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 De Vlieghere, Jacques

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michel
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Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 16/11/2005

MessageSujet: De Vlieghere, Jacques   Dim 22 Juil 2007 - 12:53

Lieutenant-colonel de la Force aérienne. Il fut nommé en 1979 administrateur adjoint de la Sûreté de l'Etat devenant de facto le numéro 2 derrière Raes. De Vlieghere obtiendra ce poste grâce à l'appui de PS et d'André Cools. Ici aussi donc la parité linguistique et particratique fut respectée...

_________________
"Ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve."
( Dr. Robert RENDU)
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auliffe
Invité



MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Lun 23 Juil 2007 - 1:40

L'un des deux mensonges reprochés à Raes par VDB concernait

cette personne : lire la Ière commission,audition VDB.
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Anonymou
Invité



MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Lun 23 Juil 2007 - 1:43

Encore faudrait-il l'avoir la 1ère commission
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auliffe
Invité



MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Lun 23 Juil 2007 - 1:48

CharlyN a écrit:
Encore faudrait-il l'avoir la 1ère commission

http://www.lachambre.be/kvvcr/showpage.cfm?section=flwb&language=fr&rightmenu=right&cfm=/site/wwwcfm/flwb/flwbn.cfm?lang=F&legislat=47&dossierID=0059

cahier 10, audition VDB
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Anonymou
Invité



MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Lun 23 Juil 2007 - 1:51

Merci M'sieur
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HERVE



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Date d'inscription : 08/12/2009

MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Sam 17 Sep 2011 - 17:28


http://www.pereubu.be/wp-content/UBU_PDFs/UBU_938-web.pdf

n° 938- 20e année 2 juillet 2009

Exit Taras Bulba

Le 24 juin dernier paraissait l'avis nécrologique du décès de Jacques
De Vlieghere
dans Le Swar [conformément à ses convictions philosophiques].
Entre frères, on se comprend.

Ce nom ne vous dit peut-être pas grand chose : il s'agit en réalité de
l'ex n° 2 de la Sûreté de l'État, mieux connu sous son nom de code Taras
Bulba, merveilleusement incarné par Yul Bryner dans le film de Thomson.

Propulsé en 1979 par André Cools avec le soutien de VDB comme adjoint
de Raes [surnommé le Roi Albert] à la tête de nos services secrets,
ce lieutenant-colonel de la Force aérienne forma un tandem CVP-PS
qui se contrôlait mutuellement.

Intelligent, habile, rusé, il ne se partira jamais du fameux aveu fait
par son chef devant la commission d'enquête : "notre métier est de mentir".

Nous ne doutons pas un seul instant que pour sa crémation, l'ensemble
de ses compagnons se seront retrouvés, cachés chacun derrière
une colonne : "Le Roi Albert" [Albert Raes], "Le canard" [Christian
Smets], "Totor" [Victor Massart], "Le lapin" [Joseph Kausse], "Le chien"
[Estievenart], "Viandox"et "Musaraigne", à ne pas confondre avec son
homonyme du WNP [qui était le n°3 de la milice, grand organisateur des
"solstices" et de son vrai nom Xavier Sandron].

Ce qui est nettement moins connu du grand public, c'est que Taras
Bulba aimait naviguer : il possédait un bateau à Nieuwpoort amarré au
Yachting Club, juste à côté de celui de ... Jean-François Buslik, grand
ami de Bouhouche et Beyer, maître ès électronique et grand artificier
en chef, surnommé le roi de la "bombeke".

Ce zèbre de Buslik, Américain de naissance, a été inquiété comme
complice dans l'attentat contre la Peugeot 404 d'un officier de la BSR
en octobre 1981 et pour l'assassinat du convoyeur Francis Swartz, lequel
travaillait comme couverture à la Sabena comme personnel de sécurité,
alors qu'il était en réalité un agent de la Sûreté publique.

Sans l'entregent de Me Dumont, Buslik aurait moisi plus de 10 ans
dans nos geôles. Le fait que Buslik était agent de la DEA [une division
de la CIA] a bien sûr aussi aidé : les loups ne se mangent pas entre eux.

Quant au malheureux Swartz, on sait ce qu'il en est advenu : son corps
a été coulé dans du béton dans la région de Chaumont-Gistoux par
ces fous furieux.

Il n'empêche : avoir le n° 2 de la Sûreté qui a son bateau à côté d'un des
suspects dans le dossier Tueries, cela jette un fameux trouble !

Surtout que la bateau de Buslik était équipé de matériel électronique
dernier cri appartenant à la société SAMFA Ltd : le responsable du service
Afrique de la Sûreté, Charles Tellier [surnommé "Monsieur Charles"],
qui a eu l'occasion de fouiller le bateau pourra en témoigner...

Ajoutons encore que ce Yacht Club à l'époque avait comme voisin la
base nautique de réserve de l'armée belge où végétaient nos dragueurs
de mine, cela en fait un peu beaucoup en matière de curieuses
coïncidences... et que le Yachting Club de l'armée se trouvait aussi à
Nieuwpoort.

Il faut dire enfin que ce que détestaient le plus "les Morpions" [c'est
le nom donné par le Service de documentation, de renseignements et
d'action de l'armée, le SDRA, aux hommes de la Sûreté], c'est d'être
filochés par un autre service. Ainsi quand "les vieilles bottines" [le
SDRA] les tenaient à l'oeil, ils devenaient dingues.

Un petit jeu auquel s'adonnaient avec un plaisir non contenu les
agents du SDRA était de dire à un contrôleur de train qu'il y avait un
drôle de type sans ses papiers dans un compartiment voisin.
Le type en question n'était autre qu'Albert Raes, qui tout penaud, devait
décliner son identité, furibard de ne pas avoir été reconnu.

Imaginez un seul instant qu'une telle scène se passe avec le chef de
la CIA...


Crevette UBU
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HERVE



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MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Sam 17 Sep 2011 - 17:40


http://archives.lesoir.be/l-ancien-second_t-19890609-Z01Q6C.html

HAQUIN,RENE

Page 1;11

Vendredi 9 juin 1989

L'ancien second de la Sûreté parle en vrai patron

Seconde audition, jeudi, à la commission parlementaire d'enquête sur le banditisme et le terrorisme, de l'ancien administrateur-adjoint à la Sûreté de l'Etat Jacques De Vlieghere, aujourd'hui directeur général des établissements pénitentiaires: il plaide la cause de la Sûreté, indispensable au pays.

Mais il plaide aussi pour un pluralisme de la responsabilité de ce service de renseignements aujourd'hui entre les mains d'un seul homme. Jacques De Vlieghere, enfin, plaide pour un statut et un contrôle démocratiques de la Sûreté, dans le respect du secret naturel à ce service, un secret dont on ne doit cependant pas abuser.

Il avait été entendu déjà le 25 mai et avait bien précisé que l'infiltration secrète d'un agent de la Sûreté, le commissaire Smets, dans le groupe néo-nazi Westland New Post de Paul Latinus il y a neuf ans, fut une «opération réservée» décidée par l'administrateur général Albert Raes, une opération dont lui, De Vlieghere, n'eut connaissance qu'à la fin août 1983, après l'arrestation à Forest du lieutenant de Latinus, le jeune Marcel Barbier. L'ex-second d'Albert Raes connaissait-il ou pas l'opération WNP avant l'arrestation de Barbier fin août 1983?

RENÉ HAQUIN.



Commission d'enquête sur le banditisme et le terrorisme

L'ancien n°2 de la Sûreté parle comme s'il en était le vrai patron

Jacques De Vlieghere était-il ou pas dans le secret de l'«opération réservée»? Le député PSC Laurent lui rappelle qu'il avait, en novembre 1983, pris part à des repas organisés par le ministre Gol avec quelques journalistes, et qu'à l'époque il avait déclaré connaître l'«opération Smets au WNP» et la couvrir. «Je m'étais informé depuis août 1983, j'avais appris que la mission était couverte par mon supérieur, j'ai donc dit que j'étais au courant et que je couvrais. Mais à l'époque, nous découvrions le WNP. Le ministre Gol a récemment dit que j'avais paraphé le premier rapport de Smets sur le WNP en mars 1983 (voir notre interview de Jean Gol dans Le Soir des 3 et 4 juin). C'était une vielle habitude d'officier: je voyais un rapport, je le paraphais. Ça ne signifie pas que j'étais au courant de tout.»

Le secret...

Le député PS Jean Mottard lui demande un avis sur le comportement très spécial de l'administrateur-directeur général de la Sûreté Albert Raes, qui se dissimule en casquette et lunettes noires à Mons en 1988, qui demande le huis clos à la commission le 19 avril dernier avant d'accepter le 23 mai de parler publiquement, mais sans photographes, et qui depuis se répand en interviews toutes «exclusives» dans divers journaux et à la radio. Question délicate...

«Vous connaissez ma conception du secret. M. Raes et moi n'avons pas toujours été d'accord. Pour moi, le secret éveille l'attention, un comportement hyper-secret est de nature à créer et à entretenir les doutes. La Sûreté a besoin du secret. Moi, je n'ai jamais éprouvé le besoin d'être secret. Finalement personne ne s'est intéressé à moi. Je ne suis pas certain que les récentes interviews de M. Raes soient de nature à apaiser la campagne déclenchée contre la Sûreté...»

Latinus pendu

Même aisance devant le problème de la pendaison de Paul Latinus en avril 1984, un dossier que le ministre Wathelet vient de faire rouvrir:

«Latinus était la figure clé du WNP. Sur papier, il en avait fait quelque chose de monstrueux, d'inquiétant. Sa «disparition», je l'ai trouvée inopportune. Mais je ne vois pas en quoi la Sûreté, ou un de ses membres, aurait développé vis-à-vis de Latinus une agressivité particulière. Je suis très heureux de la réouverture de ce dossier, même si je crains qu'on ne puisse plus faire la lumière.»

Sur question du député Laurent, Jacques De Vlieghere parle des déchirements provoqués à l'intérieur de la Sûreté par l'affaire du WNP. D'un côté, l'équipe de surveillance qui travaillait selon des méthodes traditionnelles, avec MM. Massart et Kausse, qu'on entendra le 20 juin, de l'autre la pénétration en free lance de M. Smets, qu'on entendra le 13 juin:

«Les premiers découvrent le second dans le WNP. Le second dit qu'il y était sur ordre de M. Raes. Entre ces trois personnes est née une réelle animosité. Il a fallu les mettre chacun dans leur coin. M. Massart au GIA, dont il est virtuellement devenu le commandant en second; M. Kausse responsable des étrangers réfugiés chez nous. La Sûreté a plus besoin de discrétion que de secret. Qu'est-ce qu'elle peut gagner à étaler ses conflits internes?»

A plusieurs reprises, Jacques De Vlieghere perd son sourire:

«On a lancé toutes sortes d'accusations contre la Sûreté. On a fait du roman. Ce sont toujours les mêmes qui le disent. La Sûreté a répondu en 1988 aux accusations de l'ancien gendarme Beijer qu'elle n'avait pas loué de garages. Nous ne pouvons pas passer tout notre temps à nous défendre contre des rumeurs. Aucun, à la Sûreté, n'est inculpé, si ce n'est dans le cadre de la plainte privée de M. de Bonvoisin...»

Bultot, Pinon et les autres

Le président Bourgeois, qui perd son latin dès qu'on touche de trop près à la Sûreté, comme si ces questions mettaient le pays ou le CVP en péril, demande à Jacques De Vlieghere ce qu'il sait sur la filière d'évasion de certains extrémistes de droite vers le Paraguay. Réponse on ne peut plus claire: la Sûreté avait signalé les sympathies de Bultot (il y avait un dossier à la Sûreté sur l'ex-directeur adjoint de la prison de Saint-Gilles) pour l'extrême droite et les faveurs qu'il accordait aux détenus d'extrême droite. L'administration pénitentiaire en avait tenu compte. La Sûreté a signalé par la suite aux autorités l'intention de Bultot de partir au Paraguay.

Sur le départ de l'ex-gendarme Lekeu et ses protections aux Etats-Unis, Jacques De Vlieghere ne sait rien. A sa connaissance, la Sûreté n'a pas eu de contacts avec les services secrets étrangers ni sur Bultot ni sur Lekeu.

A propos de l'affaire des ballets roses qui porte le nom du Dr André Pinon, psychiatre, Jacques De Vlieghere ne sait pas davantage. Il faudra demander au commissaire Smets, dont le nom est cité dans cette affaire. Il s'expliquera, c'est sa vie privée. Pour De Vlieghere, les accusations contre la Sûreté à propos de ce dossier, c'est encore du roman, et ça n'a rien à voir avec le WNP.

Il est pour des écoutes téléphoniques bien contrôlées mais assure qu'il n'y en a pas à la Sûreté, même si des écoutes faites légalement à l'étranger sont utilisées. Vu le vide juridique, les micros, les écoutes radio ne sont pas interdites en Belgique. Donc...

Il est partisan d'une responsabilité collégiale de la Sûreté, d'une délimitation plus stricte de ses compétences et de celles de la gendarmerie en matière de collecte de renseignements, d'un statut pour la Sûreté et pour ses agents (un avant-projet de loi-cadre est en préparation), et d'un contrôle législatif distinct sur les activités de la Sûreté, dans le respect du secret de ses missions.

On a appris hier que trois magistrats émérites seront les experts de la commission pour examiner les dossiers transmis par la Justice: le conseiller émérite Casier, de Gand, le président honoraire du tribunal de Liège Marcel Trousse et l'avocat général honoraire de Bruxelles M. Dubois. Il reste une vingtaine de témoins à entendre. Le ministre de la Justice a demandé l'audition de quatre témoins supplémentaires, parmi lesquels l'avocat général émérite Jean-Pierre Jaspar. Prochain témoin, Christian Smets, de la Sûreté, mardi 13 juin.

R. Hq.
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HERVE



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MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Sam 17 Sep 2011 - 17:42

http://archives.lesoir.be/le-no2-de-la-surete-renvoie-les-balles-tous-azimuts-y-c_t-19890526-Z01NM5.html

LE Nø2 DE LA SURETE RENVOIE LES BALLES TOUS AZIMUTS Y COMPRIS A LA GENDARMERIE

HAQUIN,RENE

Page 9

Vendredi 26 mai 1989

Commission d'enquête sur le terrorisme et le banditisme

Le n°2 de la Sûreté renvoie les balles tous azimuts y compris à la gendarmerie


La commission d'enquête sur le banditisme et le terrorisme a entendu jeudi Jacques De Vlieghere,- administrateur adjoint à la Sûreté de l'Etat de novembre 1978 à février 1989 et depuis directeur général des établissements pénitentiaires: on n'a jamais fait de lien entre une extrême-droite structurée et les tueries du Brabant, la Sûreté a bien été victime d'une campagne orchestrée notamment par des anciens gendarmes, dont la crédibilité devait être relativée.

L'infiltration du WNP par le commissaire Smets fut une «opération réservée», conduite secrètement par Albert Raes. Une opération que Jacques De Vlieghere couvre, en fidèle second, même s'il l'aurait personnellement déconseillée. Il renvoie d'un revers redoutable toutes les balles: aux magistrats et aux enquêteurs qui disent que la piste politique a été négligée dans l'enquête sur les tueries, à ceux qui parlent «après avoir mis un océan entre eux et la Belgique», à l'ex-gendarme Bob Beijer «qui rentre escorté par des gendarmes pour lancer son attaque contre la Sûreté».

A MM. Beckers et Derijcke (SP) qui déplorent que la Sûreté soit le point de mire dans une partie de clair-obscur, Jacques De Vlieghere répond qu'en Belgique, pays où les libertés individuelles sont les plus florissantes, jamais la Sûreté n'y a fait obstacle. Elle a travaillé de façon équilibrée sur l'extrême-gauche et sur l'extrême-droite.

«Nous n'avons trouvé aucun lien entre une extrême-droite structurée et les tueries, même si les noms de certaines personnes, notamment des anciens de l'escadron spécial d'intervention de la gendarmerie, sont cités. Même si certains ont été mêlés individuellement à des assassinats. Je ne dis pas que les tueries sont du banditisme pur. Je l'ignore. Nous avons demandé aux enquêteurs: les réponses des procureurs ont été négatives. La Sûreté n'a reçu aucune mission pour «activer» une piste politique. Si aujourd'hui, après quelques années, des magistrats ont des problèmes de conscience, c'est leur affaire.»

La menace d'un coup d'état le fait rire, même s'il a lui-aussi entendu de temps à autre quelques illuminés en parler dans un mess d'officiers. Il ne croit pas davantage à une tentative de déstabilisation par des étrangers mais bien à une campagne orchestrée contre la Sûreté:

«Nous avons ces gens qui, avec un accord parfait, disent sans preuve avoir travaillé pour la Sûreté. Cette légende des garages loués, ça continue, et ça arrive à faire perquisitionner à la Sûreté, avec des dommages énormes pour le pays. Pendant qu'on doit se justifier, où est notre liberté d'action pour remplir notre mission principale, le contre-espionnage? La Sûreté ne se remettra pas avant quelques années...»

MM. Laurent (PSC) et Mottard (PS) lui parlent de l'infiltration du commissaire Smets au WNP:

«En général, il y a des rapports écrits, dit-il. Le cas du WNP fut une opération réservée, typique d'un service de renseignements, avec peut-être un abus de cloisonnement. M. Smets en a été chargé par décision personnelle de M. Raes. Il n'a pas rentré de rapport en temps voulu, ce fut peut-être une des fautes majeures. Personne ne savait. Pas même moi. Le commissaire en chef non plus, je pense. Ce fut à ma connaissance l'unique fois infiltration directe d'un agent. M. Raes, administrateur très autoritaire, seul capitaine à bord du sous-marin et libre d'informer ou pas, m'a dit que notre agent avait agi sur ordre. Nous l'avons couvert. L'opération a admirablement mais pas complètement foiré: elle a permis d'éclairer mieux, peut-être trop tard, ce qu'était le WNP. Il y a eu entre Smets et ceux du WNP un climat de copinage, du donnant-donnant. Certains ont pu croire qu'ils étaient couverts par la Sûreté. Mais ne me faites pas dire que Smets les aurait incités à commettre des crimes ou des délits. C'est un agent très efficace, pas un sympathisant de l'extrême-droite. Je ne fais aucun rapport avec les meurtres. Aujourd'hui, je pense avoir été manipulé par la fumisterie d'un groupuscule de vingt imbéciles suffisamment intelligents pour se vendre aux medias. Latinus a-t-il été puni par des membres de son organisation ou, honteux de son échec, a-t-il préféré suspendre sa carrière?»

Mardi, Albert Raes avait dit que c'était la hiérarchie compétente qui décida des modalités et des méthodes de l'infiltration.

Jacques De Vlieghere parle aussi des frictions de la Sûreté avec la CIA en Belgique (un certain impérialisme américain) à la fin des années 70 et de la concurrence de la gendarmerie, parfois peu coopérante. Il épingle les ex-gendarmes qui ont «mal viré leur cuti», sont devenus truands ou détectives aux actions plus à la limite de la légalité que celles de la Sûreté. Il parle de Beijer, «escorté de l'aéroport à son domicile pour y tenir une conférence de presse accusant sans preuve la Sûreté d'avoir loué des garages, alors que la gendarmerie avait pour instruction de l'arrêter et pas de le laisser aller librement le lendemain chez le juge».

On réentendra mercredi l'ex-colonel Vernaillen et le procureur général émérite M. Van Honste. Jeudi, le juge Schlicker de Nivelles.

RENÉ HAQUIN.

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HERVE



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MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Sam 17 Sep 2011 - 17:46

http://archives.lesoir.be/vdb-balaye-les-rumeurs-et-accuse-de-mensonges-le-chef-d_t-19900222-Z02E0N.html

HAQUIN,RENE

Page 1

Jeudi 22 février 1990

VDB balaye les rumeurs et accuse de mensonges le chef de la Sûreté

«J'ai à dire que par deux fois, quand j'étais Premier ministre au début 1979, le chef de la Sûreté de l'Etat M. Raes m'a menti. Une fois sur le départ de mercenaires pour Kigali, au moment où le Gouvernement venait de décider d'envoyer des paras à Kitona. L'autre fois à propos du colonel De Vlieghere, qui était le candidat au poste d'administrateur adjoint à la Sûreté. Cela me paraissait justifier mon audition devant votre commission d'enquête.

» J'ai aussi voulu mettre la commission en garde contre tout ce qu'on raconte: si on dit sur d'autres ce qu'on ne cesse de dire sur moi - complot contre l'Etat, trafic de drogue, ballets roses... - ça me paraît très grave. VDB a beaucoup de défauts, je les connais. Je n'ai pas de fantasmes sexuels. Je ne pédale pas dans la confiture. Je suis un homme normal. Il m'a été dur de constater que certains pouvaient en douter.

» Avec toutes ces affaires, on irait jusqu'à dire que je serais indirectement mêlé aux tueries? Je suis malheureux comme vous qu'on ne parvienne pas à tirer ces affaires au clair.

Ce que je crois, c'est que de toutes façons il est un peu trop tard pour voir clair. Moi, des tueries, je ne sais rien, rien, rien...»

C'était hier, matin et après-midi, l'audition très attendue de l'ancien Premier ministre Paul Vanden Boeynants à la commission parlementaire d'enquête sur le banditisme et le terrorisme.

En principe c'était la dernière audition publique, mais les députés se revoient ce midi en séance de travail pour décider s'ils jouent une nouvelle fois les prolongations et s'ils rappellent à leur barre d'autres témoins comme Albert Raes, le chef de la Sûreté, Jean Deprêtre, le procureur de Nivelles, Raymond Charles, l'ancien président du comité supérieur de contrôle, ou Victor Van Honsté, l'ancien procureur général de Bruxelles.

RENÉ HAQUIN.
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RB



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MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Sam 17 Sep 2011 - 18:25

HERVE a écrit:
http://archives.lesoir.be/le-no2-de-la-surete-renvoie-les-balles-tous-azimuts-y-c_t-19890526-Z01NM5.html

LE Nø2 DE LA SURETE RENVOIE LES BALLES TOUS AZIMUTS Y COMPRIS A LA GENDARMERIE

HAQUIN,RENE

Page 9

Vendredi 26 mai 1989

Commission d'enquête sur le terrorisme et le banditisme

Le n°2 de la Sûreté renvoie les balles tous azimuts y compris à la gendarmerie

.................
«Nous avons ces gens qui, avec un accord parfait, disent sans preuve avoir travaillé pour la Sûreté. Cette légende des garages loués, ça continue, et ça arrive à faire perquisitionner à la Sûreté, avec des dommages énormes pour le pays. Pendant qu'on doit se justifier, où est notre liberté d'action pour remplir notre mission principale, le contre-espionnage? La Sûreté ne se remettra pas avant quelques années...»
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MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Sam 17 Sep 2011 - 19:16


Citation :
Cette légende des garages loués, ça continue, et ça arrive à faire perquisitionner à la Sûreté, avec des dommages énormes pour le pays

il aurait mieux fait de comparer les dates où B . rompt le bail de certains garages et les arrestations ou tranferts faites par des notaires ds d'autres affaires.

Si en plus l'ouverture d'un nouvelle boite au lettres suit le même mouvement geographique
il y a des coincidences à se faire gratter ces derniers cheveux.


mais de Vlieghere n'était il pas chauve ?


on sait après études de ce qui est ici et là present que notres experts en boxes et studios d'etudiants étaient aussi assez paraisseux .

Cette sur -confiance ds les virements de boxes et des virement privés a pu être partièlement déchiffrés et a mené à la decouverte de certaines boxes.

Dans l'annulation de certaines boxes ils ont probablement fait aussi des erreurs ds le temps et ds le mouvement .

suite au séparation des dossiers grace à Hennart , je doute que le CBW a faite une ligne de temps incluant toutes les dossiers.
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HERVE



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MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Sam 17 Sep 2011 - 20:22


Pour K : n'hésitez pas à leur poser la question et à détailler les arguments ...

Par ailleurs, c'est sans doute le même Jacques De Vlieghere qui a rédigé ce qui suit :

http://mbm.hautetfort.com/media/00/02/2565492776.pdf
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HERVE



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MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Sam 17 Sep 2011 - 22:45


Pour se remettre dans l'ambiance ...

http://archives.lesoir.be/l-ancien-bourgmestre-de-liege-et-dix-hommes-d-affaires-_t-19920508-Z05AC2.html

L'ANCIEN BOURGMESTRE DE LIEGE ET DIX HOMMES D'AFFAIRES EN CORRECTIONNELLE LE CARNET DE NOTES DU COLONEL

HUBIN,MICHEL

Page 21

Vendredi 8 mai 1992

Le colonel Dubois notait tout: son aide-mémoire a permis d'éclaircir des zones d'ombre des «affaires liégeoises».

Le fameux aide-mémoire du colonel d'aviation en retraite Jean Dubois a eu la vedette de la quatrième audience d'instruction du procès des horodateurs.

Ce carnet contenait des notes strictement personnelles, explique-t-il. Témoin (il le dit lui-même) involontaire et inopportun d'une conversation téléphonique entre Georges Goldine, l'administrateur-délégué de la Compagnie générale européenne, et Jules Verbinnen, le chef de cabinet du bourgmestre de Liège, il a noté dans son carnet des détails qui vont déclencher l'affaire. Il se souvient:

Les propos étaient vifs de part et d'autre, il était question d'un bloquage qui concernait la sous-traitance du marché des horodateurs. J'ai compris qu'il y avait eu une promesse de subside. Je ne sais pas si Georges Goldine a déclaré qu'il retirerait ce subside, mais la situation était aberrante (sic).

- Était-ce un subside conditionné? interroge un juge.

- Pour moi ce n'était pas donnant-donnant, répond-il.

- Vous avez pourtant déclaré qu'en cas d'échec de l'affaire il n'y aurait pas versement du subside, constate le juge.

- Je ne peux dire ici que c'était vraiment du chantage.

- Y a-t-il eu menace?

- Non. Des reproches.

Me Bottin, défenseur d'Édouard Close, insiste: Le témoin a corrigé ses propos: ils avaient dépassé sa pensée; il n'était plus question de corruption dans le chef de Georges Goldine.

IL FALLAIT FINANCER LE PS

À propos des deux millions de crédit d'imprimerie offerts à la fédération du PS, Jean Dubois confirme s'être rendu en compagnie du secrétaire Maurice Demolin chez l'imprimeur Scaillet où on lui a confirmé l'existence de la ligne de crédit.

Sur l'inclusion de ce crédit dans un pacte, Georges Goldine confirme qu'il eût été suicidaire (pour la CGE) de ne pas financer du tout la campagne socialiste et nie ab-so-lu-ment un pacte de corruption du PS. Le défenseur d'Édouard Close rappelle alors que le témoignage du président de la Fédération, l'actuel gouverneur Bolland, est important. Le président Fontaine coupe: Une autre question?

Ce sera une péripétie. Le colonel en retraite était, apprend-on, désireux de s'informer sur M. de Bonvoisin suite à des accusations du patron d'alors de la CGE; il suggéra à André Cools d'interroger l'administrateur adjoint de la Sûreté Jacques De Vlieghere. Ce qui reconduit le baron de Bonvoisin à son système de défense-accusation: sa persécution par la Sûreté...

Deuxième volet de l'audience: l'interrogatoire de trois des quatre administrateurs de la SWGS, prévenus d'avoir introduit des fausses factures dans la comptabilité de la société gestionnaire des horodateurs.

M. Tymen, alors P-DG de Setex, explique que sa société se remboursait ainsi (par des factures de 5,5 millions, puis de 1,35 million) de deux études préalables à l'attribution du marché et de frais exposés par le siège central de Setex à Paris. Georges Uhoda, lui, affirme qu'il signait tout ce que son frère Stéphane lui proposait. Et Stéphane Uhoda expose que c'est «l'activation des factures», et non les factures, qui a été refusée.

LES «SI» DU BARON

Les réviseurs ont fait des remarques sur ces factures proportionnelles, disant qu'à l'avenir ils n'en accepteraient plus, observe le président Fontaine au prévenu qui exprime surtout son sentiment de révolte, et juge imprudent le témoin Dubois car ses carnets valent aux prévenus le renvoi en correctionnelle sur des bases aussi ténues! Je voudrais, conclut-il, qu'on se demande aussi: Et s'il n'y avait pas eu de corruption?

Laissons le mot final au baron Benoît de Bonvoisin: Si l'instruction de l'affaire de la Sûreté de l'État avait été effectivement menée, la coalition de fonctionnaires (MM. Raes et Smets) condamnée, si on n'avait pas utilisé un subterfuge pour ne pas avoir à démonter cette affaire, on ne serait pas là.

Mais on y est. Sur base d'un renvoi par la chambre du conseil, précise le président Fontaine.

MICHEL HUBIN
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MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Sam 17 Sep 2011 - 22:49


http://archives.lesoir.be/louis-tobback-veut-la-peau-de-la-surete-de-l-etat_t-19900505-Z02N1T.html

LOUIS TOBBACK VEUT LA PEAU DE LA SURETE DE L'ETAT

HAQUIN,RENE

Page 1

Samedi 5 mai 1990

L'enquête parlementaire déclenche déjà l'orage. Tobback veut supprimer la Sûreté. Conseil spécial des ministres le 18 mai.

Le ministre de l'Intérieur nous a donné hier par téléphone ses réactions à la lecture du rapport de la commission parlementaire sur le banditisme et le terrorisme:

C'est un rapport dévastateur pour la Sûreté. Pour ce qui me concerne, je n'ai pas besoin d'elle. Depuis 726 jours que je suis à l'Intérieur, elle ne m'a jamais donné une seule information utile. Le ministre de la Justice Wathelet peut dire que la Sûreté est un service utile. Si elle donne des renseignements utiles, je me demande à qui? Pas au judiciaire. Elle n'a pas compétence. Si elle est utile, c'est qu'elle travaille pour le compte de quelqu'un d'autre. Et ne croyez pas que je règle des comptes. Nous avons eu des histoires, Van Miert (ancien président du SP) et moi, à l'époque de notre opposition à l'implantation des missiles. J'ai encore eu récemment un pépin avec la Sûreté. Je ne sais même pas s'ils savent que je suis au courant. Mais ce n'est pas ça qui me pousse. Je considère, à la lecture du rapport, que tout doit être mis sur la table.

Dans le rapport du collège des trois magistrats experts auprès de la commission, la Sûreté est globalement mise en cause pour n'avoir pas fourni en temps utile des informations qu'elle avait et qui auraient évité l'échec de certaines enquêtes. A la «Gazet van Antwerpen», Louis Tobback avait aussi déclaré: La Sûreté est une clique (een zootje) qui coûte des dizaines de millions par an.

Le ministre relève que les agents de la Sûreté n'ont pas la qualité d'officiers de police judiciaire. Dans le même ordre d'idées, les avocats du baron Benoît de Bonvoisin dénonçaient hier (article page 30) les nombreuses interventions de la Sûreté dans des dossiers judiciaires, camouflées dans des PV anonymes.

Une des deux branches de la Sûreté, l'office des étrangers, peut aussi disparaître et laisser ses missions aux polices. Ce serait plus sain et moins secret, ajoute en substance le ministre de l'Intérieur, qui n'a aucune envie de prendre la Sûreté sous sa tutelle. Mais si le ministre de la Justice décide de la transférer à l'Intérieur, alors je la supprime, dit Louis Tobback.

Aucune réaction à la Justice, chez Melchior Wathelet, dont le chef de cabinet étudie avec d'autres conseillers le rapport-«brique» de la commission. On se borne à rappeler que des décisions récentes de M. Wathelet ont en quelque sorte précédé les conclusions de la commission: mise en application des circulaires ministérielles élaborées avec le collège des procureurs généraux sur les pratiques policières (l'utilisation des fonds spéciaux et des informateurs rémunérés), délégation par le collège des procureurs et par le ministre d'André Vandoren comme «magistrat national» pour le grand banditisme.

Pour la Sûreté, rien, sinon que le siège d'administrateur-adjoint est toujours vacant depuis la nomination de Jacques De Vlieghere à la direction des établissements pénitentiaires, et que la procédure d'appel aux candidatures, élargie aux autres départements que celui de la Justice, n'a toujours pas été publiée. Faut-il en conclure qu'elle est provisoirement bloquée en attendant d'autres décisions? On ne connaît rien des idées de Melchior Wathelet sur l'avenir de la Sûreté ni sur celui de son chef Albert Raes, sinon que l'an dernier il aurait été proposé à ce dernier de quitter la Sûreté pour un siège au comité des problèmes de défense, proche du Premier ministre. Mais Albert Raes aurait refusé.

Le ministre Wathelet rencontre lundi les cinq procureurs généraux, pour discuter du rapport et des mesures à envisager. Ils parleront évidemment du procureur Deprêtre de Nivelles ainsi que de l'avocat général émérite Jaspar, de Bruxelles, très critiqués dans le rapport parlementaire.

Wilfried Martens a lui aussi parlé de l'importance du rapport de la commission, hier à l'issue du conseil des ministres. Le gouvernement a l'intention de préparer le débat attendu à la Chambre dans la deuxième moitié de mai. Un conseil des ministres spécial y sera consacré le vendredi 18 mai. Les ministres sont dès maintenant invités à tirer les conclusions évidentes. Wilfried Martens a refusé d'en dire plus. Mais le Premier, qui s'attend à la question de Louis Tobback pour le 18 mai, a dit avoir aussi un avis, mais qu'il ne le formule pas maintenant, comme Melchior Wathelet. Sans doute une solution à mi-chemin...

RENÉ HAQUIN
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MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Sam 17 Sep 2011 - 22:53

1
http://archives.lesoir.be/le-patron-de-la-surete-parle-aucune-pression-jamais-2-_t-19890620-Z01R3E.html

LE"PATRON"DE LA SURETE PARLE:AUCUNE PRESSION, JAMAIS...(2)

HAQUIN,RENE

Page 6

Mardi 20 juin 1989
2
Suite et fin du long entretien avec l'administrateur directeur général de la Sûreté publique, Albert Raes, dont on a lu hier la première partie. Il dit avoir été trop discret depuis six ans sur les questions qui touchent à la Sûreté et aux lourds dossiers judiciaires auxquels s'intéresse la commission parlementaire d'enquête. Il réfute les accusations lancées par l'ancien gendarme Robert Beijer contre lui-même et d'autres membres de la Sûreté cités en marge du dossier Mendez. Enfin, quand on lui rappelle que VDB a bien dit avoir été trompé par lui il y a dix ans, Albert Raes répond que ceux qui disent cela racontent des «blagues».

Le reste de l'entretien a trait aux reproches faits à la Sûreté dans le cadre de la plainte du baron de Bonvoisin et de l'affaire du WNP...

Venons-en donc à la «pénétration» du commissaire Smets en 1981 dans le «Westland New Post» de Paul Latinus. Cette opération était couverte par la hiérarchie, selon Albert Raes. Pour l'administrateur adjoint Jacques De Vlieghere cependant, c'était une «opération réservée» connue d'Albert Raes et décidée par lui seul. De Vlieghere a-t-il raconté des blagues?

Il ne raconte pas de blague. Un agent a été couvert par la hiérarchie. Ça c'est le plus important. La question de savoir si à telle date le commissaire en chef avait déjà informé l'administrateur adjoint, c'est secondaire. La conception que j'ai du commandement m'oblige à couvrir sans distinction les gens qui essayent d'approcher un objectif, même s'il y a maladresse.

«J'ai dit à huis clos»

Quels ont été les résultats de cette opération très spéciale? Les autorités judiciaires ou militaires n'ont pas été informées en temps utiles par la Sûreté. En 1981 à la commission Wijninckx sur les milices privées, quand fut publiée une note sur de Bonvoisin, attribuée à la Sûreté de l'Etat, Albert Raes, interrogé à huis clos, avait-il parlé à la commission de l'existence du groupe de Paul Latinus, qu'il connaissait, puisqu'un de ses agents était «en pénétration».

Cette note était une synthèse de quatre notes classifiées de la Sûreté et transmise aux autorités compétentes. A la base de ces quatre notes se trouvaient des rapports d'au moins neuf sections du service, dont celle d'Anvers, à propos du transfert d'Ekkerhard Weill, le neo-nazi allemand qui a par la suite été condamné à Vienne pour un attentat à l'explosif contre les installations de Simon Wiesenthal. Sur ce sujet, je préfère laisser l'enquête judiciaire suivre son cours. Sur le WNP, nous avons transmis à la Justice un document de neuf pages et d'autres lettres. Nous avions signalé qu'un dirigeant du WNP (Libert) allait créer un mouvement scout. Les résultats de la pénétration ont été consignés un peu tard, je le concède. Dès que nous avions des éléments vérifiés, recoupés, exploitables, nous les avons répercutés aussitôt que possible à plusieurs autorités.

Quand j'ai été entendu à huis clos à la commission Wijninckx en 1981, en réponse à un commissaire qui demandait quels étaient les groupes les plus dangereux, j'ai répondu que le groupe dont plusieurs accusés étaient devant les tribunaux devait être considéré comme le plus dangereux. Et malheureusement j'ai eu raison.

Bon voisinage...

De Bonvoisin a porté plainte contre vous et contre M. Smets il y a six ans. Vous vous êtes récemment rencontrés. Etait-ce pour lui demander de retirer sa plainte?

C'est exact: M. de Bonvoisin a souhaité me rencontrer. Après consultation, j'ai cru ne pas pouvoir refuser, n'étant pas un intransigeant, au contraire. Je suis toujours disposé à trouver des solutions de «bon voisinage». Je n'ai rien demandé de mon côté, puisque je n'ai rien à demander, mais il a été question d'un éventuel désistement de sa part, en effet.

En 1982, quand le commissaire Massart vous informe que sa section vient de découvrir au WNP des documents prouvant que le groupe dispose d'informations qui touchent la Sûreté, qui viennent de la Sûreté, que la présence de Christian Smets a été découverte dans le groupe, qu'il y avait des fuites à la Sûreté, des agents de la Sureté ont dit aux assises que vous n'aviez donné aucune suite à cela.

Quand n'importe qui à la Sûreté me parle de fuites, j'y fais toujours attention. Ce que j'ai concrètement fait, je suis certain d'en avoir parlé à l'un ou l'autre. Mais c'est une accusation grave de dire que l'un ou l'autre est à la base de fuites.

Le ministre a répondu

Vous rappelez régulièrement qu'aucun agent de la Sûreté n'a été condamné pour des délits commis à l'occasion du service ou en service. Mais on constate aussi qu'un agent de la Sûreté a assisté aux premiers interrogatoires, que l'autorité judiciaire a laissé prescrire le dossier «milice privée» du WNP, que Mme Lyna a exprimé des critiques à votre égard, que certains de vos agents ont dit avoir été mis sous pression par vous après certains interrogatoires chez le juge, que certains vous reprochent de faire parfois de la «rétention» d'information...

Le ministre de la Justice M. Wathelet vient d'expliquer par lettre à la commission que la présence d'un collaborateur aux interrogatoires était parfaitement expliquée et justifiée. Il a répondu sur la manière dont la Sûreté a collaboré aux enquêtes. Je n'ai jamais fait pression d'aucune manière sur des collaborateurs.

La haute distinction marocaine qui vous a récemment été octroyée n'est généralement octroyée que pour services rendus. Lesquels avez-vous rendus au Maroc.

En 1952 déjà, la Sûreté avait assuré la sécurité lors d'une visite du Roi du Maroc. Certains gouvernements sont dispensés de la demande d'agrément à nos Affaires étrangères avant d'octroyer une distinction à un Belge. Je ne peux me mettre à la place des autorités marocaines pour expliciter les mérites attribués au récipiendaire de cette distinction. Je n'ai pas encore reçu le diplôme d'accompagnement. J'attends...

Vous êtes depuis longtemps à la Sûreté. Avec le temps, ce métier ne rend-il pas malades ses hommes?

Le métier esquinte son homme. Même s'il parvient à observer un équilibre parfait, l'obligation de jouer l'acrobate sans filet peut amener une tension psychologique qui peut avoir des effets négatifs. Mais je constate que dans les services étrangers de renseignement, où il y a une continuité au niveau des responsables, ça présente également des avantages considérables. Je note que depuis 1830 la Sûreté belge n'a eu que quatorze administrateurs. Les deux derniers l'ont été l'un pendant 25 ans, l'autre 19 ans. Personne ne les a accusés d'instabilité ni de déformation professionnelle...

Pour le reste, Albert Raes avait déjà répondu. Par exemple à une question pointue de Me Moerman, l'an dernier au procès des Borains à Mons, qui fit perdre son flegme au chef de la Sûreté: «Votre question vise à savoir si je couvre les activités de mes agents au-delà de la légalité? J'ai déjà entendu ces insinuations! Je suis depuis trente ans un serviteur de la Justice et n'entends pas me faire traiter n'importe comment!»

L'an dernier, sa réponse avait claqué comme un coup de fouet, comme une fin de non-recevoir. Aujourd'hui, au «visage de pierre» du prophète Isaïe qu'il citait en début d'entretien, Albert Raes ajoute même un sourire...

RENÉ HAQUIN.
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MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Sam 17 Sep 2011 - 23:12


http://archives.lesoir.be/coup-d-etat-drogue-sexe-mentez-mentez-encore-dit-vdb_t-19900222-Z02DZ8.html

COUP D'ETAT? DROGUE? SEXE? MENTEZ,MENTEZ ENCORE,DIT VDB

HAQUIN,RENE

Page 8

Jeudi 22 février 1990

(...)

Le matin, de 11 heures à 12 h 45, VDB s'est essentiellement défendu d'avoir trempé dans une quelconque tentative de coup d'Etat à l'époque où il était ministre de la Défense, en 1973. Cette histoire est aussi ridicule que grotesque! C'en est presque indécent... répond-il au président.

Plusieurs fois Hugo Coveliers, député VU, l'a interrompu. VDB s'est alors emporté.

Vous voulez me mettre sur la sellette, avez-vous dit à la télévision. Je répondrai à tout mais ne m'interrompez pas. Ik ben... j'ai été parlementaire pendant trente-huit ans, je suis un démocrate, je ne cherche pas l'incident, mais qu'on me laisse parler!

C'est lui, dit-il, qui a demandé à la gendarmerie d'établir un rapport sur les rumeurs de coup d'Etat qui traînaient dans la presse. Conclusion: rien de consistant, rien de sérieux.

Et ses liens présumés avec l'extrême droite, le Cercle des Nations, les NEM-clubs; avec une série de personnes dont on lui cite des noms: Emile Lecerf, ancien rédacteur en chef du Nouvel Europe magazine, le major Bougerol, le baron Benoît de Bonvoisin, d'autres encore?

Lecerf, je l'ai rencontré une ou deux fois. Le major Bougerol était un brillant conférencier militaire que j'avais chargé de la préparation d'une réplique à une campagne qui se développait dans les lycées et les collèges: on apprenait aux jeunes à devenir objecteurs de conscience. Les autres? Ce sont des gens dont je découvre les noms... répond VDB. Une heure plus tard il se ravise sur le nom de Benoît de Bonvoisin. Bien sûr que je le connais! Pourquoi? Il est dangereux?

VDB admet avoir engagé dans son cabinet, à la Défense, l'adjudant-chef Louis, ancien patron de la BSR de Bruxelles et retraité. Il l'avait chargé des interventions du cabinet, pour des dossiers de pensions et d'autres services de ce genre. On lui parle du groupe G qui rassemblait les gendarmes d'extrême droite. Jamais entendu parler de ça! répond VDB qui s'en sort à chaque fois, avec des réponses parfois brouillonnes, parfois contradictoires. Mais il souffre de surdité, tout le monde le sait.

PIO, PDG, Cepic

Interrompue à 12 h 45, la séance reprend à 14 h 15 dans la salle européenne, noire de monde, où un essaim de photographes et de cameramen bourdonne devant VDB et Coveliers.

Cette fois, VDB est vraiment d'attaque. Le PIO (Public information office), il l'a créé pour contrer la campagne qui se développait face à ses propositions relatives au sursis et au service militaire. Les «conférenciers militaires», dont Bougerol, ont été logés rue de la Science, où ils préparaient le travail et faisaient des revues de presse. Il n'y avait là ni fichier politique ni dossiers de sûreté. Il a supprimé le PIO quand la campagne a pris fin.

La société PDG (Promotion et distribution générales) à laquelle le nom de Benoît de Bonvoisin a été associé, n'avait rien à voir ni avec lui personnellement, ni avec la Défense nationale, affirme l'ex-Premier ministre. La société s'est installée au 39, rue Belliard (dans le même immeuble que le Cepic) et a continué, à titre privé, cette revue de presse, bénéficiant du travail du PIO. Bougerol n'a pas eu de fonctions à PDG quand il était militaire. Après la dissolution du PIO, le major est rentré à l'armée, jusqu'à son départ à la pension.

Quant au Cepic, issu du mouvement des indépendants chrétiens né dans les années 1950, et dont VDB fut, pendant deux ans, le président, il était, à l'en croire, anticommuniste, pourfendait la fiscalité dévorante, voulait revaloriser la fonction publique, cherchait un contrepoids à la puissance des syndicats. Certains se battaient pour la messe en latin ou défendaient l'homéopathie. Si c'est ça l'extrême droite, alors j'en suis, comme la moitié des Belges! tonne VDB.

Le président Bourgeois insiste: le Cepic n'a-t-il pas financé le Front de la Jeunesse?

VDB explose. C'est honteux! Scandaleux! Il paraphrase Mitterrand. Mentez, mentez encore, aussi longtemps que le mensonge a l'apparence de la vérité. Le procédé est bien connu, c'est de la manipulation, de la désinformation. Vous verrez qu'après cette séance, les rumeurs reviendront. Mais maintenant j'en demanderai réparation. A commencer par le gendarme François Raes, qui m'a sali. Pour le colonel Herman Vernaillen qui s'est rétracté et s'est excusé auprès de moi, c'est bon ainsi...

Latinus, François

En 1980, VDB a «recommandé» à son ex-collègue Cécile Goor de prendre dans son cabinet Paul Latinus (un «informateur» de la Sûreté qu'on allait voir en 1983 à la tête du groupe néo-nazi Westland New Post et qui était retrouvé «suicidé» en avril 1984).

Exact. J'étais président du PSC. Je l'ai recommandé comme je l'ai fait pour des milliers d'autres. Mais je ne savais évidemment pas que c'était un infiltré de la Sûreté. Je ne le connaissais pas. J'ignorais qu'il avait appartenu au Cepic. Ma réaction après sa mort? Je me suis dit Tiens, curieux, attendons... A la demande de qui l'avais-je «recommandé»? Je ne sais plus...

Et l'affaire François (la drogue à la gendarmerie)? L'ancien président du PSC dit ne pas en avoir entendu parler jusqu'à ce qu'il en soit question dans les journaux, au début de 1980:

Je ne connais pas le commandant François. En 1980, j'ai reçu un de mes anciens professeurs, un père jésuite du collège Saint-Michel, qui me demandait d'intervenir pour qu'on arrête de malmener ainsi cet homme. J'ai répondu que c'était une affaire judiciaire, que je ne pouvais intervenir. Quant au commandant de la gendarmerie, le général Beaurir, il ne m'en a jamais parlé. Et ce n'est pas moi qui suis intervenu pour faire libérer le trafiquant Albert Gillet. Je n'étais plus ministre en 1982.

Drogue et pédophilie

Reste l'affaire des poulets congelés farcis à la cocaïne, que VDB aurait importés du Luxembourg via la firme Congel pour les boucheries Ghijsels, dont il était devenu propriétaire avec l'un de ses amis. Il fait un sort à ces révélations:

La firme Congel n'existe pas en Belgique, j'ai vérifié. La firme Ghijsels n'avait pas de camions-frigos à l'époque. M. Coveliers me dit que la drogue passait aussi dans l'estomac des vaches. Le malheur, c'est que nous n'achetons jamais de bétail vivant. Seulement du congelé, qui vient d'Argentine. On lie le nom de mon gendre à ce trafic, parce qu'un homme du même nom a été l'objet d'une enquête.

Alors VDB s'envole:

La semaine dernière j'apprends à la télévision, par les «relations» de M. Coveliers, que je suis pédophile. Je commence à me demander: qui est derrière cela? Pourquoi? Qui paye-t-on? On fabrique des preuves. Il est tout de même curieux que moi, l'homme du coup d'Etat, de la drogue, des armes, celui qui avait le pouvoir de museler la gendarmerie et de bloquer les enquêtes, je sois le seul homme politique belge à avoir été traité de la sorte dans le cadre d'une enquête fiscale! Interrogatoires, perquisitions, soupçons pesant sur mes amis. Moi, qui avais un tel pouvoir, je n'aurais pas pu arrêter cette enquête-là? Tout cela est farfelu, scandaleux.

VDB se garde d'accuser sans preuve. Mais il a son idée...

Mercenaires et nomination

Il en arrive à la Sûreté de l'Etat, aux deux mensonges d'Albert Raes, administrateur général, quand VDB était Premier ministre. L'un concernait la candidature de Jacques De Vlieghere comme administrateur adjoint. Albert Raes fit savoir que la Sûreté- avait un dossier sur ce candidat étiqueté socialiste. Quand VDB voulut en prendre connaissance, il se rendit à l'évidence: il n'y avait aucun dossier:

J'avais fait allusion à ce mensonge dans une interview au Soir parue le 16 mai 1989. Dans Le Soir du 19 juin suivant, Albert Raes répondait au journaliste qui l'interviewait que ceux qui parlaient de ces mensonges disaient des blagues. André Cools et bien d'autres sont au courant. Je trouve que ce ne sont pas des blagues.

Puis VDB parle du départ de mercenaires pour le Rwanda, dans le but de fomenter un coup d'Etat au Zaïre, en février 1979. Le chef de la Sûreté n'avait pas estimé opportun d'en avertir le gouvernement, alors que VDB venait d'envoyer des renforts de paras à Kitona, près de Kinshasa, où l'on parlait d'un complot contre Mobutu.

M. Haquin, le journaliste du Soir qui m'avait interpellé à ce sujet, ne me croyait pas. Je me suis fâché. En sa présence, j'ai téléphoné à M. Raes pour m'entendre dire en substance que cela ne me concernait pas.

VDB se fait grave. Il y eut le rapport de la Sûreté sur le Cepic, partiellement faux, en 1981. Puis en 1982, quand il fut candidat au maïorat à Bruxelles, le démarrage de l'enquête fiscale. Un peu après, le cambriolage «banal» de son bureau. Puis en 1987, aux élections communales, la série d'accusations sur les ventes d'armes, dont la commission de la Chambre a fait justice, dit-il. Puis maintenant, les accusations de coup d'Etat, de drogue, de tueries et pour finir, de pédophilie...

N'y aurait-il pas une autre vieille affaire entre VDB et la Sûreté?, s'interroge Coveliers. Un voyage «pour affaires» de VDB à Budapest, en 1975, alors qu'il était ministre de la Défense?

Le «crocodile» ne perd pas pied. Il est effectivement allé en Hongrie, pour ses viandes. Il n'est pas interdit à un industriel qui devient ministre de s'occuper de ses affaires, me semble-t-il... Il se souvient d'avoir rendu une visite de courtoisie à son homologue hongrois. Il trouve tout cela normal. Ce n'est pas l'avis de tous les députés qui lui reprochent, à demi-mot, de n'avoir pas «tué» administrativement Albert Raes en 1979 et d'avoir, en 1975, accompli ce voyage...

Il est 17 h 25. C'est fini...

R. Hq.
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MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Sam 17 Sep 2011 - 23:18


http://archives.lesoir.be/intermediaire-en-affaires-benoit-de-bonvoisin-j-ai-amen_t-19910513-Z03YKQ.html

INTERMEDIAIRE EN...AFFAIRES ! BENOIT DE BONVOISIN : "J'AI AMENE LES FRANCAIS A LIEGE!" UN BARON IDEALISTE SUR LE DIVAN

VANESSE,MARC; DEPAS,GUY

Page 19

Lundi 13 mai 1991

Qu'est venu faire, à Liège, Benoît de Bonvoisin? Témoin certainement. Acteur peut-être... Dérangeant, sûrement!

Cheville ouvrière de l'implantation dans la Cité ardente de la Compagnie générale des Eaux, éminence grise sinon véritable patron de sa filiale, la Compagnie générale européenne, vedette des fameux carnets du colonel Dubois...

Avril 1981: témoignant devant la commission parlementaire chargée d'enquêter sur le phénomène des milices privées, Albert Raes, patron de la sûreté de l'État, évoquait les liens qui existeraient entre l'extrême droite et le Cepic. Pour Benoît de Bonvoisin, trésorier de ce centre d'études sous lequel se cachait l'aile ultra-conservatrice du PSC, commençait un pèlerinage dans l'univers scandaleux des collusions politico-financières. Les retombées judiciaires ont été et restent multiples. Mais, Don Quichotte ou Borgia? Benoît de Bonvoisin a transformé en croisade le chemin de pénitence sur lequel tout semblait devoir le conduire... Croisade contre la profanation de la démocratie par la sûreté de l'État précisément incarnée par Albert Raes, le premier mais non le seul des ennemis irréductibles qu'il se découvrira ou s'inventera. Car on ne sait toujours pas, au bout de dix années, départager les moulins parmi ses adversaires, dans l'interminable cortège des personnalités qu'il accuse de vouloir le détruire et détruire le système... Ses démêlés avec le monde politique, avec le monde de la presse, avec le monde économique lui ont valu des procès en cascade, une inculpation de fraude fiscale, quelques jours de prison préventive et une solide réputation à la fois de magouilleur et d'intrigant. Pour un grand nombre de citoyens, de surcroît, il récolte, dans un sac de noeuds qu'il a objectivement contribué à nouer lui-même, le titre peu envié de «baron noir» ou prince de l'extrême droite.

Qu'est-il venu faire à Liège? C'est par le biais d'une enquête au sein de la CGE que Benoît de Bonvoisin surgit, cette fois, devant les feux de l'actualité dans la Cité ardente. L'affaire des horodateurs commence via la perquisition judiciaire à l'hôtel de Sélys, siège de la CGE. Jean Dubois, l'un des administrateurs est sur place. Sa malette est saisie. À l'intérieur, un carnet révèle aux enquêteurs le contenu d'un entretien téléphonique entre Georges Goldine, ancien échevin de la ville et administrateur de la CGE, et Jules Verbinnen, chef de cabinet du bourgmestre démissionnaire Edouard Close. Il est question d'une somme à verser par la société dans la caisse électorale de ce dernier. Subside électoral? Pot-de-vin? À la justice de se prononcer. Il semblerait néanmoins que l'octroi du marché public des horodateurs à la SWGS ait été obtenu par la bande et que la procédure ait été viciée par un arrangement préalable. Ici aussi, la justice devra se prononcer.

Dans l'interview qui suit, le baron de Bonvoisin parle d'un autre document saisi dans le porte-document du colonel Dubois et le qualifie d'«explosif». Renseignement pris, il s'agirait, en fait, d'une lettre signée par sept personnalités liégeoises (André Cools, Alain Van der Biest, Jean Dubois, Jean-Claude Phlypo, Maurice Demolin, Jacques Malpas et Jean-Marie Peterken) et adressée à leurs instances maçonniques auxquelles ils demandent la possibilité de s'exprimer en loge sur l'affaire des horodateurs comme avait pu le faire, avant eux, un journaliste de la RTBF. Ce document aurait déjà quitté le dossier de la BSR parce qu'il s'était très vite révélé ne contenir aucune information sur les affaires en cours. Une correspondance classique au sein d'un mouvement philosophique. Pas de quoi fouetter un chat, nous précise-t-on à bonne source. Preuve que le terme «explosif» ne revêt pas la même signification pour tout le monde...

Il n'empêche que le point de vue de Benoît de Bonvoisin méritait aussi d'être entendu. Jusqu'à présent, il était un des rares acteurs à ne pas s'être exprimé sur le dossier liégeois. Quant à savoir qui de lui ou du colonel Dubois dit la vérité, nous nous réfugierons derrière cette paraphrase d'Anatole France: Cette sorte de vérité imparfaite et provisoire qu'on appelle la vérité des hommes.

Avertissement avant lecture: comme il en a l'habitude, Benoît de Bonvoisin tient, dans l'interview que nous avons recueillie, des propos volontiers provocateurs... Savoir quel crédit accorder à ce qu'il y dit est une autre paire de manches... Force est de reconnaître que, s'il a beaucoup accusé sous prétexte de révéler, jusqu'ici peu des faits qu'il a dénoncés ont été étayés de preuves. À chacun sa vérité...

MARC VANESSE et GUY DEPAS

Benoît de Bonvoisin: «J'ai amené les Français à Liège!»

Détendu, Benoît de Bonvoisin attaque:

- Je suis étonné de voir le nombre de gens qui mentent. Comme Jean Gol ment, devant les commissions parlementaires, en disant que la Sûreté a été déstabilisée par des attaques violentes dont les miennes (propos couverts par Melchior Wathelet), le colonel Dubois ne dit pas la vérité lorsqu'il affirme que nous ne nous sommes jamais rencontrés.

- Quand et où l'avez-vous vu?

- Lorsqu'il est devenu administrateur de la CGE. Il est venu chez moi, à Bruxelles. Je lui ai dit: «Mon colonel, vous êtes un homme d'honneur. Moi aussi! Je suis victime d'une campagne de diffamation. Posez-moi toutes les questions que vous voulez, j'y répondrai.» Et nous avons discuté de mes soit-disant liens avec l'extrême droite.

- Pourquoi Dubois mentirait-il?

- Il n'a aucune envie de dire qu'il me connaît depuis quelques années: il ne tient à aucun prix à ce qu'on fasse un parallèle avec l'un de ses amis, le colonel Jacques De Vlieghere, ancien administrateur adjoint de la Sûreté et actuel directeur général de l'administration pénitentiaire, qui demandait à son adjoint Christian Smets de faire des rapports sur moi. Ces deux colonels étaient de bons compères chargés de me surveiller.

- Parle-t-on de vous dans les carnets du colonel Dubois?

- Ils n'étaient absolument pas destinés à raconter à papa Cools ce que le colonel Dubois avait vu et fait! Cools n'est en rien un Fouquier-Tinville! Ils étaient destinés à informer les gens qui me voulaient du mal. C'est pour cela que le colonel a intérêt à dire qu'il ne me connaît pas. Cela accréditerait la thèse qu'il était chargé de me surveiller pour la Sûreté.

- On parle de documents sur la franc-maçonnerie saisis dans la malette du colonel...

- La franc-maçonnerie est un sujet tabou, mais je vais vous répondre. Quitte à me faire de nouveaux ennemis. J'ai appris par un ami de la BSR de Bruxelles qu'il y avait effectivement des documents explosifs concernant des réunions maçonniques à Liège...

- Explosifs?

- Il ne m'en a pas dit plus. Si ce n'est que des pressions énormes ont été exercées pour que ces documents disparaissent de l'instruction. Le jour où je pourrai avoir accès à ce dossier, je m'en servirai. Le colonel dit qu'il a été maltraité par la BSR. N'en rajoutons pas: on avait du jus de pomme, des gaufres et des chaussons aux pommes... Je n'ai aucun reproche à faire sur la façon dont j'ai été traité. Végétarien, j'étais assimilé aux musulmans. J'étais emprisonné avec Messamoud, Mohammet et Benaouit. Le comble pour un homme assimilé à l'extrême droite...

- En prison, vous suiviez l'affaire des horodateurs?

- Ce que je supportais le plus mal, c'était la télé. Me faire attaquer sans pouvoir me défendre? Insupportable. Sinon, je n'ai pas trop mal vécu mes six semaines d'incarcération. C'est une manière de se mesurer par rapport aux choses les plus fondamentales. Si vous ne connaissez pas les profondeurs de l'abîme, comment voulez-vous vous mesurer?

- Et les affaires liégeoises?

- Pas de commentaire. Il y a instruction et je ne veux pas qu'on me reproche ce que j'ai reproché à certains.

- Votre rôle au sein de la CGE?

- J'ai joué un certain rôle dans son implantation à Liège. Après la Générale qui a dépecé la Wallonie, je suis fier d'avoir décidé une grande compagnie européenne à s'y installer. Je mériterais plutôt de bonnes tartes liégeoises que des tomates pourries. Faire de l'Hôtel de Sélys, un centre des relations franco-liégeoises qui n'a jamais existé, cela vaut un coup de chapeau! La CGE avait effectué des études d'implantation en Belgique. La seule ville à éviter, c'était Liège!

- Mais vous l'avez défendue...

- Le sang a parlé! Originaire de Verviers, ma famille a eu beaucoup de liens avec la Cité ardente: Générale, université, Val-St-Lambert, verreries Nizet...

- Vos arguments?

- Je suis convaincant! Mon secret? J'ai plein d'amis beaucoup mieux que moi.

- Pourquoi est-ce vous qui avez mené cette négociation?

- J'ai été élevé dans l'idée que mon père m'a transmise. Il voyageait beaucoup pour développer la Générale à l'étranger. Pourquoi pas en Belgique? «La Belgique, disait-il, est le seul pays d'Europe où un seul groupe financier a autant à dire par tête d'habitant. Cela dépasse le niveau d'acceptabilité!» Son conseil: «Si tu fais un jour quelque chose sur le plan international, essaie de contrebalancer cette puissance inadmissible.» Chercher un investisseur qui ne soit pas la Générale était, pour moi, une nécessité politique, morale et civique.

- Pourquoi la CGE?

- La direction est sympathique. Ce ne sont pas des capitalistes profiteurs, mais des opérateurs industriels dont la réputation repose sur la collaboration avec les services publics.

- Avez-vous été rémunéré?

- C'est à l'instruction.

- Quel y était votre statut?

- C'est aussi à l'instruction.

- Pourquoi Dubois y est-il entré?

- Je n'en sais rien. C'est le conseil d'administration qui l'a décidé.

- Travaillez-vous encore à la CGE?

- Non, j'ai pris mes distances. J'ai ma défense à assumer.

- Edouard Close?

- Il présidait la vente de l'Hôtel de Sélys. Il a dû se demander ce que j'y faisais.

- André Cools?

- Je regrette qu'il ne dise pas toujours des choses aimables à mon propos parce que je l'apprécie. VDB disait: «Une parole de Cools, cela vaut plus que la plupart des gens du PSC!»

- Jean Gol?

- Quand vous le regardez dans les yeux, vous ne pouvez pas avoir confiance en lui. Il ne passera pas bien à la postérité. Dans les années 80, le Cepic était très puissant à Liège. Ses amis sont venus me dire qu'ils aimaient le Cepic et pas Jean Gol. C'est grâce à eux que nous avons financé la campagne électorale du Dr Henrard. Je suis très élégant en ne répétant pas les adjectifs et les commentaires des anciens amis de Gol. Il ne nous a jamais non plus pardonné le fait que de nombreux libéraux pro-chrétiens bruxellois nous aient adressé leurs cartes de membre déchirées en demandant à nous rejoindre.

- Qui aimez-vous en politique?

- C'est délicat... Je ne veux pas mettre des gens dans l'embarras. Ils vont avoir peur si je les cite. Peut-être, un jour, en seront-ils fiers.

- Etes-vous un homme du PSC?

- Quand j'étais trésorier du Cepic, je disais que je n'exercerais jamais un mandat politique. Il est malsain de ramener des sous et de briguer un mandat. Aujourd'hui, je suis resté un homme des principes de base du PSC du temps où il rassemblait la majorité. Si je devais me présenter aux élections, je ne ferais pas un mauvais score. Le seul endroit où je pourrais le faire, ce serait à Dison. Mais Yvan Ylieff est un bon bourgmestre. Je ne veux pas l'ennuyer. Par contre, cela me tenterait de faire de la politique dans le fief de Wathelet, à Petit-Rechain.

- En ferez-vous un livre quand tout sera terminé?

- Il s'écrit... aux USA. On en fera un film. Je passionne les éditeurs américains: un baron, un château, des procès...

- Qui jouerait votre rôle?

- Moi! On me l'a demandé. Qui d'autre pourrait le faire?

Propos recueillis par MARC VANESSE


Un baron idéaliste sur le divan...

Il défraye la chronique depuis dix ans. Par ses démêlés judiciaires, ses attaques publiques contre la Sûreté, par son rôle d'intermédiaire en affaires. Quand on lui demande le métier qu'il professe, il se définit comme un idéaliste pratique qui ne travaille pas mais s'amuse. Le titre qu'il place en tête de ses préférences? Avoir été vice-président du centre d'études du Cepic. S'il était sur le divan d'Henri Chapier, il dirait: La vie m'emmerde: la laideur, la rancoeur, le suicide des jeunes, la vieillesse abandonnée... Dans le salon bleu de sa demeure bruxelloise, il expose au regard des visiteurs quelques objets savamment choisis.

Sur le piano, la photographie dédicacée de VDB à côté de celle de Le Luron. Derrière, celle de Maurice Druon cotoie celle du Prince Albert. Au mur, un portrait de Talleyrand. Sur une table, quelques ouvrages: St-Benoît, Père de l'Occident, Objectif sida, Les Wallons pionniers de l'industrie allemande, Châteaux de plaisance... Et un ouvrage de Jack Ralite, ministre communiste français de la Santé publique. Les médecines naturelles, un thème qu'il affectionne. Végétarien, amateur d'eau plate, il affiche, à 52 ans, le physique filiforme d'un jeune premier. Voulant réagir aux propos du colonel Dubois («Le Soir» du 5 mars 1991), il a souhaité nous rencontrer. Il était le dernier témoin (acteur?) des affaires liégeoises à ne pas avoir encore eu la parole. Il vient de parler...

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HERVE



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Date d'inscription : 08/12/2009

MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Sam 17 Sep 2011 - 23:21


Un autre article :

http://mbm.hautetfort.com/archive/2010/06/08/islam-et-le-reste-du-monde.html

Inévitable conflit Europe-Islam

Jacques De Vlieghere

19 septembre 1992
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MessageSujet: Re: De Vlieghere, Jacques   Aujourd'hui à 13:27

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De Vlieghere, Jacques
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