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 Spandre, Mario

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michel
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MessageSujet: Spandre, Mario   Ven 21 Sep 2007 - 10:19

Avocat et économiste né à Elisabethville en 1927.
Il fut durant des années l'avocat du baron de Bonvoisin et consacra un livre aux déboires de ce dernier (l'Etat coupable). Décédé en 2006.

_________________
"Ne rien nier à priori, ne rien affirmer sans preuve."
( Dr. Robert RENDU)
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HERVE



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MessageSujet: Re: Spandre, Mario   Mer 10 Aoû 2011 - 20:54

Mario Spandre a été témoin pour la commission d'enquête parlementaire sur l'assassinat de Lumumba.

Quelqu'un sait-il comment on peut trouver le rapport de cette commission sur internet ?

Il y a une présentation assez détaillée des témoins ...

Je serais aussi intéressé par la partie relative au "réseau crocodile" (extension de Gladio ?).

Par ailleurs, son nom est cité dans le dossier de l'Angolagate ...
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HERVE



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MessageSujet: Re: Spandre, Mario   Mer 10 Aoû 2011 - 21:40


A voir sur

http://www.lachambre.be/kvvcr/pdf_sections/comm/lmb/312_6_volume1.pdf
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HERVE



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MessageSujet: Re: Spandre, Mario   Mer 10 Aoû 2011 - 22:10



http://www.lachambre.be/kvvcr/pdf_sections/comm/lmb/312_6_volume1.pdf

page 513 et suivantes

b. Le Réseau Crocodile et André Moyen


Quand on évoque l’affaire Lumumba, on a coutume d’y associer les activités d’agents secrets antilumumbistes, constitués en réseaux et travaillant en étroite relation avec le pouvoir politique, le pouvoir économique et le pouvoir occulte de l’État. C’est ainsi que le réseau
Crocodile inscrit ses mystères dans l’historiographie consacrée au sujet qui nous occupe. Il ferait partie de ces instruments qui ont contribué peu ou prou à la guerre de harcèlement contre Lumumba, et moins l’on trouve de sources sur ce réseau, et plus c’est la preuve de son efficacité discrète.

Mais l’on peut penser autrement, et, en s’étonnant de la faiblesse documentaire sur ce réseau en 1960, se demander si sa réalité n’était pas à l’image de cette absence de sources.

Oui, le réseau Crocodile a existé, mais avant les événements qui nous occupent, et il doit
son effacement aux conflits avec la Sûreté qu’il a fini par susciter.

Pour trouver sa trace, il faut consulter l’imposant dossier individuel d’André Moyen (6) aux Archives de la Sûreté de l’État (SE 59.428) qui contient des documents intéressants, dont un Court historique du réseau Crocodile, non signé, non daté mais postérieur au 1er janvier
1950 et vraisemblablement pas beaucoup plus vieux, que nous livrons en totalité en annexe (X — Annexes).

À la lecture de ce document, on constate que ce réseau a été constitué le 1er janvier 1948 avec comme objectif la lutte antisoviétique et antisubversive. Le Réseau Crocodile fut la section congolaise d’un réseau plus étendu, le Réseau Milpol qui avait les mêmes objectifs
en Belgique.

On peut voir dans cet historique comment le réseau s’est implanté au Congo, et comment les relations se sont dégradées assez rapidement entre les animateurs du réseau, dont Moyen, le Gouvernement Général (Congo) et la Sûreté de l’État (7).

Ceci dit, le Réseau Crocodile s’efforce de survivre aux attaques dont il est l’objet, et Moyen essaya vainement de se rendre indispensable auprès de l’Union Minière, lors d’une douteuse opération de « séduction », une tentative de provoquer un besoin sécuritaire au sein de l’entreprise privée.

Un document émanant des hautes sphères de la Sûreté de l’État nous résume l’affaire; il s’agit d’une lettre personnelle adressée à l’Administrateur adjoint de la Sûreté de l’État par l’Administrateur en chef de la Sûreté congolaise, datée du 15 février 1956, réf. n° 05/
20427 (ASE, Moyen, 3117) :



En décembre 1951, BAMPS Victor, dessinateur à l’UMHK fut convaincu d’avoir volé et transmis à MOYEN, sur les instigations de ce dernier, la copie de deux plans des installations de SHINKOLOBWE.

Dès leur réception, MOYEN avait remis à un Administrateur de la Société une photographie des plans en signalant qu’un membre de son réseau, travaillant comme laborant chez un photographe de BUKAVU, avait été amené à développer un film apporté par un « client de passage » et que, trouvant l’affaire insolite, il avait effectué un tiré à part à l’intention de son chef de réseau.

Ce scénario devait, dans l’esprit de MOYEN, avoir une double conséquence :

1) démontrer l’habilité de son réseau à détecter les fuites et la carence de la Sûreté à découvrir les coupables;

2) Vaincre les dernières résistances de certains administrateurs de l’UMHK quant à la nécessité de créer, au sein de cette société, un véritable service de sécurité dont il (MOYEN) aurait assuré la direction en Belgique
.
La volumineuse correspondance saisie au domicile de BAMPS permit de reconstituer le réseau MOYEN, connu sous le nom de « réseau Crocodile ». Il était organisé de la façon suivante :

1) Un groupe d’une douzaine d’agents dirigés par BAMPS Victor, alias « Bernard », assisté du Commissaire de district assistant GALAND, alias « Kitoko ». BAMPS était en rapport avec MOYEN depuis 1948;

2) PINGRAY Jacques, alias Bruno, alias Michel;

3) D’HEUR Alphonse, alias Dick.

Ces trois « lignes » travaillaient séparément, mais BAMPS Victor était autorisé, en cas d’urgence, à contacter D’HEUR. Il disposait d’un « pass » à cet effet.

D’HEUR et PINGRAY transmettaient directement à MOYEN les renseignements recueillis soit d’office, soit à sa demande, concernant les personnes suspectes d’activités subversives ou plutôt prétendues telles.

En fait, en raison de la rapidité de notre intervention, D’HEUR n’eut guère le temps de transmettre à MOYEN les quelques informations relatives à des personnes au sujet desquelles il avait été chargé d’indaguer par notre service>.


Entre-temps, Moyen fut expulsé du Congo. Il était donc « brûlé » en 1960-61, sans pour autant cesser de développer ses activités dans plusieurs directions, en persévérant
dans le domaine du renseignement privé en Belgique, notamment par la création de la société INFOR en 1954. Ses relations avec la Sûreté de l’État seront à l’image du personnage : chaotiques.

Une série de rapports de la Sûreté existent sur le personnage, provenant du « dossier papier » SE 59.428 de l’intéressé, et sans numéro d’ordre (classement chronologique).

Nous en livrons ici quelques extraits, en prenant soin de n’évoquer, comme nous l’avons déjà dit, que la période de la vie de Moyen qui touche à notre objet d’étude, pour définitivement fermer ce dossier, qui, tel le monstre du Loch Ness, surgit périodiquement quand
on parle de Lumumba victime d’un complot belge.

Extraits choisis pour conclure :

a) Extrait d’un rapport de la Sûreté de l’État du 15 mars 1960, non signé, qui évoque l’époque où Moyen était au Congo :

<(…). Moyen qui dispose au Congo de quelques informateurs, effectue ce périple [visite de différentes régions du Congo] afin de prendre contact avec ses agents et d’étoffer son réseau « Crocodile » qui fonctionne dans le Katanga.

Après son voyage [juillet-septembre 1949] il rédige un long rapport sur la situation au Congo Belge et les influences néfastes des colonies voisines sur ce pays.

Ses informations relèvent très souvent de la plus haute fantaisie.

Il vend ce rapport à un correspondant de l’United Press à Bruxelles et ses renseignements sont publiés par de nombreux périodiques étrangers qui les présentent comme étant le résultat d’une enquête effectuée au Congo Belge par un « officier de la Sûreté d’Etat Belge ».

Ces publications ont provoqué des demandes de précisions adressées au Gouvernement Général par plusieurs consulats étrangers et des protestations de la part du Gouvernement de l’Afrique équatoriale française
.
Entretemps (sic) Moyen poursuit avec le réseau « Crocodile » sa « mission d’information » au Congo Belge.

Son but final est de prouver à la Société Générale, en prônant le danger communiste, la nécessité de créer au sein de l’Union Minière un service de sécurité dont il assurerait la direction.

Pour arriver à ses fins, il ne recule devant aucun procédé et finit, en 1951, par organiser avec l’aide de certains agents de son réseau, un vol de minerais stratégiques et de plans des installations de Shinkolobwe afin de convaincre l’Union Minière des dangers qui menacent les régions industrielles du Katanga et de la carence des services officiels.

Cette mésaventure fera perdre à Moyen beaucoup de son crédit auprès des sphères de la Société Générale>.

b) Extrait d’un rapport de la Sûreté de l’État du 23 mars 1962, non signé. Concernant les activités de renseignements de Moyen : enquêtes dans tous les domaines, mais les résultats vont dans un sens anti-communiste
:
.

c) Extrait d’un rapport de la Sûreté de l’État du 27 octobre 1986 :

<(…). En 1948, on retrouve MOYEN André au Congo belge, où en tant que détective privé, il organisa un réseau de renseignements dit « réseau Crocodile », plus spécialement au Katanga parce qu’il était financé en partie par l’Union Minière du Haut Katanga (UMHK) à Bruxelles. Ce réseau ne reculait devant aucun moyen pour obtenir des renseignements et s’assurer des subsides. Sur instigation de MOYEN, les membres dudit réseau n’hésitèrent pas à violer le domicile ainsi que le secret des lettres et à voler des documents. Un dessinateur de l’UMHK que MOYEN avait sous ses ordres centralisait les informations et «complétait», le cas échéant, celles qui étaient trop vagues … c’est ainsi par exemple qu’un simple suspect devenait un dangereux communiste. MOYEN transmettait alors intégralement ces renseignements à l’UMHK dont certains agents subirent de la sorte des préjudices importants (…).

En outre, il lui arrivait de fournir à nos services des renseignements qu’il croyait ignorés de la SE et à inonder cette administration de rapports qu’il intitulait « travail personnel » et qu’il rédigeait sur les sujets les plus divers mais dans un sens anti-communiste. Après vérifications, beaucoup de ces informations se sont révélées être mensongères>.


(6) André Moyen est né le 29 septembre 1914 à Resteigne. L’intéressé étant toujours vivant à la date de rédaction de ce texte, nous limiterons la divulgation d’informations le concernant au strict nécessaire, uniquement celles en relation avec notre étude.

(7) Court historique …, p. 4 : « Au cours de 1950, il s’avéra de façon indubitable que la Sûreté avait pris pour principal objectif, sur directives formelles et précises de Mr Humblet, la destruction totale du Réseau. ».
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HERVE



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MessageSujet: Re: Spandre, Mario   Jeu 11 Aoû 2011 - 21:11

Mario Spandre

Données biographiques

http://sites.google.com/site/lumumbaproject/enquetes-officielles/rapport-de-la-commission/temoins/mario-spandre

Né le 13 février 1927 à Elisabethville.
Formation : études primaires et humanités à Elisabethville où il a vécu jusqu’à l’âge de 18 ans.
1950 : diplôme de docteur en droit (jury central).
1952 : licencié en sciences économiques (Université Catholique de Louvain).
1953 : licencié en droit des assurances (Université Libre de Bruxelles).
1954 : inscription au barreau de Bruxelles où il est resté jusqu’en 1955.
En Afrique : durant toutes ses études universitaires et son stage au barreau de Bruxelles, il a continué à retourner très fréquemment au Congo où ses parents, colons agricoles, étaient installés.
1955 à 1966 : avocat au barreau à Elisabethville. Durant cette période, compte tenu de sa parfaite connaissance du swahili et du fait qu’il avait vécu au milieu des Africains notamment en milieu agricole, il a noué des rapports avec de très nombreux milieux africains d’Elisabethville.
Il a été notamment depuis 1957, le conseil de Moïse Tshombe, de Evariste Kimba et de Emmanuel Bamba. De conseil de Tshombe, il est devenu un de de ses conseillers ainsi que du gouvernement katangais indépendant. A la fin de l’Etat katangais, il a été expulsé du Congo par Ileo mais il est revenu six mois après où il a poursuivi sa profession d’avocat.

Lorsque Tshombe a été nommé premier ministre, il s’est déplacé à Kinshasa. Lorsque son gouvernement a été destitué, il est resté au Congo jusqu’au moment où Evariste Kimba et Emmanuel Bamba, avec qui il était resté en étroite relation, ont été pendus sur la place publique de Kinshasa. A ce moment, il s’est réinstallé au barreau de Bruxelles où il professe toujours.

Présentation du témoin

1. Présentation du témoin Mario Spandre était, au moment de l’assassinat de Lumumba, avocat à Élisabethville et personne de confiance de Tshombe. Il prétend avoir proposé d’incarcérer Lumumba dans l’attente d’un procès. A organisé la prétendue « fuite » de Lumumba.

Questions :

1. Spandre, avocat à Elisabethville, était présent pendant la sécession katangaise; il est un témoin privilégié de cette époque. Il était un proche des ministres katangais, de Tshombe, et il a d’ailleurs assisté à de nombreuses réunions avec eux. Quand fut-il question d’un transfert de Lumumba au Katanga ? Le gouvernement de Tshombe souhaitait-il le transfert de Lumumba à Elisabethville ? Ce gouvernement a-t-il été informé du transfert de Lumumba à Elisabethville ?

2. Le 17 janvier en début de soirée se tient un conseil des ministres katangais dans la résidence de Tshombé. Spandre était-il présent ? En a-t-il entendu parler ? Ce conseil était-il improvisé ? Comment ce conseil a-t-il répondu à la question de savoir ce qu’il fallait faire des prisonniers ? Y avait-il des Belges présents ? Des échanges téléphoniques ont-ils eu lieu ? Quel était le rôle de Tshombe, de Munongo, de Kibwe ?

3. Quand Spandre a-t-il appris la mort de Lumumba, qui a-t-il informé de cette nouvelle, et quel scénario lui at- on présenté : la mort dans la maison Brouwez ou l’exécution dans la forêt ?

4. Un scénario d’évasion de Lumumba et de capture par des villageois fut mis au point, le témoin y a-t-il contribué ? Alexandre Belina et Victor Tignée furent-ils les seuls auteurs ?

5. Aujourd’hui, la thèse d’une exécution en brousse semble s’imposer, mais un certain nombre d’indices invitent à penser qu’il pourrait peut-être s’agir d’un deuxième scénario inventé. Lumumba et ses compagnons seraient alors morts dans la maison Brouwez. Qu’en pense le témoin, et quels sont les éléments qui soustendent ses affirmations ?


Témoignage

2.1. Mario Spandre a été entendu par la commission d’enquête le 2 juillet 2001.

2.2. Mario Spandre, né à Élisabethville et parlant le swahili, était proche des ministres katangais, qu’il assistait, en tant qu’avocat, dans leurs problèmes légaux. Connaissant personnellement les ministres et Tshombe, il se rendait régulièrement à sa résidence et assistait également aux réunions politiques. Au cours de ces réunions, il n’a jamais été question d’organiser un quelconque transfert de Lumumba vers le Katanga, ce transfert étant jugé par tous les Katangais comme « la pire des choses » qui puisse arriver. Tshombe était d’ailleurs, selon Spandre, « un individu assez sage et assez conscient des conséquences de ce qui se passait pour ne pas vouloir de ce personnage chez lui ».

2.3. D’après ce que « des gens sérieux » auraient raconté au témoin, le transfert de Patrice Lumumba au Katanga aurait été manigancé par la CIA : on voulait l’« envoyer ailleurs parce qu’on voulait mettre Mobutu au pouvoir et placer le colis désagréable ailleurs ». La décision d’envoyer Lumumba dans une région qui lui était radicalement hostile (le Katanga ou, comme cela a peutêtre aussi été envisagé, le Kasaï) aurait été prise afin que la responsabilité de sa mort « retombe sur celui qui a reçu le colis, et non sur le véritable maître d’oeuvre ». Selon Spandre, cette méthode, consistant à envoyer un individu que l’on veut éliminer chez son ennemi, « est typiquement un travail de la CIA », et aurait à nouveau été utilisée plus tard pour Tshombé et Kimba. La Belgique quant à elle aurait agi de façon naïve, sous-estimant l’influence et le radicalisme de Munongo et pensant que Tshombe, sur lequel le ministred’Aspremont pensait « avoir la main » aurait pu éviter l’exécution de Lumumba. D’Aspremont, favorable au Katanga, n’aurait donc peut-être « pas eu conscience de ce qui se passait », alors que les Américains,eux, « le savaient pertinemment bien ». Ceci étant, Spandre, interrogé sur ce point, n’exclut pas formellement une hypothèse radicalement différente, selon laquelle d’Aspremont aurait demandé à Tshombe d’accepter le transfert de Lumumba, et ce dans un double but : éliminer Lumumba et restaurer l’unité du Congo. Cette version des faits, par ailleurs compatible avec l’hypothèse de l’implication des Etats-Unis d’Amérique, nécessiterait cependant de considérer d’Aspremont, non comme naïf, mais comme « très machiavélique », ce qui « change le personnage ». Spandre quant à lui « le prenait plutôt pour un naïf ».

2.4. Le témoin ne pense pas qu’une somme ait été payée aux Katangais pour que Lumumba soit assassiné : l’hostilité générale était telle à l’époque que le simple fait de l’envoyer au Katanga suffisait pour sceller son sort. La possibilité d’organiser un procès contre Lumumba n’aurait jamais été envisagée par les Katangais, puisque « Lumumba aurait été repris par l’ONU et transféré ailleurs ». L’idée d’intenter un procès international, a peutêtre été envisagée par le colonel Vandewalle, comme celuici l’a prétendu, mais cette idée n’aurait eu aucune chance d’être appliquée par les Katangais. Le gouvernement katangais n’aurait pas été informé à l’avance de l’arrivée de Lumumba. L’avion aurait dû normalement aller à Mbuji-Mayi, mais aurait été détourné vers Élisabethville, où il serait arrivé « de façon impromptue » et à la fureur des Katangais. Tshombé aurait d’ailleurs confié à Spandre que son avis sur le transfert de Lumumba ne lui a jamais été demandé. Le témoin n’exclut cependant pas formellement que Tshombé lui ait menti (« Tshombe pouvait me mentir aussi. Il faut savoir que c’est un monde où la vérité n’est pas proclamée naturellement »).

2.5. Lorsque Lumumba est arrivé au Katanga, « c’est Munongo qui s’est occupé directement de l’affaire avec deux témoins belges, Thyssen et l’avocat Bellina », qui travaillaient tous deux au cabinet de Munongo. D’autres ministres et Tshombé se seraient ensuite rendus à la villa Brouwez, afin d’y tenir une réunion (à laquelle Spandre n’a pas participé). C’est alors que la décision aurait été prise de faire sortir Lumumba d’Élisabethville, à cause de la présence de l’ONU (« on ne voulait pas qu’il tombe entre les mainsde l’ONU qui l’aurait pris et en aurait fait dieu sait quoi ») et de l’amener à la prison de Jadotville.

2.6. Toutes les personnes qui ont parlé de ces événements avec le témoin lui ont dit que Lumumba aurait été sorti de la maison Brouwez « pour ne pas laisser de traces », et qu’il aurait été emmené sur la route de Jadotville, route qui va « de ville en brousse » (« les turpitudes se faisaient toujours en brousse »). En cours de chemin, les occupants de la voiture seraient allés « derrière deux ou trois termitières », où ils auraient « fait leur coup ». L’identité des occupants de la voiture n’est pas, selon Spandre, déterminée avec précision. Kibwe aurait, selon ce qu’il aurait confié au témoin, participé. Munongo, qui, de l’avis de Spandre « savait qu’il allait tuer », était certainement aussi présent, d’autant plus que « Munongo croyait que si on tue son ennemi, on acquiert toute sa puissance ». Tshombé quant à lui « a toujours dit qu’il n’y était pas ».

2.7. Interrogé sur les tensions existant au sein du gouvernement katangais, le témoin a confirmé qu’il y avait lors des événements un conflit entre deux branches du gouvernement, l’une conciliante, dont faisaient partie Tshombe et Kimba, et l’autre partisane de la rupture, de la brutalité et hostile aux membres de l’ONU, menée par Munongo.

2.8. Concernant les personnes qui vivaient à l’époque à Élisabethville, Spandre se souvient d’y avoir vu Davignon, sans pouvoir toutefois assurer avec certitude qu’il y était précisément le jour de la mort de Lumumba. Spandre considère que Davignon, s’il avait des rapports fréquent avec le consulat, était en fait « le représentant de Spaak ». Spandre n’a par ailleurs pas connu Soete, et n’a jamais discuté avec Verscheure. Il a par contre vu le Capitaine Gat, et rencontré, au cercle Albert, d’Aspermont, sans toutefois « jamais avoir eu de rapports avec lui ». Spandre a également connu Gerard, notaire à Élisabethville, et Clémens, qui l’a aidé à rédiger la Constitution katangaise. Spandre a pour le reste « vu » beaucoup d’autres Belges, sans pour autant avoir de réels contacts avec eux.

2.9. Les missions que le témoin a effectuées en Europe consistaient essentiellement à ramener l’argent que Tshombé a utilisé par la suite. Des fonds étaient placés en Suisse, et son rôle était de les transporter d’une banque à une autre, sans avoir d’idée précise sur leur provenance. Il croyait cependant à l’époque que ces fonds provenaient de sources étatiques, puisque, par exemple, les ordres de remise de l’argent étaient signés par les deux directeurs belges de la Banque nationale du Katanga, Demol et Van Roey.

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HERVE



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MessageSujet: Re: Spandre, Mario   Dim 11 Sep 2011 - 8:55

Une remarque que j'ai reçue sur les trafics d'armes au Katanga et Sud Kasai à l'époque où Mario Spandre y était ...


In Michel Borri's Nous Ces Affreux a pseudonymous book about European mercenaries in South Kasai and Katanga in 1960-61 I found a description of an arms sale and shipment for the Belgian military in the Katanga/S. Kasai secessions. It began in Antwerp, transhipped to Italy, to Brazzaville, and thence to the secessions. It was done clandestinely because the UN had negotiated and agreement with all the countries to not accept pass through of arms or soldiers to the secessions, which it was trying to undo, on the basis of UN resolutions to restore the territorial integrity of Congo. Spandre was in Katanga at the time. I don't know if he was involved, but French officers Jean Gillet and Charles Alfred de la Rue (Borri's real name) were involved in the arms shipments.


Nous ces Affreux

Livre - book – boek
Guerre
Titre : Nous ces Affreux
Galic
Imprimé en 1962
386 Pages
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HERVE



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MessageSujet: Re: Spandre, Mario   Mer 14 Mai 2014 - 22:05



https://www.youtube.com/watch?v=gqKfdboVxy0#t=70




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MAXANCE



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MessageSujet: Re: Spandre, Mario   Ven 16 Mai 2014 - 16:41

A 16H00 nous apprenions qu'un des tueurs du Brabant est sous mandat d'arrêt et vient d'avouer!
Personne ne bouge ?
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totor



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MessageSujet: Re: Spandre, Mario   Ven 16 Mai 2014 - 19:10

@maxance : c'est bon on a compris pas besoin de poster le même message partout sur le forum merci !!
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HERVE



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MessageSujet: Re: Spandre, Mario   Dim 25 Oct 2015 - 17:05



https://www.youtube.com/watch?v=c9LFPSxdNFA&feature=youtu.be





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HERVE



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MessageSujet: Re: Spandre, Mario   Dim 25 Oct 2015 - 17:13






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MessageSujet: Re: Spandre, Mario   Aujourd'hui à 5:03

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Spandre, Mario
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