de nombreuses certitudes à propos des tueurs, des choses dont tout le monde pense et dit : "Voilà comment ça s'est passé". Mais quand vous regardez ces "vérités" de plus près, vous vous apercevez rapidement qu'elles ne sont pas si vraies que cela. C'est ce qui arrive quand des personnes qui n'y connaissent rien à l'enquête s'en mêlent. Mais qui peut encore connaître un dossier de 2,5 millions de pages ?

Est-ce agréable de travailler sur le dossier tueurs du Brabant wallon ?

Plus depuis longtemps. Avant, nous étions 80 dans la cellule, actuellement nous sommes encore dix tout au plus. Je pourrais abandonner, plusieurs collègues l'ont fait et je les comprends d'ailleurs. Mais je ne veux pas laisser tomber, ce serait un manque de loyauté. J'ai envisagé de travailler à temps partiel, mais cela s'est avéré impossible. Et peut-être à raison, ce qu'on fait à moitié n'est probablement pas bien fait. L'enquête sur les tueurs peut en quelque sorte être considérée comme Molokaï, l'ile des lépreux du père Damien : on en parle beaucoup, mais personne ne veut y vivre. Je veux simplement dire que c'est un travail difficile et frustrant.

Dans toute autre enquête judiciaire, un policier peut dire : "Cette information est douteuse, cette piste ne mène nulle part." Dans le dossier des tueurs, on ne peut pas le faire. Il faut travailler sur chaque piste, même en sachant qu'elle ne mène nulle part. Quand on abandonne une piste, cela peut être interprété comme une opération d'étouffement. Et quand on y travaille, tout le monde crie : "Ah, ce doit être la solution, sinon ils n'y perdraient pas leur temps." C'est l'une des raisons des 2,5 millions de pages de ce dossier. Elles ne présentent pas toutes le même intérêt.

Vous êtes là comme des ermites entre des tas de vieux papiers.

C'est pire que ça. Nous avons beaucoup de contacts avec la presse et les magistrats. Je considère même certains magistrats comme des amis. On a quelque liberté. Et on circule un peu partout. Mais c'est un boulot délicat quand-même. Encore une fois, ce n'est pas la même chose de disposer de preuves formelles ou de n'avoir que vos hypothèses.

Se moque-t-on de vous, puisqu'on sait que vous n'avez pas de preuves ?

Quand même pas, mais ce n'est jamais confortable pour personne lorsque nous débarquons. Personne n'aime voir son nom cité en relation avec les tueurs du Brabant wallon.

Quel regard le monde extérieur porte-t-il sur vous ? Est-ce "Seigneur, les pauvres nigauds ! Cette affaire n'est toujours pas résolue" ?

Vous le dites encore gentiment. Les gens polis disent que nous sommes idiots. Des personnes moins polies disent que nous étirons l'affaire jusqu'à notre pension. Et peut-être marquent-ils un point, puisque nous sommes occupés depuis vingt cinq ans et que nous ne sommes toujours nulle part. Mais entretemps, nous avons dressé le portrait de tout le milieu criminel belge et du Nord de la France.

Si on ne retrouve jamais les auteurs, considérerez-vous cela comme une humiliation ?

Non.

Pourquoi pas ? Vous y avez quand-même investi une partie de votre vie ?

Une trop grande partie. C'est dur à dire, mais il y a des choses plus intéressantes et agréables dans la vie que de chasser des fantômes. Il en est qui pensent que je continue parce que je touche un double salaire. Si seulement c'était vrai. Mon seul avantage financier est que mes trajets vers et depuis Charleroi me sont remboursés, déduction faite des kilomètres que j'aurais dû parcourir pour me rendre à mon bureau officiel à Bruxelles. Mais pour ce trajet-là, je disposais déjà d'un abonnement gratuit. Vous savez, ma carrière est enterrée en même temps que les affaires. Il n'y a plus aucune gloire à en tirer.

C'est idiot de dire ça. Si vous aboutissez, vous gagnerez l'éternité.

J'en doute. Même si nous résolvons l'affaire, la réaction sera encore "Nous ne comprenons pas que vous n'ayez pas vu cela immédiatement" et "Nous l'avons toujours dit, mais vous n'avez pas voulu écouter." Voyez l'affaire Dutroux. Au moment où on a délivré les deux jeunes filles, les policiers ont été encensés, mais quelques heures plus tard, chacun disait à nouveau "Comment ne les avez-vous pas trouvées plus tôt ?" Cela nous arrivera aussi.

Auparavant, vous étiez considérés comme bénis des dieux, des policiers qui avaient le cul dans le beurre. Bien des collègues étaient jaloux.

Il y en avait qui considéraient la cellule Brabant Wallon comme le Club Med, oui. Mais nous avons souvent demandé des volontaires, qui ne sont jamais venus. Nous n'avons plus besoin de volontaires. Nous sommes les derniers des Mohicans. J'espère simplement que le soutien du politique ne faiblira pas, sinon cela signifierait la fin de tout.

Et qu'arrivera-t-il en 2015 à cet énorme dossier si on ne trouve pas les auteurs d'ici-là ?

Je n'en sais rien. Le jeter aux orties ? Le mettre intégralement sur Internet ?

Ou à la poubelle ?

Je le crois, je le crois… Peut-être que cela entrera dans le patrimoine national.

Vous n'envisagez pas la constitution d'une Commission de la Vérité ? Si les auteurs ne sont pas démasqués d'ici 2015, vous pourriez y faire jouer votre "hypothèse solide".

Je n'ai pas dit que mon hypothèse est la bonne, hein.

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MessageSujet: VOS   Lun 27 Juil 2009 - 10:58

Vos a dit:

Citation :
Quelle est la difficulté de mener une enquête dans laquelle on se heurte sans cesse à ses collègues et ex-collègues ? Nous ne parlons pas ici de suspects tels Bouhouche et Beijer, Christian Amaury et Martial Lekeu, mais aussi d'enquêteurs tels Serge Klingels, Jacques Carré et Jan De Wachter. Ils semblent tous posséder une pièce d'un puzzle.

Quelqu'un peut éclairé qui étaient ces trois enqueteurs? qui possèdent une piece du puzzle,
Merci
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K



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MessageSujet: Vos   Lun 27 Juil 2009 - 11:32

Vos a dit:


Citation :
Oui, mais après 1996 nous avons fait examiner à nouveau toutes les pièces saisies. L'enquête balistique a été totalement reprise à zéro par Wiesbaden, et les photos des lieux où les balles avaient été trouvées ont été réexaminées. Par exemple, dans les environs de la clinique Derscheid à Bruxelles, on a trouvé les cartes de banque des victimes de l'attaque de l'armurerie Dekaize à Wavre, en septembre 1982, ainsi qu'un morceau de T-shirt maculé de taches de sang. Après analyse, il est apparu qu'il s'agissait de sang de gibier. Ce T-shirt n'a donc sans doute rien à voir avec les tueries. Si on avait détruit des pièces à conviction, cela serait sûrement apparu lors de cette nouvelle enquête. Ca n'a pas été le cas.

Il me semble que Vos aussi melange les pedales:

1.: A coté du Tumuli c'etait la clinique Cesar de Paepe pas Derscheid
2.: clinique Derscheid c'est près de Waterloo maintenant et d'entant ?
3.: Le bouquin de Dupont et ponssaers n'est pas bien dans ce domaine.

il me semble que les TBW ont vidé le Santana à l'arrière Sortie du chateau de Argentieul . C'est là qu'on à trouvé les papiers de dekaise et le tee-shirt entaché.

Vue au faite qu'il fait lui meme erreur dans la dénomination de l'endroit il vide de toute valeur son témoinage.Pourtant il donne des nouvelles infos:

1.: les papiers de chez dekaize: entre autres donc cartes bancaires
'est le premier fois que je lis cartes bancaires car cela veut dire qu'ils ont vidé les portefeuilles volées des clients de Dekaise là et donc c'est bien probable
que cette "carte de parking" peut non seulement sortir de la voiture mais il peut aussi été dans le portefeuille d'un des clients de dekaise.Je me demande si les deux clients ont été contacté à ce sujet.
2.: Le fait de vider le portefeuilles là ,me donne l'impression que les TBW sont en effet aller se cacher là coomme Kranz préconise, en attendant de l'aide (ou une autre voiture )pour transferer les armes ils ont preparé la mise à feu du Santana (qui est partie vide vers Tumuli plus tard dans la soirée)

Les numero était déjà scié du Santana avant de Kaise car ils aurait pas vider la voiture là s'il avait une cache à Hoeilaert.

Leur ligne de fuite est donc en très gros :Hoeilaert>Waterloo...(..>..SART MOULIN nord ???)

4.: Après analyse, il est apparu qu'il s'agissait de sang de gibier. Ce T-shirt n'a donc sans doute rien à voir avec les tueries.

Information important car:
a:cela relie les TBW aux chasseurs comme POSTAL disait déjà.
b: aucun info sur l'espece de gibier:Cochon, chevreuil, poules d'eau etc.
On ne chasse pas dans le foret de soignes je pense donc le chiffon était dans le santana ,mais ce santana n'a fait que 100 km?
Penzez aussi au fusil KRICO avec silencieux?:Est ce que on peut abattre des chevrieuls
avec un 0.22 ? -Braconniers?
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minus



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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 27 Juil 2009 - 11:54

K a écrit:
Vos a dit:

Citation :
Quelle est la difficulté de mener une enquête dans laquelle on se heurte sans cesse à ses collègues et ex-collègues ? Nous ne parlons pas ici de suspects tels Bouhouche et Beijer, Christian Amaury et Martial Lekeu, mais aussi d'enquêteurs tels Serge Klingels, Jacques Carré et Jan De Wachter. Ils semblent tous posséder une pièce d'un puzzle.

Quelqu'un peut éclairé qui étaient ces trois enqueteurs? qui possèdent une piece du puzzle,
Merci
Serge Klingels = adjudant et chef de la sous section pharmacie de la section stup de BSR Bxl, dans laquelle travaillaient Amory et Raes
Jacques Carré = adjudant ayant travaillé section Info de BSR Bxl et ensuite passé Cdt de Brigade d'Uccle.
Jan De Wachter = adjudant, ancien du BND "recyclé" au BCR de l'EM Gd.
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michel
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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 27 Juil 2009 - 12:11

Merci pour l'info, minus.

Ceci dit, je ne comprends pas non plus pourquoi ces noms sont cités dans l'article. La CBW se seraient heurtés à eux? Pourquoi? Ces trois hommes auraient-ils sabotés l'enquête? Sont-ils suspects?

_________________
"Ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve."
( Dr. Robert RENDU)
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minus



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MessageSujet: Re: Vos, Eddy   Lun 27 Juil 2009 - 14:10

michel a écrit:
Merci pour l'info, minus.

Ceci dit, je ne comprends pas non plus pourquoi ces noms sont cités dans l'article. La CBW se seraient heurtés à eux? Pourquoi? Ces trois hommes auraient-ils sabotés l'enquête? Sont-ils suspects?
Il faut connaître la façon d'interroger de Monsieur Eddy VOS. Cet homme ne sait absolument pas ce que veut dire les mots "diplomatie" et "nuance". Il suffit qu'il se mette à parler avec des gens de bonne volonté pour que ceux-ci changent d'avis à son contact.
Et le pire, c'est qu'il ne le fait même pas exprès!
Pour ceux qui les connaissent, il est évident que les trois noms cités n'ont rien à voir avec les tueries.
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